Auteur/autrice : CH91

 

Ce soir à Tampico par Phil Laramie

Fiche de Ce soir à Tampico

Titre : Ce soir à Tampico
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ce soir à Tampico

« La nuit vient très vite à Mexico. Plaza del Zocalo, le soleil enveloppait d’une même buée rose la cathédrale et les ruines du grand téocalli aztèque. Les néons s’allumaient aux façades des cabarets et des boîtes de nuit près de la plaza Garibaldi.
Le gang des Corses se réjouissait discrètement parce que trois kilos d’héroïne venaient de passer la frontière des U.S.A. et avaient été livrés aux délégués de la « fraternité sicilienne »(1) de New York. De plus, on attendait de Marseille un colis de deux cents kilos de schnouf. L’envoi le plus important qui se soit jamais vu.
Soir sur Mexico. La vaste rumeur des klaxons trouvait dans la fraîcheur une raison supplémentaire de défier les panneaux municipaux qui recommandent : Ne conduis pas avec ton klaxon. Leur clameur était assez forte pour couvrir le léger bruit de la fille qui, au neuvième étage d’un hôtel, fouillait le portefeuille de Phil Laramie. »

Extrait de : P. Laramie. « Ce soir à Tampico. »

Le grand hurlement par Phil Laramie

Fiche de Le grand hurlement

Titre : Le grand hurlement (tome 4 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le grand hurlement

« Brune, jolie, vêtue le plus souvent d’un tailleur classique, Brigitte Martinez était la très compétente, secrétaire générale de la Transtemporelle Walshraun Inc. Intelligente et vive, elle avait la mémoire d’un microprocesseur et la lucidité, un rien cynique, d’une libre jeune femme new-yorkaise. De par sa fonction, elle disposait de deux ordinateurs, d’un projecteur d’archives capable de photocopier à la demande n’importe quel extrait choisi et d’un interphone personnel la reliant au président-directeur général. Deux autres appareils transmettaient ses ordres au pool des secrétaires. Surtout, elle était la seule à manier le prodigieux écran transtemporel qui remontait le temps jusqu’aux âges du monde les plus reculés. Brigitte Martinez était un rouage essentiel de l’énorme société maniant les industries de pointe.

Toute cette technologie hautement sophistiquée ne l’empêcha pas de ressentir un choc absurdement émotionnel lorsque entra dans son bureau l’ingénieur noir qu’elle avait convoqué : Yatenga Wilson. Brusquement, l’air lui
manqua. »

Extrait de : P. Laramie. « Le grand hurlement – Les Akantor. »

Les squales de la cité engloutie par Phil Laramie

Fiche de Les squales de la cité engloutie

Titre : Les squales de la cité engloutie (tome 3 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les squales de la cité engloutie

« Les pirogues guerrières s’éloignèrent sur le fleuve. Allongé au fond de sa plate, dissimulé dans les roseaux, Gopal le pêcheur risqua un œil vers l’île du Sacrifice. Il savait que s’il approchait de ce corps de femme jeté aux gavials, il mourrait dans les minutes suivantes.

L’homme repéra trois paires de gros yeux troubles qui semblaient progresser seuls au ras de l’eau. Le propre du gavial, outre ses mâchoires étroites mais démesurément allongées, est de posséder des globes oculaires très saillants, comme des bulles glauques, au-dessus du crâne. Si bien que, leur terrible corps écailleux glissant juste sous la surface du fleuve, seules les deux boules vertes à capuchon semblent fendre le flot. Ils se rapprochaient. Pas pressés. La certitude sereine de l’enfant qui va croquer l’amande tenue en sa menotte.

Entre les roseaux, Gopal détailla la victime. Elle ne bougeait plus, étalée et un peu déjetée dans la pose où les guerrières de la reine, les Pieuvres Pourpres, l’avaient basculée. »

Extrait de : P. Laramie. « Les squales de la cité engloutie – Les Akantor. »

La folle ruée des Akantor par Phil Laramie

Fiche de La folle ruée des Akantor

Titre : La folle ruée des Akantor (tome 2 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de La folle ruée des Akantor

« — De toute façon, nous n’avons aucune chance, jugea Lamir.

Il ne contestait plus, perdait même sa hargne habituelle. Son long corps osseux se redressait lentement tandis qu’il épiait les adversaires. Les gardes piranes appointés par le maître des esclaves approchaient d’un pas lent, tous ensemble, inclinant leurs lances vers eux. Baztir se durcit encore, étreignant la nouvelle claybil qu’il s’était fait forger, une énorme épée à lame longue de plus de trois coudées et large d’une paume, avec une poignée faite pour l’étreinte à deux mains. L’arme ancestrale du clan Giour. Dans leur dos, huit cavaliers obstruaient la rue, muraille de poitrails chevalins et d’armes, les Gardes Noirs. Les lances baissées, devant, progressaient pas à pas, les pointes se concentrant sur eux, mortelles. Impossible même d’atteindre les hommes derrière le hérissement serré des piques : ils venaient…

Le fils aîné des Akantor fit coulisser une étrange sarbacane de métal et ouvrit son carquois de fléchettes. Il mit genou à terre pour assurer son tir. Le premier trait partit avec un étrange sifflement. Là-bas, un porteur de lance sursauta avec un cri bref, la fléchette plantée dans sa joue. »

Extrait de : P. Laramie. « La folle ruée des Akantor – Les Akantor. »

Le viol du dieu Ptah par Phil Laramie

Fiche de Le viol du dieu Ptah

Titre : Le viol du dieu Ptah (tome 1 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le viol du dieu Ptah

« — La figure écrasée par un poing ! murmura Baztir à mi-voix sans même se rendre compte qu’il parlait. Un poing géant qui vous casse la gueule.

Des fumées traînaient en queues d’incendie au long des ruines noires. La semaine dernière, c’était le plus riant et le plus actif des petits ports côtiers de la mer de Râ. Elina sanglotait près de lui à petits hoquets doux et désespérés. Machinalement, il mit le bras autour des épaules de sa jeune sœur… Consolation ?… Protection ? La surprise et l’horreur étaient trop brutales au débouché de la forêt dominant le désastre ; la famille restait figée. Leur bourgade aux terrasses sonores et aux palmiers lents dans la brise de mer, avec son exubérance colorée des buissons de flamboyants et de mimosas, n’était plus que ruines flambées, felouques crevées dans la rade et cadavres flottant sur l’eau.

Kosh le père observa d’une voix unie mais basse, très basse :

— Les bêtes amphibies, les vomareshs, étaient de la ruée. Elles seules ont pu détruire la tour du signal et le temple de Wado de cette façon. »

Extrait de : P. Laramie. « Le viol du dieu Ptah – Les Akantor. »

La falaise par Th. Cryde

Fiche de La falaise

Titre : La falaise
Auteur : Th. Cryde
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de La falaise

« David Bishop était né dans les filets.
Son père, Simon, agriculteur sur les champs de crête, mourut peu de temps après sa naissance. Au sortir d’une serre hydroponique, son tracteur, très alourdi par une herse chargée de boue, dérapa brutalement et l’engin glissa vers le bord de l’îlot. Il versa sur la crête. Simon Bishop fut projeté hors de la cabine. Sa sangle de sécurité se rompit. L’homme fut emporté dans le vide par la force centrifuge, vers les nuages noirs. Des témoins trop éloignés pour intervenir le virent qui tentait de nager dans le vide, malgré ses blessures, pour rejoindre l’îlot, mais il était déjà trop tard. Il fut absorbé rapidement par les nuages roulants. Comme toutes les veuves de l’îlot, la mère de David fut exécutée dans le Grand Passage. Déjà à l’époque, les problèmes de surpopulation exigeaient des solutions radicales que le Conseil appliquait sans faiblesse. »

Extrait de : T. Cryde. « La Falaise. »

L’endroit bleu par Th. Cryde

Fiche de L’endroit bleu

Titre : L’endroit bleu
Auteur : Th. Cryde
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’endroit bleu

« L’homme appuyait son front contre la vitre froide. Une buée grasse arrondissait les angles du carreau. Celui-ci vibrait imperceptiblement à cause de la chaufferie qui se trouvait enterrée juste au-dessous de la salle. D’ailleurs, toute la base vibrait si l’on voulait se donner la peine de poser la main contre les parois.
Et la climatisation avait des ratés.
Le paysage était toujours le même, à peine éclairci par l’hiver approchant. L’homme connaissait les moindres détails de ces dunes désolées qui moutonnaient à perte de vue. Il se prenait parfois à espérer que le vent, la pluie (si rare !) ou toute autre perturbation naturelle viendrait un jour modifier l’ordonnance de ce troupeau de sable rouge, mais son espérance avait jusqu’à présent toujours été déçue.
Celle-là et bien d’autres depuis qu’il était arrivé dans la base. Heureusement que son temps de service tirait à sa fin ! Ensuite, il pourrait partir avec…
Au-delà des dunes (dans la base, ils disaient « les collines », sans doute pour ne pas sentir le poids du désert qui augmentait leur solitude), il y avait le lac. »

Extrait de : T. Cryde. « L’endroit bleu. »

La semaine carnivore par Th. Cryde

Fiche de La semaine carnivore

Titre : La semaine carnivore (tome 3 sur 3 – Le cycle des insectes)
Auteur : Th. Cryde
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de La semaine carnivore

« Quelques couples de danseurs tourbillonnaient encore entre les glaces, malgré l’heure tardive. Simples amoureux de la danse, ou vieux rêveurs d’un temps révolu glissant leurs pas sur les parquets vernis, levant parfois la tête vers les lustres de cristal artificiel, l’espace d’une valse, le temps de se prendre pour des personnages puissants, qu’on admirerait encore…

Mais seuls les humains dansaient aux sons des synthétiseurs. Les mutants avaient la danse en horreur. Et Morna Djougach ne faisait pas exception, bien au contraire.

Elle ne se rendait aux réceptions du Conseil que parce que son père, Joseph Djougach, le lui demandait. Parce que sa position de Gouverneur exigeait, au nom de la vieille étiquette surannée des hommes, qu’il se présentât en grand uniforme, accompagné de sa descendance.

C’était l’occasion pour Morna de mettre en valeur sa beauté froide, le plus souvent grâce à des toilettes imitées de l’ancien temps. La robe fourreau de soie noire aux incrustations métalliques qu’elle portait ce soir-là laissait son dos et ses bras nus. Son décolleté plongeait de façon vertigineuse entre ses seins à peine dissimulés, jusqu’au nombril. »

Extrait de : T. Cryde. « La semaine carnivore – Le cycle des insectes. »

Osmose par Th. Cryde

Fiche de Osmose

Titre : Osmose (tome 2 sur 3 – Le cycle des insectes)
Auteur : Th. Cryde
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Osmose

« Angelina courait maintenant sur l’étroite passerelle de fer qui surplombait les turbines, à mi-hauteur de l’énorme barrage.

Elle regardait droit devant, à travers ses larmes, vers l’autre rive, le souffle rauque, ses pieds nus écorchés par la rouille des plaques de mêlai disjointes. Sa hanche meurtrie par le coup île crosse du soldat lui diffusait jusqu’à l’aine une douleur brûlante. Ses pas étaient mécaniques ; chacune de ses jambes griffées par les ronces se portait devant l’autre, poussant son petit corps maigre toujours plus en avant sur l’arc tendu de la passerelle.

Derrière elle, les caillebotis aux arêtes tranchantes vibraient et résonnaient comme si les traces humides de ses pieds avaient été d’un poids suffisant pour ébranler l’ensemble de cette architecture arachnéenne.Une brusque saute de vent, au milieu du vide, fit trébucher Angelina.

Elle glissa sur la rouille friable et tomba en-avant, heurtant sèchement du genou l’un des barreaux de la rampe. Un cri plaintif s’échappa de ses lèvres gercées lorsqu’elle vit l’écorchure d’un rouge brillant au travers de sa robe de toile informe et déchirée. Une brutale envie de vomir gonfla une boule amère au fond de sa gorge. Elle ouvrit la bouche, laissant l’air froid de l’aube pénétrer entre ses dents. »

Extrait de : T. Cryde. « Osmose – Le cycle des insectes. »

La nuit des insectes par Th. Cryde

Fiche de La nuit des insectes

Titre : La nuit des insectes (tome 1 sur 3 – Le cycle des insectes)
Auteur : Th. Cryde
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de La nuit des insectes

« Uma Kembere regardait d’un œil méfiant la haute silhouette du laboratoire qui se détachait sur les collines écrasées de soleil. Il ne comprenait pas ce qui se passait.

Toute la nuit, de lourds engins militaires avaient déchargé dans la cour ouverte sur la brousse un imposant matériel; des ordres avaient été criés, des escouades s’étaient disséminées au pas de course dans les broussailles qui entouraient le bâtiment.

Uma Kembere ne comprenait ni la nature, ni la raison de cette agitation. Même aux heures de fraîcheur, le laboratoire était d’ordinaire beaucoup plus calme.

Il n’avait jamais pénétré à l’intérieur mais connaissait assez bien les sentinelles qui en gardaient l’accès en permanence. Il les connaissait, mais elles n’étaient pas bavardes. Par contre, sur la place du marché, les langues se déliaient plus facilement. Les anciens et les femmes, chaque groupe séparé et campé dans un endroit bien précis, parlaient du laboratoire et des mystérieuses recherches que faisaient les Blancs… »

Extrait de : T. Cryde. « La nuit des insectes – Le cycle des insectes. »