Auteur/autrice : CH91
Le secret des murmureurs par Loïc Le Borgne

Fiche de Le secret des murmureurs
Titre : Le secret des murmureurs (tome 1 sur 3 – Les loups)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2018
Editeur : Mame
Première page de Le secret des murmureurs
« Lorsque la sonnerie retentit entre les murs du collège, Édouard sursauta et releva le nez de son cahier, tel un loup attiré par le mouvement d’un lièvre.
À vrai dire, c’était à peu près dans cet état mental qu’il se trouvait. Celui d’un prédateur qui a perçu un signal captivant, et dont les babines se retroussent sur les crocs prêts à mordre le vent.
Sans même s’en rendre compte, Édouard sourit. M. Laga, le professeur d’espagnol, surprit son regard étincelant de joie, mais cela n’affecta pas le moins du monde l’adolescent. Il ne portait pas ce sinistre personnage dans son cœur, et ce sentiment était réciproque. M. Laga, pour tout dire, il ne comptait pas le revoir ! Non, plus jamais, puisqu’il vivait, à cet instant précis, la dernière minute du dernier jour de sa dernière année au collège.
Bien entendu, il devrait affronter, d’ici quelques jours, les épreuves écrites du brevet des collèges mais il ne s’agirait, de son point de vue, que d’une simple formalité. »
Extrait de : L Le Borgne. « Le secret des murmureurs – Les loups. »
La promesse du roi par Loïc Le Borgne

Fiche de La promesse du roi
Titre : La promesse du roi (tome 2 sur 3 – Les loups)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2018
Editeur : Mame
Première page de La promesse du roi
« Haute-Savoie, fin août, cinq semaines après le camp d’été dans les Pyrénées.
Le loup était grand, gris, musclé, et son regard de feu. C’était le roi de la forêt, Édouard le savait.
La bête n’eut aucun mal à se faufiler dans les taillis, entre les épines des ronces, à bondir par-dessus les souches ou entre les branches des arbres morts.
Sur ce continent, il était le meilleur des prédateurs.
Le garçon de quatorze ans, en revanche, n’avait pas cette chance. De son cou à ses mollets, son corps était couvert d’éraflures. Le sang échappait de ses griffures, comme l’essence fuyant d’une voiture accidentée.
Édouard n’en pouvait plus. La sueur enflammait ses plaies. La fatigue et le désespoir avaient fait poindre des larmes dans les coins de ses yeux. Il devait faire une pause.
Non ! Impossible ! S’arrêter, c’était renoncer.
Les chevaliers noirs qui les poursuivaient n’étaient plus très loin. Il entendait déjà les branches craquer sous les sabots de leurs chevaux.
Sauf qu’il était à bout de forces. »
Extrait de : L Le Borgne. « La promesse du roi – Les loups. »
La citadelle oubliée par Loïc Le Borgne

Fiche de La citadelle oubliée
Titre : La citadelle oubliée (tome 3 sur 3 – Les loups)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2019
Editeur : Mame
Première page de La citadelle oubliée
« Circuit des 24 Heures du Mans, octobre, trois mois après les aventures des Loups à Brocéliande.
La vie est comme un feu de bois, on ne sait jamais à quel moment les choses vont basculer… mais il y a toujours une branche enflammée qui finit par craquer.
Ce jour-là, au Mans, le jeune garçon ne savait plus où donner de la tête. Vivait-il un rêve, un cauchemar ou la réalité ?
Les voitures avaient surgi du virage en grondant, tels des monstres voraces échappés de la Préhistoire.
Alors que les bolides approchaient, plus rapides que des guépards en pleine course, les rugissements des moteurs résonnèrent entre les gradins du circuit, rebondirent de l’un à l’autre, se croisèrent et se démultiplièrent, donnant naissance à un assourdissant vacarme.
Paulin se souvint d’un orage terrifiant, qui avait explosé au-dessus de la vallée où ils passaient des vacances, deux ans plus tôt. Il se boucha les oreilles. »
Extrait de : L Le Borgne. « La citadelle oubliée – Les loups. »
Libertalia par Loïc Le Borgne

Fiche de Libertalia
Titre : Libertalia (tome 3 sur 3 – Les enfants d’Éden)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2007
Editeur : Mango
Première page de Libertalia
« Marine, John Callaghan et Monster s’engagèrent dans les méandres de la cité lacustre, qui sentait l’eau croupie et le bois vermoulu. Les quais et les pontons grinçaient, craquaient, et Marine crut plus d’une fois que Monster allait passer à travers les planches.
John connaissait l’endroit. En bon maître d’armes, il restait sur le qui-vive, louvoyant de ruelles en passerelles, de paliers en escaliers. Ils croisèrent des Humanos au regard de loup armés jusqu’aux dents, des Xénos qui filaient comme des spectres, des zonards de toutes les races cherchant le mauvais coup. Marine jugea prudent de marcher à l’ombre des biceps de Monster. Le Gargantua distribuait des sourires dont il fallait se méfier : la vue de ses dents de requin suffisait à éloigner les indigènes curieux ; un grondement décourageait les plus téméraires. Marine était sur ses gardes, mais pas effrayée. Elle avait connu les bas-fonds de l’Oubliette, dans les mines de Matière noire : à côté de cet enfer, la basse ville de Geronimo était pittoresque. »
Extrait de : L Le Borgne. « Libertalia – Les enfants d’Éden. »
Le grand voyage par Loïc Le Borgne

Fiche de Le grand voyage
Titre : Le grand voyage (tome 2 sur 3 – Les enfants d’Éden)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2007
Editeur : Mango
Première page de Le grand voyage
« La frégate pirate s’était élancée dans l’espace infini et mystérieux des Abysses. Le terminal d’Horn-la-Rebelle n’était plus qu’un souvenir. Six jours s’étaient écoulés depuis sa destruction par le Moissonneur1.
Ils étaient huit sur la passerelle de l’Épaulard : Orca, le capitaine ; Tige, le sage ; Monster, le Gargantua ; Callaghan, bardé de son éternel sourire ironique ; Chat-Lune, dont les antennes frétillaient comme celles d’un insecte ; Athéna XII, le robot chirurgien ; Lady Blue, dans son aquarium mobile ; Marine Magellan, fille de Thomas, capitaine pirate, et de Camélia, princesse archéo. Ils entouraient la table cartographique, qui trônait entre les fauteuils de pilotage et la porte blindée. À l’intérieur d’une sphère holo sertie dans un cadre en cuivre flottait une vue tridimensionnelle de Taire des Trois Cents Soleils et de ses proches environs. La vision en 3D de ces centaines d’étoiles rouges, jaunes, bleues ou grises, des lignes lumineuses représentant les milliers de voies stellaires reliant les systèmes et des tracés épais, rouge vif, des frontières délimitant les Puissances donnait le vertige. »
Extrait de : L Le Borgne. « Le grand voyage – Les enfants d’Éden. »
Marine des étoiles par Loïc Le Borgne

Fiche de Marine des étoiles
Titre : Marine des étoiles (tome 1 sur 3 – Les enfants d’Éden)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2006
Editeur : Mango
Première page de Marine des étoiles
« Aire TCS, Empire dédaléen, Pandémonium X,
fin 4012 après le Pacte
L’homme hurla, même si son agresseur ne l’avait pas touché. C’était la peur qui l’avait fait crier. Il courut le plus loin possible de la chose drapée dans des plis noirs qu’on appelait «le Moissonneur». Traversa la passerelle sombre du vaisseau, se dirigeant par réflexe vers la baie panoramique ouverte sur l’espace. Colla ses mains au fibrocorail transparent. Loin sous ses pieds, les flammes rouges des arsenaux crevaient la surface de Pandémonium X. Les gerbes de feu montaient à la verticale. Dans cet enfer, on forgeait la flotte de l’Empire. La planète-arsenal semblait en fusion. Nul, hormis les militaires de la Légion, n’était censé voir ce qu’il contemplait maintenant. Il aurait préféré perdre la vue au combat, au moins aurait-il eu une chance de garder la vie. »
Extrait de : L Le Borgne. « Marine des étoiles – Les enfants d’Éden. »
Le diable des Pyrénées par Loïc Le Borgne

Fiche de Le diable des Pyrénées
Titre : Le diable des Pyrénées (tome 2 sur 2 – Agence Mysterium)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2018
Editeur : Scrineo
Première page de Le diable des Pyrénées
« Tôt le matin, Martin aime lacer ses chaussures de trail antidérapantes, capables de le porter hors des sentiers battus, là où la plupart des humains ne vont jamais. Un modèle qu’il a payé au prix fort pour courir en montagne, du moins quand la météo le permet.
Parfois, il quitte le bourg pour cavaler jusqu’à l’Hôtellerie, le café-restaurant situé à l’entrée du cirque de Gavarnie, à une heure trente de marche du village — pour la majorité des touristes.
Martin y parvient en général au bout de vingt minutes.
Le jeune homme a dix-huit ans. Cet été, il travaille à l’épicerie « Viva » de Gavarnie, un village situé à plus de mille trois cents mètres d’altitude, dans les Hautes-Pyrénées. Parfois, il commence tôt le matin, et peut se reposer dans l’après-midi. À d’autres occasions, il court à l’aube et se retrouve de service en fin de journée, à la caisse. C’est ce qu’il préfère, car il fait moins chaud, quand le soleil n’est pas encore levé, pour battre des records. »
Extrait de : L Le Borgne. « Le Diable des Pyrénées – Agence Mysterium. »
Le fantôme de Saint-Malo par Loïc Le Borgne

Fiche de Le fantôme de Saint-Malo
Titre : Le fantôme de Saint-Malo (tome 1 sur 2 – Agence Mysterium)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2017
Editeur : Scrineo
Première page de Le fantôme de Saint-Malo
« C’est toujours à la même heure qu’il arrive. Églantine Tremen est terrifiée, mais elle a décidé de l’attendre, pour tenter de l’empêcher d’agir.
Dans le cas contraire, il va encore repartir avec un objet précieux, et ce vol va, une fois de plus, désespérer Ronan, son père. Sans parler de l’angoisse qui, peu à peu, hante toute la ville.
Ronan Tremen dort à l’étage. Normal, il est 5 heures du matin. Malgré ses dix ans, Églantine a décidé d’affronter seule le mystérieux inconnu.
Cachée derrière les escaliers en colimaçon qui descendent de l’appartement à la boutique, elle tremble de froid. Tout est sombre dans le magasin d’antiquités. Seul le néon en forme de rectangle, qui annonce la sortie de secours, à l’arrière, diffuse une lueur verdâtre.
Une forme pâle, verdâtre elle aussi, apparaît devant la porte vitrée, à l’intérieur du magasin. Ce n’est vraiment pas normal. Et même impossible : le père d’Eglantine, la veille au crépuscule, comme tous les soirs, a abaissé un solide rideau métallique pour barrer cette ouverture. »
Extrait de : L Le Borgne. « Le fantome de Saint-Malo – Agence Mysterium. »
Reflex par Maud Mayeras

Fiche de Reflex
Titre : Reflex
Auteur : Maud Mayeras
Date de parution : 2013
Editeur : Editions Anne Carrière
Première page de Reflex
« Je n’aime pas le silence, il appelle les mauvaises pensées.
Je laisse souvent entrer les bruits. Le ronflement des moteurs et les mots roturiers des piétons. Ils pénètrent par la fenêtre et me rassurent. Les chuintements, les claquements, les cris, les rires, les raclements. Le bruit du frigo, le sifflement des moustiques.
Les vibrations de mon téléphone contre le bureau laqué, comme les palpitations d’un cœur à l’étroit.
Et chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu’aux lèvres. Et cette question qui revient sans cesse :
Tu es disponible, Iris ?
Je suis toujours disponible.
Les appels que je reçois sont souvent anonymes. Généralement émis par d’autres portables, ils proviennent parfois de cabines téléphoniques, d’appartements particuliers, de bureaux. Mais l’objectif visé reste identique. »
Extrait de : M. Mayeras. « Reflex. »
Lux par Maud Mayeras

Fiche de Lux
Titre : Lux
Auteur : Maud Mayeras
Date de parution : 2016
Editeur : Editions Anne Carrière
Première page de Lux
« L’odeur de tempête de Ceduna, ce parfum lourd de terre sèche qui l’enivre à nouveau dès qu’il foule le tarmac. L’homme s’arrête un instant, laisse son visage prendre feu et, lorsque les premiers voyageurs commencent à le bousculer, il se décide à rejoindre le terminal.
Vingt ans qu’il n’a pas revu l’Australie, son ciel rose, sa poussière collante et cette lumière qui brûle tout.
Ici, l’aéroport frôle la ville, ramassée contre l’océan. De loin, tout vous semble gigantesque, mais d’un seul pas vous pouvez tout enjamber.
L’homme remonte McKenzie Street, le dos voûté sous la chaleur, il entre dans une épicerie pour acheter deux packs de Tooheys bien fraîches et ressort sans le moindre mot. Le silence n’est pas une tare ici, plutôt un bienfait. Il vous permet de respirer plus amplement, de vous sentir peut-être plus libre. L’homme marche ainsi jusqu’à O’Loughlin Terrace, qui longe la plage. »
Extrait de : M. Mayeras. « Lux. »