Catégorie : Auteurs
Richard Canal
Présentation de Richard Canal :
Né le 16 août 1953 à Tarascon (Bouches-du-Rhône), Richard Canal est un romancier et nouvelliste français, principalement reconnu pour son œuvre dans le domaine de la science-fiction, bien qu’il ait également exploré le roman noir et le thriller politique. Il est l’une des figures majeures de la science-fiction française des années 1980 et 1990, notamment grâce à son approche singulière du mouvement cyberpunk.
Un parcours entre informatique et continent africain
Scientifique de formation, Richard Canal a mené de front sa carrière d’écrivain et celle d’universitaire. Docteur en informatique, il a été maître de conférences et a enseigné cette discipline pendant une quinzaine d’années à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, au Sénégal. Il a ensuite poursuivi sa carrière d’enseignant-chercheur en France, à l’université Toulouse-III-Paul-Sabatier.
Son long séjour en Afrique de l’Ouest a constitué un bouleversement personnel et esthétique qui a profondément influencé son œuvre littéraire.
Une science-fiction singulière : le « cyberpunk africain »
Richard Canal entre sur la scène de la science-fiction française au milieu des années 1980, publiant d’abord des nouvelles dans diverses revues et anthologies. Son premier roman, La Malédiction de l’éphémère, paraît en 1986.
Il se distingue rapidement par une fusion très originale : l’hybridation des thématiques technologiques du cyberpunk (réseaux informatiques, intelligences artificielles, implants virtuels) avec les mythes, les paysages et la culture de l’Afrique noire. Cette approche culmine dans ce qui est souvent qualifié de « trilogie africaine », comprenant :
- Aube noire (1989) ;
- Swap-swap (1990) ;
- Ombres blanches (1993).
À travers ces textes, il dépeint des futurs sombres et foisonnants où la haute technologie cohabite avec la magie traditionnelle et l’animisme, offrant une alternative rafraîchissante aux décors urbains nord-américains ou japonais habituellement associés au genre.
Reconnaissance et évolution vers le roman policier
Le talent de Richard Canal a été couronné par plusieurs distinctions prestigieuses dans le domaine des littératures de l’imaginaire :
- Le grand prix de l’Imaginaire (catégorie Nouvelle) en 1988 pour Animale ;
- Le prix Julia-Verlanger en 1994 pour son roman Les Voix de l’ombre.
Outre son cycle africain, il est l’auteur d’œuvres de science-fiction remarquées comme La Légende de l’amas d’Amasis (1993) ou encore Cyberillusions (1998).
Au tournant des années 2000, l’auteur délaisse peu à peu la science-fiction pure pour s’orienter vers la littérature générale, le thriller et le roman noir. Des ouvrages comme Bicyclette noire (2006) ou La Route de Mandalay (2007) s’éloignent de l’anticipation pour explorer d’autres atmosphères et d’autres continents (comme l’Asie du Sud-Est), tout en conservant la plume poétique et l’intérêt pour l’altérité qui caractérisent l’ensemble de sa bibliographie.
Livres de Richard Canal :
Animamae :
- Les ambulances du rêve (1987)
- La légende étoilée (1987)
- Les voix grises du monde gris (1987)
Aube noire (1994)
Deloria (2006)
Equinoxes (2020)
Gandhara (2018)
L’équilibre du mal (2019)
La guerre en ce jardin (1991)
La malédiction de l’éphémère (1996)
Le cimetière des papillons (1995)
Les paradis piégés (1997)
Ombres blanches (1993)
Swap-Swap (1990)
Upside down (2020)
Pour en savoir plus sur Richard Canal :
La page Wikipédia sur R. Canal
La page Noosfere sur R. Canal
La page isfdb de R. Canal
Philippe Guy
Présentation de Philippe Guy :
Né le 12 septembre 1955 en France, Philippe Guy est un écrivain français principalement connu pour sa modeste mais notable contribution à la littérature de science-fiction. Son œuvre romanesque est intimement liée à l’une des collections les plus emblématiques de la science-fiction francophone populaire : la collection « Anticipation » des éditions Fleuve Noir.
À l’instar de nombreux auteurs français de l’imaginaire des années 1980 et 1990, Philippe Guy a exploré les thèmes classiques de la science-fiction à travers le format court et percutant qu’exigeait le Fleuve Noir. Sa bibliographie, très resserrée, se compose de trois romans publiés sur une période de près de dix ans au sein de cette même collection :
- Cocons (1987) : Publié sous le numéro 1524 de la quatrième série de la collection « Anticipation ».
- Dernière tempête (1989) : Publié sous le numéro 1696.
- Phalènes (1996) : Publié sous le numéro 1977. Ce roman s’inscrit dans la toute dernière époque de la collection historique du Fleuve Noir (laquelle s’arrêtera définitivement l’année suivante, en 1997).
Écrivain particulièrement discret, la carrière de Philippe Guy dans le domaine de la science-fiction se limite aujourd’hui à cette trilogie de publications. Il demeure néanmoins une figure répertoriée par les spécialistes et les collectionneurs de littérature populaire, en tant que témoin d’une époque foisonnante de l’édition de genre en France.
Livres de Philippe Guy :
Cocons (1987)
Dernière tempête (1989)
Phalènes (1966)
Pour en savoir plus sur Philippe Guy :
La page Wikipédia sur P. Guy
La page Noosfere sur P. Guy
La page isfdb de P. Guy
Philippe Randa

Présentation de Philippe Randa :
De son vrai nom Philippe-André Duquesne, Philippe Randa est né le 23 décembre 1960 à Montargis (Loiret). Il est un écrivain, éditeur et chroniqueur politique français, connu à la fois pour ses débuts dans la littérature de genre et pour son engagement militant à l’extrême droite.
Il est le fils du romancier René Duquesne, célèbre sous le pseudonyme de Peter Randa (un auteur extrêmement prolifique des éditions Fleuve Noir). Si Philippe Randa a d’abord marché dans les traces littéraires de son père, il s’est par la suite forgé un parcours éditorial et politique qui lui est propre.
Les débuts littéraires : l’héritage du roman de genre
Au début des années 1980, après le décès de son père, Philippe Randa se lance lui aussi dans l’écriture de romans populaires. Il intègre les éditions Fleuve Noir où il publie une vingtaine de romans dans la célèbre collection « Anticipation ». Parmi ses titres de science-fiction notables, on trouve :
- Les Écologistes de combat (1982) ;
- Folle Meffa (1982) ;
- La Planète noire de Lothar (1982) ;
- Le Réveil des dieux (1983).
Outre la science-fiction, il écrit des romans policiers (collection « Spécial Police » au Fleuve Noir). Sous divers pseudonymes, il explore également d’autres genres populaires aux Presses de la Cité, publiant des romans d’espionnage (sous le nom de Paul Vence) et des romans érotiques (sous le nom d’Urbain Sarrel).
Dès la fin des années 1980, il commence à instiller ses convictions politiques dans ses œuvres de fiction, comme l’illustre son roman Poitiers demain (1987), une dystopie d’extrême droite mettant en scène la libération d’une France occupée.
L’éditeur et l’engagement à l’extrême droite
Au cours des années 1990, Philippe Randa délaisse la fiction populaire pour se consacrer pleinement à la politique, à l’histoire et à l’édition.
Militant dans sa jeunesse au sein du GUD (Groupe union défense) puis au Front national (où il figure sur une liste lors d’élections municipales), il choisit de poursuivre son action politique par le biais de l’édition. Il crée ou dirige plusieurs structures éditoriales qui deviennent des références dans les milieux nationalistes et de l’extrême droite radicale :
- L’Æncre (librairie parisienne et maison d’édition fondée en 1996) ;
- Dualpha (créée en 1997) ;
- Déterna.
Ces maisons d’édition se spécialisent dans la publication et la réédition de textes historiques, d’essais politiques, et de mémoires d’auteurs classés à l’extrême droite ou liés à l’histoire de la collaboration et de l’Algérie française.
Chroniqueur et essayiste
Ancien auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), Philippe Randa est également l’auteur de très nombreux essais, dictionnaires et documents historiques.
Personnalité très active dans la sphère médiatique de la droite radicale, il dirige le site EuroLibertés et a régulièrement animé ou participé à des émissions sur des médias alternatifs comme TVLibertés (notamment les émissions « Bistrot Liberté » ou « Synthèse »).
Aujourd’hui, il reste principalement connu non plus comme le romancier de science-fiction de ses débuts, mais comme l’un des éditeurs et idéologues les plus actifs de l’extrême droite française contemporaine.
Livres de Philippe Randa :
Apocalypse Yankee :
- Mon pote, le martien…
- Camarade Yankee !
- U.S. go home… go, go !
Lex Buri :
- Les fusils d’Ekaistos
- Les conjurés de Shargol
- La démone de Karastan
- Metamorphosa
Pirates de l’espace :
- Les contrebandiers du futur
- Le diable soit avec nous !
- Les sirènes d’Almadia
Aléas à travers le temps
Baroud pour le genre humain
Baroud sur Bolkar
Clash à Zagora
Folle Meffa
L’expérience du grand cataclysme
La planète noire de Lothar
Le mal d’Ibrator
Le palais du Roi Phédon
Le réveil des dieux
Les écologistes du combat
Mission sur Terre
Périls sur Mu
Pour en savoir plus sur Philippe Randa :
La page Wikipédia sur P. Randa
La page Noosfere sur P. Randa
La page isfdb de P. Randa
Alain Billy

Présentation de Alain Billy :
Alain Billy (1947-) occupe une place singulière dans l’histoire de la littérature de genre en France. S’il est reconnu par la critique pour la finesse de ses nouvelles, il est surtout, pour des générations de lecteurs, l’un des auteurs emblématiques des collections « Angoisse » et « Anticipation » des éditions Fleuve Noir.
Les débuts : le maître de l’étrange et de l’angoisse
C’est au début des années 1970 qu’Alain Billy impose sa plume. Il devient l’un des auteurs phares de la célèbre collection « Angoisse » (la collection au loup-garou), où il déploie un imaginaire marqué par une atmosphère lourde et un sens aigu du mystère.
- En 1974, il publie Les Fruits sataniques, un récit qui explore les zones d’ombre de la psyché et du surnaturel.
- Il enchaîne avec des titres marquants comme L’Orchidée rouge de madame Shan (1975) et Le Souffle de lune (1975). Ces ouvrages se distinguent par un style plus travaillé et une sensibilité plus onirique que la production standard du genre à l’époque.
L’ère de l’anticipation et le cycle du Bateleur
Au tournant des années 1980, il bascule vers la collection « Anticipation », où il explore une science-fiction plus spéculative et aventureuse, souvent teintée de merveilleux.
- Le Rideau de glace (1981) et Parasol 27 (1982) témoignent de sa capacité à créer des mondes aux concepts originaux.
- C’est à cette période qu’il lance l’un de ses projets les plus ambitieux, le cycle du Bateleur, dont le premier tome, Le Peintre des orages (1984), installe un univers riche en couleurs et en métaphores.
- Avec Maaga-la-Scythe (1985), il explore les codes de la planet opera avec une héroïne forte, confirmant son goût pour les récits de voyage et d’exotisme lointain.
La consécration littéraire
Parallèlement à ses romans de collection, Alain Billy mène une carrière de nouvelliste exigeant. Ce travail sur la forme courte culmine en 1987 lorsqu’il reçoit le Grand Prix de l’Imaginaire pour Le Temps du passage. Ce prix vient récompenser un auteur qui a su concilier l’efficacité de la littérature populaire et l’exigence stylistique.
Un style
Le style d’Alain Billy se reconnaît à sa capacité à mêler le réalisme et l’insolite. Ses romans ne sont jamais de simples récits d’action ; ils sont imprégnés d’une mélancolie et d’une recherche esthétique qui lui ont permis de survivre à la disparition des collections de poche historiques.
Livres de Alain Billy :
Le bateleur :
- Le peintre des orages (1993)
- Parasol 27 (1994)
L’orchidée rouge de madame Shan (1988)
Le rideau de glace (1987)
Le souffle de lune (1989)
Les fruits sataniques (1993)
Maaga-la-Scythe (1988)
Pour en savoir plus sur Alain Billy :
La page Wikipédia sur A. Billy
La page Noosfere sur A. Billy
La page isfdb de A. Billy
Joëlle Wintrebert
Présentation de Joëlle Wintrebert :
Joëlle Wintrebert, née le 29 septembre 1949 à Toulon, est une romancière, nouvelliste, anthologiste et traductrice française. Reconnue comme l’une des plumes les plus importantes de l’imaginaire hexagonal, elle a su imposer une œuvre où se mêlent l’exigence stylistique, l’engagement féministe et une réflexion profonde sur la biologie et les structures sociales.
Des débuts entre journalisme et édition
Après des études de lettres et de cinéma à Nice puis à Paris, Joëlle Wintrebert s’oriente vers le journalisme spécialisé. Elle collabore à des revues emblématiques de la culture de l’imaginaire, telles que Horizons du Fantastique ou Fiction.
Sa carrière prend une dimension éditoriale importante lorsqu’elle assure la direction de l’anthologie Univers entre 1982 et 1985 (chez J’ai lu), un poste clé qui lui permet de promouvoir une science-fiction moderne et audacieuse.
Une œuvre au cœur du vivant et du politique
Dès ses premiers textes, Joëlle Wintrebert se distingue par une approche « biologique » de la science-fiction. Elle s’intéresse aux mutations, à la manipulation génétique et aux rapports de force entre les sexes.
Ses romans majeurs incluent :
- Les Olympiades de l’imaginaire (1980) : Son premier roman, qui explore les dérives d’une société du spectacle et du sport poussée à l’extrême.
- Chromoville (1983) : Une œuvre marquante décrivant une cité souterraine régie par une hiérarchie stricte basée sur les couleurs, abordant les thèmes de l’oppression et de la révolte.
- Pollen (2002) : Souvent considéré comme son chef-d’œuvre, ce roman met en scène une société gynarchique sur la planète Ocre, explorant avec finesse les questions d’identité, de reproduction et d’écologie. Cet ouvrage lui a valu le prix Rosny aîné.
La littérature de jeunesse et le fantastique
Joëlle Wintrebert a également mené une carrière prolifique dans la littérature pour la jeunesse, où elle aborde avec la même exigence des thèmes complexes. Elle y explore le fantastique, l’histoire ou le futurisme, notamment avec des titres comme L’Enfant du lagon (1987) ou la série des Nunwick.
Son style, souvent qualifié de sensuel et précis, se déploie aussi dans le domaine de la fantasy historique et du fantastique, avec des ouvrages tels que Le Créateur de chimères.
Une autrice multi-récompensée
Le talent de Joëlle Wintrebert a été salué par les prix les plus prestigieux du genre en France. Elle est l’une des rares autrices à avoir remporté le Grand Prix de l’Imaginaire à plusieurs reprises, tant pour ses nouvelles que pour ses romans ou ses traductions.
Engagée, elle a souvent pris position pour une meilleure reconnaissance des femmes dans les littératures de l’imaginaire, dénonçant les plafonds de verre et les stéréotypes de genre au sein du milieu littéraire.
Postérité et influence
Aujourd’hui, Joëlle Wintrebert demeure une figure de référence. Son œuvre, qui refuse le manichéisme et privilégie l’exploration des zones grises de l’âme humaine et de l’évolution des sociétés, continue d’influencer les nouvelles générations d’auteurs de science-fiction française. Elle réside actuellement dans le sud de la France, où elle poursuit son travail de création.
Livres de Joëlle Wintrebert :
Olympiades :
- Les olympiades truquées (1980)
- Bébé miroir (1980)
Chromoville (1984)
La créode et autres récits futurs (2010)
La fille de Terre Deux (1987)
Le créateur chimérique (1988)
Les maîtres-feu (1983)
Nunatak (1983)
Pollen (2002)
Te retrouver (2020)
Pour en savoir plus sur Joëlle Wintrebert :
La page Wikipédia sur J. Wintrebert
La page Noosfere sur J. Wintrebert
La page isfdb de J. Wintrebert
Roger Facon

Présentation de Roger Facon :
Roger Facon, né le 20 janvier 1950 à Monchecourt (Nord), est un écrivain, essayiste et nouvelliste français. Son œuvre, singulière et prolifique, se situe à la croisée des chemins entre le roman noir le plus âpre, la littérature fantastique et l’étude de l’ésotérisme.
Un auteur issu du « terrain »
La trajectoire littéraire de Roger Facon est indissociable de sa carrière professionnelle. Inspecteur de police (puis commandant) au sein de la Sûreté urbaine, il a puisé dans son expérience quotidienne une matière brute pour ses récits policiers. Cette authenticité lui a permis de s’imposer dans les années 1980 comme l’une des voix marquantes de la collection « Engrenage » aux éditions du Fleuve Noir.
Son roman le plus célèbre de cette période, On achève bien les flics (1984), témoigne de cette vision désenchantée et sans concession du milieu policier, teintée d’un humour noir caractéristique.
La passion de l’insolite et de l’alchimie
Parallèlement à ses « polars », Roger Facon développe une fascination profonde pour l’imaginaire, le fantastique et les sociétés secrètes. Érudit et curieux, il explore les zones d’ombre de l’histoire et de la culture. Il devient un spécialiste reconnu de thématiques liées à l’alchimie, à Fulcanelli ou encore aux mystères de Rennes-le-Château.
Cette quête de sens se reflète dans ses nombreux essais et romans fantastiques, où il mêle souvent des recherches documentaires rigoureuses à une narration fictionnelle. On lui doit notamment des travaux sur Jules Verne envisagé sous l’angle de l’ésotérisme, comme dans Jules Verne et le mystère de la chambre noire.
Un ancrage régional fort
Fier de ses racines septentrionales, Roger Facon a consacré une part importante de son travail à la région Nord-Pas-de-Calais. Il a exploré les légendes locales, les faits divers historiques et les secrets cachés des villes de sa région à travers des ouvrages tels que :
- Histoires secrètes du Nord-Pas-de-Calais ;
- Le Douai des magiciens.
Il a également collaboré à de nombreuses revues spécialisées (comme Horizons du Fantastique) et a dirigé plusieurs anthologies, contribuant activement à la vie littéraire de sa région et à la promotion des genres de l’imaginaire.
Une œuvre polymorphe
Roger Facon est l’auteur de plus de soixante-dix ouvrages. Sa bibliographie est un dédale où se croisent :
- Le roman noir : avec des titres comme Le Condé déconne ou La Mort d’un flic.
- L’essai ésotérique : explorant les Rose-Croix ou les secrets de l’alchimie.
- La science-fiction et le fantastique : souvent publiés chez des éditeurs spécialisés comme Rivière Blanche.
Reconnaissance
Membre de la Société des gens de lettres et actif au sein de divers cercles littéraires et historiques, Roger Facon est aujourd’hui considéré comme un auteur « culte » pour une partie du lectorat, apprécié pour son style direct, sa vaste culture de l’occulte et son refus des étiquettes monolithiques. Il continue de naviguer entre l’ombre des commissariats et la lumière obscure des grimoires, restant l’un des observateurs les plus atypiques de la littérature française contemporaine.
Livres de Roger Facon :
Divine entreprise (1988)
La Flandre insolite (1981)
La planète des femmes (1987)
Le lion des Flandres (2013)
Les compagnons de la lune blême (1992)
Les serviteurs de la force (1988)
Par le sabre des Zinjas (1987)
Vercingétorix et les mystères gaulois (1983)
Pour en savoir plus sur Roger Facon :
La page Wikipédia sur R. Facon
La page Noosfere sur R. Facon
La page isfdb de R. Facon
Roland C. Wagner

Présentation de Roland C. Wagner :
Roland Charles Wagner, né le 6 septembre 1960 à Bab El Oued (Algérie française) et mort le 5 août 2012 dans un accident de la route en France, était l’un des auteurs de science-fiction les plus prolifiques et les plus primés de sa génération. Écrivain, traducteur, critique et parolier, il a marqué la « SF » française par son humour, son érudition et son amour pour la culture rock.
Des débuts précoces et une œuvre foisonnante
Rapatrié d’Algérie en 1962, il grandit en France et commence à publier des nouvelles dès l’âge de 15 ans dans des fanzines. Sa carrière professionnelle décolle dans les années 1980. Très vite, son style se distingue par une capacité à mêler une science-fiction rigoureuse (le space opera) à une approche plus légère, souvent teintée de psychédélisme et d’ironie.
Il se fait connaître du grand public avec le cycle des Futurs Mystères de Paris, entamé en 1996. Cette série met en scène Tem, un détective privé doté du pouvoir d’invisibilité, évoluant dans un Paris futuriste après une catastrophe appelée « la Grande Coupure ».
La psychohistoire et les grands cycles
Inspiré par l’œuvre d’Isaac Asimov mais s’en distanciant par une approche plus sociologique et humaine, Wagner développe son propre concept de « psychohistoire ». Ses récits explorent souvent la manière dont les mythes et les idées façonnent le destin de l’humanité.
Le chef-d’œuvre : « Rêves de Gloire »
En 2011, il publie Rêves de Gloire, considéré comme son testament littéraire et son œuvre la plus aboutie. Ce roman uchronique monumental imagine une Algérie où la guerre d’indépendance a pris une tournure différente, intégrant des éléments de culture hippie, de rock et de politique-fiction.
L’ouvrage connaît un succès critique et public exceptionnel, raflant la quasi-totalité des récompenses du genre l’année suivante : le prix Rosny aîné, le Grand Prix de l’Imaginaire, le prix Julia-Verlanger et le prix ActuSF de l’uchronie.
Un homme de culture et de musique
Au-delà de ses romans, Roland C. Wagner était un traducteur reconnu (notamment de Jack Vance, Norman Spinrad ou Catherine Asaro) et un membre actif de la communauté de la science-fiction. Grand amateur de rock, il était le parolier et le chanteur du groupe Brain Damage, illustrant son désir constant de créer des ponts entre la littérature et les autres formes d’art.
Postérité
Sa disparition brutale en 2012 a laissé un grand vide dans le paysage littéraire français. Roland C. Wagner laisse derrière lui une œuvre caractérisée par une profonde humanité, une méfiance envers les dogmes et une imagination sans cesse renouvelée. Il reste l’un des rares auteurs français à avoir su concilier l’exigence intellectuelle de la science-fiction dite « à idées » avec une verve narrative populaire et accessible.
Livres de Roland C. Wagner :
Futur proche :
- Le serpent d’angoisse (1987)
- Le paysage déchiré (1989)
- Les derniers jours de mai (2014)
Images rémanentes :
- Le rêveur des terres agglutinées (1990)
- L’autoroute de l’aube (1990)
La singé gravite au 21 :
Les derniers jours de mai :
- Un navire ancré dans le ciel (1989)
- La mort marchait dans les rues
Les futurs mystères de Paris :
- La balle du néant (1996)
- Les ravisseurs quantiques (1996)
- L’odyssée de l’espèce (1997)
- L’aube incertaine (1997)
- Tekrock (1999)
- Toons (2000)
- Babaluma (2002)
- Kali Yuga (2003)
- Mine de rien (2006)
Poupée aux yeux morts :
- La mémoire des pierres
- Prisons intérieures
- Les futurs mystères de Paris
Rêves de gloire :
- Rêves de gloire
- Le train de la réalité et les morts du Général
Intégrales :
- La sinsé gravite au 21
- Les futurs mystères de Paris
- Poupée aux yeux morts
Aventurier des étoiles
Ce qui n’est pas nommé
Celui qui bave et qui glougloute
Cette crédille qui nous ronge
Chroniques du désespoir
H.P.L. 1890-1991
Histoire du futur proche
L. G. M.
La chanson de Jimmy
La dernière charge de la morve d’or
La saison de la sorcière
Le chant du cosmos
Le nombril du monde
Le pacte des esclavagistes
Le temps du voyage
Les étoiles solitaires
Les psychopompes de Klash
Musique de l’énergie
Par la noirceur des étoiles brisées
Pax Americana
Un ange s’est pendu
Pour en savoir plus sur Roland C. Wagner :
La page Wikipédia sur R. C. Wagner
La page Noosfere sur R. C. Wagner
La page isfdb de R. C. Wagner
Philippe Lemaire

Présentation de Philippe Lemaire :
Philippe Lemaire, né le 1er octobre 1963 à Cherbourg, est un artiste pluridisciplinaire français. Tour à tour illustrateur, auteur de bandes dessinées et romancier, il s’est imposé comme une figure originale de la littérature fantastique contemporaine, mêlant souvent l’histoire, le mythe et l’horreur.
Un parcours singulier
La vie de Philippe Lemaire est jalonnée d’expériences qui ont nourri son univers créatif. Petit-fils d’un gardien de cimetière, il travaille pendant dix ans, à partir de 1983, comme ordonnateur de pompes funèbres à Cherbourg. Cette confrontation précoce avec la mort et le rituel funéraire imprégnera durablement ses thématiques littéraires.
Après cette période, il change radicalement de voie en devenant propriétaire du bar-restaurant le Dakota et en créant un club de billard dans sa ville natale, des activités qu’il mène durant une décennie. C’est à partir de 2007, une fois installé dans l’Orne, qu’il se consacre pleinement à sa passion pour la création artistique.
L’exploration du mythe de Dracula
L’un des piliers de son œuvre est son travail autour de la figure du vampire. Fasciné par le personnage historique de Radu Dracula (frère de Vlad l’Empaleur), il lui consacre une saga ambitieuse amorcée en 2011. Ce cycle, composé de six romans, revisite le mythe en l’ancrant dans une réalité historique et fantastique sombre.
Il prolonge cette exploration en 2017 avec un second cycle intitulé Moras, la malédiction, où il réalise une fusion audacieuse entre le western et le récit de vampires post-apocalyptique.
Une œuvre aux multiples facettes
Philippe Lemaire ne se limite pas au roman ; il est également reconnu pour ses talents d’illustrateur et de dessinateur de bandes dessinées. Son style graphique, souvent en accord avec ses textes, renforce l’immersion dans ses récits d’épouvante.
Parmi ses publications notables, on peut citer :
- Radu Dracula (Cycle de 6 romans) ;
- Stryges (publié chez Rivière Blanche dans la collection « Noire ») ;
- Résurrection (2020) ;
- Tarzan : Une incursion dans le roman d’aventure classique, démontrant sa capacité à s’approprier des icônes de la culture populaire.
Un auteur du genre « Noir » et « Fantastique »
Collaborateur régulier des éditions Rivière Blanche et de la revue Lune Écarlate, Philippe Lemaire est un auteur prolifique de nouvelles et de romans où le fantastique reste son sujet de prédilection. Son œuvre se caractérise par une atmosphère souvent pesante et une grande maîtrise des codes du genre, héritée tant de ses lectures classiques que de son expérience personnelle atypique.
Il est aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs les plus actifs de la scène fantastique française, continuant d’explorer les zones d’ombre de l’imaginaire à travers ses écrits et ses illustrations.
Livres de Philippe Lemaire :
Radu Dracula :
- … Ceci est mon sang (2011)
- Que cette coupe s’éloigne de moi (2012)
- L’un de vous me livrera (2013)
- Jésus, fils de David, aie pitié de moi (2015)
- Je ne te renierai pas (2016)
- Que celui qui peut comprendre, comprenne (2017)
Pour en savoir plus sur Philippe Lemaire :
La page Wikipédia sur P. Lemaire
La page Noosfere sur P. Lemaire
La page isfdb de P. Lemaire
Robert Anthony Salvatore

Présentation de Robert Anthony Salvatore :
Robert Anthony Salvatore, né le 20 janvier 1959 à Leominster (Massachusetts), est l’un des auteurs de fantasy les plus prolifiques et les plus vendus au monde. Il est principalement célèbre pour avoir donné vie à l’une des figures les plus emblématiques de la littérature de genre : l’elfe noir Drizzt Do’Urden.
Une vocation née de la lecture
R. A. Salvatore se destine initialement à une carrière dans l’informatique, mais sa trajectoire bascule durant ses études au Fitchburg State College. En 1978, la lecture du Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien agit comme une révélation. Il change alors de cursus pour se consacrer aux communications et à la littérature anglaise.
Il commence à écrire sérieusement au début des années 1980 et soumet le manuscrit de son premier roman, L’Éclat de cristal (The Crystal Shard), aux éditions TSR (alors propriétaires de la licence Donjons et Dragons).
La naissance d’une icône : Drizzt Do’Urden
Publié en 1988, L’Éclat de cristal rencontre un succès immédiat. Bien que le personnage principal soit censé être le barbare Wulfgar, c’est un personnage secondaire qui captive les lecteurs : Drizzt Do’Urden, un rôdeur elfe noir (drow) ayant renié la cruauté de son peuple souterrain pour vivre à la surface.
Face à cet engouement, Salvatore consacre une grande partie de sa carrière à explorer le destin de Drizzt à travers plusieurs dizaines de romans, notamment avec La Trilogie de l’elfe noir (préquelle narrant les origines du héros) et la longue série La Légende de Drizzt. L’auteur a su transformer un univers de jeu de rôle en une saga épique et psychologique, traitant de thèmes comme le racisme, l’honneur et l’amitié.
Incursion dans la galaxie Star Wars
En 1999, Salvatore est choisi par Lucasfilm pour inaugurer la série Le Nouvel Ordre Jedi avec le roman Vecteur Prime (Vector Prime). Ce livre provoque une immense polémique au sein de la communauté des fans de Star Wars car, sur instruction de la production, Salvatore y raconte la mort d’un personnage historique de la saga : Chewbacca. Malgré les critiques acerbes de certains lecteurs, le roman est un immense succès commercial.
Autres univers et contributions aux jeux vidéo
S’il est indissociable des Royaumes Oubliés, Salvatore a également créé ses propres univers originaux :
- La Saga des guerres démoniques (The DemonWars Saga) : Un cycle de fantasy situé dans le monde de Corona, salué pour son système de magie original basé sur des pierres précieuses.
- Les Chroniques de Ynis Aielle : Une autre incursion réussie dans la fantasy épique.
L’influence de Salvatore s’étend aussi au monde du jeu vidéo. Il a notamment contribué à l’écriture de l’univers du jeu de rôle d’action Kingdoms of Amalur: Reckoning (2012), pour lequel il a rédigé des milliers d’années d’histoire et de légendes.
Un style axé sur l’action et l’émotion
Le succès de R. A. Salvatore repose sur sa capacité unique à chorégraphier les scènes de combat. Ses descriptions de duels et d’affrontements de masse sont d’une précision quasi cinématographique, fruit de sa passion pour les arts martiaux et l’escrime. Parallèlement, il apporte une profondeur émotionnelle constante à ses personnages, rendant ses récits accessibles et attachants au-delà du simple cadre de la fantasy traditionnelle.
Aujourd’hui, avec plus de trente millions d’exemplaires vendus et des traductions dans de nombreuses langues, Robert Anthony Salvatore demeure un pilier incontournable de la littérature de l’imaginaire.
Livres de Robert Anthony Salvatore :
Demon Wars :
- L’éveil du démon (1996)
- L’esprit du démon (1998)
- L’apôtre du démon (1999)
- Mortalis (2000)
Saga des lances :
- Le bois aux elfes (1993)
- La dague volée (1994)
- Le retour du tueur de dragons (1995)
Star Wars :
- Vecteur prime (1999)
- L’attaque des clones (2002)
Les Royaumes Oubliés :
Trilogie de l’Elfe noir :
- Terre natale (1990)
- Terre d’exil (1990)
- Terre promise (1991)
Trilogie du retour aux sources :
- Les revenants du fond du gouffre (1992)
- La nuit éteinte
- Les compagnons du renouveau
Trilogie du Val Bise :
- L’éclat de cristal (1988)
- Les torrents d’argent (1989)
- Le joyau du Halfelin (1990)
L’héritage du Drow :
- L’héritage (1992)
- Nuit sans étoiles (1993)
- L’invasion des ténèbres (1994)
- Une aube nouvelle (1996)
Paths of Darkness :
- Lame furtive (1998)
- L’épine dorsale du monde (1999)
- La mer des épées (2001)
Mercenaires :
- Serviteur du cristal (2000)
- La promesse du roi sorcier (2005)
- La route du patriarche (2006)
Lames du chasseur :
- Les milles orques (2002)
- Le drow solitaire (2003)
- Les deux épées (2004)
Transition :
- Le roi orque (2007)
- Le roi pirate (2008)
- Le roi fantôme (2009)
Neverwinter :
- Gauntlgrym (2010)
- Neverwinter (2011)
- La griffe de Charon (2012)
- Le dernier seuil (2013)
La fracture :
- Les compagnons (2013)
Codex des compagnons :
- La nuit du chasseur (2014)
- L’avènement du roi (2014)
- La vengeance du nain (2015)
Retour à Gauntlgrym :
La pentalogie du clerc :
- Cantique (1991)
- A l’ombre des forêts (1992)
- Les masques de la nuit (1992)
- La forteresse déchue (1993)
- Chaos cruel (1994)
La guerre des araignées :
- Dissolution (2005)
- Insurrection (2005)
- Condamnation (2006)
- Extinction (2006)
- Annihilation (2006)
- Résurrection (2007)
Intégrales :
- Collector (????)
Pour en savoir plus sur Robert Anthony Salvatore :
La page Wikipédia sur R. A. Salvatore
La page Noosfere sur R. A. Salvatore
La page isfdb de R. A. Salvatore
John T. Sladek

Présentation de John T. Sladek :
John Thomas Sladek, né le 15 décembre 1937 à Waverly (Iowa) et mort le 10 mars 2000 à Minneapolis, était l’un des auteurs les plus spirituels et les plus originaux de la science-fiction. Bien qu’Américain, il est souvent associé à la « Nouvelle Vague » britannique des années 1960, ayant passé une grande partie de sa carrière à Londres.
L’aventure londonienne et la Nouvelle Vague
Après des études d’anglais et d’ingénierie mécanique, John Sladek s’installe à Londres au milieu des années 1960. Il y rejoint le cercle d’écrivains gravitant autour du magazine New Worlds, dirigé par Michael Moorcock. C’est dans ce laboratoire littéraire qu’il se lie d’amitié avec Thomas M. Disch, avec qui il collabore sur plusieurs écrits (notamment des romans gothiques sous le pseudonyme de Cassandra Knye).
Dès ses débuts, Sladek se distingue par un humour décapant et une méfiance profonde envers les systèmes rigides, qu’ils soient technologiques, politiques ou religieux. Son premier roman, Le Système reproducteur (The Reproductive System, 1968), met en scène des machines autoréplicatrices qui échappent à tout contrôle, parodiant joyeusement le complexe militaro-industriel.
L’obsession des machines et de l’intelligence
Le thème central de l’œuvre de Sladek est l’interface entre l’homme et la machine, traitée sous l’angle de la logique pure poussée jusqu’à l’absurde. Ses romans les plus célèbres explorent la figure du robot :
- Roderick (publié en deux volumes, 1980-1982) : Une épopée parodique narrant la vie d’un robot naïf tentant de comprendre le comportement irrationnel des humains. C’est un Candide moderne où l’intelligence artificielle sert de miroir à la bêtise humaine.
- Tik-Tok (1983) : À l’opposé de Roderick, Tik-Tok est un robot dont le « circuit de conscience » est défectueux, ce qui lui permet de commettre des crimes atroces tout en restant parfaitement poli et efficace. Le roman est une critique féroce des lois de la robotique d’Isaac Asimov.
Un pourfendeur des pseudoservices et des fraudes
Sladek n’était pas seulement un romancier de fiction ; il était aussi un rationaliste convaincu. Dans son ouvrage de non-fiction The New Apocrypha (1973), il s’attaque avec une ironie cinglante aux théories du complot, à l’astrologie, à la scientologie et aux médecines alternatives. Cette quête de vérité se retrouve dans ses romans policiers, mettant en scène le détective Thackeray Phin, où il excelle dans le sous-genre du « mystère en chambre close ».
Style et héritage
L’écriture de Sladek est marquée par une grande précision linguistique, des jeux de mots constants et une structure souvent expérimentale. Il aimait intégrer dans ses récits des diagrammes, des énigmes et des listes, renforçant l’aspect ludique et cérébral de ses livres.
Malgré une reconnaissance critique importante — il a notamment remporté le prix de la British Science Fiction Association pour Tik-Tok — il est resté un auteur de niche, peut-être trop satirique et intellectuel pour le grand public. Il retourne aux États-Unis en 1986 et s’installe à Minneapolis, où il continue d’écrire jusqu’à sa mort des suites d’une fibrose pulmonaire en 2000.
John T. Sladek laisse derrière lui une œuvre singulière, celle d’un moraliste caché derrière le masque d’un clown technologique, rappelant que la science-fiction est avant tout un outil pour disséquer les absurdités de notre propre réalité.
Livres de John T. Sladek :
Black Alice (1968)
L’aura maléfique (1974)
L’effet Müller-Fokker (1970)
L’invisible monsieur Levert (1977)
Méchasme (1968)
Tik-Tok (1983)
Un garçon à vapeur (1973)
Pour en savoir plus sur John T. Sladek :
La page Wikipédia sur J. T. Sladek
La page Noosfere sur J. T. Sladek
La page isfdb de J. T. Sladek