Auteur/autrice : CH91
Magali Villeneuve

Présentation de Magali Villeneuve :
Née sous le ciel de Bordeaux le 18 mars 1980, Magali Villeneuve possède un profil tout à fait exceptionnel. Si d’aucuns la connaissent d’abord pour son formidable coup de pinceau — elle s’est en effet illustrée de manière fort brillante en mettant en images de nombreux univers ludiques d’outre-Atlantique —, c’est bel et bien son indéniable talent de romancière qu’il nous incombe de saluer avec force aujourd’hui. Loin de se contenter des arts graphiques, elle déploie dans ses écrits une maîtrise du merveilleux et de la littérature conjecturale qui force l’admiration.
Fruit d’une longue et minutieuse gestation, son grand œuvre littéraire prend corps avec le cycle de La Dernière Terre, co-imaginé avec son complice Alexandre Dainche. C’est à l’aube des années 2010 (et plus précisément en 2013) que les lecteurs eurent le bonheur de découvrir le premier volet de cette vaste fresque, délicieusement sous-titré L’Enfant merehdian. Dans ce roman, la conteuse déploie une intrigue fascinante au cœur des Cinq Territoires, narrant les destinées entrecroisées de personnages attachants tels que le frêle Cahir, issu du peuple paria des Giddires, au sein d’une cité-capitale régie par des codes d’une grande rigueur.
Ce qui frappe d’emblée à la lecture de ses textes, c’est la rigueur toute architecturale avec laquelle elle bâtit son univers. À l’instar des grands bâtisseurs de la science-fiction et de la « fantasy » (que nous pourrions fort à propos traduire par « merveilleux épique »), Magali Villeneuve dresse des décors d’une grande somptuosité, sans jamais sacrifier la profondeur psychologique de ses protagonistes. Elle poursuivra d’ailleurs sur sa lancée avec le second tome, Des certitudes, confirmant ainsi sa place de choix parmi les plumes les plus prometteuses de notre imaginaire hexagonal.
En somme, il serait fort fâcheux de réduire Magali Villeneuve à ses seuls pinceaux, tant la romancière possède un souffle épique et une virtuosité narrative qui raviront les amateurs de grandes épopées.
Livres de Magali Villeneuve :
La dernière Terre :
- L’enfant merehdian (2012)
- Des certitudes (2013)
Pour en savoir plus sur Magali Villeneuve :
La page Wikipédia sur M. Villeneuve
La page Noosfere sur M. Villeneuve
La page isfdb de M. Villeneuve
Destin brisé par Michel Robert

Fiche de Destin brisé
Titre : Destin brisé (tome 10 sur 10 – L’agent des ombres)
Auteur : Michel Robert
Date de parution : 2023
Editeur : Fleuve Editions
Première page de Destin brisé
« Øz avait triomphé. Elle avait vaincu la Lumière et terrassé son plus redoutable guerrier. D’un simple baiser.
Et depuis, Cellendhyll de Cortavar était réduit au rang d’esclave, parqué dans la citadelle des Smaughs.
Dénudé, désarmé, l’Adhan se retrouva isolé en cellule. Curieuse de son nouveau jouet, désireuse de le tester, Øz demanda à ses geôliers de le bousculer un peu pour voir comment il réagirait.
Cependant, vouloir humilier Cellendhyll de Cortavar, le rabaisser au rang d’animal, c’était réveiller chez lui sa part la plus violente.
Le résultat ? Cinq morts en trois jours.
Bien que constamment menotté, l’Ange brisa la nuque du premier Smaugh entre ses avant-bras. Il défonça la boîte crânienne du second contre un mur. Il enfonça sa cuillère en bois dans l’œil du troisième jusqu’à lui perforer le cerveau. Il sectionna la gorge du quatrième avec son écuelle en fer-blanc. Enfin, il arracha le larynx du cinquième garde d’une prise en tenaille. »
Extrait de : M. Robert. « Destin Brisé – L’Agent des ombres. »
Calculating God par Robert J. Sawyer

Fiche de Calculating God
Titre : Calculating God
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 2000
Traduction : B. Emerich
Editeur : J’ai lu
Première page de Calculating God
« Je sais, je sais… Un extraterrestre qui débarque à Toronto, cela semble un peu incongru. Certes, la capitale attire les touristes, mais on s’attendrait plutôt à ce qu’une créature venue d’un autre monde se rende à l’ONU, voire à Washington. Klaatu dans Le jour où la Terre s’arrêta, le film de Robert Wise, n’est-il pas allé à Washington, lui ?
Naturellement, on pourrait également trouver bizarre que le réalisateur de West Side Story arrive à produire un bon film de science-fiction. D’ailleurs, maintenant que j’y repense, Wise a tourné trois films de S.F., chacun moins percutant que le précédent.
Mais je me disperse. Cela m’arrive souvent depuis quelque temps. Il faudra me pardonner, cher lecteur. Je ne suis pas en train de devenir sénile. Je n’ai que cinquante-quatre piges, nom d’un chien. Seulement, la douleur m’empêche parfois de me concentrer.
Nous en étions à l’extraterrestre.
Et à la raison pour laquelle il est arrivé à Toronto. »
Extrait de : R.J Sawyer. « Calculating God. »
Un procès pour les étoiles de Robert J. Sawyer

Fiche de Un procès pour les étoiles
Titre : Un procès pour les étoiles
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1997
Traduction : N. Serval
Editeur : J’ai lu
Première page de Un procès pour les étoiles
« Le lieutenant de vaisseau passe sa tête rasée à l’intérieur du carré du porte-avions :
— Il y en a encore pour deux bonnes heures, messieurs. Je vous conseille de dormir un peu.
Frank Nobilio (pas très grand, la cinquantaine poivre et sel) occupe une chaise en métal et vinyle. Il est vêtu d’un complet marine, d’une chemise bleu pâle et sa cravate dénouée flotte autour de son cou.
— Du neuf ? demande-t-il.
— Comme prévu, nous allons nous faire coiffer sur le poteau par un sous-marin russe. Et un paquebot brésilien a changé de cap afin d’aller jeter un coup d’œil.
— Un paquebot ! s’exclame Frank, exaspéré, en levant les bras au ciel.
Il se tourne vers Clete, vautré sur une chaise pareille à la sienne, qui étale ses immenses panards chaussés de tennis sur la table devant lui. Clete hausse les épaules, un large sourire aux lèvres. »
Extrait de : R.J. Sawyer. « Un procès pour les étoiles. »
Mort d’un satrape rouge par Gérard Delteil

Fiche de Mort d’un satrape rouge
Titre : Mort d’un satrape rouge
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 1995
Editeur : Editions Métailié
Première page de Mort d’un satrape rouge
« La mort de Bernard Prigent fît l’effet d’une bombe dans l’hôtel de ville de Bagnancy. Ce fut Cachemin, le secrétaire de mairie, qui me l’apprit, à huit heures du matin. Ses traits étaient décomposés. Il m’entraîna dans une pièce utilisée habituellement par les élus pour recevoir les visiteurs, m’invita à m’asseoir et annonça :
— Bernard a été assassiné.
J’eus soudain l’impression que l’univers vacillait. Prigent, je l’avais parfois détesté, mais il occupait une place si importante dans ma vie que sa disparition allait la bouleverser. Sa perte pouvait se comparer à celle d’un parent avec qui on a peu d’atomes crochus mais dont dépend l’existence de toute la famille. Car la mairie de Bagnancy, ce n’était pas seulement une entreprise qui employait sept cents personnes, c’était aussi une famille. »
Extrait de : G. Delteil. « Mort d’un satrape rouge. »
Les pillards de Bagdad par Gérard Delteil

Fiche de Les pillards de Bagdad
Titre : Les pillards de Bagdad
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 2003
Editeur : L’Archipel
Première page de Les pillards de Bagdad
« Une petite femme vêtue de noir pleure. Elle sanglote devant les statues martyrisées, les vitrines brisées, les fragments de bas-reliefs éparpillés sur le sol. Elle ramasse une tablette cassée que les voleurs ont abandonnée dans leur fuite. Voici cinq mille ans, un scribe anonyme a gravé dans l’argile ces caractères cunéiformes qui racontent l’histoire d’une civilisation. Son œuvre sera sans doute à jamais perdue. Un peu de la mémoire de l’humanité va disparaître.
Selma Nawala Al-Moutawali fait encore quelques pas et découvre l’ampleur du désastre. Une statue décapitée gît à côté d’un pan de frise assyrienne. Le taureau ailé de Khorsabad a été épargné, mais les pillards ont emporté des centaines de cylindres gravés et de figurines délicates qui seront sans doute revendus dans les souks et sur les marchés internationaux.
Au fond de la salle, un homme chargé d’un sac détale à toutes jambes. Des pillards rôdent encore dans le musée, alors que les cameramen se bousculent autour de sa directrice ! Un gardien armé d’un bâton s’élance à la poursuite du vandale. Trop tard.
Dehors, une foule misérable venue des bidonvilles de Saddam-City assiège toujours le musée. Des hommes se battent pour s’arracher leurs rapines. Chacun veut sa part du butin. À quelques centaines de mètres, juchés sur leurs monstres d’acier, des GI écrasés par la chaleur assistent, indifférents, à la fuite des pillards. »
Extrait de : G. Delteil. « Les pillards de Bagdad. »
Bugs par Gérard Delteil

Fiche de Bugs
Titre : Bugs
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 1999
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Bugs
« La salle d’attente du service social municipal était bondée, comme d’habitude. L’homme attendait depuis près d’une heure et demie. Contrairement à ses voisins qui s’impatientaient, râlaient, manifestaient leur nervosité et leur impatience de multiples manières, il demeurait très calme. Il était assis entre une femme noire de forte corpulence et un jeune homme maigre, et tranchait sur eux de façon surprenante, non seulement par sa sérénité, mais par ses vêtements d’excellentes coupe et qualité. Sa présence semblait déplacée. Le guichetier qui vérifiait les numéros des visiteurs s’en était fait la réflexion. Ce personnage élégant l’intriguait. Quand le numéro 6212 apparut dans le petit rectangle lumineux que chacun surveillait anxieusement, l’homme se leva et, d’un pas égal, se dirigea vers le guichet indiqué. Les autres se précipitaient, faisaient tomber le dossier qu’ils ne cessaient de compulser, se trompaient de guichet, commençaient à expliquer leur situation en long et en large ou rouspétaient, sans comprendre que le rôle du guichetier se limitait à les diriger vers un des six boxes où officiaient des assistantes sociales. »
Extrait de : G. Delteil. « Bugs. »
Noblesse de paille par Guy Charmasson

Fiche de Noblesse de paille
Titre : Noblesse de paille
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 2012
Editeur : De Borée
Première page de Noblesse de paille
« Ça braillait, ça gueulait, ça hurlait à tue-tête dans son dos, mais le meneur, habitué à ce chahut, dormaillait tranquillement, la tête dodelinant à chaque cahot de la carriole. Les gobelets de rinçure offerts par les nourrices visitées depuis son départ et le soleil qui cognait fort l’avaient à moitié assommé. Son bidet, un vieux percheron à robe grise, suivait le chemin caillouteux bordé de hauts talus et profitait de la somnolence de son maître pour s’arrêter à intervalles réguliers et arracher çà et là quelques maigres touffes d’herbe.
Une secousse plus rude que les autres tira l’homme de sa torpeur. Il releva le menton, souleva le large bord de son informe chapeau de feutre blanchi par la poussière et regarda autour de lui, l’œil brumeux. Il bâilla en s’étirant, satisfait : la ferme des Lagace, plantée au creux du vallon conduisant au hameau des Malhieux, venait d’apparaître. »
Extrait de : G. Charmasson. « Noblesse de paille. »
Totalement inhumaine par Jean-Michel Truong

Fiche de Totalement inhumaine
Titre : Totalement inhumaine
Auteur : Jean-Michel Truong
Date de parution : 2001
Editeur : Le Seuil
Première page de Totalement inhumaine
« Au mémorial du génie humain les trophées s’accumulent, trop nombreux – de la brebis Dolly au télescope spatial Hubble – pour être énumérés. Devant un si glorieux palmarès, qui pourrait croire que son détenteur soit sur le point de céder le podium ?
Certes, au fil de l’histoire, l’homme n’a cessé d’en rabattre. Longtemps, il s’est cru le nombril de la Création. Pour en finir avec cette illusion, pas moins de trois corrections d’optique lui furent prescrites par Copernic [1], Darwin et Freud [2]. Il s’empressa d’inventer un nouveau mythe : faute d’être le pivot immuable autour duquel toute chose orbiterait, il serait le point de convergence de l’histoire, sa couronne, sa clé de voûte, par qui tout l’édifice tiendrait et trouverait sa justification [3].
Comme si Dieu – ayant, au sixième jour d’une courte carrière, fait de l’homme son régisseur – avait remisé sa charrue et s’était rangé des affaires [4]. Nul ne se demande à quoi il passe son temps depuis. Mais Dieu n’est pas un rentier oisif. À peine rentré de week-end, il reprenait le collier. Plaise ou non au fondé de pouvoir présomptif, pendant l’humanité, l’évolution continue. »
Extrait de : J.M Truong. « Totalement inhumaine. »