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Madame Bovary par Gustave Flaubert

Fiche de Madame Bovary
Titre : Madame Bovary
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1877
Editeur : BNF
Première page de Madame Bovary
« Nous étions à l’Étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d’études :
– Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son âge.
Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu’il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. »
Extrait de : G. Flaubert. « Madame Bovary – Mœurs de province. »
Le dictionnaire des idées reçues par Gustave Flaubert

Fiche de Le dictionnaire des idées reçues
Titre : Le dictionnaire des idées reçues
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1910
Editeur : BNF
Première page de Le dictionnaire des idées reçues
« ACADÉMIE FRANÇAISE. La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut.
AGRICULTURE. Manque de bras.
AFFAIRES (LES). Passent avant tout. – Une femme doit éviter de parler des siennes. – Sont dans la vie ce qu’il y a de plus important. – Tout est là.
AIRAIN. Métal de l’antiquité.
ALBÂTRE. Sert à décrire les plus belles parties du corps de la femme.
ALLEMANDS. Peuple de rêveurs (vieux).
ANGE. Fait bien en amour et en littérature.
ARGENT. Cause de tout le mal. – Dire : Auri sacra fames.
ARCHITECTES. Tous imbéciles. – Oublient toujours l’escalier des maisons. »
Extrait de : G. Flaubert. « Le Dictionnaire des idées reçues – Le Catalogue des opinions chics suivi d’Extraits d’auteurs célèbres. »
Le candidat par Gustave Flaubert

Fiche de Le candidat
Titre : Le candidat
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1874
Editeur : BNF
Première page de Le candidat
« Acte premier
Chez M. Rousselin. – Un jardin. – Pavillon à droite. – Une grille occupant le côté gauche.
Scène première
Murel, Pierre, domestique.
Pierre est debout, en train de lire un journal. – Murel entre, tenant un gros bouquet qu’il donne à Pierre.
MUREL
Pierre, où est M. Rousselin ?
PIERRE
Dans son cabinet, monsieur Murel ; ces dames sont dans le parc avec leur Anglaise et M Onésime… de Bouvigny ! »
Extrait de : G. Flaubert. « Le Candidat – Comédie en quatre actes. »
La tentation de Saint-Antoine par Gustave Flaubert

Fiche de La tentation de Saint-Antoine
Titre : La tentation de Saint-Antoine
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1874
Editeur : BNF
Première page de La tentation de Saint-Antoine
« C’est dans la Thébaïde, au haut d’une montagne, sur une plate-forme arrondie en demi-lune, et qu’enferment de grosses pierres.La cabane de l’Ermite occupe le fond. Elle est faite de boue et de roseaux, à toit plat, sans porte. On distingue dans l’intérieur une cruche avec un pain noir ; au milieu, sur un stèle de bois, un gros livre ; par terre çà et là des filaments de sparterie, deux ou trois nattes, une corbeille, un couteau.À dix pas de la cabane, il y a une longue croix plantée dans le sol ; et à l’autre bout de la plate-forme, un vieux palmier tordu se penche sur l’abîme, car la montagne est taillée à pic, et le Nil semble faire un lac au bas de la falaise.La vue est bornée à droite et à gauche par l’enceinte des roches. Mais du côté du désert, comme des plages qui se succéderaient, d’immenses ondulations parallèles d’un blond cendré s’étirent les unes derrière les autres, en montant toujours ; – puis au-delà des sables, tout au loin, la chaîne libyque forme un mur couleur de craie, estompé légèrement par des vapeurs violettes. »
Extrait de : G. Flaubert. « La tentation de Saint Antoine. »
La légende de Saint Julien l’Hospitalier par Gustave Flaubert

Fiche de La légende de Saint Julien l’Hospitalier
Titre : La légende de Saint Julien l’Hospitalier
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1895
Editeur : BNF
Première page de La légende de Saint Julien l’Hospitalier
« Le père et la mère de Julien habitaient un château, au milieu des bois, sur la pente d’une colline.
Les quatre tours, aux angles, avaient des toits pointus recouverts d’écailles de plomb, et la base des murs s’appuyait sur les quartiers de rocs, qui dévalaient abruptement jusqu’au fond des douves.
Les pavés de la cour étaient nets comme le dallage d’une église. De longues gouttières, figurant des dragons la gueule en bas, crachaient l’eau des pluies vers la citerne ; et sur le bord des fenêtres, à tous les étages, dans un pot d’argile peinte, un basilic ou un héliotrope s’épanouissait.
Une seconde enceinte, faite de pieux, comprenait d’abord un verger d’arbres à fruits, ensuite un parterre où des combinaisons de fleurs dessinaient des chiffres, puis une treille avec des berceaux pour prendre le frais, et un jeu de mail qui servait au divertissement des pages. De l’autre côté se trouvaient le chenil, les écuries, la boulangerie, le pressoir et les granges. Un pâturage de gazon vert se développait tout autour, enclos lui-même d’une forte haie d’épines. »
Extrait de : « G. Flaubert. « La Légende de saint Julien l’Hospitalier. »
L’éducation sentimentale de Gustave Flaubert

Fiche de L’éducation sentimentale
Titre : L’éducation sentimentale
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1891
Editeur : BNF
Première page de L’éducation sentimentale
« Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard ;
Des gens arrivaient hors d’haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots no répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s’absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s’échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d’une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l’avant, tintait sans discontinuer.
Enfin le navire partit ; et les deux berges, peuplées de magasins, de chantiers et d’usines, filèrent comme deux larges rubans que l’on déroule.
Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous son bras, restait auprès du gouvernail, immobile. A travers le brouillard, il contemplait
des clochers, des édifices dont il ne savait pas les noms ; puis il embrassa, dans un dernier coup d’œil, l’île Saint-Louis, la Cité, Notre-Dame ; et bientôt, Paris disparaissant, il poussa un grand soupir. »
Extrait de : G. Flaubert. « L’Éducation sentimentale. »
Bouvard et Pécuchet par Gustave Flaubert

Fiche de Bouvard et Pécuchet
Titre : Bouvard et Pécuchet
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1881
Editeur : BNF
Première page de Bouvard et Pécuchet
« Comme il faisait une chaleur de trente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.
Plus bas le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses, étalait en ligne droite son eau couleur d’encre. Il y avait au milieu un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques.
Au-delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers, le grand ciel pur se découpait en plaques d’outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d’ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait au loin dans l’atmosphère tiède ; et tout semblait engourdi par le désœuvrement du dimanche et la tristesse des jours d’été.
Deux hommes parurent.
L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue. »
Extrait de : G. Flaubert. « Bouvard et Pécuchet. »
Gustave Flaubert

Présentation de Gustave Flaubert :
Si nos manuels scolaires et les exégètes d’obédience classique s’évertuent encore trop souvent à ne voir en Gustave Flaubert que le clinicien impassible des mœurs de province, le père du roman réaliste et le contempteur méticuleux de la bourgeoisie — par le truchement de l’incontournable « Madame Bovary » ou de « L’Éducation sentimentale » —, ce serait faire fi de la part de mysticisme, d’onirisme et de folie qui innerve profondément son écriture. Le Flaubert visionnaire, pétri de romantisme noir et de mythologie, n’a, en vérité, rien à envier au Flaubert naturaliste.
Le point d’orgue de cette veine fantasmagorique est sans l’ombre d’un doute « La Tentation de saint Antoine ». Œuvre de toute une vie, véritable matrice de son imaginaire qu’il remania inlassablement, ce drame poétique et métaphysique nous plonge dans un foisonnement hallucinatoire inouï. Gustave Flaubert y déploie un panthéon baroque peuplé de chimères, d’hérésies tourmentées, de monstres grotesques et de divinités oubliées, venant assaillir la conscience de l’anachorète. C’est là un texte inclassable, un délire érudit et macabre qui fascine tant nos penseurs structuralistes d’aujourd’hui, et qui préfigure avec une fulgurance rare les audaces du surréalisme.
L’on se doit également de citer la majestueuse « Salammbô ». Bien que la critique consensuelle s’acharne à la parer de la stricte étiquette du roman historique, cette épopée carthaginoise relève à bien des égards du fantastique antique. L’exotisme exacerbé, la cruauté flamboyante des sacrifices à Moloch, l’érotisme trouble et la fascination pour la démesure y tissent une toile où la réalité archéologique se dissout au profit d’une fresque cauchemardesque et mythologique de la plus haute volée.
Enfin, comment omettre l’inoubliable « Légende de saint Julien l’Hospitalier », joyau merveilleux enchâssé au cœur de ses admirables « Trois Contes » ? Gustave Flaubert y ressuscite le surnaturel médiéval avec une acuité stylistique sidérante. Cerf doué de parole prophétique, malédictions funestes, parricide et rédemption quasi mystique sous les traits d’un lépreux : l’auteur s’approprie les codes du conte fantastique et hagiographique pour livrer une parabole d’une noirceur et d’une magie profondément envoûtantes.
Ainsi, loin du seul positivisme triomphant de son siècle, Gustave Flaubert se révèle être un explorateur magistral des abysses de l’âme humaine et des confins du surnaturel.
Livres de Gustave Flaubert :
Intégrales :
Bouvard et Pécuchet (1881)
L’éducation sentimentale (1891)
La légende de Saint Julien l’Hospitalier (1895)
La tentation de Saint Antoine (1874)
Le candidat (1874)
Le dictionnaire des idées reçues (1910)
Madame Bovary (1877)
Mémoire d’un fou (1901)
Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire (2021)
Rêve d’enfer (1837)
Salammbô (1863)
Smarh (1839)
Textes de jeunesse 1 (1910)
Textes de jeunesse 2 (1910)
Trois contes (1877)
Pour en savoir plus sur Gustave Flaubert :
La page Wikipédia sur G. Flaubert
La page Noosfere sur G. Flaubert
La page isfdb de G. Flaubert