Catégorie : Livres
Elle qui chevauche les tempêtes par Lisa Tuttle et George R. R. Martin
Fiche d’Elle qui chevauche les tempêtes
Titre : Elle qui chevauche les tempêtes
Auteur : Lisa Tuttle et George R. R. Martin
Date de parution : 1981
Traduction : P. Marcel
Editeur : Gallimard
Première page d’Elle qui chevauche les tempêtes
« La tempête avait fait rage durant la plus grosse partie de la nuit.
Dans le grand lit qu’elle partageait avec sa mère, l’enfant était couchée sous la rêche couverture d’alguelaine, éveillée, l’oreille tendue. Le crépitement de la pluie sur les minces planches en bois-citron de la cabane était régulier et insistant ; elle entendait parfois le lointain grondement des coups de tonnerre, et quand la foudre flamboyait, de minces rais de clarté filtraient entre les volets pour illuminer la petite pièce. Quand ils s’effaçaient, l’obscurité retombait.
L’enfant entendit le goutte-à-goutte de l’eau sur le sol, et elle sut que le toit avait une nouvelle fuite. La dure terre battue se changerait en boue, et sa mère serait furieuse, mais elles n’y pourraient rien. Sa mère ne savait pas réparer les toits, et elles n’avaient pas les moyens de louer les services de quelqu’un. Un jour, lui disait sa mère, leur cabane à bout de forces s’écroulerait sous la violence des tempêtes. « Ce jour-là, nous irons retrouver ton père », répétait-elle. La petite fille ne se souvenait pas très bien de son père, mais sa mère en parlait souvent. »
Extrait de : L. Tuttle et G. R.R. Martin. « Elle qui chevauche les tempêtes. »
Ainsi naissent les fantômes par Lisa Tuttle
Fiche d’Ainsi naissent les fantômes
Titre : Ainsi naissent les fantômes
Auteur : Lisa Tuttle
Date de parution : 2011
Traduction : M. Fazi
Editeur : Dystopia
Sommaire d’Ainsi naissent les fantômes
- Rêves captifs
- L’heure en plus
- Le remède
- Ma pathologie
- Mezzo-tinto
- La fiancée du dragon
- Le vieux M. Boudreaux
Première page de Rêves captifs
« Il m’est arrivé quelque chose d’affreux quand j’étais petite.
Je ne veux pas rentrer dans les détails. J’ai dû le faire bien trop souvent dans l’année qui a suivi l’événement, d’abord quand j’ai raconté tout ce que je me rappelais à la police dans le (vain) espoir qu’elle parvienne à capturer le monstre, puis en parlant des heures durant à toutes sortes de thérapeutes, médecins, psys et autres spécialistes chargés de m’aider. En parler devait me permettre de comprendre ce qui s’était produit, puis de tourner la page.
Je ne demandais qu’à oublier – je croyais que c’était ça, « tourner la page » – mais on me répétait que, pour y parvenir, je devais d’abord me rappeler. Je croyais me souvenir – j’en étais même sûre – mais on refusait d’accepter mon récit. On me répétait que c’était un fantasme, créé pour masquer quelque chose de trop insoutenable pour que je puisse l’admettre. Pour mon propre bien (mais aussi pour aider la police à retrouver ce monstre), je devais me rappeler la vérité. »
Extrait de : L. Tuttle. « Ainsi naissent les fantômes. »
Une femme sans histoires par Christopher Priest
Fiche d’Une femme sans histoires
Titre : Une femme sans histoires
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 1990
Traduction : H. Collon
Editeur : Gallimard
Première page d’Une femme sans histoires
« Alice Stockton se dépêcha d’entrer pour s’abriter de la pluie et atteindre le téléphone avant l’arrêt de la sonnerie. Ses sacs en plastique lourdement chargés heurtèrent le montant de la porte comme elle se poussait à l’intérieur et une fragile poignée en plastique se déchira, provoquant la chute de la laitue posée sur le dessus. Elle déposa le tout dans l’entrée, remit la laitue en place du bout du pied, et claqua la porte derrière elle. Elle avait un besoin urgent de se précipiter aux toilettes, à l’étage, mais c’était sans doute Granville qui appelait. Elle hésita une seconde, le temps de définir l’ordre des priorités, puis laissa tomber par terre le sac en cuir qu’elle portait à l’épaule et fonça vers son bureau. Le téléphone se tut au moment même où elle tendait la main pour décrocher. »
Extrait de : C. Priest. « Une femme sans histoires. »
Rendez-vous demain par Christopher Priest
Fiche de Rendez-vous demain
Titre : Rendez-vous demain
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 2022
Traduction : J. Collin
Editeur : Denoël
Première page de Rendez-vous demain
« John Smith (1877)
En mai 1877 se tint à la Cour pénale centrale de Londres un procès qui allait devenir le premier acte de l’histoire qui suit. Les autres personnages de ce récit n’en savaient rien alors, absorbés qu’ils étaient par des affaires autrement pressantes. Leur eût-on même parlé du procès que cela leur eût inspiré, au mieux, un vague intérêt. Le professeur Adler J. Beck vivait à Londres avec son épouse et leur fils nouveau-né, et enseignait à plein temps dans une école navale. Son frère Dolf, très peu en lien avec Adler, pérégrinait et chantait l’opéra en Amérique du Sud, ayant apparemment trouvé bonheur et succès là-bas. Ni l’un ni l’autre n’entendraient même parler de l’accusé avant bien des années. Quant à Charles Ramsey, son épouse Ingrid et son frère Greg, ils ne naîtraient pas avant plus d’un siècle. »
Extrait de : C. Priest. « Rendez-vous demain. »
Notre île sombre par Christopher Priest
Fiche de Notre île sombre
Titre : Notre île sombre
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 2011
Traduction : M. Charrier
Editeur : Denoël
Première page de Notre île sombre
« J’ai la peau blanche. Les cheveux châtains. Les yeux bleus. Je suis grand. Je m’habille en principe de manière classique : veste sport, pantalon de velours, cravate en tricot. Je porte des lunettes pour lire, par affectation plus que par nécessité. Il m’arrive de fumer une cigarette. De boire un verre. Je ne suis pas croyant ; je ne vais pas à l’église ; ça ne me dérange pas que d’autres y aillent. Quand je me suis marié, j’étais amoureux de ma femme. J’adore ma fille, Sally. Je n’ai aucune ambition politique. Je m’appelle Alan Whitman. »
Extrait de : C. Priest. « Notre île sombre. »
Les extrêmes par Christopher Priest
Fiche de Les extrêmes
Titre : Les extrêmes
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 1998
Traduction : T. Bandure
Editeur : Denoël
Première page de Les extrêmes
« Elle s’appelle Teresa Ann Gravatt, elle a sept ans, et elle a dans sa chambre un miroir qui donne sur un autre univers.
Pour Teresa, le monde où elle est tenue de vivre est bien petit et fort peu intéressant, mais elle ne cesse de rêver d’un monde meilleur, bien loin de cette triste réalité. Elle habite avec ses parents sur une base de l’US Air Force située près de Liverpool, au nord-ouest de l’Angleterre. Son père est officier dans l’US Air Force ; sa mère est anglaise, de Birkenhead. Un jour, lorsque son père aura fini son service à l’étranger, ils retourneront tous aux États-Unis. Ils s’installeront probablement à Richmond, Virginie, la ville natale de Bob Gravatt ; c’est là qu’habite son père, le grand-père de Teresa, qui exploite une franchise lui permettant de distribuer des peintures industrielles. Bob parle souvent de ce qu’il va faire lorsqu’il quittera l’US Air Force, mais il est évident que la guerre froide est loin d’être terminée et que l’année américaine devra rester sur le qui-vive durant bien des années encore. »
Extrait de : C. Priest. « Les Extrêmes. »
Le rat blanc par Christopher Priest
Fiche de Le rat blanc
Titre : Le rat blanc
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 1972
Traduction : N. Gouyé
Editeur : Presses de la cité
Première page de Le rat blanc
« J’ai la peau blanche. Les cheveux châtain clair. Les yeux bleus. Je mesure un mètre quatre-vingts. Je m’habille de façon plutôt classique veste sport, pantalon de velours à côtes, cravate de tricot. Je mets des lunettes pour lire, plus par affectation d’ailleurs que par nécessité. Je fume la cigarette, modérément. Il m’arrive de boire de l’alcool. Je ne crois pas en Dieu ; je ne vais pas à l’église ; je ne vois aucun inconvénient à ce que d’autres y aillent. Quand je me suis marié, j’étais amoureux de ma femme. J’aime beaucoup ma fille Sally. Je n’ai pas d’ambitions politiques. Je m’appelle Alan Whitman. »
Extrait de : C. Priest. « Le rat blanc. »
Le prestige par Christopher Priest
Fiche de Le prestige
Titre : Le prestige
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 1995
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard
Première page de Le prestige
« Tout a commencé dans un train qui filait vers le nord de l’Angleterre, mais j’ai vite découvert qu’en fait l’histoire remontait à plus de cent ans.
À ce moment-là, je ne me doutais de rien : j’étais en service commandé, suite à un rapport sur un incident survenu dans une secte. La grosse enveloppe que j’avais reçue le matin même reposait sur mes genoux, toujours fermée. Mon père, l’expéditeur, m’avait appelé pour m’en parler, mais j’avais vraiment l’esprit ailleurs. La porte de la chambre à coucher claquait, ma compagne me quittait.
« Oui, papa, avais-je dit, alors que Zelda passait en coup de vent près de moi, un carton plein de mes CD à la main. Poste-le, j’y jetterai un œil. »
Après avoir lu le Chronicle du matin et m’être offert un sandwich et une tasse de café instantané à l’arrivée du chariot de restauration rapide, j’ai ouvert l’enveloppe. Un gros livre de poche en est »
Extrait de : C. Priest. « Le Prestige. »
Le monde inverti par Christopher Priest
Fiche de Le monde inverti
Titre : Le monde inverti
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 1974
Traduction : B. Martin
Editeur : J’ai lu
Première page de Le monde inverti
« Elisabeth Khan sortit du dispensaire et referma la porte à clé. Elle remonta la rue du village jusqu’à la place, devant l’église, où les gens s’assemblaient. Tout au long du jour, un sentiment d’attente joyeuse avait flotté dans l’air à mesure qu’on amassait les matériaux du feu de joie et maintenant les enfants excités couraient dans les rues, guettant l’instant de l’embrasement.
Elisabeth se rendit d’abord à l’église, mais elle n’y trouva nulle trace du père Dos Santos.
Quelques minutes après la tombée de la nuit, un des hommes mit le feu au petit bois sec, tout à fait au-dessous du tas. Une flamme claire s’éleva aussitôt. Les enfants se mirent à sauter et danser, poussant des exclamations tandis que les branches craquaient et crachaient des étincelles.
Hommes et femmes, assis ou couchés près du feu, se repassaient des fiasques de vin du pays, sombre et corsé. Deux hommes assis un peu à l’écart des autres grattaient nonchalamment des guitares. Les accords paisibles qu’ils égrenaient n’appelaient pas à la danse ; ils n’étaient destinés qu’au pur plaisir de l’oreille. »
Extrait de : C. Priest. « Le monde inverti. »
Le livre d’or par Christopher Priest
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 1980
Traduction : H.-L. Planchat, F.-M. Watkins, S. Florens, M. Mathieu
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- La tête et la main
- Le monde du temps réel
- L’été de l’infini
- Le regard
- La négation
- Et j’erre solitaire et pâle
Première page de La tête et la main
« Ce matin-là, à Racine House, nous prenions de l’exercice au-dehors. Il avait gelé durant la nuit et l’herbe était blanche et cassante. Le ciel était pur et le soleil lançait de longues ombres bleues. Notre respiration laissait s’écouler derrière nous des nuages de vapeur. Il n’y avait pas de bruit, pas de vent, aucun mouvement. Le parc était à nous, et nous étions seuls.
Nos promenades matinales suivaient un chemin bien défini, et lorsque nous arrivâmes à la limite est du sentier, au bas de la longue pente recouverte de pelouse, je me préparai à tourner, tirant fortement sur les poignées de contrôle situées à l’arrière de la voiture. Je suis un homme grand, et musclé, mais le poids combiné de la voiture pour invalide et du maître dépassait presque la limite de ma force. »
Extrait de : C. Priest. « Le livre d’or. »