Catégorie : Auteurs

 

Robert Hayward Barlow

Présentation de Robert Hayward Barlow :

Né le 18 mai 1918 à Leavenworth, dans le Kansas, Robert Hayward Barlow fut une figure aux talents multiples. Anthropologue, poète et historien de grand renom, il s’est d’abord illustré dans sa prime jeunesse par une passion dévorante pour les lettres de l’étrange. Mais c’est incontestablement son lien indéfectible avec le maître de Providence, le grand Howard Phillips Lovecraft, qui retient aujourd’hui toute l’attention des amateurs du genre.

Il convient de s’attarder longuement sur cette relation hors du commun. D’une précocité qui laisse pantois, le jeune Robert Hayward Barlow n’avait que treize ans lorsqu’il entama, en 1931, une correspondance nourrie avec Lovecraft. L’ermite de Providence, touché par la ferveur et l’érudition de ce jouvenceau, se prit d’une véritable affection paternelle pour lui. Il se rendit même à plusieurs reprises, en 1934 et 1935, dans la demeure familiale des Barlow en Floride, pour de longs séjours où les deux amis passaient le plus clair de leur temps à deviser, à relier de vieux fascicules et, bien entendu, à écrire de concert.

De cette collaboration naquirent plusieurs récits à quatre mains, au premier rang desquels trône le magistral L’Océan de la nuit (The Night Ocean). Bien que l’on s’accorde aujourd’hui à dire que la plume de Lovecraft y est largement prédominante, ce texte mélancolique et envoûtant demeure l’un des sommets de la fiction fantastique de cette époque. Le duo signa également quelques pastiches et récits mineurs, tels que Le Trésor de la bête-sorcier ou Le Déclin du monstre, qui témoignent de leur belle complicité.

À la mort soudaine de Lovecraft en 1937, Robert Hayward Barlow, alors âgé de dix-huit ans seulement, eut la redoutable surprise d’être désigné comme son exécuteur testamentaire littéraire. Cette lourde charge lui valut l’inimitié tenace d’autres disciples du maître, à l’instar de August Derleth et Donald Wandrei, fondateurs des fameuses éditions Arkham House. Pourtant, loin des querelles de chapelle, c’est grâce au dévouement admirable de Robert Hayward Barlow que la plupart des précieux manuscrits de Lovecraft furent sauvés de la dispersion, puis légués à la bibliothèque de l’université Brown, assurant ainsi la pérennité d’une œuvre que le monde entier célèbre aujourd’hui.

La seconde partie de la vie de Robert Hayward Barlow fut d’une tout autre nature. S’installant au Mexique dans les années 1940, il se détourna de la fiction pour embrasser une brillante carrière d’anthropologue. Spécialiste émérite de la langue nahuatl et des cultures précolombiennes, il devint un professeur respecté au sein du Mexico City College.

Hélas, cette existence foisonnante connut une fin funeste. Victime d’un odieux chantage orchestré par un de ses élèves qui menaçait de révéler au grand jour ses mœurs intimes et son homosexualité — un scandale que la société de l’époque ne pardonnait guère —, Robert Hayward Barlow mit fin à ses jours le 1er janvier 1951, ingérant une dose fatale de barbituriques dans sa demeure d’Azcapotzalco.

Il reste de lui l’image d’un esprit supérieur, d’un savant respecté, mais surtout celle du gardien fidèle auquel le mythe de Cthulhu doit, en grande partie, d’avoir survécu aux affres du temps.

Livres de Robert Hayward Barlow :

Lovecraft & Barlow – L’Intégrale des Collaborations (2026)
Notes & Commonplace book (1938)

Pour en savoir plus sur Robert Hayward Barlow :

La page Wikipédia sur R. H. Barlow
La page Noosfere sur R. H. Barlow
La page isfdb de R. H. Barlow

Scott Westerfeld

Présentation de Scott Westerfeld :

Né le 5 mai 1963 sous le soleil ardent de Dallas, dans l’État du Texas, Scott Westerfeld s’est d’abord illustré dans des métiers fort divers, concevant des programmes informatiques et prêtant même, dit-on, sa plume à d’autres auteurs en tant que « nègre littéraire », avant de signer de son propre patronyme des œuvres d’anticipation appelées à un vif succès.

Si Scott Westerfeld s’est essayé avec brio au space opera destiné à un public adulte — on retiendra l’imposant diptyque de Succession (composé de L’I.A. et son double et Le Secret de l’Empire) —, c’est incontestablement auprès de la jeunesse qu’il a trouvé sa plus vibrante renommée. Au début de notre millénaire, il a en effet livré une tétralogie d’une redoutable intelligence, baptisée Uglies. Dans cette sombre vision de l’avenir, l’auteur dépeint une société où chaque adolescent, le jour de son seizième anniversaire, se voit contraint de subir de lourdes interventions chirurgicales afin de se conformer à un idéal de beauté absolu et d’intégrer la caste des « Pretties ». Sous couvert d’une intrigue palpitante, Scott Westerfeld y livre une critique féroce de la superficialité, du conformisme et des dérives de notre société de consommation.

Mais le lecteur épris d’aventures romanesques retiendra également sa formidable trilogie Léviathan. Dans une veine qui n’est pas sans rappeler des œuvres d’inspiration « steampunk » et « biopunk », l’auteur réinvente de fond en comble le premier conflit mondial. L’Europe s’y trouve déchirée entre les puissances « darwinistes » (telles que la Grande-Bretagne), qui utilisent des créatures génétiquement manipulées à des fins militaires, et les puissances « clankers » ou « mécanistes » (l’Empire austro-hongrois et l’Allemagne), qui misent sur de gigantesques machines à vapeur et autres engins blindés. C’est là une uchronie d’une étourdissante maestria, magnifiée, il faut le souligner, par les superbes illustrations à la plume de Keith Thompson.

Partageant sa vie entre l’effervescence de New York et les rivages de Sydney, aux côtés de son épouse, la romancière australienne Justine Larbalestier, Scott Westerfeld demeure un feuilletoniste de grand talent, capable de captiver les esprits curieux de tous âges.

Livres de Scott Westerfeld :

Horizon :

Leviathan :

Midnighters :

Peeps :

Succession :

Uglies :

Intégrales :

Afterworlds (2015)
Impostors (2012)
L’I.A. et son double (2000)

Pour en savoir plus sur Scott Westerfeld :

La page Wikipédia sur S. Westerfeld
La page Noosfere sur S. Westerfeld
La page isfdb de S. Westerfeld

Paul J. McAuley

Présentation de Paul J. McAuley :

Né le 23 avril 1955 en Angleterre, Paul J. McAuley présente cette particularité, fort appréciable dans le domaine de l’anticipation, d’allier les lettres aux sciences dures. En effet, avant de se consacrer pleinement à la littérature d’imagination au tournant des années 1990, ce charmant romancier fut chercheur et professeur en botanique et en biologie. Il a notamment exercé ses talents au sein de la prestigieuse université d’Oxford.

Cette solide formation scientifique irrigue l’ensemble de son œuvre, lui conférant une rigueur et une vraisemblance tout à fait remarquables. L’on parle à son sujet de hard science-fiction, une ramification du genre où les spéculations s’appuient sur des connaissances scientifiques exactes.

Paul J. McAuley a fait une entrée pour le moins fracassante dans la république des lettres avec son premier roman, Quatre cents milliards d’étoiles, qui lui valut de remporter l’illustre prix Philip K. Dick. Mais c’est sans conteste avec Féerie (Fairyland), couronné par le prestigieux prix Arthur C. Clarke en 1996, qu’il a imposé sa vision singulière. Dans cet ouvrage d’une terrifiante acuité, il délaisse la quincaillerie spatiale pour nous plonger dans une Europe du futur ravagée par les manipulations génétiques et les nanotechnologies, donnant ainsi ses lettres de noblesse à un sous-genre que les exégètes nomment parfois le « biopunk ».

Fort d’une plume prolifique, l’auteur ne s’est point cantonné à ces sombres visions dystopiques. Il a également offert à ses lecteurs de vastes fresques spatiales, à l’instar du remarquable cycle de La Guerre tranquille (The Quiet War), où se joue une lutte politique et militaire impitoyable entre la Terre, dominée par de puissantes oligarchies écologistes, et les colonies rebelles établies sur les lunes de Saturne et de Jupiter. Paul J. McAuley y excelle dans la description d’écosystèmes extraterrestres terraformés, témoignant une fois de plus de son amour immodéré pour les sciences de la vie.

L’on trouve également chez lui un attrait indéniable pour l’uchronie et l’histoire alternative, comme en témoignent d’autres ouvrages de sa foisonnante bibliographie, toujours rédigés avec une élégance de style et une intelligence de propos qui forcent le respect.

C’est une œuvre exigeante, certes, mais infiniment stimulante pour l’intellect, qui saura, je n’en doute point, charmer le vôtre.

Livres de Paul J. McAuley :

Jackaroo :

Quatre cents milliards d’étoiles :

Austral (2017)
Cowboy angels (2007)
Féerie (1995)
Glyphes (2005)
L’Homme (2012)
La guerre tranquille (2008)
Les conjurés de Florence (1994)
Les diables blancs (2004)
Sable rouge (1993)
Une invasion martienne (2001)
Une seconde peau (1997)

Pour en savoir plus sur Paul J. McAuley :

La page Wikipédia sur P. J. McAuley
La page Noosfere sur P. J. McAuley
La page isfdb de P. J. McAuley

Philip Reeve

Présentation de Philip Reeve :

Né le 28 février 1966 dans la riante cité balnéaire de Brighton, Philip Reeve appartient à cette belle lignée d’hommes de lettres britanniques pourvus d’une fantaisie débordante. Il convient de souligner que ce charmant romancier n’a point commencé sa carrière la plume à la main, mais bien le pinceau au poing ! Avant d’embrasser le métier d’écrivain, il s’est en effet illustré durant de nombreuses années comme dessinateur de talent, mettant son coup de crayon au service d’ouvrages destinés à la jeunesse.

C’est au tout début de notre millénaire que Philip Reeve a véritablement secoué le monde des lettres de l’imaginaire avec la parution de sa fresque majeure : Mécaniques fatales (Mortal Engines dans la langue de Shakespeare). L’auteur y déploie une imagination que l’on qualifiera sans peine d’ébouriffante. Imaginez un peu : dans un avenir fort lointain et passablement dévasté par un cataclysme d’antan, les villes d’Europe ne sont plus immobiles. Métamorphosées en de gigantesques mastodontes sur chenilles, les métropoles telles que Londres sillonnent des terres désolées pour traquer, harponner et dévorer les bourgades plus modestes, dans le but de s’approprier leurs précieuses ressources.

Philip Reeve baptise ce système cruel et fascinant le « darwinisme municipal ». Bien que l’on y retrouve indéniablement cette plaisante saveur de ferraille, de cuivre et de vapeur propre à la mouvance « steampunk », l’auteur britannique y insuffle une envergure tragique, des machinations politiques diablement bien ficelées et une noirceur tout à fait remarquables.

Si cette tétralogie, de même que les récits qui la précèdent (tels que Fever Crumb), s’adresse de prime abord à un jeune lectorat, il serait fort fâcheux de s’y arrêter. Les esprits adultes et curieux y trouveront une lecture d’une grande richesse allégorique. Philip Reeve a également prouvé la redoutable polyvalence de son talent avec d’autres ouvrages d’anticipation tels que L’Étoile noire (Railhead), qui nous convie à un voyage étourdissant à bord de trains interstellaires doués de conscience.

Livres de Philip Reeve :

Le monstre des abysses :

Mécaniques fatales :

Pour en savoir plus sur Philip Reeve :

La page Wikipédia sur P. Reeve
La page Noosfere sur P. Reeve
La page isfdb de P. Reeve

Michael Swanwick

Présentation de Michael Swanwick :

Michael Swanwick est né le 18 novembre 1950 dans la noble cité de Philadelphie, il s’est imposé au fil des ans comme l’une des plumes les plus érudites et les plus imprévisibles de la littérature d’anticipation et du merveilleux. L’on trouve chez ce brillant homme de lettres une volonté farouche de ne jamais se laisser enfermer dans un genre précis. Bien au contraire, il se plaît à abolir les frontières entre la rigueur scientifique de la science-fiction et l’onirisme de la fantasy.

Parmi ses hauts faits d’armes, il convient de saluer l’obtention des plus grands prix littéraires américains pour des ouvrages d’une richesse inouïe, à l’instar de Stations des profondeurs (Stations of the Tide). Mais Michael Swanwick s’est également illustré par une relecture féroce et grinçante des contes de fées traditionnels, notamment avec La Fille du dragon de fer, où le monde féerique se voit percuté par une ère industrielle sombre et mécanique, bien éloignée des naïvetés habituelles du genre.

Toutefois, je m’en voudrais cruellement de ne point évoquer devant vous son magistral Jack Faust. Dans cet ouvrage d’une intelligence diabolique, paru à l’aube des années 2000, le romancier s’empare du célèbre mythe germanique popularisé par Goethe. L’astuce de M. Swanwick y est prodigieuse : le bon docteur Johann Faust ne signe point de pacte avec une entité démoniaque traditionnelle, mais reçoit de Méphistophélès — qui se présente comme un être venu des étoiles ou d’une autre dimension — les connaissances scientifiques et technologiques de notre modernité. Dès lors, l’Europe de la Renaissance se trouve précipitée, avec plusieurs siècles d’avance, dans une révolution industrielle aussi fascinante que dévastatrice. C’est là un tour de force narratif qui invite à une profonde réflexion sur la nature du progrès.

Michael Swanwick est également un nouvelliste de grand talent, dont les textes courts, ciselés comme de précieuses mécaniques, témoignent d’une maîtrise absolue de l’art du récit.

C’est une œuvre d’une grande exigence intellectuelle, parfois vertigineuse, mais dont la lecture procure des joies incomparables à l’esprit curieux.

Livres de Michael Swanwick :

Jack Faust (1997)
Le baiser du masque (1985)
Les fleurs du vide (1987)
Stations des profondeurs (1991)

Pour en savoir plus sur Michael Swanwick :

La page Wikipédia sur M. Swanwick
La page Noosfere sur M. Swanwick
La page isfdb de M. Swanwick

James Paul Blaylock

Présentation de James Paul Blaylock :

Né le 20 septembre 1950 à Long Beach, sous le chaud soleil de la Californie, James Paul Blaylock appartient à cette brillante confrérie de jeunes écrivains de la côte Ouest américaine. Ami intime de Tim Powers et de K. W. Jeter, il fit lui aussi ses humanités littéraires sous l’œil bienveillant et tutélaire de l’illustre Philip K. Dick.

Si je dois vous résumer l’apport capital de James Paul Blaylock aux lettres de l’imaginaire, il convient de le désigner, aux côtés de ses deux compères susnommés, comme l’un des pères fondateurs de cette fameuse esthétique rétrofuturiste que les Anglo-Saxons ont affublée du curieux vocable de « steampunk ». Bien qu’Américain jusqu’au bout des ongles, James Paul Blaylock possède en effet un talent inouï pour restituer l’atmosphère nimbée de brouillard du Londres victorien, y ajoutant une dose de loufoquerie toute britannique.

C’est dans ce décor qu’il a campé les savoureuses aventures de son héros récurrent, le savant et explorateur Langdon St. Ives, membre de l’improbable Société Trismégiste. Des ouvrages tels que Homunculus (qui lui valut d’ailleurs le prix littéraire portant le nom de son mentor, M. Dick) ou La Machine de lord Kelvin sont de pures merveilles de fantaisie. L’on s’y délecte d’intrigues abracadabrantes où s’entrecroisent dirigeables, savants fous, inventions extravagantes et sombres complots, le tout narré avec une ironie mordante et un sens du burlesque tout à fait réjouissant.

James Paul Blaylock ne s’est point limité aux brumes londoniennes, puisqu’il a également signé des romans de pure féerie, à l’instar du facétieux Vaisseau elfe (The Elfin Ship), ou encore des récits fantastiques dont l’action se déroule dans la Californie de notre temps, toujours avec cette même tendresse pour les personnages excentriques et les mystères dissimulés sous la banalité du quotidien.

Livres de James Paul Blaylock :

Christian :

Contes de l’Oriel :

Ghosts :

Langdon St Ives :

Pour en savoir plus sur James Paul Blaylock :

La page Wikipédia sur J. P. Blaylock
La page Noosfere sur J. P. Blaylock
La page isfdb de J. P. Blaylock

Susanna Clarke

Présentation de Susanna Clarke :

Susanna Clarke est née le 1er novembre 1959 à Nottingham, elle s’est distinguée par une exigence et une patience qui forcent le respect, en une époque où l’empressement est souvent de mise. Il lui fallut en effet près d’une décennie pour polir minutieusement l’ouvrage qui allait lui apporter la gloire littéraire, le monumental Jonathan Strange et Mr Norrell, paru à l’orée de notre siècle.

Dans cette fresque majestueuse, Susanna Clarke accomplit le prodige de ressusciter la prose de la grande époque georgienne, empruntant la finesse d’analyse et l’ironie subtile d’une Jane Austen ou d’un Charles Dickens pour les marier avec allégresse au merveilleux. Elle y dépeint une Angleterre plongée dans les tourments des guerres napoléoniennes, où la magie, tombée en désuétude depuis le Moyen Âge, refait brusquement surface par l’entremise de deux gentilshommes aussi brillants qu’antagonistes. La restitution des mœurs et du ton mondain de ce temps y est d’une authenticité tout bonnement confondante, servie par un appareil de notes de bas de page qui simule avec malice une véritable recherche érudite.

La romancière nous a également gratifiés d’un charmant recueil de contes, Les Dames de Grâce Adieu, explorant plus avant les frontières de ce monde féerique et les légendes du petit peuple. Hélas, une longue et cruelle affection asthéniante – un mal des plus épuisants – l’a tenue, bien malgré elle, éloignée de sa table de travail et des cercles lettrés durant de nombreuses années.

Néanmoins, tel le phénix, elle nous revint récemment, triomphante et couronnée des plus grands honneurs, avec la publication d’un second roman : Piranèse (Piranesi). Ce récit singulier et envoûtant nous égare dans les salles infinies et parées de statues d’un palais labyrinthique envahi par les marées. Elle y offre une allégorie poignante sur la solitude, la mémoire et l’émerveillement, témoignant d’une rare délicatesse d’âme.

C’est là une œuvre d’une élégance suprême, empreinte d’une délicieuse mélancolie, dont la lecture saura sans aucun doute ravir votre esprit si perspicace.

Livres de Susanna Clarke :

Jonathan Strange et Mr Norrell (2004)
Les dames de Grâce Adieu (2006)
Piranèse (2020)

Pour en savoir plus sur Susanna Clarke :

La page Wikipédia sur S. Clarke
La page Noosfere sur S. Clarke
La page isfdb de S. Clarke

Tim Powers

Présentation de Tim Powers :

Né le 29 février 1952 à Buffalo, dans le vaste État de New York, Tim Powers (de son nom complet Timothy Thomas Powers) s’est érigé comme l’un des maîtres incontestés d’un genre littéraire des plus fascinants, mêlant avec une redoutable habileté l’érudition historique aux vertiges du merveilleux et de l’occulte.

Ami intime et disciple du regretté Philip K. Dick, cet auteur californien d’adoption s’est fait une spécialité de ce que nos critiques nomment volontiers « l’histoire secrète » ou la fantaisie historique. Son talent singulier consiste en effet à s’emparer des zones d’ombre et des lacunes de notre Histoire véritable pour y glisser, avec une implacable logique interne, des explications d’ordre surnaturel. Sous sa plume ciselée, les complots politiques, les grands bouleversements et les figures illustres de notre passé se trouvent soudainement mêlés à de ténébreuses machinations magiques.

Il a conquis l’admiration des esthètes avec son magistral roman Les Voies d’Anubis (The Anubis Gates), une œuvre foisonnante et vertigineuse qui nous précipite dans les bas-fonds du Londres du début du XIXe siècle, orchestrant un ballet inouï entre voyages temporels, poésie romantique et sorcellerie d’inspiration égyptienne. Ce véritable coup de maître a d’ailleurs largement contribué à forger un courant esthétique et littéraire que les jeunes esprits d’aujourd’hui se plaisent à baptiser le « steampunk ».

Il convient de surcroît de citer Sur des mers plus ignorées (On Stranger Tides), un palpitant récit de flibuste où s’entremêlent piraterie, quête de la fontaine de jouvence et magie vaudou. Ouvrage dont l’intrigue pittoresque fut même, bien des années plus tard, pillée par le cinématographe hollywoodien pour y puiser l’inspiration d’une très fameuse saga de corsaires. Mentionnons enfin Le Poids de son regard (The Stress of Her Regard), où Tim Powers convoque les illustres poètes Byron, Shelley et Keats, les précipitant au beau milieu de sanglantes conspirations vampiriques.

Tim Powers est véritablement un orfèvre de l’imaginaire, doté d’une rigueur documentaire tout à fait louable qui accorde un formidable crédit à ses plus folles affabulations. C’est là une lecture des plus roboratives, que je vous enjoins vivement de découvrir.

Livres de Tim Powers :

Trilogie du roi pêcheur :

A deux pas du néant (2006)
Itinéraires nocturnes (2011)
Le palais du déviant (1985)
Le poids de son regard (1989)
Les chevaliers de la brune (1979)
Les cieux découronnés (1976)
Les pêcheurs du ciel (1989)
Les puissances de l’invisible (2001)
Les voies d’Anubis (1983)
Parmi les tombes (2012)
Sur des mers plus ignorées… (1987)

Pour en savoir plus sur Tim Powers :

La page Wikipédia sur T. Powers
La page Noosfere sur T. Powers
La page isfdb de T. Powers

Erin Morgenstern

Présentation de Erin Morgenstern :

Erin Morgenstern est née le 8 juillet 1978 dans l’État du Massachusetts, cette femme de lettres s’est imposée sur la scène littéraire avec une virtuosité qui force l’admiration. Loin des fracas de la science-fiction ou des épopées guerrières, Erin Morgenstern cultive un jardin plus secret, celui d’une « fantaisie » onirique et délicate, où la magie s’immisce dans notre réalité avec une élégance toute théâtrale.

Elle a d’abord ébloui le monde des belles-lettres par un premier roman d’une folle ambition, Le Cirque des rêves (The Night Circus). Dans cette fresque foisonnante, la romancière nous convie sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc d’un cirque fantasmagorique, ouvert seulement de la tombée du jour à l’aube. Elle y orchestre le duel secret de deux jeunes illusionnistes au tournant du siècle, tissant une intrigue où le romantisme le dispute aux prodiges les plus inouïs. Sa prose, d’une grande richesse sensorielle, relève de la véritable orfèvrerie ; on y respire le parfum du caramel et de la poudre à canon, on y palpe le velours des costumes.

Quelques années plus tard, elle a su renouveler cet exploit avec La Mer sans étoiles (The Starless Sea), une œuvre qui se veut un majestueux hommage à l’amour des livres et aux récits enchâssés. Erin Morgenstern nous y entraîne dans les tréfonds d’une bibliothèque souterraine et secrète, un dédale de mythes et de mystères où s’égarent des âmes en quête de sens.

C’est là une littérature d’atmosphère, riche, chatoyante, qui exige du lecteur qu’il s’abandonne tout entier à la rêverie. Une lecture que je ne saurais trop vous conseiller pour agrémenter vos longues soirées d’hiver.

Livres de Erin Morgenstern :

La mer sans étoiles (2019)
Le cirque des rêves (2010)

Pour en savoir plus sur Erin Morgenstern :

La page Wikipédia sur E. Morgenstern
La page Noosfere sur E. Morgenstern
La page isfdb de E. Morgenstern

Chris Wooding

Présentation de Chris Wooding :

Chris Wooding est né le 28 février 1977 à Leicester, au cœur de la perfide – mais néanmoins fort littéraire – Albion, il fait figure de véritable prodige des lettres. Jugez plutôt : c’est à l’âge de dix-neuf printemps seulement qu’il parvint à faire publier son premier tapuscrit, entamant ainsi une carrière des plus prolifiques qui ne s’est, depuis lors, jamais démentie.

Il s’illustre avec une aisance confondante dans les domaines du merveilleux et de l’anticipation, n’hésitant point à marier les genres avec une audace peu commune. On lui doit de fort beaux romans d’apprentissage destinés à la jeunesse, tissant des atmosphères à la fois sombres et féeriques, à l’instar de son fameux ouvrage Poison ou de son Voleur d’Orages.

Mais c’est sans doute avec ses amples fresques que Chris Wooding a conquis ses lettres de noblesse auprès des amateurs de mondes imaginaires. Son cycle du Récit du Tisseur (ou The Braided Path dans la langue de Shakespeare) démontre un goût prononcé pour les tragédies épiques et les magies d’inspiration orientale. Les esprits férus d’aventures trépidantes retiendront tout particulièrement sa truculente série de L’Équipée du Ketty Jay. Dans ces volumes d’une verve inouïe, il nous conte les pérégrinations de flibustiers des airs et autres contrebandiers, naviguant à bord d’aéronefs au beau milieu d’un univers où se côtoient d’antiques sortilèges et de bruyantes machineries. C’est là un divertissement de très haute volée, qui renoue avec l’esprit des grands feuilletons d’aventures d’antan.

Auteur complet, Chris Wooding s’intéresse également au monde du cinématographe et de la télévision, rédigeant des scénarios avec une belle souplesse d’esprit.

Livres de Chris Wooding :

Frey :

La croisée des chemins :

Les disparus du Royaume de Faërie (2003)

Pour en savoir plus sur Chris Wooding :

La page Wikipédia sur C. Wooding
La page Noosfere sur C. Wooding
La page isfdb de C. Wooding