Georges Lebas

Présentation de Georges Lebas :

Venu au monde le douze janvier de l’an 1862 dans le fier port de Dieppe, au sein même de l’hôtel de la Gendarmerie où résidait son brave père, le jeune Georges Lebas fit ses humanités au collège Jehan-Ango. Esprit curieux de tout, taquinant la muse dès sa vingt-deuxième année, il embrassa avec ferveur la carrière du journalisme à Rouen avant de s’en revenir sur sa terre natale pour acquérir, en 1889, la feuille locale L’Impartial ainsi que son imprimerie. Figure incontournable de la vie dieppoise, édile dévoué, officier de l’Instruction publique et chevalier de la Légion d’honneur, il fut tout à la fois l’historien scrupuleux de sa cité, le président des « Amys du Vieux Dieppe » et l’heureux créateur du musée municipal qu’il installa avec goût dans l’antique château surplombant la Manche.

Pourtant, derrière la respectable façade de ce notable de la Troisième République – qui signa parfois ses nombreux ouvrages du pseudonyme de « Jean Mirval » – se dissimulait un conteur à l’imagination fertile, capable des plus vertigineuses conjectures. Il convient ici d’insister tout particulièrement sur son incursion majeure et saisissante dans le domaine du merveilleux scientifique : son admirable roman d’anticipation intitulé L’Heure perdue, livré en feuilleton aux lecteurs de la revue Le Correspondant durant l’été de l’an 1929.

Dans cette œuvre d’une remarquable tenue littéraire, qui n’est point sans évoquer les grandes fresques cataclysmiques d’un Rosny aîné ou l’angoisse sourde de la Présence de la mort de Charles-Ferdinand Ramuz, l’auteur met en scène une paisible bourgade normande soudainement frappée de stupeur. Seul un astronome amateur du nom de Vidal pressent l’effroyable vérité avant de défaillir à son oculaire : au cœur de la nuit, dans un fracas épouvantable, une force magnétique d’une puissance inouïe cloue au sol tous les objets métalliques, figeant net les horloges, les montres et les mécaniques, et interrompant toute communication télégraphique.

Le postulat conjectural développé par Georges Lebas glace le sang : frôlée par un astre errant, une planète vagabonde surgie de l’abîme, notre vieille Terre a été violemment arrachée à son orbite séculaire ! Dérivant désormais dans le vide intersidéral, loin des feux bienfaisants du Soleil, le globe subit d’affreux bouleversements climatiques, passant d’une chaleur étouffante au froid le plus glacial et mortel. En véritable homme de terrain habitué aux affaires publiques, l’auteur excelle à décrire, à l’échelle de ce microcosme provincial, la sidération des foules, les mouvements de panique et les efforts désespérés des édiles qui, épaulés par le savant astronome, tentent d’organiser la survie de leurs concitoyens face à l’inéluctable agonie du monde.

Après une existence bien remplie, vouée au bien commun, aux archives poussiéreuses et aux belles-lettres, Georges Lebas s’est éteint dans sa chère ville de Dieppe au mois de février 1934, laissant le souvenir d’un parfait honnête homme qui sut, le temps d’un récit visionnaire, confronter la quiétude du terroir normand à l’effroi des espaces infinis.

Livres de Georges Lebas :

L’heure perdue

Pour en savoir plus sur Georges Lebas :

La page Wikipédia sur G. Lebas
La page Noosfere sur G. Lebas
La page isfdb de G. Lebas

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