Catégorie : Auteurs

 

Carol Berg

Présentation de Carol Berg :

Carol Berg est une femme de lettres américaine née en 1948 dans les chaudes contrées du Texas, à Fort Worth, et dont le talent s’est épanoui sous les cieux montagneux du Colorado.

Avant de s’imposer comme l’une des architectes les plus respectées de la littérature de l’imaginaire, Carol Berg embrassa une carrière qui semblait bien éloignée des chimères romanesques. Pourvue d’un diplôme de mathématiques de l’université Rice, puis d’une formation en science informatique à l’université du Colorado, elle exerça avec rigueur la profession d’ingénieur en conception de logiciels durant de nombreuses années. Ce n’est que plus tard, poussée par une amitié complice, qu’elle délaissa les austères machines à calculer pour s’abandonner pleinement aux sortilèges de la plume et de la fiction.

Dès la parution de ses premiers ouvrages, elle s’imposa comme une orfèvre du merveilleux et de l’épopée fantastique (ce que nos amis anglo-saxons nomment l’« epic fantasy »). Carol Berg tisse, avec une constance remarquable, des toiles d’une grande complexité, où la magie côtoie des drames profondément humains. Parmi ses œuvres majeures, il convient de citer la célèbre série des « Livres des Rai-Kirah » ( The Books of the Rai-Kirah ), la fresque des « Collèges magiques » ( Collegia Magica ), ou encore son fameux diptyque du Phare ( The Lighthouse Duet ), dont l’éclatante virtuosité littéraire fut couronnée par le prestigieux prix Mythopoeic. Ajoutons à cela qu’elle déploie également ses intrigues de cape et d’épée merveilleuses sous le pseudonyme de Cate Glass, notamment avec sa série « Chimera ».

Contrairement à l’aridité que l’on prête parfois aux sciences exactes dont elle est issue, les romans de Carol Berg foisonnent de personnages tourmentés, de complots byzantins et d’univers où le courage individuel se heurte sans cesse à la fatalité des destinées grandioses. Elle démontre avec brio que le roman d’évasion n’exclut en rien la profondeur d’âme ni l’élégance du verbe.

Livres de Carol Berg :

Les livres des Rai-Kirah :

Pour en savoir plus sur Carol Berg :

La page Wikipédia sur C. Berg
La page Noosfere sur C. Berg
La page isfdb de C. Berg

Jules-Louis Gaston Pastre

Présentation de Jules-Louis Gaston Pastre :

Jules-Louis Gaston Pastre est né en 1897 et rappelé trop précocement à Dieu en 1939, à l’aube du second conflit mondial.

Homme de lettres à la plume prolifique, Jules-Louis Gaston Pastre s’est illustré dans une variété de genres littéraires allant du roman historique au récit de guerre, en passant par de fort érudites études scientifiques. Toutefois, c’est par ses incursions dans les territoires de la fiction spéculative et du merveilleux scientifique qu’il retient tout particulièrement notre attention. Son audace lui valut d’ailleurs d’être couronné par le prestigieux prix Jules Verne, témoignage éclatant de la reconnaissance de ses pairs.

Afin de goûter au plein épanouissement de son génie conjectural, il convient de nous pencher sur l’un de ses ouvrages les plus emblématiques, paru en 1920 : « L’Étrange aventure de Pierre Fontramie ». Dans ce récit qui mêle avec une rare habileté l’exotisme de l’aventure coloniale aux chimères de l’anticipation, Jules-Louis Gaston Pastre nous conte l’épopée d’un jeune explorateur à peine revenu du Tibet, convié par l’énigmatique duc de Palerme sur l’île de Yerta.

Sur cette terre isolée, le protagoniste découvre les merveilles technologiques conçues par un savant visionnaire, le docteur Lauricci. Maîtrisant un métal d’essence inconnue, ce dernier est parvenu à élaborer de gigantesques panneaux solaires, des monorails sillonnant le paysage, et, surtout, un procédé inouï de stockage et de transmission de l’énergie électrique à grande distance. Par cette éblouissante fantasmagorie, Jules-Louis Gaston Pastre interroge les bouleversements industriels de son temps et dresse le portrait d’une utopie scientifique où le progrès technique s’affranchit des limites de la nature.

Ce goût pour l’anticipation se retrouvera quelques années plus tard, en 1928, lorsqu’il livrera aux éditions Hachette « La Ville aérienne », un autre joyau de l’imaginaire destiné cette fois à la jeunesse avide d’émerveillement.

Jules-Louis Gaston Pastre sut ainsi conjuguer la rigueur de l’homme de science à la fougue du romancier d’aventures. En ces temps où notre civilisation s’interrogeait sur les promesses et les périls de la modernité, il usa du roman scientifique avec une verve poétique et spéculative qui force, aujourd’hui encore, l’admiration.

Livres de Jules-Louis Gaston Pastre :

L’étrange aventure de Pierre Fontramie (1920)

Pour en savoir plus sur Jules-Louis Gaston Pastre :

La page Wikipédia sur J.-L. Gaston Pastre
La page Noosfere sur J.-L. Gaston Pastre
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Michel Epuy

Présentation de Michel Epuy :

Michel Epuy, de son vrai nom Louis Vaury, est né en 1876 et rappelé à Dieu en 1943.
Si les annales des lettres retiennent de Michel Epuy son intense labeur de traducteur — il fut notamment l’un des ardents passeurs de la littérature anglo-saxonne de son temps — et ses contes pour la jeunesse, c’est assurément dans le registre des littératures de l’imaginaire qu’il a déposé sa contribution la plus précieuse et la plus singulière.

En effet, il est l’auteur d’un roman d’anticipation et de merveilleux scientifique fort méconnu mais d’une indéniable hardiesse, intitulé « Anthéa ou l’étrange planète », publié en 1918. Bien avant que la science-fiction ne codifie ses grandes fresques galactiques, Michel Epuy nous convie à une stupéfiante odyssée interplanétaire. L’intrigue dépeint une expédition proprement inouïe vers une planète lointaine, Anthéa, où les intrépides explorateurs découvrent une civilisation à la fois fascinante et déroutante. Mêlant habilement l’utopie philosophique, l’aventure pure et la spéculation scientifique propre à cette époque troublée du début du siècle, l’auteur suisse se place dans le noble sillage d’un H. G. Wells ou d’un J.-H. Rosny aîné.

Dans ce récit chimérique, Michel Epuy ne se contente point d’un vain exotisme extra-terrestre ; il utilise l’altérité d’une planète inconnue comme un miroir tendu à l’humanité, l’invitant à méditer sur ses propres travers et sur la marche aveugle de son progrès matériel. À travers ce livre, couronné en son temps par le prix Jean Revel, l’écrivain suisse prouve que le roman d’imagination pure est l’un des véhicules les plus nobles pour interroger la condition humaine.

Gageons que les esprits curieux et les exégètes de la fiction spéculative sauront un jour, à la faveur d’une réédition, rendre à Michel Epuy la place qui lui échoit de droit dans le grand panthéon des défricheurs de l’imaginaire francophone.

Livres de Michel Epuy :

Anthéa ou l’étrange planète (1918)
La maison du chat qui revient (1926)
Le secret de la malle noire (1934)
Mirabelle de Plan d’en haut (1938)
Souvenirs d’un homme de lettres (1934)

Pour en savoir plus sur Michel Epuy :

La page Wikipédia sur M. Epuy
La page Noosfere sur M. Epuy
La page isfdb de M. Epuy

Lucie Delarue-Mardrus

Présentation de Lucie Delarue-Mardrus :

Lucie Delarue-Mardrus est née le 3 novembre 1874 à Honfleur et rappelée à Dieu le 26 avril 1945.
Figure incontournable de la Belle Époque, poétesse, romancière et sculptrice, elle s’est d’abord rendue célèbre tant par son talent poétique que par son mariage tapageur avec le docteur Joseph-Charles Mardrus, l’illustre traducteur des « Mille et Une Nuits ». Mais si les gazettes littéraires retiennent souvent d’elle ses écrits régionalistes ou ses amours sulfureuses, il convient de souligner sa contribution remarquable, quoique trop souvent ignorée, à la littérature de l’imaginaire et du fantastique.

En effet, Lucie Delarue-Mardrus s’est révélée être une authentique orfèvre du conte étrange et visionnaire. Entre 1906 et 1914, elle livra aux colonnes du quotidien Le Journal des centaines de contes de presse, parmi lesquels de véritables joyaux de l’onirisme et du surnaturel. Ces récits fantastiques ont été fort heureusement rassemblés bien plus tard dans d’imposants recueils tels que « L’Invitation à la mort et autres contes chimériques » ou encore « Le Fantôme dans la rose et autres contes visionnaires ».

Dans ces œuvres délicieusement fantasmagoriques, la romancière renoue avec la pure essence du merveilleux et de l’insolite. Loin de s’enfermer dans le strict naturalisme en vogue chez bon nombre de ses confrères de l’époque, elle laisse son imagination s’envoler vers des rivages ténébreux, poétiques et souvent macabres. Qu’elle dépeigne des spectres mélancoliques, des pactes funestes ou des enchantements mortifères, elle manie les ressorts du conte cruel et fantastique avec une dextérité qui la place dans la noble lignée d’un Villiers de L’Isle-Adam ou d’un Edgar Allan Poe.

Il sied également de mentionner la modernité troublante de son roman de 1930, « L’Ange et les Pervers ». Bien qu’il s’agisse davantage d’une fable sur l’identité que d’une œuvre de pure science-fiction, la figure de son protagoniste intersexe évoluant aux frontières du genre témoigne d’un goût prononcé pour l’altération du réel et la spéculation intime.

Ainsi, l’imaginaire chimérique fut, pour Lucie Delarue-Mardrus, bien plus qu’un simple divertissement littéraire ; il constitua le subtil prolongement de son âme rebelle et poétique, refusant les entraves d’un monde trop prosaïque.

Livres de Lucie Delarue-Mardrus :

Amanit (1929)
Conte de Noël (1929)
L’apparition (1921)

Pour en savoir plus sur Lucie Delarue-Mardrus :

La page Wikipédia sur L. Delarue-Mardrus
La page Noosfere sur L. Delarue-Mardrus
La page isfdb de L. Delarue-Mardrus

Charles Derennes

Présentation de Charles Derennes :

Charles Derennes est né le 4 août 1882 à Villeneuve-sur-Lot et rappelé à Dieu le 27 avril 1930 dans la capitale de notre République.
Si les chroniques mondaines de l’entre-deux-guerres se souviennent avant tout de ce poète et romancier naturaliste pour avoir remporté le prestigieux prix Femina en l’an 1924 (avec son délicieux « Émile et les autres », fleuron de son Bestiaire sentimental), il serait éminemment regrettable de passer sous silence sa remarquable incursion dans les territoires de la fiction spéculative. Car c’est bien sous la plume de Charles Derennes que l’on trouve l’une des expressions les plus achevées de ce que notre cher Maurice Renard baptisera plus tard le « merveilleux scientifique ».

En effet, c’est en 1907 que Charles Derennes livre aux presses du Mercure de France son éblouissant roman de l’imaginaire, « Le Peuple du Pôle ». Faisant montre d’une audace qui le place dans le prestigieux sillage de Jules Verne et de l’illustre H. G. Wells, l’écrivain y relate l’expédition de deux aéronautes français qui, atteignant le pôle Nord en ballon dirigeable, découvrent une enclave préservée depuis le Crétacé. Là, l’auteur déploie une stupéfiante rigueur spéculative : plutôt que de se borner à de féroces monstres préhistoriques, il postule que l’évolution biologique y a poursuivi son œuvre de manière implacable. Les explorateurs y rencontrent des « anthroposaures », une société de créatures reptiliennes bipèdes ayant développé une civilisation pacifique et une redoutable suprématie technologique.

Ce vertigineux postulat, qui précède de plusieurs années le fameux « Monde perdu » de sir Arthur Conan Doyle, témoigne d’une appréhension fulgurante de la théorie de l’évolution transposée au genre romanesque. L’auteur explorera de nouveau ces confins de l’étrange et du mysticisme avec « Les Conquérants d’idoles » en 1908.

Ainsi, loin de n’être qu’un chantre contemplatif de la faune de nos campagnes, Charles Derennes s’affirme comme un architecte précoce de la science-fiction française. Il a su utiliser l’hypothèse scientifique non point comme un vain artifice, mais comme un formidable miroir philosophique pour interroger la place de l’humanité sur notre globe.

Livres de Charles Derennes :

Cassinou va-t-en guerre (1917)
L’enfant dans l’herbe (1927)
L’énivrante angoisse (1904)
Le peuple du pôle (1907)

Pour en savoir plus sur Charles Derennes :

La page Wikipédia sur C. Derennes
La page Noosfere sur C. Derennes
La page isfdb de C. Derennes

Christopher John Sansom

Présentation de Christopher John Sansom :

Christopher John Sansom est né en l’an 1952 dans la noble cité d’Édimbourg et rappelé à Dieu au printemps de l’année 2024.
Si le vaste public révère avant tout en Christopher John Sansom l’orfèvre du roman historique classique, notamment grâce à ses minutieuses intrigues de l’époque Tudor mettant en scène l’avocat bossu Matthew Shardlake, il serait fort fâcheux de ne point mettre en lumière la magistrale incursion de cet homme de lettres dans les contrées vertigineuses de la littérature de l’imaginaire.

En effet, c’est en l’an 2012 que cet érudit, par ailleurs docteur en histoire, offrit à la république des lettres une fresque d’une redoutable audace spéculative, par le truchement de son roman uchronique intitulé « Dominion ». Abandonnant les pourpoints du seizième siècle, l’auteur nous y plonge dans les brumes d’une chronologie alternative et cauchemardesque. Il postule, par un habile subterfuge de l’esprit, qu’en l’année décisive de 1940, ce ne fut point l’intraitable Winston Churchill qui prit les rênes du gouvernement de Sa Majesté, mais lord Halifax, lequel s’empressa de signer un funeste traité de capitulation avec l’Allemagne nazie.

Le lecteur est ainsi convié à arpenter les rues d’un Londres de 1952, étouffant sous le joug d’un régime autoritaire vassal du Troisième Reich. À travers cette fascinante dystopie, Christopher John Sansom s’approprie avec une maestria souveraine les codes de l’imaginaire et de l’anticipation à rebours, cette fameuse histoire contrefactuelle. Il y tisse une ténébreuse machination où la rigueur scientifique de l’historien vient féconder le vertige propre à la science-fiction, rappelant par instants la noirceur philosophique du célèbre « Maître du Haut Château » de M. Philip K. Dick.

Par cet unique mais formidable exercice de fiction spéculative, Christopher John Sansom a brillamment démontré que l’invention de mondes parallèles, loin d’être une simple chimère, constitue l’un des plus puissants miroirs tendus à la conscience humaine, afin de la mettre en garde contre les dérives de l’Histoire.

Livres de Christopher John Sansom :

Matthew Shardlake :

Dominion (2012)
Un hiver à Madrid (2006)

Pour en savoir plus sur Christopher John Sansom :

La page Wikipédia sur C. J. Sansom
La page Noosfere sur C. J. Sansom
La page isfdb de C. J. Sansom

Eric-Emmanuel Schmitt

Présentation de Eric-Emmanuel Schmitt :

Éric-Emmanuel Schmitt est né en l’an 1960 à Sainte-Foy-lès-Lyon.
Si ce normalien et agrégé de philosophie s’est d’abord illustré sur les planches par des pièces à la redoutable intelligence dialectique, il convient surtout, pour complaire à votre exigence, de mettre en lumière la formidable appétence de sa prose pour l’imaginaire, le conte philosophique et l’altération du réel. Car sous les atours du dramaturge à succès, Eric-Emmanuel Schmitt est un authentique tisserand de l’étrange et de la spéculation.

La manifestation la plus éclatante de ce tropisme pour l’imaginaire réside sans doute dans son magistral roman uchronique de 2001, intitulé « La Part de l’autre ». Empruntant les vertigineux sentiers de l’histoire alternative, l’auteur y échafaude une hypothèse aussi fascinante que terrifiante : que serait-il advenu de la face du monde si, en 1908, le jury de l’Académie des beaux-arts de Vienne avait accepté la candidature du jeune Adolf Hitler ? Il y mène de front deux récits, la réalité historique d’une part, et la destinée fictive d’un peintre pacifique de l’autre, prouvant sa maîtrise absolue de la fiction spéculative.

Il sied également de s’attarder sur sa pharaonique entreprise romanesque entamée au crépuscule de notre époque contemporaine, la fresque de « La Traversée des temps ». Eric-Emmanuel Schmitt y embrasse pleinement les codes de la littérature de l’imaginaire en mettant en scène Noam, un protagoniste frappé du sceau de l’immortalité. À travers ce héros traversant les millénaires, de l’âge des cavernes jusqu’aux civilisations futures, l’écrivain renoue avec la grande tradition du mythe et du récit merveilleux.

Enfin, l’on ne saurait omettre la dimension magique et spirituelle qui innerve son célèbre « Cycle de l’invisible ». Bien que ces récits se veuillent avant tout des fables initiatiques, l’auteur n’hésite jamais à y convoquer le surnaturel, le réalisme magique ou les fantômes du passé pour élever l’âme de ses lecteurs.

En définitive, Eric-Emmanuel Schmitt a su faire de l’imaginaire et de l’hypothèse fantastique le véhicule privilégié de sa pensée philosophique, nous prouvant que le merveilleux reste l’un des plus sûrs chemins pour atteindre la vérité humaine.

Livres de Eric-Emmanuel Schmitt :

La traversée des temps :

Le cycle de l’invisible :

Intégrales :

Concerto à la mémoire d’un ange (2010)
Journal d’un amour perdu (2019)
L’évangile selon Pilate (2000)
L’homme qui voyait à travers les visages (2016)
La femme au miroir (2011)
La part de l’autre (2001)
La rêveuse d’Ostende (2007)
La secte des égoïstes (1994)
La tectonique des sentiments (2008)
La trahison d’Einstein (2014)
La vengeance du pardon (2017)
Le libertin (1997)
Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus (2012)
Lorsque j’étais une oeuvre d’art (2002)
Ma vie avec Mozart (2005)
Mes évangiles (2004)
Odette Toulemonde (2006)
Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent… (2010)
Théâtre (1999)
Ulysse from Bagdad (2008)
Variations énigmatiques (1996)

Pour en savoir plus sur Eric-Emmanuel Schmitt :

La page Wikipédia sur E.-E. Schmitt
La page Noosfere sur E.-E. Schmitt
La page isfdb de E.-E. Schmitt

Stéphane Beauverger

Présentation de Stéphane Beauverger :

Stéphane Beauverger est né le 29 juin 1969 dans la noble cité bretonne de Morlaix.
Il convient d’emblée de souligner la singularité du parcours de ce romancier. Formé initialement aux rigueurs du journalisme, c’est sous l’égide et les encouragements du célèbre scénariste Pierre Christin, son professeur d’alors, que Stéphane Beauverger fut poussé à embrasser la vocation de créateur d’univers. S’il a su, par la suite, prêter sa plume avec brio aux divertissements électroniques que sont les jeux vidéo de notre temps, ainsi qu’à la bande dessinée, c’est indubitablement dans l’art romanesque et la fiction spéculative que son génie a trouvé sa forme la plus achevée.

Dès l’an de grâce 2005, il s’imposa dans le paysage de la science-fiction francophone avec « Chromozone », premier jalon d’une trilogie dystopique et grinçante. Stéphane Beauverger y dépeint avec une noirceur réjouissante une humanité décimée par une arme virale, livrant une satire féroce et foisonnante qui fut promptement complétée par « Les Noctivores » puis « La Cité nymphale ».

Néanmoins, le pinacle de son œuvre demeure sans la moindre contestation possible « Le Déchronologue », majestueux roman d’aventures publié en 2009. L’auteur y accomplit un véritable tour de force stylistique et narratif, en convoquant un univers où se mêlent les codes de la flibuste du dix-septième siècle et les fulgurances de la science-fiction la plus exigeante. Le lecteur y suit le sillage du capitaine Henri Villon qui, naviguant sur les mers des Caraïbes à bord de son galion, doit affronter non seulement des corsaires, mais également des déchirures du continuum espace-temps. Ce magistral récit, par sa langue travaillée et son invention vertigineuse, s’est vu couronné par les plus prestigieuses récompenses de notre république des lettres, dont l’éminent Grand Prix de l’Imaginaire.

Stéphane Beauverger appartient ainsi à cette lignée précieuse d’artisans de l’imaginaire, ceux qui savent manier la langue avec autant de dextérité qu’ils orchestrent leurs redoutables vertiges temporels.

Livres de Stéphane Beauverger :

Collisions par temps calme (2021)
Le déchronologue (2009)

Pour en savoir plus sur Stéphane Beauverger :

La page Wikipédia sur S. Beauverger
La page Noosfere sur S. Beauverger
La page isfdb de S. Beauverger

Charles Dickens

Présentation de Charles Dickens :

Charles Dickens est né à Landport en 1812 et rappelé à Dieu en 1870.
S’il est de bon ton de célébrer avant tout en Charles Dickens le peintre réaliste des bas-fonds londoniens, le pourfendeur des asiles indigents et le créateur de figures inoubliables telles qu’Oliver Twist ou David Copperfield, il serait fort fâcheux de réduire son génie à la seule chronique sociale. Car le maître de l’époque victorienne nourrissait, en vérité, une passion dévorante pour le macabre, le surnaturel et les fantasmagories de l’esprit, s’imposant comme un authentique pionnier de la littérature de l’imaginaire.

Le sommet de cette veine fantastique est indubitablement atteint avec son célébrissime « Un chant de Noël » (A Christmas Carol), publié en 1843. Sous couvert d’une fable morale, Charles Dickens y convoque tout un arsenal merveilleux et spectral. L’usurier Ebenezer Scrooge y est tourmenté par le spectre chargé de chaînes de son ancien associé Jacob Marley, puis par les trois fantômes des Noëls passé, présent et à venir. Par ce récit, l’auteur a su redonner ses lettres de noblesse au conte de revenants, fusionnant avec une maestria étourdissante le merveilleux gothique et la parabole humaniste.

Mais l’exploration des lisières de l’au-delà ne s’arrête point à ce seul joyau. Charles Dickens, en tant que directeur d’illustres revues littéraires comme Household Words, n’eut de cesse d’y publier et d’y écrire des récits proprement terrifiants. Comment ne pas frissonner à la lecture de « L’Aiguilleur » (The Signal-Man, 1866) ? Dans cette nouvelle d’une noirceur insondable, l’écrivain met en scène un employé des chemins de fer hanté par des apparitions spectrales annonciatrices de tragédies sanglantes. C’est là un chef-d’œuvre absolu de l’épouvante psychologique, qui préfigure les frissons de la littérature d’angoisse moderne.

L’on retrouve par ailleurs cette inclination pour le macabre et le mystère jusque dans les interstices de ses grandes fresques. Dès son premier roman, « Les Aventures de Monsieur Pickwick », il insérait déjà de savoureux contes de gobelins. Plus tard, les brouillards spectraux de « La Maison d’Âpre-Vent » (Bleak House) ou l’atmosphère délicieusement oppressante et irrésolue de son roman inachevé, « Le Mystère d’Edwin Drood », témoignent d’une esthétique résolument tournée vers le fantastique et les ombres de l’inconscient.

En somme, Charles Dickens ne s’est pas contenté de dépeindre le monde matériel de la révolution industrielle ; il a également su, avec un talent sans pareil, ouvrir les portes de l’invisible et donner corps aux terreurs nocturnes de ses contemporains.

Livres de Charles Dickens :

Intégrales :

Aventures de Monsieur Pickwick 1 (1837)
Aventures de Monsieur Pickwick 2 (1837)
Barnabé Rudge 1 (1841)
Barnabé Rudge 2 (1841)
Bleak house (1853)
Contes de Noël (1857)
David Copperfield (1850)
Histoires de fantômes (2016)
L’abîme (1867)
L’ami commun 1 (1865)
L’ami commun 2 (1865)
L’embranchement de Mugby (1879)
La maison hantée (1892)
La terre de Tom Tiddler (1890)
Le grillon du foyer (1845)
Le magasin d’antiquités (1841)
Le signaleur (1886)
Les conteurs à la ronde (1854)
Les grandes espérances (1861)
Les temps difficiles (1854)
Oliver Twist (1878)
Paris et Londres en 1793 (1859)
Vie et aventures de Martin Chuzzlewit 1 (1844)
Vie et aventures de Martin Chuzzlewit 2 (1844)
Vie et aventures de Nicolas Nickleby (1838)

Pour en savoir plus sur Charles Dickens :

La page Wikipédia sur C. Dickens
La page Noosfere sur C. Dickens
La page isfdb de C. Dickens

Philip Roth

Présentation de Philip Roth :

Philip Roth, né à Newark en 1933 et rappelé à Dieu en l’an 2018.
S’il est de bon ton, dans les salons littéraires, de louer Philip Roth pour ses chroniques grinçantes des névroses de l’Amérique contemporaine ou pour le scandale retentissant de sa « Plainte de Portnoy », il convient surtout de mettre en exergue son redoutable appétit pour l’étrange et la fiction spéculative. Car, sous l’apparat du romancier réaliste, sommeillait un authentique amateur de l’imaginaire, prompt à tordre le cou au réel pour mieux en faire jaillir la vérité.

L’incursion la plus stupéfiante de M. Roth dans le domaine du fantastique demeure sans nul doute sa novella de 1972, intitulée « Le Sein ». Dans une veine délicieusement kafkaïenne, qui n’est pas sans rappeler l’illustre « Métamorphose » du maître pragois, l’auteur y narre la transformation grotesque et surréaliste d’un respectable professeur de littérature, David Kepesh, en une gigantesque glande mammaire. Par cette fable outrancière, il s’aventure sur les terres de l’absurde et de la littérature de l’étrange avec une virtuosité confondante.

Cependant, c’est dans le domaine de l’uchronie que M. Roth livrera son chef-d’œuvre conjectural absolu avec « Le Complot contre l’Amérique », paru bien plus tard. Rejoignant les vertigineuses architectures d’un Ward Moore ou d’un Philip K. Dick, l’écrivain y postule une effroyable bifurcation de l’Histoire : et si, lors de l’élection présidentielle de 1940, le candidat Franklin Delano Roosevelt avait été vaincu par l’aviateur Charles Lindbergh, héros national aux sympathies ouvertement pro-nazies et antisémites ? Il y dépeint avec une minutie glaçante le basculement progressif des États-Unis dans le fascisme, tissant une réalité alternative d’une puissance d’évocation terrifiante.

Enfin, il serait fâcheux d’omettre l’utilisation brillante qu’il fait du motif du doppelgänger, figure classique du fantastique, dans son roman « Opération Shylock ». Philip Roth y met en scène son propre double, un imposteur usurpant son identité en Israël pour prêcher le retour des Juifs en Europe. Il y brouille les frontières entre la réalité et la fiction, s’adonnant à une vertigineuse mise en abyme.

En définitive, Philip Roth fut bien plus qu’un simple observateur des mœurs de son temps : il sut manier le scalpel de la spéculation et de l’imaginaire avec une maestria rare.

Livres de Philip Roth :

David Kepesh :

Némésis :

Trilogie américaine :

Goodbye, Colombus (1962)
La contrevie (1986)
Le complot contre l’Amérique (2004)
Le grand roman américain (1973)
Le théâtre de sabbath (1995)
Les faits (1988)
Ma vie d’homme (1970)
Parlons travail (2001)
Patrimoine (1991)
Quand elle était gentille (1966)
Tromperie (1990)

Pour en savoir plus sur Philip Roth :

La page Wikipédia sur P. Roth
La page Noosfere sur P. Roth
La page isfdb de P. Roth