Catégorie : Auteurs
Jean-Claude Dunyach

Présentation de Jean-Claude Dunyach :
Né le 17 juillet 1957 à Toulouse, Jean-Claude Dunyach est un romancier, nouvelliste et anthologiste français. Figure incontournable des littératures de l’imaginaire en France depuis les années 1980, il a la particularité d’avoir mené de front une carrière d’écrivain primé et un parcours professionnel d’ingénieur au sein de l’industrie aéronautique.
L’ingénieur toulousain venu à la littérature
Diplômé en mathématiques et en informatique, Jean-Claude Dunyach entre comme ingénieur à l’Aérospatiale (aujourd’hui Airbus) à Toulouse, où il effectue l’essentiel de sa carrière. Ce bagage scientifique rigoureux irrigue son œuvre littéraire, lui permettant de s’inscrire naturellement dans la tradition de la hard science-fiction, tout en y mêlant une forte dimension poétique et humaniste.
Il commence à publier ses premiers textes de science-fiction au début des années 1980. Dès 1984, son talent est récompensé par le prestigieux Grand Prix de l’Imaginaire pour sa nouvelle Les Raccordeurs.
Les étoiles cosmiques et les grands succès romanesques
Si Jean-Claude Dunyach est un maître incontesté de la forme courte, il bâtit également de vastes univers romanesques. En 1991, il publie Étoiles mortes, un space opera foisonnant et inventif dans lequel l’humanité découvre d’immenses créatures cosmiques sillonnant l’univers, qu’elle tente d’explorer ou de coloniser.
En 1999, il prolonge cet univers fascinant en coécrivant Étoiles mourantes avec son ami et complice littéraire, l’écrivain Ayerdhal. Ce roman ambitieux, salué par la critique, remporte conjointement le prix Tour Eiffel de science-fiction (1999) et le prix Ozone. Parmi ses autres romans notables figure également Voleurs de silence (1992), lauréat du prix Rosny aîné.
Un nouvelliste prolifique à la renommée internationale
C’est sans doute dans l’exercice de la nouvelle que Jean-Claude Dunyach exprime le mieux l’étendue de son talent. Il en a publié plus d’une centaine, rassemblées dans plusieurs recueils majeurs tels que Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (1992), Dix jours sans voir la mer (2000), ou encore Le Clin d’œil du héron (2016).
Ses nouvelles, qui explorent des thématiques allant de la biotechnologie aux paradoxes temporels, souvent teintées d’humour et d’ironie, ont dépassé les frontières francophones. Il est en effet l’un des rares auteurs de SF français à être régulièrement traduit et publié en anglais (notamment aux États-Unis avec le recueil The Night Orchid), mais aussi en italien, russe, espagnol ou bulgare.
Un acteur engagé du milieu littéraire et musical
Outre l’écriture, Jean-Claude Dunyach s’investit activement pour la promotion des littératures de l’imaginaire. Il a dirigé de nombreuses anthologies, notamment la célèbre anthologie périodique Escales, et exerce ponctuellement des activités de directeur de collection pour des maisons d’édition telles que Bragelonne ou L’Atalante.
Esprit curieux et créatif, ses talents ne se limitent pas à la littérature de science-fiction : passionné de musique, il est également auteur de chansons et a écrit de nombreux textes de variété française, illustrant la polyvalence et la richesse d’une plume qui compte parmi les plus respectées de l’imaginaire francophone.
Livres de Jean-Claude Dunyach :
Etoiles mortes :
- Nivôse
- Aigue-marine
- Voleurs de silence
Le jeu des sabliers :
- Le temple de chair
- Le temple d’os
Nouvelles :
- La station de l’Agnelle
- Dix jours sans voir la mer
- Déchiffrer la trame
- Les nageurs de sable
- Le temps, en s’évaporant
- Séparations
- Les harmoniques célestes
- Le clin d’oeil du héron
Troll :
- L’instinct du troll
- L’enfer du troll
- L’empire du troll
Intégrales :
- Etoiles mortes
Autoportrait
Escales 2000
Etoiles mourantes
La guerre des cercles
Roll over, Amundsen !
Trois hourras pour lady Evangeline
Trolls & Licornes
Pour en savoir plus sur Jean-Claude Dunyach :
La page Wikipédia sur J.-C. Dunyach
La page Noosfere sur J.-C. Dunyach
La page isfdb de J.-C. Dunyach
Yves Frémion

Présentation de Yves Frémion :
Né le 14 juin 1947 à Lyon, Yves Frémion (de son nom complet Yves Frémion-Danet) est un écrivain, critique, anthologiste et homme politique français. Personnalité aux multiples casquettes, il s’est illustré tout au long de sa carrière dans des domaines aussi variés que la science-fiction, l’histoire de la bande dessinée, la presse satirique et l’engagement écologiste.
L’homme de lettres et la science-fiction
Passionné par les littératures de l’imaginaire, Yves Frémion joue un rôle prépondérant dans l’édition de la science-fiction en France dans les années 1970 et 1980. Il crée et dirige la revue Univers aux éditions J’ai Lu, où il publie de nombreux auteurs francophones et internationaux.
En tant qu’écrivain, il est l’auteur d’une œuvre abondante comprenant des romans, des nouvelles et des essais, utilisant parfois divers pseudonymes. Il est d’ailleurs récompensé par le prestigieux prix Rosny aîné en 1990 pour sa nouvelle Rêves de sable, châteaux de sang.
Une figure incontournable de la bande dessinée et de l’humour
Yves Frémion est également reconnu comme l’un des grands spécialistes de la bande dessinée et du dessin d’humour en France. Pendant des décennies, il collabore à des magazines emblématiques tels que Charlie Mensuel, L’Écho des savanes et surtout Fluide glacial, où il tient des chroniques et met en lumière le patrimoine du neuvième art.
Soucieux de préserver la mémoire de l’image imprimée, il fonde et anime la revue trimestrielle Papiers Nickelés, consacrée à l’histoire de la bande dessinée et de l’imagerie populaire. Son goût pour l’absurde, la satire et l’érudition décalée le conduit tout naturellement à devenir Régent du très sérieux — et pataphysique — Collège de ‘Pataphysique.
L’engagement politique et écologiste
En parallèle de ses activités littéraires et journalistiques, Yves Frémion mène une longue carrière politique marquée par son engagement en faveur de l’écologie politique. Membre historique du parti Les Verts (devenu par la suite Europe Écologie Les Verts), il exerce plusieurs mandats électoraux.
Il siège ainsi au Parlement européen en tant que député de 1991 à 1994. Par la suite, il est élu conseiller régional d’Île-de-France, mandat qu’il occupe durant deux législatures (de 1998 à 2010). Au sein de l’hémicycle régional, il s’investit particulièrement dans les questions culturelles, la défense de la liberté d’expression et la protection de l’environnement.
Aujourd’hui, Yves Frémion demeure un esprit libre de la scène intellectuelle française, continuant d’œuvrer pour la reconnaissance des arts populaires et la préservation de la mémoire culturelle alternative.
Livres de Yves Frémion :
Le tueur
Octobre, octobre
Rêves de sable, châteaux de sang
Ronge
Territoires du tendre
Tongre
Pour en savoir plus sur Yves Frémion :
La page Wikipédia sur Y. Frémion
La page Noosfere sur Y. Frémion
La page isfdb de Y. Frémion
Jean-Marie Parent
Présentation de Jean-Marie Parent :
Ancien journaliste et professeur des écoles établi à Loches, en Touraine, Jean-Marie Parent est un auteur français dont l’œuvre éclectique navigue entre l’étude de l’ésotérisme, les mystères historiques, le roman et la défense du patrimoine linguistique.
Une collaboration fructueuse autour de l’occulte et des sociétés secrètes
Dans les années 1980, Jean-Marie Parent se fait connaître par sa longue collaboration avec l’écrivain et ancien officier de police Roger Facon. Ensemble, ils explorent les marges de l’histoire, les sociétés secrètes et les phénomènes occultes. Leurs recherches aboutissent à la publication de plusieurs ouvrages à la frontière du fantastique, de l’enquête historique et de l’ésotérisme, notamment :
- Sectes et sociétés secrètes aujourd’hui : le complot des ombres (1980) ;
- Les Meurtres de l’occulte (1981) ;
- Gilles de Rais et Jacques Cœur : la conspiration des innocents (1984), paru dans la célèbre collection « Les Énigmes de l’univers » chez Robert Laffont ;
- Vercingétorix et les mystères gaulois (1984).
Ces textes témoignent d’un intérêt profond pour les coulisses de l’histoire (Templiers, Rose-Croix, etc.) et s’inscrivent dans une veine littéraire qui mêle investigation journalistique et littérature de l’imaginaire.
Un auteur ancré en Touraine
Après cette période orientée vers le mysticisme et l’histoire occulte, Jean-Marie Parent poursuit une carrière plus personnelle. Fortement ancré dans sa région, il est membre actif de Signature Touraine, une association qui promeut les auteurs locaux et la littérature en région Centre-Val de Loire.
En tant qu’écrivain indépendant, il publie divers romans, essais et ouvrages de réflexion. Il se distingue notamment par son engagement pour la préservation de la langue française. Dans son ouvrage ESPRIT es-tu là ?, il prend position contre l’hégémonie de ce qu’il nomme le « globish anglo-saxon », qu’il perçoit comme une menace pour la richesse, la diversité et l’identité de la culture francophone.
Aujourd’hui, sa bibliographie compte plus d’une douzaine de projets éditoriaux, reflétant la curiosité intellectuelle d’un auteur aux multiples facettes.
Livres de Jean-Marie Parent :
La Flandre insolite (1981)
Les serviteurs de la force (1988)
Vercingétorix et les mystères gaulois (1983)
Pour en savoir plus sur Jean-Marie Parent :
La page Wikipédia sur J.-M. Parent
La page Noosfere sur J.-M. Parent
La page isfdb de J.-M. Parent
Claude-Jacques Legrand
Présentation de Claude J. Legrand :
Né le 7 avril 1928 à Nice et mort le 1^er^ mai 2009 à Rougé (Loire-Atlantique), Claude-Jacques Legrand est un romancier, nouvelliste et scénariste de bande dessinée français. Principalement rattaché aux littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, heroic fantasy), il a profondément marqué l’histoire de la bande dessinée de genre en France, en particulier durant l’âge d’or des éditions Lug.
De la photographie aux scénarios de bande dessinée
Avant de se tourner vers l’écriture et l’édition, Claude-Jacques Legrand mène une première carrière dans le domaine artistique. Il exerce en effet la profession de photographe de mode, puis devient directeur artistique pour différentes maisons de disques.
C’est dans les années 1970 que sa carrière prend un tournant décisif. Les éditions lyonnaises Lug, dirigées par Marcel Navarro, souhaitent développer des créations originales pour concurrencer le succès grandissant des comics américains (comme les super-héros Marvel ou Conan le Barbare). Legrand, qui est notamment le traducteur français des aventures de Conan, se voit confier la création de nombreux personnages et scénarios pour remplir les pages des magazines de l’éditeur.
Un créateur d’univers prolifique
Au cours des années 1970, principalement dans les pages des revues Futura (lancée en 1972) et Kabur (1975), il scénarise un nombre impressionnant de séries devenues cultes pour toute une génération de lecteurs. Parmi ses créations les plus célèbres, on compte :
- Kabur : Une saga d’heroic fantasy ouvertement inspirée de Conan le Barbare, dessinée par l’Italien Luciano Bernasconi.
- Jaleb le télépathe et Larry Cannon : Séries de science-fiction mises en images par Annibale Casabianca.
- La Brigade temporelle : Dessinée par Edmond Ripoll.
- Jeff Sullivan : Également en collaboration avec Luciano Bernasconi.
Il scénarise par ailleurs la revue Waki, un récit post-apocalyptique précurseur, paru en 1974.
Le nouvelliste et le romancier
En parallèle de son impressionnant travail de scénariste de bande dessinée, Claude-Jacques Legrand écrit de nombreuses nouvelles de science-fiction. Celles-ci, souvent teintées d’humour et rappelant parfois le style de Robert Sheckley, sont d’abord publiées dans les fascicules des éditions Lug (pour meubler l’espace entre deux bandes dessinées), mais trouvent aussi leur place dans de prestigieuses revues comme Fiction ou Lunatique.
Sur le plan romanesque, son œuvre est plus restreinte mais néanmoins saluée. Il publie trois romans :
- La Virée (1988) : Un roman policier publié dans la célèbre collection Spécial Police du Fleuve Noir.
- Projet Nouvelle-Vénus (1988) : Un roman d’anticipation, paru la même année au Fleuve Noir.
- Les Créateurs de futurs (2005) : Une œuvre ambitieuse sur le thème des univers parallèles, publiée par les éditions Rivière Blanche.
Après sa mort en 2009, les éditions Rivière Blanche rendront hommage à son travail en compilant ses nouvelles en deux recueils majeurs : Le Dernier Homme de chair (2010) et Projet Point-final (2011). Claude-Jacques Legrand demeure aujourd’hui une figure respectée et incontournable pour les passionnés de la bande dessinée populaire franco-italienne et de la science-fiction française.
Livres de Claude J. Legrand :
Projet Nouvelle-Vénus (1988)
Pour en savoir plus sur Claude J. Legrand :
La page Wikipédia sur C. J. Legrand
La page Noosfere sur C. J. Legrand
La page isfdb de C. J. Legrand
Nathaniel Hawthorne

Présentation de Nathaniel Hawthorne :
Né le 4 juillet 1804 à Salem (Massachusetts) et mort le 19 mai 1864 à Plymouth (New Hampshire), Nathaniel Hawthorne est un romancier et nouvelliste américain. Figure majeure du romantisme américain, son œuvre explore avec acuité les thèmes de la culpabilité, du péché, de la morale puritaine et de la complexité de l’âme humaine.
Le poids de l’héritage puritain
Nathaniel Hawthorne naît sous le nom de Nathaniel Hathorne. Il est le descendant d’une des plus anciennes familles puritaines de la Nouvelle-Angleterre. Son arrière-arrière-grand-père, John Hathorne, fut l’un des juges impliqués dans les tristement célèbres procès des sorcières de Salem en 1692, et le seul à ne jamais s’être repenti de ses actes. Profondément marqué par ce lourd passé familial, le jeune Nathaniel décide, au début de la vingtaine, d’ajouter un « w » à son patronyme (devenant ainsi « Hawthorne ») afin de se dissocier de cet ancêtre compromettant.
Après des études au Bowdoin College (où il se lie d’amitié avec le futur président des États-Unis Franklin Pierce et le poète Henry Wadsworth Longfellow), il retourne à Salem. Il y vit reclus pendant plusieurs années, lisant assidûment et perfectionnant son art de l’écriture.
Premiers écrits et la reconnaissance
Ses débuts littéraires sont discrets. Il publie d’abord un roman à compte d’auteur, Fanshawe (1828), qu’il tente par la suite de détruire, le jugeant médiocre. Il se tourne ensuite vers le format court et publie des nouvelles dans divers magazines. Ces textes sont finalement réunis en 1837 dans un recueil intitulé Contes racontés deux fois (Twice-Told Tales), qui lui vaut les louanges d’Edgar Allan Poe.
Pour subvenir aux besoins de sa famille — il a épousé Sophia Peabody en 1842 —, Hawthorne occupe divers emplois dans les douanes, d’abord à Boston, puis à Salem. Bien que ce travail l’éloigne de l’écriture, il nourrit son observation de la société et de ses contemporains.
La Lettre écarlate et la consécration littéraire
En 1850, après avoir perdu son poste aux douanes de Salem à la suite d’un changement d’administration politique, il publie ce qui deviendra son chef-d’œuvre : La Lettre écarlate (The Scarlet Letter). Ce roman, qui dépeint le destin tragique d’Hester Prynne, une femme condamnée par la société puritaine du XVIIe siècle pour avoir eu un enfant hors mariage, connaît un succès immédiat et foudroyant. Il devient l’un des premiers grands succès d’édition aux États-Unis.
Désormais célèbre, Hawthorne déménage à Lenox, dans le Massachusetts. Il y fait la rencontre de Herman Melville. Une profonde amitié se noue entre les deux hommes, au point que Melville lui dédiera son illustre roman Moby Dick (1851).
Durant cette période faste, Hawthorne publie d’autres œuvres majeures :
- La Maison aux sept pignons (The House of the Seven Gables, 1851) ;
- Val d’Arno ou Le Roman de Blithedale (The Blithedale Romance, 1852).
Le diplomate et les dernières années
En 1853, son ami de longue date, Franklin Pierce, est élu président des États-Unis. Pour le remercier d’avoir rédigé sa biographie de campagne, Pierce nomme Hawthorne consul des États-Unis à Liverpool, en Angleterre. Hawthorne occupe ce poste lucratif de 1853 à 1857.
Après la fin de son mandat, il voyage avec sa famille en France et en Italie, une expérience européenne qui lui inspirera son dernier grand roman achevé, Le Faune de marbre (The Marble Faun, 1860).
De retour aux États-Unis à l’aube de la guerre de Sécession, Hawthorne voit sa santé décliner rapidement. Il peine à écrire et laisse plusieurs manuscrits inachevés. Il s’éteint dans son sommeil le 19 mai 1864, lors d’un voyage dans le New Hampshire en compagnie de Franklin Pierce. Il repose aujourd’hui au cimetière de Sleepy Hollow, à Concord (Massachusetts), sur la célèbre « crête des Auteurs » (Author’s Ridge), non loin de ses contemporains Ralph Waldo Emerson et Henry David Thoreau.
Livres de Nathaniel Hawthorne :
Contes étranges (1876)
L’image de neige (1930)
La lettre écarlate (1850)
La lettre écarlate (1850)
La vieille fille blanche (1926)
Le livre des merveilles (1852)
Pour en savoir plus sur Nathaniel Hawthorne :
La page Wikipédia sur N. Hawthorne
La page Noosfere sur N. Hawthorne
La page isfdb de N. Hawthorne
Richard Canal
Présentation de Richard Canal :
Né le 16 août 1953 à Tarascon (Bouches-du-Rhône), Richard Canal est un romancier et nouvelliste français, principalement reconnu pour son œuvre dans le domaine de la science-fiction, bien qu’il ait également exploré le roman noir et le thriller politique. Il est l’une des figures majeures de la science-fiction française des années 1980 et 1990, notamment grâce à son approche singulière du mouvement cyberpunk.
Un parcours entre informatique et continent africain
Scientifique de formation, Richard Canal a mené de front sa carrière d’écrivain et celle d’universitaire. Docteur en informatique, il a été maître de conférences et a enseigné cette discipline pendant une quinzaine d’années à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, au Sénégal. Il a ensuite poursuivi sa carrière d’enseignant-chercheur en France, à l’université Toulouse-III-Paul-Sabatier.
Son long séjour en Afrique de l’Ouest a constitué un bouleversement personnel et esthétique qui a profondément influencé son œuvre littéraire.
Une science-fiction singulière : le « cyberpunk africain »
Richard Canal entre sur la scène de la science-fiction française au milieu des années 1980, publiant d’abord des nouvelles dans diverses revues et anthologies. Son premier roman, La Malédiction de l’éphémère, paraît en 1986.
Il se distingue rapidement par une fusion très originale : l’hybridation des thématiques technologiques du cyberpunk (réseaux informatiques, intelligences artificielles, implants virtuels) avec les mythes, les paysages et la culture de l’Afrique noire. Cette approche culmine dans ce qui est souvent qualifié de « trilogie africaine », comprenant :
- Aube noire (1989) ;
- Swap-swap (1990) ;
- Ombres blanches (1993).
À travers ces textes, il dépeint des futurs sombres et foisonnants où la haute technologie cohabite avec la magie traditionnelle et l’animisme, offrant une alternative rafraîchissante aux décors urbains nord-américains ou japonais habituellement associés au genre.
Reconnaissance et évolution vers le roman policier
Le talent de Richard Canal a été couronné par plusieurs distinctions prestigieuses dans le domaine des littératures de l’imaginaire :
- Le grand prix de l’Imaginaire (catégorie Nouvelle) en 1988 pour Animale ;
- Le prix Julia-Verlanger en 1994 pour son roman Les Voix de l’ombre.
Outre son cycle africain, il est l’auteur d’œuvres de science-fiction remarquées comme La Légende de l’amas d’Amasis (1993) ou encore Cyberillusions (1998).
Au tournant des années 2000, l’auteur délaisse peu à peu la science-fiction pure pour s’orienter vers la littérature générale, le thriller et le roman noir. Des ouvrages comme Bicyclette noire (2006) ou La Route de Mandalay (2007) s’éloignent de l’anticipation pour explorer d’autres atmosphères et d’autres continents (comme l’Asie du Sud-Est), tout en conservant la plume poétique et l’intérêt pour l’altérité qui caractérisent l’ensemble de sa bibliographie.
Livres de Richard Canal :
Animamae :
- Les ambulances du rêve (1987)
- La légende étoilée (1987)
- Les voix grises du monde gris (1987)
Aube noire (1994)
Deloria (2006)
Equinoxes (2020)
Gandhara (2018)
L’équilibre du mal (2019)
La guerre en ce jardin (1991)
La malédiction de l’éphémère (1996)
Le cimetière des papillons (1995)
Les paradis piégés (1997)
Ombres blanches (1993)
Swap-Swap (1990)
Upside down (2020)
Pour en savoir plus sur Richard Canal :
La page Wikipédia sur R. Canal
La page Noosfere sur R. Canal
La page isfdb de R. Canal
Philippe Guy
Présentation de Philippe Guy :
Né le 12 septembre 1955 en France, Philippe Guy est un écrivain français principalement connu pour sa modeste mais notable contribution à la littérature de science-fiction. Son œuvre romanesque est intimement liée à l’une des collections les plus emblématiques de la science-fiction francophone populaire : la collection « Anticipation » des éditions Fleuve Noir.
À l’instar de nombreux auteurs français de l’imaginaire des années 1980 et 1990, Philippe Guy a exploré les thèmes classiques de la science-fiction à travers le format court et percutant qu’exigeait le Fleuve Noir. Sa bibliographie, très resserrée, se compose de trois romans publiés sur une période de près de dix ans au sein de cette même collection :
- Cocons (1987) : Publié sous le numéro 1524 de la quatrième série de la collection « Anticipation ».
- Dernière tempête (1989) : Publié sous le numéro 1696.
- Phalènes (1996) : Publié sous le numéro 1977. Ce roman s’inscrit dans la toute dernière époque de la collection historique du Fleuve Noir (laquelle s’arrêtera définitivement l’année suivante, en 1997).
Écrivain particulièrement discret, la carrière de Philippe Guy dans le domaine de la science-fiction se limite aujourd’hui à cette trilogie de publications. Il demeure néanmoins une figure répertoriée par les spécialistes et les collectionneurs de littérature populaire, en tant que témoin d’une époque foisonnante de l’édition de genre en France.
Livres de Philippe Guy :
Cocons (1987)
Dernière tempête (1989)
Phalènes (1966)
Pour en savoir plus sur Philippe Guy :
La page Wikipédia sur P. Guy
La page Noosfere sur P. Guy
La page isfdb de P. Guy
Philippe Randa

Présentation de Philippe Randa :
De son vrai nom Philippe-André Duquesne, Philippe Randa est né le 23 décembre 1960 à Montargis (Loiret). Il est un écrivain, éditeur et chroniqueur politique français, connu à la fois pour ses débuts dans la littérature de genre et pour son engagement militant à l’extrême droite.
Il est le fils du romancier René Duquesne, célèbre sous le pseudonyme de Peter Randa (un auteur extrêmement prolifique des éditions Fleuve Noir). Si Philippe Randa a d’abord marché dans les traces littéraires de son père, il s’est par la suite forgé un parcours éditorial et politique qui lui est propre.
Les débuts littéraires : l’héritage du roman de genre
Au début des années 1980, après le décès de son père, Philippe Randa se lance lui aussi dans l’écriture de romans populaires. Il intègre les éditions Fleuve Noir où il publie une vingtaine de romans dans la célèbre collection « Anticipation ». Parmi ses titres de science-fiction notables, on trouve :
- Les Écologistes de combat (1982) ;
- Folle Meffa (1982) ;
- La Planète noire de Lothar (1982) ;
- Le Réveil des dieux (1983).
Outre la science-fiction, il écrit des romans policiers (collection « Spécial Police » au Fleuve Noir). Sous divers pseudonymes, il explore également d’autres genres populaires aux Presses de la Cité, publiant des romans d’espionnage (sous le nom de Paul Vence) et des romans érotiques (sous le nom d’Urbain Sarrel).
Dès la fin des années 1980, il commence à instiller ses convictions politiques dans ses œuvres de fiction, comme l’illustre son roman Poitiers demain (1987), une dystopie d’extrême droite mettant en scène la libération d’une France occupée.
L’éditeur et l’engagement à l’extrême droite
Au cours des années 1990, Philippe Randa délaisse la fiction populaire pour se consacrer pleinement à la politique, à l’histoire et à l’édition.
Militant dans sa jeunesse au sein du GUD (Groupe union défense) puis au Front national (où il figure sur une liste lors d’élections municipales), il choisit de poursuivre son action politique par le biais de l’édition. Il crée ou dirige plusieurs structures éditoriales qui deviennent des références dans les milieux nationalistes et de l’extrême droite radicale :
- L’Æncre (librairie parisienne et maison d’édition fondée en 1996) ;
- Dualpha (créée en 1997) ;
- Déterna.
Ces maisons d’édition se spécialisent dans la publication et la réédition de textes historiques, d’essais politiques, et de mémoires d’auteurs classés à l’extrême droite ou liés à l’histoire de la collaboration et de l’Algérie française.
Chroniqueur et essayiste
Ancien auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), Philippe Randa est également l’auteur de très nombreux essais, dictionnaires et documents historiques.
Personnalité très active dans la sphère médiatique de la droite radicale, il dirige le site EuroLibertés et a régulièrement animé ou participé à des émissions sur des médias alternatifs comme TVLibertés (notamment les émissions « Bistrot Liberté » ou « Synthèse »).
Aujourd’hui, il reste principalement connu non plus comme le romancier de science-fiction de ses débuts, mais comme l’un des éditeurs et idéologues les plus actifs de l’extrême droite française contemporaine.
Livres de Philippe Randa :
Apocalypse Yankee :
- Mon pote, le martien…
- Camarade Yankee !
- U.S. go home… go, go !
Lex Buri :
- Les fusils d’Ekaistos
- Les conjurés de Shargol
- La démone de Karastan
- Metamorphosa
Pirates de l’espace :
- Les contrebandiers du futur
- Le diable soit avec nous !
- Les sirènes d’Almadia
Aléas à travers le temps
Baroud pour le genre humain
Baroud sur Bolkar
Clash à Zagora
Folle Meffa
L’expérience du grand cataclysme
La planète noire de Lothar
Le mal d’Ibrator
Le palais du Roi Phédon
Le réveil des dieux
Les écologistes du combat
Mission sur Terre
Périls sur Mu
Pour en savoir plus sur Philippe Randa :
La page Wikipédia sur P. Randa
La page Noosfere sur P. Randa
La page isfdb de P. Randa
Alain Billy

Présentation de Alain Billy :
Alain Billy (1947-) occupe une place singulière dans l’histoire de la littérature de genre en France. S’il est reconnu par la critique pour la finesse de ses nouvelles, il est surtout, pour des générations de lecteurs, l’un des auteurs emblématiques des collections « Angoisse » et « Anticipation » des éditions Fleuve Noir.
Les débuts : le maître de l’étrange et de l’angoisse
C’est au début des années 1970 qu’Alain Billy impose sa plume. Il devient l’un des auteurs phares de la célèbre collection « Angoisse » (la collection au loup-garou), où il déploie un imaginaire marqué par une atmosphère lourde et un sens aigu du mystère.
- En 1974, il publie Les Fruits sataniques, un récit qui explore les zones d’ombre de la psyché et du surnaturel.
- Il enchaîne avec des titres marquants comme L’Orchidée rouge de madame Shan (1975) et Le Souffle de lune (1975). Ces ouvrages se distinguent par un style plus travaillé et une sensibilité plus onirique que la production standard du genre à l’époque.
L’ère de l’anticipation et le cycle du Bateleur
Au tournant des années 1980, il bascule vers la collection « Anticipation », où il explore une science-fiction plus spéculative et aventureuse, souvent teintée de merveilleux.
- Le Rideau de glace (1981) et Parasol 27 (1982) témoignent de sa capacité à créer des mondes aux concepts originaux.
- C’est à cette période qu’il lance l’un de ses projets les plus ambitieux, le cycle du Bateleur, dont le premier tome, Le Peintre des orages (1984), installe un univers riche en couleurs et en métaphores.
- Avec Maaga-la-Scythe (1985), il explore les codes de la planet opera avec une héroïne forte, confirmant son goût pour les récits de voyage et d’exotisme lointain.
La consécration littéraire
Parallèlement à ses romans de collection, Alain Billy mène une carrière de nouvelliste exigeant. Ce travail sur la forme courte culmine en 1987 lorsqu’il reçoit le Grand Prix de l’Imaginaire pour Le Temps du passage. Ce prix vient récompenser un auteur qui a su concilier l’efficacité de la littérature populaire et l’exigence stylistique.
Un style
Le style d’Alain Billy se reconnaît à sa capacité à mêler le réalisme et l’insolite. Ses romans ne sont jamais de simples récits d’action ; ils sont imprégnés d’une mélancolie et d’une recherche esthétique qui lui ont permis de survivre à la disparition des collections de poche historiques.
Livres de Alain Billy :
Le bateleur :
- Le peintre des orages (1993)
- Parasol 27 (1994)
L’orchidée rouge de madame Shan (1988)
Le rideau de glace (1987)
Le souffle de lune (1989)
Les fruits sataniques (1993)
Maaga-la-Scythe (1988)
Pour en savoir plus sur Alain Billy :
La page Wikipédia sur A. Billy
La page Noosfere sur A. Billy
La page isfdb de A. Billy
Joëlle Wintrebert
Présentation de Joëlle Wintrebert :
Joëlle Wintrebert, née le 29 septembre 1949 à Toulon, est une romancière, nouvelliste, anthologiste et traductrice française. Reconnue comme l’une des plumes les plus importantes de l’imaginaire hexagonal, elle a su imposer une œuvre où se mêlent l’exigence stylistique, l’engagement féministe et une réflexion profonde sur la biologie et les structures sociales.
Des débuts entre journalisme et édition
Après des études de lettres et de cinéma à Nice puis à Paris, Joëlle Wintrebert s’oriente vers le journalisme spécialisé. Elle collabore à des revues emblématiques de la culture de l’imaginaire, telles que Horizons du Fantastique ou Fiction.
Sa carrière prend une dimension éditoriale importante lorsqu’elle assure la direction de l’anthologie Univers entre 1982 et 1985 (chez J’ai lu), un poste clé qui lui permet de promouvoir une science-fiction moderne et audacieuse.
Une œuvre au cœur du vivant et du politique
Dès ses premiers textes, Joëlle Wintrebert se distingue par une approche « biologique » de la science-fiction. Elle s’intéresse aux mutations, à la manipulation génétique et aux rapports de force entre les sexes.
Ses romans majeurs incluent :
- Les Olympiades de l’imaginaire (1980) : Son premier roman, qui explore les dérives d’une société du spectacle et du sport poussée à l’extrême.
- Chromoville (1983) : Une œuvre marquante décrivant une cité souterraine régie par une hiérarchie stricte basée sur les couleurs, abordant les thèmes de l’oppression et de la révolte.
- Pollen (2002) : Souvent considéré comme son chef-d’œuvre, ce roman met en scène une société gynarchique sur la planète Ocre, explorant avec finesse les questions d’identité, de reproduction et d’écologie. Cet ouvrage lui a valu le prix Rosny aîné.
La littérature de jeunesse et le fantastique
Joëlle Wintrebert a également mené une carrière prolifique dans la littérature pour la jeunesse, où elle aborde avec la même exigence des thèmes complexes. Elle y explore le fantastique, l’histoire ou le futurisme, notamment avec des titres comme L’Enfant du lagon (1987) ou la série des Nunwick.
Son style, souvent qualifié de sensuel et précis, se déploie aussi dans le domaine de la fantasy historique et du fantastique, avec des ouvrages tels que Le Créateur de chimères.
Une autrice multi-récompensée
Le talent de Joëlle Wintrebert a été salué par les prix les plus prestigieux du genre en France. Elle est l’une des rares autrices à avoir remporté le Grand Prix de l’Imaginaire à plusieurs reprises, tant pour ses nouvelles que pour ses romans ou ses traductions.
Engagée, elle a souvent pris position pour une meilleure reconnaissance des femmes dans les littératures de l’imaginaire, dénonçant les plafonds de verre et les stéréotypes de genre au sein du milieu littéraire.
Postérité et influence
Aujourd’hui, Joëlle Wintrebert demeure une figure de référence. Son œuvre, qui refuse le manichéisme et privilégie l’exploration des zones grises de l’âme humaine et de l’évolution des sociétés, continue d’influencer les nouvelles générations d’auteurs de science-fiction française. Elle réside actuellement dans le sud de la France, où elle poursuit son travail de création.
Livres de Joëlle Wintrebert :
Olympiades :
- Les olympiades truquées (1980)
- Bébé miroir (1980)
Chromoville (1984)
La créode et autres récits futurs (2010)
La fille de Terre Deux (1987)
Le créateur chimérique (1988)
Les maîtres-feu (1983)
Nunatak (1983)
Pollen (2002)
Te retrouver (2020)
Pour en savoir plus sur Joëlle Wintrebert :
La page Wikipédia sur J. Wintrebert
La page Noosfere sur J. Wintrebert
La page isfdb de J. Wintrebert