Robert Hayward Barlow

Présentation de Robert Hayward Barlow :
Né le 18 mai 1918 à Leavenworth, dans le Kansas, Robert Hayward Barlow fut une figure aux talents multiples. Anthropologue, poète et historien de grand renom, il s’est d’abord illustré dans sa prime jeunesse par une passion dévorante pour les lettres de l’étrange. Mais c’est incontestablement son lien indéfectible avec le maître de Providence, le grand Howard Phillips Lovecraft, qui retient aujourd’hui toute l’attention des amateurs du genre.
Il convient de s’attarder longuement sur cette relation hors du commun. D’une précocité qui laisse pantois, le jeune Robert Hayward Barlow n’avait que treize ans lorsqu’il entama, en 1931, une correspondance nourrie avec Lovecraft. L’ermite de Providence, touché par la ferveur et l’érudition de ce jouvenceau, se prit d’une véritable affection paternelle pour lui. Il se rendit même à plusieurs reprises, en 1934 et 1935, dans la demeure familiale des Barlow en Floride, pour de longs séjours où les deux amis passaient le plus clair de leur temps à deviser, à relier de vieux fascicules et, bien entendu, à écrire de concert.
De cette collaboration naquirent plusieurs récits à quatre mains, au premier rang desquels trône le magistral L’Océan de la nuit (The Night Ocean). Bien que l’on s’accorde aujourd’hui à dire que la plume de Lovecraft y est largement prédominante, ce texte mélancolique et envoûtant demeure l’un des sommets de la fiction fantastique de cette époque. Le duo signa également quelques pastiches et récits mineurs, tels que Le Trésor de la bête-sorcier ou Le Déclin du monstre, qui témoignent de leur belle complicité.
À la mort soudaine de Lovecraft en 1937, Robert Hayward Barlow, alors âgé de dix-huit ans seulement, eut la redoutable surprise d’être désigné comme son exécuteur testamentaire littéraire. Cette lourde charge lui valut l’inimitié tenace d’autres disciples du maître, à l’instar de August Derleth et Donald Wandrei, fondateurs des fameuses éditions Arkham House. Pourtant, loin des querelles de chapelle, c’est grâce au dévouement admirable de Robert Hayward Barlow que la plupart des précieux manuscrits de Lovecraft furent sauvés de la dispersion, puis légués à la bibliothèque de l’université Brown, assurant ainsi la pérennité d’une œuvre que le monde entier célèbre aujourd’hui.
La seconde partie de la vie de Robert Hayward Barlow fut d’une tout autre nature. S’installant au Mexique dans les années 1940, il se détourna de la fiction pour embrasser une brillante carrière d’anthropologue. Spécialiste émérite de la langue nahuatl et des cultures précolombiennes, il devint un professeur respecté au sein du Mexico City College.
Hélas, cette existence foisonnante connut une fin funeste. Victime d’un odieux chantage orchestré par un de ses élèves qui menaçait de révéler au grand jour ses mœurs intimes et son homosexualité — un scandale que la société de l’époque ne pardonnait guère —, Robert Hayward Barlow mit fin à ses jours le 1er janvier 1951, ingérant une dose fatale de barbituriques dans sa demeure d’Azcapotzalco.
Il reste de lui l’image d’un esprit supérieur, d’un savant respecté, mais surtout celle du gardien fidèle auquel le mythe de Cthulhu doit, en grande partie, d’avoir survécu aux affres du temps.
Livres de Robert Hayward Barlow :
Lovecraft & Barlow – L’Intégrale des Collaborations (2026)
Pour en savoir plus sur Robert Hayward Barlow :
La page Wikipédia sur R. H. Barlow
La page Noosfere sur R. H. Barlow
La page isfdb de R. H. Barlow