Delphine de Girardin

Présentation de Delphine de Girardin :

Delphine de Girardin, née Delphine Gay le 24 janvier 1804 sous les cieux d’Aix-la-Chapelle, rayonne encore dans nos mémoires comme l’une des égéries les plus étincelantes du romantisme français. Celle que l’on couronna très tôt du titre de « Muse de la patrie » ne fut pas seulement l’épouse du grand magnat de la presse Émile de Girardin, ni la simple hôtesse d’un salon parisien où se pressaient Victor Hugo, Alfred de Musset et Honoré de Balzac. Elle fut, avant toute chose, une femme de lettres à la plume redoutable, maniant avec une égale virtuosité la poésie, la chronique mondaine (sous le célèbre pseudonyme du vicomte de Launay) et la fiction.

Or, si les manuels de littérature s’attardent volontiers sur son esprit caustique et ses brillantes correspondances, il est un pan de son œuvre que les exégètes de notre époque se doivent de réhabiliter avec ferveur : ses incursions magistrales dans le registre de la nouvelle fantastique. Loin des châteaux hantés et des spectres macabres de la littérature frénétique, Madame de Girardin inventa un fantastique de salon, un merveilleux mondain d’une subtilité et d’une ironie féroces.

On ne saurait trop insister, à ce titre, sur son délicieux roman court et fantastique, « La Canne de M. de Balzac » (1836). Dans ce récit enlevé, elle s’empare de la fameuse canne ornée de turquoises de l’illustre romancier pour en faire un talisman véritable, conférant à son possesseur le pouvoir d’invisibilité. À travers cet artifice surnaturel, elle dresse une satire mordante de la société parisienne, le fantastique devenant le révélateur des hypocrisies de son temps. Plus tôt encore, avec « Le Lorgnon » (1831), elle mettait en scène un objet magique capable de lire les pensées intimes de ceux qu’il observe, usant de l’étrange pour disséquer les cœurs et les vanités de la monarchie de Juillet. Ce goût pour le surnaturel subtil, qui fait basculer le quotidien bourgeois dans l’irrationnel par le biais d’objets enchantés, démontre une maîtrise éblouissante de la mécanique du conte fantastique.

Foudroyée par la maladie au faîte de sa gloire intellectuelle, cette femme d’exception s’éteignit prématurément le 29 juin 1855 à Paris, laissant orphelin un cénacle romantique qui l’adulait.

Relire les nouvelles fantastiques de Delphine de Girardin, c’est se délecter d’une prose où l’insolite se marie à l’élégance, et constater que sous le vernis des mondanités, cette grande dame savait troubler nos certitudes avec un charme irrésistible.

Livres de Delphine de Girardin :

Coffret
Contes d’une vieille fille à ses neveux
L’école des journalistes
La canne de M. de Balzac
La croix de Berny
La joie fait peur
La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin
Le lorgnon
Le vicomte de Launay
Monsieur le marquis de Pontanges

Pour en savoir plus sur Delphine de Girardin :

La page Wikipédia sur D. de Girardin
La page Noosfere sur D. de Girardin
La page isfdb de D. de Girardin

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