Catégorie : Livres
Le seul critique par Brian Stableford
Fiche de Le seul critique
Titre : Le seul critique (Tome 2 sur 6 – Daedalus)
Auteur : Brian Stableford
Date de parution : 1977
Traduction : N. Atchkhan, J. Polanis
Editeur : Galaxie / Opta
Première page de Le seul critique
« Je ramassai les cartes et me mis à les battre sans grande conviction, me demandant si j’allais pouvoir extirper une dernière dose d’enthousiasme compétitif de mon cerveau turgide. Cela semblait improbable.
Karen m’observait. Elle était à l’aise, complètement réveillée. J’étais trop complètement réveillé, et pas tellement à l’aise.
— Vous voulez encore jouer ? demandai-je.
Elle ne voulait pas. Elle secoua la tête.
— Vous feriez bien de dormir un peu, dit-elle. Il faut que je sois ici. J’ai des quarts de huit heures pendant la traversée, et je n’ai besoin de personne pour me tenir compagnie. Savez-vous quelle heure il est ?
Mes yeux se tournèrent vers l’horloge, sur laquelle ils posèrent un regard vide.
— Non, lui dis-je. Honnêtement, je n’en sais rien. Je lis ce que marquent les aiguilles, sans y voir la moindre signification. Comment cela peut-il »
Extrait de : B. Stableford. « Daedalus – Le seuil critique. »
L’énigme de Floria par Brian Stableford
Fiche de L’énigme de Floria
Titre : L’énigme de Floria (Tome 1 sur 6 – Daedalus)
Auteur : Brian Stableford
Date de parution : 1976
Traduction : D. Lemoine
Editeur : Galaxie / Opta
Première page de L’énigme de Floria
« C’était la fin de septembre, les arbres se débarrassant de leurs feuilles inutiles, se dénudant pour l’hiver avec l’aide d’un vent pressé et nerveux. Un homme et un adolescent marchaient le long de la rivière. L’eau était noire, trouble et, malgré les vagues qui en agitaient la surface, elle semblait lourde et paresseuse. Les deux rives, où les arbres frêles vivaient chichement en dépit des ombres qui les privaient de soleil pendant la plus grande partie de la journée, étaient bordées de hauts murs de béton lisse. La ville, où les immeubles aux nombreuses fenêtres s’épanouissaient sur les toits de labyrinthes de catacombes, se lançait à l’assaut du ciel. Son grondement atteignait la profonde ravine où coulait la rivière, mais il était lointain, étouffé. L’endroit où l’homme et son fils marchaient appartenait à un monde ancien, oublié : un monde où l’intimité demeurait.
L’homme portait un manteau et ses mains étaient enfoncées dans ses poches tandis qu’il rentrait la tête dans les épaules sous l’effet des rafales de vent froid. »
Extrait de : B. Stableford. « Daedalus – L’énigme de Floria. »
Le chiffre de Cthulhu par Brian Stableford
Fiche de Le chiffre de Cthulhu
Titre : Le chiffre de Cthulhu (Tome 2 sur 7 – Auguste Dupin)
Auteur : Brian Stableford
Date de parution : 2011
Traduction : C. Rabier
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Le chiffre de Cthulhu
« Le cryptogramme
Il fut une époque, entre l’automne 1846 et la révolution de 1848, où mes rencontres régulières avec Auguste Dupin – qui avaient presque toujours lieu dans ma demeure, bien plus confortable et plus facile d’accès que son appartement – durent si fréquemment faire place à un troisième élément que je commençai presque à nous voir comme un trio plutôt qu’une paire d’amis. Une image tirée d’un feuilleton1 populaire récent s’imposait à mon esprit et je nous appelais, dans le secret de mon cœur, « les trois mousquetaires ». Je tiens, toutefois, à souligner que nous n’étions absolument pas des individus violents. »
Extrait de : B. Stableford. « Auguste Dupin – Le Chiffre de Cthulhu. »
Les souterrains de l’enfer par Brian Stableford
Fiche de Les souterrains de l’enfer
Titre : Les souterrains de l’enfer (Tome 1 sur 3 – Asgard)
Auteur : Brian Stableford
Date de parution : 1982
Traduction : E. C. L. Meistermann
Editeur : Galaxie / Opta
Première page de Les souterrains de l’enfer
« Si j’avais possédé une conscience sociale plus développée, les événements qui se déroulèrent sur Asgard auraient pu prendre une tournure très différente. En fait – c’est du moins ce que l’on m’a assuré – l’avenir à long terme de la race humaine a peut-être été affecté (pour le pire) par mon absence de charité. Cette pensée me rassérène beaucoup, et je suis sûr qu’elle contient pour nous tous une certaine morale. Tel n’est pourtant point mon but en racontant cette histoire : je n’ai rien à faire des fables à dessein moral.
Peut-être les choses auraient-elles été différentes si l’appel n’était pas arrivé au beau milieu de la nuit. Personne n’est d’humeur sereine lorsqu’on l’arrache au sommeil aux alentours de 12,87 heures, standard métrique. Je n’ai qu’un téléphone mural, inaccessible de mon lit : il me faut me dépêtrer de mon sac et traverser la pièce en titubant. »
Extrait de : B. Stableford. « Asgard – Les souterrains de l’enfer. »
Petites vertus virtuelles par Claude Ecken
Fiche de Petites vertus virtuelles
Titre : Petites vertus virtuelles
Auteur : Claude Ecken
Date de parution : 1999
Editeur : Baleine
Première page de Petites vertus virtuelles
« C’est la première bonne nouvelle depuis des mois, la découverte de cette planque d’informations. Cette fois, je suis vraiment sur la piste de MACNO ! J’ai à présent une chance d’échapper à la faillite et à la réinsertion obligatoire dans un service de l’État.
Après des semaines passées à établir des statistiques sur le volume moyen d’un échange de données afin de repérer toute chaîne de longueur inhabituelle qui pourrait correspondre à sa signature, j’en suis venu à la conclusion qu’une intelligence artificielle ne se déplace pas dans sa totalité. Pas plus que nous ne nous déplaçons physiquement pour envoyer un courriel. Inutile donc de traquer dans le flux électronique un transit de quelques téraoctets ou même de quelques centaines de gigabits. »
Extrait de : C. Ecken. « Petites vertus virtuelles. »
Les hauts esprits par Claude Ecken
Fiche de Les hauts esprits
Titre : Les hauts esprits
Auteur : Claude Ecken
Date de parution : 2006
Editeur : Nestiveqnen
Première page de Les hauts esprits
« Sans quitter la route des yeux, Patrice Comtier ralluma le mégot collé à ses lèvres. Les Boyard l’obligeaient à tirer de fréquentes bouffées s’il ne voulait pas utiliser son briquet toutes les trente secondes. Mais la vigilance que requérait la conduite de son véhicule, sous cette pluie battante, lui faisait oublier qu’il fumait. Ce n’était qu’en tirant une cigarette de son paquet froissé qu’il s’apercevait de la présence de celle, éteinte, à sa bouche.
La flamme dansante du briquet renvoya dans la vitre l’image de son visage rougeaud et tendu. Les ombres fortes accentuaient les cernes sous ses yeux. Les gouttes géantes qui s’écrasaient sur le pare-brise, superposées à son reflet, lui donnaient un air déprimé.
Patrice Comtier rejeta la fumée avec force, déployant une brume grise à l’intérieur de la cabine. On aurait dit qu’il tentait de recréer dans son habitacle les conditions à l’extérieur. Des chapes de brouillard ondoyaient sournoisement à travers la route, apparaissaient là où on ne les attendait pas, au détour des lacets de cette contrée qu’il ne connaissait pas. »
Extrait de : C. Ecken. « Les Hauts Esprits. »
Le propagateur par Claude Ecken
Fiche de Le propagateur
Titre : Le propagateur
Auteur : Claude Ecken
Date de parution : 2006
Editeur : Bélial
Première page de Le propagateur
« Rien ne laissait présager, dans l’après-midi finissant d’un mois de juin ensoleillé, le drame qui devait conclure l’excursion du jeune couple amoureux de la nature. Florence Sabaune et Paul Muclaye avaient pratiqué l’ascension d’une des gorges du Caroux à partir de Colombières-sur-Orb, guetté les bouquetins en arpentant le plateau jusqu’au point de vue qui déployait à leurs pieds les charmes de la vallée en contrebas, et emprunté une autre gorge entre Saint Martin et Colombières pour rejoindre leur véhicule. Ils avaient marché d’un bon pas, s’étaient reposés dans des endroits permettant de profiter du paysage et se félicitaient du beau temps qui les avait accompagnés malgré l’annonce d’une météo maussade. C’était une balade des plus ordinaire, dépourvue du moindre désagrément, à l’exception d’une bonne et saine fatigue. Peut-être même celle-ci figurait-elle parmi les menus bonheurs de la journée, comme preuve du périple accompli, endolorissant juste ce qu’il fallait les muscles des jambes et du dos. »
Extrait de : C. Ecken. « Le Propagateur. »
Le monde, tous droits réservés par Claude Ecken

Fiche de Le Monde, tous droits réservés
Titre : Le monde, tous droits réservés
Auteur : Claude Ecken
Date de parution : 2005
Editeur : Bélial
Sommaire de Le monde, tous droits réservés
- Le Monde, tous droits réservés
- Membres à part entières
- Edgar Lomb, une rétrospective
- L’unique
- Les déracinés
- Esprit d’équipe
- Fantômes d’univers défunts
- La bête du recommencement
- Eclats lumineux du disque d’accrétion
- La dernière mort d’Alexis Wiejack
- En sa tour, Annabelle
- La fin du big bang
Première page de Le monde, tous droits réservés
« Je n’ai jamais considéré le journalisme comme susceptible de devenir à son tour un sujet d’actualité. Mais si des gens vendent aux agences des parcelles de leur existence, pourquoi ne soumettrais-je pas à mon tour au public ma brève expérience de journaliste ? L’unique article de fond qu’il m’ait été donné d’écrire n’a cessé d’évoluer pour aboutir à cette dernière mouture, dans laquelle l’épisode originel n’est plus qu’un évènement parmi d’autres.
Il lui reste cependant le mérite d’avoir déclenché tout le reste. Mais ni l’épisode, ni l’article n’aurait débouché sur une réflexion si Christopher Behr n’avait joué le rôle de catalyseur.
Il serait faux de dire que rien ne l’y prédisposait, même si, en apparence, il attendait tranquillement la retraite. Un reporter de son envergure ne pouvait s’être totalement coupé des affaires du monde. À l’aube de la soixantaine, il n’occupait qu’un »
Extrait de : C. Ecken. « Le Monde, tous droits réservés. »
Le cri du corps par Claude Ecken
Fiche de Le cri du corps
Titre : Le cri du corps
Auteur : Claude Ecken
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le cri du corps
« — M. Raymond Corlet, annonça la secrétaire en tendant à Aziki M’Bouhilé un dossier.
Elle s’effaça ensuite pour laisser entrer le client et referma la porte du cabinet derrière lui. C’était un homme de la quarantaine environ, de taille moyenne, au visage pâle et souffreteux. Le type même de l’obscur fonctionnaire sans passé et sans avenir. Il salua brièvement le médecin.
En retournant s’asseoir derrière son bureau, la jeune femme jeta un rapide coup d’œil sur la fiche que lui avait préparée Mme Vassonier. Le nom de Raymond Corlet ne lui disait rien, aussi ne s’étonna-t-elle point de la trouver vierge. Elle reporta ensuite son regard sur le malade qui se tenait timidement devant elle.
— Asseyez-vous, monsieur Corlet, et dites-moi ce qui ne va pas. »
Extrait de : C. Ecken. « Le cri du corps. »
La peste verte par Claude Ecken
Fiche de La peste verte
Titre : La peste verte
Auteur : Claude Ecken
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de La peste verte
« Passée la porte d’Aix, l’homme descendit les rues sombres où les Arabes exposent et vendent tapis, vêtements, chiffons, un peu de tout pour trois fois rien. Couleurs criardes noyées dans les ombres bleues, soleil éblouissant qui accentue les contrastes, brouhaha tissé d’interjections, odeurs lourdes et grasses, de cuisine, de sueur, alternant avec des bouffées de fraîcheur, des parfums légers répandus par la brise.
Il se coula dans la foule avec facilité, indiquant ainsi qu’il avait l’habitude de déambuler dans ces quartiers. Inscrivant ses pas dans ceux des passants, il se laissa porter par le courant humain, évoluant au rythme de leur marche. Ses vêtements de coupe démodée et aux couleurs ternies n’attiraient pas l’attention. Pas plus que son visage n’était remarquable. C’était une de ces têtes innombrables »
Extrait de : C. Ecken. « La peste verte. »