Hubert Mingarelli

Présentation de Hubert Mingarelli :

Hubert Mingarelli, né au tout début de l’année 1956 dans les rudes contrées de la Lorraine, compte parmi ces hommes de lettres dont la trajectoire échappe aux classifications ordinaires. Ayant répondu à l’appel du large dès sa prime jeunesse en s’engageant dans la marine à l’âge de dix-sept ans, il bourlingua sur les vastes océans avant de jeter l’ancre et de consacrer sa vie au noble artisanat de la plume. Si les cénacles germanopratins l’ont maintes fois couronné pour ses récits intimistes — lui décernant notamment le prestigieux prix Médicis au crépuscule de l’an 2003 pour ses « Quatre Soldats » —, il convient de ne point occulter la part d’ombre et de merveilleux qui baigne son œuvre.

En effet, notre prosateur s’est également illustré dans les contrées du fantastique et d’une science-fiction toute métaphorique, où l’étrangeté jaillit non point des astres lointains, mais des abîmes de l’âme humaine. L’exemple le plus saisissant de cette incursion dans l’imaginaire demeure sans conteste son roman « L’Arbre », publié en 1996. Dans ce récit d’une rare puissance évocatrice, l’auteur nous convie à l’exploration d’un monde clos, situé aux lisières de notre réalité. Le jeune protagoniste, flanqué de son fidèle chien Ojo, y arpente un labyrinthe naturel des plus inquiétants, peuplé de chimères et d’« ombres » redoutables. Hubert Mingarelli déploie ici une allégorie vertigineuse, flirtant avec les frontières de l’anticipation intérieure et de l’épouvante fantastique : la forêt y devient un univers insondable, une dimension parallèle où prennent corps les affres de notre frêle condition.

Bien que son style s’éloigne volontiers des grandes machineries technologiques chères aux faiseurs de space opera, l’écrivain parvient, par une économie de mots d’une rigueur toute spartiate, à instaurer un climat de mystère absolu. Ses personnages, souvent en proie à l’errance ou à la survie dans des mondes décharnés et inhospitaliers, semblent évoluer sur les vestiges d’une humanité chancelante, rappelant à bien des égards les fulgurances de l’anticipation post-apocalyptique.

Ayant hélas tiré sa révérence en l’an de grâce 2020, Hubert Mingarelli laisse derrière lui une bibliographie d’une profonde singularité. Par ses excursions subtiles mais entêtantes dans le domaine du fantastique, il a su prouver aux amateurs du genre que l’insolite pouvait parfaitement se nicher dans le murmure du vent et les arcanes de la nature sauvage, s’imposant dès lors comme un architecte des plus délicats des mondes de l’imaginaire.

Livres de Hubert Mingarelli :

L’arbre
La terre invisible
Vie de sable

Pour en savoir plus sur Hubert Mingarelli :

La page Wikipédia sur H. Mingarelli
La page Noosfere sur H. Mingarelli
La page isfdb de H. Mingarelli

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