Auteur/autrice : CH91

 

Magali Villeneuve

Présentation de Magali Villeneuve :

Née sous le ciel de Bordeaux le 18 mars 1980, Magali Villeneuve possède un profil tout à fait exceptionnel. Si d’aucuns la connaissent d’abord pour son formidable coup de pinceau — elle s’est en effet illustrée de manière fort brillante en mettant en images de nombreux univers ludiques d’outre-Atlantique —, c’est bel et bien son indéniable talent de romancière qu’il nous incombe de saluer avec force aujourd’hui. Loin de se contenter des arts graphiques, elle déploie dans ses écrits une maîtrise du merveilleux et de la littérature conjecturale qui force l’admiration.

Fruit d’une longue et minutieuse gestation, son grand œuvre littéraire prend corps avec le cycle de La Dernière Terre, co-imaginé avec son complice Alexandre Dainche. C’est à l’aube des années 2010 (et plus précisément en 2013) que les lecteurs eurent le bonheur de découvrir le premier volet de cette vaste fresque, délicieusement sous-titré L’Enfant merehdian. Dans ce roman, la conteuse déploie une intrigue fascinante au cœur des Cinq Territoires, narrant les destinées entrecroisées de personnages attachants tels que le frêle Cahir, issu du peuple paria des Giddires, au sein d’une cité-capitale régie par des codes d’une grande rigueur.

Ce qui frappe d’emblée à la lecture de ses textes, c’est la rigueur toute architecturale avec laquelle elle bâtit son univers. À l’instar des grands bâtisseurs de la science-fiction et de la « fantasy » (que nous pourrions fort à propos traduire par « merveilleux épique »), Magali Villeneuve dresse des décors d’une grande somptuosité, sans jamais sacrifier la profondeur psychologique de ses protagonistes. Elle poursuivra d’ailleurs sur sa lancée avec le second tome, Des certitudes, confirmant ainsi sa place de choix parmi les plumes les plus prometteuses de notre imaginaire hexagonal.

En somme, il serait fort fâcheux de réduire Magali Villeneuve à ses seuls pinceaux, tant la romancière possède un souffle épique et une virtuosité narrative qui raviront les amateurs de grandes épopées.

Livres de Magali Villeneuve :

La dernière Terre :

Pour en savoir plus sur Magali Villeneuve :

La page Wikipédia sur M. Villeneuve
La page Noosfere sur M. Villeneuve
La page isfdb de M. Villeneuve

Destin brisé par Michel Robert

Fiche de Destin brisé

Titre : Destin brisé (tome 10 sur 10 – L’agent des ombres)
Auteur : Michel Robert
Date de parution : 2023
Editeur : Fleuve Editions

Première page de Destin brisé

« Øz avait triomphé. Elle avait vaincu la Lumière et terrassé son plus redoutable guerrier. D’un simple baiser.

Et depuis, Cellendhyll de Cortavar était réduit au rang d’esclave, parqué dans la citadelle des Smaughs.

Dénudé, désarmé, l’Adhan se retrouva isolé en cellule. Curieuse de son nouveau jouet, désireuse de le tester, Øz demanda à ses geôliers de le bousculer un peu pour voir comment il réagirait.

Cependant, vouloir humilier Cellendhyll de Cortavar, le rabaisser au rang d’animal, c’était réveiller chez lui sa part la plus violente.

Le résultat ? Cinq morts en trois jours.

Bien que constamment menotté, l’Ange brisa la nuque du premier Smaugh entre ses avant-bras. Il défonça la boîte crânienne du second contre un mur. Il enfonça sa cuillère en bois dans l’œil du troisième jusqu’à lui perforer le cerveau. Il sectionna la gorge du quatrième avec son écuelle en fer-blanc. Enfin, il arracha le larynx du cinquième garde d’une prise en tenaille. »

Extrait de : M. Robert. « Destin Brisé – L’Agent des ombres. »

Calculating God par Robert J. Sawyer

Fiche de Calculating God

Titre : Calculating God
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 2000
Traduction : B. Emerich
Editeur : J’ai lu

Première page de Calculating God

« Je sais, je sais… Un extraterrestre qui débarque à Toronto, cela semble un peu incongru. Certes, la capitale attire les touristes, mais on s’attendrait plutôt à ce qu’une créature venue d’un autre monde se rende à l’ONU, voire à Washington. Klaatu dans Le jour où la Terre s’arrêta, le film de Robert Wise, n’est-il pas allé à Washington, lui ?
Naturellement, on pourrait également trouver bizarre que le réalisateur de West Side Story arrive à produire un bon film de science-fiction. D’ailleurs, maintenant que j’y repense, Wise a tourné trois films de S.F., chacun moins percutant que le précédent.
Mais je me disperse. Cela m’arrive souvent depuis quelque temps. Il faudra me pardonner, cher lecteur. Je ne suis pas en train de devenir sénile. Je n’ai que cinquante-quatre piges, nom d’un chien. Seulement, la douleur m’empêche parfois de me concentrer.
Nous en étions à l’extraterrestre.
Et à la raison pour laquelle il est arrivé à Toronto. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Calculating God. »

Un procès pour les étoiles de Robert J. Sawyer

Fiche de Un procès pour les étoiles

Titre : Un procès pour les étoiles
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1997
Traduction : N. Serval
Editeur : J’ai lu

Première page de Un procès pour les étoiles

« Le lieutenant de vaisseau passe sa tête rasée à l’intérieur du carré du porte-avions :
— Il y en a encore pour deux bonnes heures, messieurs. Je vous conseille de dormir un peu.
Frank Nobilio (pas très grand, la cinquantaine poivre et sel) occupe une chaise en métal et vinyle. Il est vêtu d’un complet marine, d’une chemise bleu pâle et sa cravate dénouée flotte autour de son cou.
— Du neuf ? demande-t-il.
— Comme prévu, nous allons nous faire coiffer sur le poteau par un sous-marin russe. Et un paquebot brésilien a changé de cap afin d’aller jeter un coup d’œil.
— Un paquebot ! s’exclame Frank, exaspéré, en levant les bras au ciel.
Il se tourne vers Clete, vautré sur une chaise pareille à la sienne, qui étale ses immenses panards chaussés de tennis sur la table devant lui. Clete hausse les épaules, un large sourire aux lèvres. »

Extrait de : R.J. Sawyer. « Un procès pour les étoiles. »

Mort d’un satrape rouge par Gérard Delteil

Fiche de Mort d’un satrape rouge

Titre : Mort d’un satrape rouge
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 1995
Editeur : Editions Métailié

Première page de Mort d’un satrape rouge

« La mort de Bernard Prigent fît l’effet d’une bombe dans l’hôtel de ville de Bagnancy. Ce fut Cachemin, le secrétaire de mairie, qui me l’apprit, à huit heures du matin. Ses traits étaient décomposés. Il m’entraîna dans une pièce utilisée habituellement par les élus pour recevoir les visiteurs, m’invita à m’asseoir et annonça :
— Bernard a été assassiné.
J’eus soudain l’impression que l’univers vacillait. Prigent, je l’avais parfois détesté, mais il occupait une place si importante dans ma vie que sa disparition allait la bouleverser. Sa perte pouvait se comparer à celle d’un parent avec qui on a peu d’atomes crochus mais dont dépend l’existence de toute la famille. Car la mairie de Bagnancy, ce n’était pas seulement une entreprise qui employait sept cents personnes, c’était aussi une famille. »

Extrait de : G. Delteil. « Mort d’un satrape rouge. »

Les pillards de Bagdad par Gérard Delteil

Fiche de Les pillards de Bagdad

Titre : Les pillards de Bagdad
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 2003
Editeur : L’Archipel

Première page de Les pillards de Bagdad

« Une petite femme vêtue de noir pleure. Elle sanglote devant les statues martyrisées, les vitrines brisées, les fragments de bas-reliefs éparpillés sur le sol. Elle ramasse une tablette cassée que les voleurs ont abandonnée dans leur fuite. Voici cinq mille ans, un scribe anonyme a gravé dans l’argile ces caractères cunéiformes qui racontent l’histoire d’une civilisation. Son œuvre sera sans doute à jamais perdue. Un peu de la mémoire de l’humanité va disparaître.
Selma Nawala Al-Moutawali fait encore quelques pas et découvre l’ampleur du désastre. Une statue décapitée gît à côté d’un pan de frise assyrienne. Le taureau ailé de Khorsabad a été épargné, mais les pillards ont emporté des centaines de cylindres gravés et de figurines délicates qui seront sans doute revendus dans les souks et sur les marchés internationaux.
Au fond de la salle, un homme chargé d’un sac détale à toutes jambes. Des pillards rôdent encore dans le musée, alors que les cameramen se bousculent autour de sa directrice ! Un gardien armé d’un bâton s’élance à la poursuite du vandale. Trop tard.
Dehors, une foule misérable venue des bidonvilles de Saddam-City assiège toujours le musée. Des hommes se battent pour s’arracher leurs rapines. Chacun veut sa part du butin. À quelques centaines de mètres, juchés sur leurs monstres d’acier, des GI écrasés par la chaleur assistent, indifférents, à la fuite des pillards. »

Extrait de : G. Delteil. « Les pillards de Bagdad. »

Bugs par Gérard Delteil

Fiche de Bugs

Titre : Bugs
Auteur : Gérard Delteil
Date de parution : 1999
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Bugs

« La salle d’attente du service social municipal était bondée, comme d’habitude. L’homme attendait depuis près d’une heure et demie. Contrairement à ses voisins qui s’impatientaient, râlaient, manifestaient leur nervosité et leur impatience de multiples manières, il demeurait très calme. Il était assis entre une femme noire de forte corpulence et un jeune homme maigre, et tranchait sur eux de façon surprenante, non seulement par sa sérénité, mais par ses vêtements d’excellentes coupe et qualité. Sa présence semblait déplacée. Le guichetier qui vérifiait les numéros des visiteurs s’en était fait la réflexion. Ce personnage élégant l’intriguait. Quand le numéro 6212 apparut dans le petit rectangle lumineux que chacun surveillait anxieusement, l’homme se leva et, d’un pas égal, se dirigea vers le guichet indiqué. Les autres se précipitaient, faisaient tomber le dossier qu’ils ne cessaient de compulser, se trompaient de guichet, commençaient à expliquer leur situation en long et en large ou rouspétaient, sans comprendre que le rôle du guichetier se limitait à les diriger vers un des six boxes où officiaient des assistantes sociales. »

Extrait de : G. Delteil. « Bugs. »

Noblesse de paille par Guy Charmasson

Fiche de Noblesse de paille

Titre : Noblesse de paille
Auteur : Guy Charmasson
Date de parution : 2012
Editeur : De Borée

Première page de Noblesse de paille

« Ça braillait, ça gueulait, ça hurlait à tue-tête dans son dos, mais le meneur, habitué à ce chahut, dormaillait tranquillement, la tête dodelinant à chaque cahot de la carriole. Les gobelets de rinçure offerts par les nourrices visitées depuis son départ et le soleil qui cognait fort l’avaient à moitié assommé. Son bidet, un vieux percheron à robe grise, suivait le chemin caillouteux bordé de hauts talus et profitait de la somnolence de son maître pour s’arrêter à intervalles réguliers et arracher çà et là quelques maigres touffes d’herbe.
Une secousse plus rude que les autres tira l’homme de sa torpeur. Il releva le menton, souleva le large bord de son informe chapeau de feutre blanchi par la poussière et regarda autour de lui, l’œil brumeux. Il bâilla en s’étirant, satisfait : la ferme des Lagace, plantée au creux du vallon conduisant au hameau des Malhieux, venait d’apparaître. »

Extrait de : G. Charmasson. « Noblesse de paille. »

Les 20 meilleurs romans de science-fiction français

La science-fiction française possède une histoire particulièrement riche. Bien avant l’explosion du genre dans les années 1950, des auteurs comme J.-H. Rosny aîné ou Maurice Renard imaginaient déjà des mondes bouleversés par la science, des civilisations inconnues et des formes de vie extraordinaires.

Depuis, la SF française n’a cessé de se renouveler. Anticipation, dystopie, post-apocalyptique, space opera, cyberpunk, voyage dans le temps ou encore science-fiction sociale : les auteurs français ont exploré pratiquement toutes les facettes du genre.

Mais par quels romans commencer ? Quels sont les livres qui ont marqué la science-fiction française et qui méritent encore d’être lus aujourd’hui ?

Voici une sélection de 20 romans incontournables de la science-fiction française, complétée à la fin par 15 autres titres à découvrir.

À noter : ce classement privilégie les romans français de science-fiction et cherche à représenter différentes époques et différents sous-genres. Lorsqu’un titre appartient à une série, un seul roman a été retenu afin de ne pas multiplier les représentants d’un même univers.


1. La Planète des singes — Pierre Boulle

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, dystopie, satire sociale

Publié en 1963, La Planète des singes est probablement l’un des romans français de science-fiction les plus connus dans le monde.

Pierre Boulle imagine une civilisation extraterrestre dans laquelle les rapports entre humains et singes sont complètement inversés. L’idée est simple en apparence, mais permet à l’auteur de construire une réflexion particulièrement efficace sur la place de l’être humain, la civilisation et les rapports de domination.

Le roman est également beaucoup plus court et plus subtil que les adaptations cinématographiques auxquelles il a donné naissance. Son intérêt ne repose pas uniquement sur son concept de départ : Pierre Boulle utilise la science-fiction pour interroger notre propre société.

Pourquoi le lire ?
Parce qu’il s’agit d’un grand classique, accessible et relativement court, qui montre parfaitement comment une idée de science-fiction peut devenir une véritable satire de notre monde.


2. La Nuit des temps — René Barjavel

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, catastrophe, romance

Avec La Nuit des temps, René Barjavel signe l’un des grands classiques de la littérature de science-fiction française.

Des scientifiques découvrent sous la glace de l’Antarctique les traces d’une civilisation disparue depuis des dizaines de milliers d’années. Cette découverte va progressivement révéler l’existence d’un monde technologiquement avancé, mais également les conséquences dramatiques de ses propres choix.

Barjavel mélange ici science-fiction, aventure, histoire d’amour et réflexion sur l’humanité. Le roman possède une dimension spectaculaire, tout en conservant une place importante aux émotions et aux relations humaines.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir l’un des romans qui ont le plus contribué à populariser la science-fiction auprès du grand public français.


3. La Horde du Contrevent — Alain Damasio

Genre : science-fiction
Sous-genre : science-fantasy, littérature spéculative, aventure

Avec La Horde du Contrevent, Alain Damasio propose une œuvre extrêmement originale.

Dans un monde balayé par des vents d’une puissance extraordinaire, une Horde composée de plusieurs individus remonte le continent à contre-courant afin d’en découvrir l’origine.

La particularité du roman ne réside pas seulement dans son univers. Damasio joue également avec la narration, les points de vue et la langue. Chaque membre de la Horde possède sa propre manière de percevoir le monde, ce qui transforme progressivement la lecture en véritable expérience littéraire.

Pourquoi le lire ?
Pour ceux qui recherchent une science-fiction française ambitieuse, expérimentale et profondément différente des classiques anglo-saxons.


4. Ravage — René Barjavel

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, anticipation

Publié en 1943, Ravage est l’un des grands textes fondateurs de l’anticipation française.

Barjavel imagine une société futuriste qui dépend entièrement de la technologie. Lorsque l’électricité disparaît brutalement, toute cette civilisation s’effondre en quelques heures.

Le roman permet ainsi à Barjavel d’interroger la dépendance de l’homme au progrès technologique et la fragilité d’une société qui repose sur des infrastructures qu’elle ne maîtrise plus.

Pourquoi le lire ?
Parce que son idée centrale reste étonnamment actuelle : que se passerait-il si les technologies dont nous dépendons disparaissaient soudainement ?


5. Niourk — Stefan Wul

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, aventure

Avec Niourk, Stefan Wul plonge le lecteur dans une Terre ravagée après la disparition de la civilisation humaine.

Le roman suit un jeune garçon vivant dans une communauté primitive et confronté aux vestiges incompréhensibles de l’ancien monde. Le contraste entre la technologie disparue et le regard naïf du personnage permet à Wul de reconstruire progressivement un univers fascinant.

L’écriture directe et l’efficacité narrative de Stefan Wul expliquent en partie pourquoi Niourk reste l’un des classiques de la SF française.

Pourquoi le lire ?
Pour son mélange d’aventure, de découverte et de post-apocalyptique, mais aussi pour son étonnant travail sur la perception d’un monde disparu.


6. Les Guerriers du silence — Pierre Bordage

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera

Avec Les Guerriers du silence, Pierre Bordage s’impose comme l’un des grands noms du space opera français.

Le roman déploie un univers particulièrement vaste, peuplé de civilisations, de peuples et de puissances politiques qui s’affrontent à l’échelle galactique.

Bordage reprend certains codes du grand space opera tout en leur donnant une identité propre. La politique, la religion, les conflits de pouvoir et les dimensions spirituelles occupent une place importante dans cette fresque.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une grande fresque spatiale française et mesurer la place qu’a pu prendre le space opera dans la SF francophone.


7. Le Temps incertain — Michel Jeury

Genre : science-fiction
Sous-genre : voyage temporel, SF psychologique

Le Temps incertain est un roman particulièrement représentatif de la science-fiction française des années 1970.

Michel Jeury ne se contente pas d’utiliser le voyage temporel comme un simple mécanisme narratif. Il s’intéresse également à la perception du temps et à ses conséquences sur l’identité et la réalité.

Le roman peut parfois désorienter volontairement le lecteur : le temps y devient une matière instable et difficile à appréhender.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une SF plus expérimentale, qui privilégie l’expérience et les idées plutôt que la simple aventure.


8. Oms en série — Stefan Wul

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, dystopie, aventure

Dans Oms en série, Stefan Wul imagine une humanité réduite à une forme de vie dominée par une civilisation extraterrestre.

Le roman permet à l’auteur d’inverser les rapports de domination entre espèces et d’interroger ce qui définit véritablement l’humanité.

Derrière son apparence de récit d’aventure, le livre propose donc une réflexion sur l’esclavage, la liberté et la domination.

Pourquoi le lire ?
Pour son univers original et son efficacité narrative, mais aussi pour la richesse des questions qu’il pose derrière son récit d’aventure.


9. Le Goût de l’immortalité — Catherine Dufour

Genre : science-fiction
Sous-genre : cyberpunk, dystopie

Catherine Dufour propose avec Le Goût de l’immortalité une vision particulièrement sombre du futur.

Technologies, modifications du corps, sociétés profondément inégalitaires et recherche de l’immortalité composent un univers où le progrès scientifique ne signifie absolument pas progrès humain.

Le roman appartient à une SF française plus récente, qui s’intéresse davantage aux conséquences sociales et politiques des technologies qu’à la simple découverte scientifique.

Pourquoi le lire ?
Pour une vision moderne et sombre de la science-fiction, à la croisée du cyberpunk et de la dystopie.


10. Le Déchronologue — Stéphane Beauverger

Genre : science-fiction
Sous-genre : voyage temporel, uchronie, aventure historique

Le Déchronologue est l’un des romans les plus singuliers de la SF française contemporaine.

Stéphane Beauverger mêle piraterie, histoire et manipulation du temps pour construire un récit difficile à classer dans une seule catégorie.

Le roman joue avec la chronologie et oblige le lecteur à reconstruire progressivement les événements. La dimension historique renforce encore l’originalité de cette histoire de voyage dans le temps.

Pourquoi le lire ?
Pour ceux qui aiment les romans de SF qui mélangent plusieurs genres et demandent au lecteur de reconstituer lui-même le puzzle narratif.


11. Les Racines du mal — Maurice G. Dantec

Genre : science-fiction
Sous-genre : cyberpunk, thriller technologique

Avec Les Racines du mal, Maurice G. Dantec mélange thriller, informatique, intelligence artificielle et anticipation.

Le roman explore un futur proche dans lequel les nouvelles technologies modifient profondément les méthodes d’investigation et la compréhension de la criminalité.

Très sombre, parfois violent et résolument technologique, le livre appartient à cette SF française qui se rapproche du thriller tout en développant des préoccupations propres à la science-fiction.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une rencontre particulièrement efficace entre thriller et cyberpunk.


12. F.A.U.S.T. — Serge Lehman

Genre : science-fiction
Sous-genre : cyberpunk, anticipation politique

Serge Lehman imagine dans F.A.U.S.T. une société future marquée par les transformations technologiques, économiques et politiques.

Le roman appartient à une SF française qui cherche moins à reproduire les modèles classiques du space opera qu’à imaginer les conséquences des évolutions contemporaines.

Lehman développe ainsi une vision complexe du futur, où technologie et pouvoir sont étroitement liés.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une science-fiction française ambitieuse, politique et tournée vers les transformations de la société.


13. Le Gambit des étoiles — Gérard Klein

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, aventure spatiale

Le Gambit des étoiles appartient aux grands classiques du space opera français.

Gérard Klein y développe une science-fiction tournée vers l’exploration et l’aventure spatiale, dans la grande tradition des récits qui imaginent l’expansion de l’humanité au-delà de la Terre.

Le roman constitue également une excellente porte d’entrée vers la SF française classique.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir un space opera français d’une époque où l’exploration spatiale constituait encore l’un des grands rêves de la science-fiction.


14. Le Péril bleu — Maurice Renard

Genre : science-fiction
Sous-genre : fantastique scientifique, anticipation

Maurice Renard est l’un des grands précurseurs de la science-fiction française.

Dans Le Péril bleu, l’auteur imagine une menace totalement inconnue qui remet en question les certitudes de l’humanité.

Le roman est particulièrement intéressant pour comprendre l’évolution de la littérature scientifique française avant la constitution de la SF moderne comme genre éditorial.

Pourquoi le lire ?
Pour remonter aux racines de la science-fiction française et découvrir un auteur majeur mais aujourd’hui moins connu du grand public.


15. Les Navigateurs de l’infini — J.-H. Rosny aîné

Genre : science-fiction
Sous-genre : exploration spatiale, anticipation

J.-H. Rosny aîné fait partie des véritables pionniers de la science-fiction.

Avec Les Navigateurs de l’infini, il imagine un voyage vers Mars et la rencontre avec une forme de vie extraterrestre.

Publié plusieurs décennies avant l’âge d’or de la SF, le roman témoigne de l’ancienneté de la tradition française de la littérature scientifique et spéculative.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir l’un des textes qui ont contribué à poser les bases de la science-fiction moderne en France.


16. Le Monde enfin — Jean-Pierre Andrevon

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, anticipation écologique

Dans Le Monde enfin, Jean-Pierre Andrevon imagine une humanité confrontée aux conséquences de son propre modèle de civilisation.

La dimension écologique occupe une place importante dans ce récit post-apocalyptique, qui s’intéresse autant à la survie qu’à la reconstruction d’un monde différent.

Le roman montre également une autre facette de la science-fiction française : celle qui utilise le futur pour réfléchir aux problèmes très concrets du présent.

Pourquoi le lire ?
Pour une approche écologique et sociale du post-apocalyptique.


17. La Terre sauvage — Julia Verlanger

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, dystopie

Julia Verlanger, qui publia notamment sous le pseudonyme de Gilles Thomas, occupe une place importante dans l’histoire populaire de la SF française.

La Terre sauvage décrit une humanité confrontée à un monde profondément transformé et à la disparition progressive de la civilisation telle qu’elle existait auparavant.

Le roman appartient à cette tradition française du post-apocalyptique qui s’intéresse autant aux rapports humains qu’au décor de catastrophe.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une autrice importante de la SF française et un classique du post-apocalyptique.


18. Arago — Laurent Genefort

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, exploration spatiale

Laurent Genefort est l’un des auteurs français contemporains qui ont particulièrement développé le space opera.

Avec Arago, il propose un récit d’exploration spatiale dans lequel la découverte de nouveaux mondes permet également de réfléchir aux relations entre différentes civilisations.

Le roman s’inscrit dans une SF française contemporaine qui n’hésite plus à utiliser les dimensions du space opera tout en développant des univers complexes.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir un space opera français moderne et accessible.


19. Le Successeur de pierre — Jean-Michel Truong

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation technologique, SF spéculative

Le Successeur de pierre appartient à une science-fiction davantage centrée sur les idées et les transformations de la société.

Jean-Michel Truong s’intéresse notamment aux conséquences des évolutions technologiques et scientifiques sur l’être humain.

Le roman illustre ainsi une tendance importante de la SF française : utiliser l’anticipation pour examiner les transformations possibles de notre civilisation.

Pourquoi le lire ?
Pour les lecteurs qui apprécient une science-fiction davantage axée sur les idées et la réflexion.


20. La Guerre des mouches — Jacques Spitz

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, invasion, catastrophe

Jacques Spitz est l’un des auteurs importants de l’anticipation française de l’entre-deux-guerres.

Dans La Guerre des mouches, une menace inattendue transforme radicalement l’équilibre du monde.

Le roman possède cette caractéristique de la SF ancienne : partir d’une hypothèse scientifique ou biologique pour imaginer ses conséquences à l’échelle de la société.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une autre facette des débuts de la science-fiction française, avant l’âge d’or du genre.


15 autres romans de science-fiction français à découvrir

Les vingt romans précédents ne suffisent évidemment pas à résumer la richesse de la SF française. Voici quinze autres titres présents sur mais-encore.fr qui méritent également votre attention.

Les Furtifs — Alain Damasio

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, dystopie, SF sociale

Après La Horde du Contrevent, Alain Damasio s’intéresse dans Les Furtifs à une société dans laquelle la technologie transforme profondément les rapports humains et sociaux.

Un roman particulièrement intéressant pour les lecteurs attirés par la SF politique et sociale.


La Zone du Dehors — Alain Damasio

Genre : science-fiction
Sous-genre : dystopie, SF politique

Dans La Zone du Dehors, Damasio imagine une société apparemment parfaite mais dans laquelle le contrôle social et la normalisation occupent une place centrale.

Un roman qui interroge directement notre rapport à la liberté et à la société.


Wang — Pierre Bordage

Genre : science-fiction
Sous-genre : dystopie, anticipation

Wang permet de découvrir une autre facette de Pierre Bordage, cette fois à travers une société profondément inégalitaire.

Le roman mélange aventure, politique et réflexion sociale.


Abzalon — Pierre Bordage

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, aventure spatiale

Avec Abzalon, Pierre Bordage propose une nouvelle histoire de voyage et de découverte dans un univers de grande ampleur.

Un titre à privilégier pour les lecteurs qui souhaitent poursuivre leur découverte du space opera français.


Sukran — Jean-Pierre Andrevon

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, SF sociale

Sukran s’inscrit dans la SF engagée de Jean-Pierre Andrevon, où les transformations du futur servent à interroger les problèmes du présent.


Le Travail du furet — Jean-Pierre Andrevon

Genre : science-fiction
Sous-genre : dystopie, anticipation policière

Une société future, une organisation profondément contrôlée et une réflexion sur la violence institutionnelle : Le Travail du furet propose une SF sombre et politique.


Les Futurs Mystères de Paris — Roland C. Wagner

Genre : science-fiction
Sous-genre : polar SF, anticipation

Roland C. Wagner mélange dans cette série science-fiction, enquête et imaginaire parisien.

Le résultat constitue une excellente illustration de la capacité de la SF française à mélanger les genres.


Demain, une oasis — Ayerdhal

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, thriller politique

Ayerdhal utilise ici la science-fiction pour explorer les conséquences politiques et humaines des crises qui pourraient toucher notre monde.


Parleur ou les Chroniques d’un rêve enclavé — Ayerdhal

Genre : science-fiction
Sous-genre : SF sociale, politique, utopie

Un roman davantage tourné vers les questions de société et de pouvoir, caractéristique de la dimension engagée de l’œuvre d’Ayerdhal.


Les Temps ultramodernes — Laurent Genefort

Genre : science-fiction
Sous-genre : uchronie, rétrofuturisme

Laurent Genefort revisite l’histoire et les imaginaires du futur dans une œuvre qui mélange uchronie et esthétique rétrofuturiste.


Exodes — Jean-Marc Ligny

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, anticipation climatique

Exodes s’intéresse à un monde bouleversé par les changements environnementaux et leurs conséquences sur les sociétés humaines.

Une lecture particulièrement intéressante pour ceux qui recherchent de la climate fiction française.


Le Créateur chimérique — Joëlle Wintrebert

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, SF féministe

Joëlle Wintrebert fait partie des grandes voix de la SF française contemporaine et utilise ici la science-fiction pour interroger le corps, la société et les rapports de pouvoir.


Kid Jesus — Pierre Pelot

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, SF sociale

Pierre Pelot explore dans Kid Jesus une science-fiction davantage centrée sur les individus et les transformations de la société.


Les Galaxiales — Michel Demuth

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera

Les Galaxiales constitue une autre porte d’entrée vers le space opera français classique.

Michel Demuth y développe une vision vaste de l’avenir et de l’expansion humaine dans l’espace.


La Compagnie des glaces — G.-J. Arnaud

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, dystopie, aventure

Avec La Compagnie des glaces, G.-J. Arnaud imagine une Terre transformée par une catastrophe climatique majeure.

L’ampleur de l’univers et son aspect feuilletonnant en ont fait une œuvre particulièrement importante de la SF populaire française.


Comment choisir votre prochain roman de SF française ?

Si vous débutez dans la science-fiction française, inutile de vouloir tout lire dans l’ordre chronologique.

Vous pouvez plutôt choisir votre roman en fonction du type d’histoire que vous aimez.

Vous aimez les mondes post-apocalyptiques ?

Commencez par Ravage, Niourk, Le Monde enfin ou La Terre sauvage.

Vous préférez les voyages dans l’espace ?

Tournez-vous vers Les Guerriers du silence, Le Gambit des étoiles, Arago, Les Galaxiales ou Abzalon.

Vous aimez les dystopies ?

La Planète des singes, Le Travail du furet, La Zone du Dehors et Le Goût de l’immortalité constituent plusieurs approches très différentes du genre.

Vous aimez le cyberpunk et les technologies ?

Essayez Les Racines du mal, F.A.U.S.T. ou Le Goût de l’immortalité.

Vous êtes attiré par les voyages dans le temps ?

Le Temps incertain et Le Déchronologue sont deux excellents choix, même s’ils utilisent le voyage temporel de manière très différente.

Vous voulez découvrir les origines de la SF française ?

Remontez jusqu’à Les Navigateurs de l’infini de J.-H. Rosny aîné et Le Péril bleu de Maurice Renard.


En résumé

La science-fiction française ne se résume pas à quelques grands noms comme René Barjavel ou Pierre Boulle.

Elle possède une histoire particulièrement longue, qui commence avec les précurseurs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, se développe considérablement après la Seconde Guerre mondiale et continue aujourd’hui avec des auteurs comme Alain Damasio, Laurent Genefort, Catherine Dufour ou Stéphane Beauverger.

Cette diversité se retrouve dans les romans sélectionnés ici : post-apocalyptique, dystopie, space opera, cyberpunk, anticipation, uchronie, voyage temporel, SF politique ou encore science-fiction sociale.

Si vous ne connaissez que quelques classiques, cette sélection constitue donc une bonne manière d’élargir votre horizon.

Et si vous êtes déjà un habitué de la SF française, les quinze titres complémentaires pourront peut-être vous permettre de découvrir quelques œuvres moins évidentes.

Conclusion

La science-fiction française a souvent développé une identité différente de celle de la science-fiction anglo-saxonne. Elle s’est régulièrement intéressée aux conséquences philosophiques, politiques et sociales du progrès scientifique, tout en produisant des récits d’aventure, des dystopies ambitieuses et de grands space operas.

De J.-H. Rosny aîné à Alain Damasio, en passant par Barjavel, Stefan Wul, Pierre Bordage, Michel Jeury, Ayerdhal, Serge Lehman ou Laurent Genefort, plusieurs générations d’écrivains ont imaginé des futurs, des mondes et des sociétés qui continuent de nourrir notre imaginaire.

Cette liste de vingt incontournables et de quinze romans à découvrir ne prétend évidemment pas épuiser le sujet. Elle constitue plutôt une porte d’entrée dans la richesse de la science-fiction française.

Alors, que vous soyez amateur de mondes post-apocalyptiques, de voyages interstellaires, de dystopies, de cyberpunk ou simplement de grandes idées de science-fiction, il y a probablement encore quelques romans français qui n’attendent que vous.

Totalement inhumaine par Jean-Michel Truong

Fiche de Totalement inhumaine

Titre : Totalement inhumaine
Auteur : Jean-Michel Truong
Date de parution : 2001
Editeur : Le Seuil

Première page de Totalement inhumaine

« Au mémorial du génie humain les trophées s’accumulent, trop nombreux – de la brebis Dolly au télescope spatial Hubble – pour être énumérés. Devant un si glorieux palmarès, qui pourrait croire que son détenteur soit sur le point de céder le podium ?

Certes, au fil de l’histoire, l’homme n’a cessé d’en rabattre. Longtemps, il s’est cru le nombril de la Création. Pour en finir avec cette illusion, pas moins de trois corrections d’optique lui furent prescrites par Copernic [1], Darwin et Freud [2]. Il s’empressa d’inventer un nouveau mythe : faute d’être le pivot immuable autour duquel toute chose orbiterait, il serait le point de convergence de l’histoire, sa couronne, sa clé de voûte, par qui tout l’édifice tiendrait et trouverait sa justification [3].

Comme si Dieu – ayant, au sixième jour d’une courte carrière, fait de l’homme son régisseur – avait remisé sa charrue et s’était rangé des affaires [4]. Nul ne se demande à quoi il passe son temps depuis. Mais Dieu n’est pas un rentier oisif. À peine rentré de week-end, il reprenait le collier. Plaise ou non au fondé de pouvoir présomptif, pendant l’humanité, l’évolution continue. »

Extrait de : J.M Truong. « Totalement inhumaine. »