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Mort d’un vampire par Fredric Brown

Fiche de Mort d’un vampire

Titre : Mort d’un vampire
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1988
Traduction : S. Bourgoin
Editeur : Clancier – Guénaud

Sommaire de Mort d’un vampire

  • Rouge comme l’enfer
  • Mort d’un vampire
  • Meurtres chez les monstres

Première page de Rouge comme l’enfer

« Seule la douleur existait : des vagues agonisantes de douleur pourpre que je tentai de combattre avant d’ouvrir les yeux. Puis le rouge vira au blanc. Mais la douleur restait présente. Le blanc était celui des murs, du plafond, des draps et de l’uniforme de l’homme au visage pâle.
Je glissai à nouveau dans le rouge et dus lutter pour refaire surface. Les murs blancs étaient toujours là, ainsi que l’homme en blanc, mais il avait un compagnon, cette fois-ci, qui s’était assis à côté du lit où j’étais allongé.
On aurait dit que son visage était taillé dans un granit ; il portait un costume de serge bleue et son chapeau reposait à l’arrière de son crâne.
— Tu vas parler, déclara-t-il.
L’homme en blanc lui répondit :
— Il n’a peut-être pas encore tout à fait retrouvé connai… »

Extrait de : F. Brown. « Mort d’un Vampire. »

Meurtres en filigrane par Fredric Brown

Fiche de Meurtres en filigrane

Titre : Meurtres en filigrane
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1954
Traduction : J. Fillion
Editeur : Gallimard

Première page de Meurtres en filigrane

« Elle s’appelait Joyce Dugan et, en cet après-midi de février, elle était bien loin de se douter qu’avant la fermeture elle allait accomplir un geste qui déclencherait une série de meurtres.
C’était une jolie fille aux rondeurs bien placées : le teint clair, des cheveux blonds qui retombaient en vagues soyeuses sur sa nuque, un petit nez légèrement retroussé avec un semis de taches de rousseur à peine visibles, une bouche appétissante qui donnait envie d’y mordre.
Debout devant un comptoir, de ses mains adroites, vives comme des souris blanches, elle pliait une pile de prospectus.
Elle portait une robe de toile à manches courtes qui, malgré une journée de travail bien remplie, était encore fraîche et blanche. Elle était seule dans cette petite imprimerie du boulevard Santa Monica. M. Conn, son patron, était parti depuis environ un quart d’heure, un peu plus tôt que d’habitude. »

Extrait de : F. Brown. « Meurtres en filigrane. »

Martiens, go home ! par Fredric Brown

Fiche de Martiens, go home !

Titre : Martiens, go home !
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1954
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Gallimard

Première page de Martiens, go home !

« Si les peuples de la Terre n’étaient pas préparés à la venue des Martiens, c’était entièrement leur faute. Les événements du siècle en général et des précédentes décennies en particulier avaient dû leur mettre la puce à l’oreille.

Ils pouvaient même s’y attendre, en fait, depuis bien plus longtemps encore, l’homme ayant échafaudé des hypothèses sur la pluralité des mondes habités depuis qu’il savait que la Terre n’était pas le centre de l’univers. Mais ces hypothèses, sans rien pour les confirmer ni les réfuter, demeuraient sur un plan purement philosophique, comme la question du nombril d’Adam ou du sexe des anges.

Disons donc que cette préparation pouvait avoir commencé avec Schiaparelli et surtout Lowell.

Schiaparelli est l’astronome italien qui découvrit les canaux de la planète Mars, mais il ne soutint jamais qu’ils étaient construits de la main d’êtres vivants.

L’astronome américain Lowell vint ensuite et, après avoir étudié et dessiné les canaux, il mit en branle son imagination, puis celle du public, en affirmant que c’étaient incontestablement des constructions. Preuve indéniable que Mars était habitée.

À la vérité, peu d’astronomes se rangèrent à la théorie de Lowell ; les uns nièrent jusqu’à l’existence de ces marques ou les considérèrent comme des illusions d’optique ; les autres les expliquaient comme des phénomènes géographiques naturels. »

Extrait de : F. Brown. « Martiens, go home !. »

Maboul de cristal par Fredric Brown

Fiche de Maboul de cristal

Titre : Maboul de cristal
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1953
Traduction : C. Benoit
Editeur : NEO

Première page de Maboul de cristal

« Appuyé sur une canne en bois dur, Mack Irby écoutait l’aboyeur bonimenter devant la baraque des fœtus. La foule, qui envahissait l’allée centrale du champ de foire, se répandait autour de lui. Il écoutait, un sourire ironique sur son visage maigre. « Le Mystère du Sexe » proclamait la banderole, au-dessus de la baraque.
— Attention les gars, voilà le spectacle dont tout le monde parle, l’expo qui vous a tous fait sortir de chez vous. Oui, c’est ici. Le mystère du sexe révélé au public. Le sexe masculin et le sexe féminin, nus, sans voile. Là, vous verrez tout, et quand je dis tout, c’est tout. Vous n’en croirez pas vos yeux. Et pourtant, tout est vrai, tout est réel. Et tout cela, vous le verrez ici, à l’intérieur de cette baraque, en payant à ce guichet la modique somme de duc cents. Oui, pour une pièce de dix cents, vous découvrirez le mystère du sexe. »

Extrait de : F. Brown. « Maboul de Cristal. »

Lune de miel en enfer par Fredric Brown

Fiche de Lune de miel en enfer

Titre : Lune de miel en enfer
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1958
Traduction : J. Sendy
Editeur : Gallimard

Sommaire de Lune de miel en enfer

  • Lune de miel en enfer
  • Il ne faut pas pousser grand-mère
  • Intraduisible
  • Un homme de qualité
  • Millenium
  • Le dôme
  • Du sang
  • Galerie de glaces
  • Expérience
  • Le dernier martien
  • En sentinelle
  • Une souris
  • Cela va de soi
  • Vaudou
  • « Arène »
  • Entrée interdite
  • La première machine à temps
  • Et les dieux rirent
  • L’arme
  • Un mot de direction
  • Bruissement d’ailes
  • Imaginons

Première page de Lune de miel en enfer

« Le 16 septembre 1962, sur Terre tout se passait à peu près comme à l’accoutumée, sauf que cela allait un peu plus mal qu’à l’accoutumée. Après des alternances de chaud et de froid, la guerre froide entre les États-Unis et le Bloc Oriental (Russie, Chine et satellites) tendait vers le point de chaleur maximum, celui où la guerre – la guerre chaude – apparaissait non seulement inévitable mais parfaitement imminente.

La course à la Lune était à la base de tout. Les deux camps avaient déposé chacun quelques hommes sur la Lune, dont tous deux revendiquaient le territoire. Des deux côtés l’on s’était aperçu que les fusées envoyées de la Terre étaient insuffisantes pour assurer l’établissement d’une base fixe, et aussi que sans l’établissement d’une base permanente et puissante il n’était pas question d’établir la souveraineté de l’une ou l’autre nation (pour la commodité du récit, nous appellerons « nation » le Bloc Oriental, bien que telle ne soit pas vraiment la réalité). Les deux nations donc hâtaient la construction d’une station-relais dans l’espace, appelée à graviter autour de la Terre. »

Extrait de : F. Brown. « Lune de miel en enfer. »

Les cadavres ne font pas de cinquième colonne par Fredric Brown

Fiche de Les cadavres ne font pas de cinquième colonne

Titre : Les cadavres ne font pas de cinquième colonne
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1986
Traduction :
Editeur : NEO

Sommaire de Les cadavres ne font pas de cinquième colonne

  • Etranges soeurs Strange
  • Les cadavres ne font pas de cinquième colonne
  • La mort et les neuf vies
  • Murmures de mort
  • Bière pour tout le monde
  • Herbie se laisse mener par son intuition
  • Ca va saigner
  • Le cirque dans le sang
  • Le blues du poivre rouge

Première page de Etranges soeurs Strange

« Carey Rix poussa la porte sur laquelle on pouvait lire « Carey Rix, Détective » et il lança son chapeau en direction de la patère, sans prendre la peine de bien viser.

— Salut, mon ange, dit-il à Sue Moran.

Elle s’arrêta de taper à la machine et elle mit un doigt sur sa bouche.

— Chut, le prévint-elle, il y a un client qui attend dans ton bureau. Ne lui fais pas peur, andouille, ou elle pourrait s’en aller.

— Hein ? Tu as bien dit « elle » ?

Distraitement, Carey rectifia son nœud de cravate avant de remarquer le sourire malicieux de Sue. Il lui adressa alors un regard sévère et il entra dans son bureau. »

Extrait de : F. Brown. « Les cadavres ne font pas de cinquième colonne. »

Le loup des étoiles par Fredric Brown

Fiche de Le loup des étoiles

Titre : Le loup des étoiles
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1957
Traduction : P. Sabathé
Editeur : Presses de la cité

Première page de Le loup des étoiles

« IL N’AVAIT PAS DE NOM.
Sa pensée ignorait les noms. Sa pensée ignorait les mots. Il n’avait pas de langage. Il était seul. Son voyage avait débuté dans la nuit des temps, à l’extrême limite de la galaxie, lorsqu’il s’était mis en tête de se découvrir des cousins. Mais plusieurs milliards d’années-lumière d’espace désertique avaient considérablement refroidi son enthousiasme. Il savait maintenant qu’il était le seul être pensant de l’univers. L’espoir ne le guidait plus, l’habitude le poussait encore : il continuait sur sa lancée.
Il n’était pas né, puisqu’il était unique. Extérieurement, avec son kilomètre et demi de diamètre, il ne se différenciait guère des millions d’astéroïdes qui parcourent librement l’espace. Mais ceux-ci n’étaient que de la matière inanimée. Lui, il était conscient. L’accident qui avait fait de lui un être pensant – une combinaison particulière d’atomes donnant vie à une molécule – ne s’était reproduit qu’une seule fois, à l’aube de notre histoire, lorsque des atomes de carbone, en se »

Extrait de : F. Brown. « Le loup des étoiles. »

Le chant des damnés par Fredric Brown

Fiche de Le chant des damnés

Titre : Le chant des damnés
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1986
Traduction : G. de Chergé
Editeur : NEO

Sommaire de Le chant des damnés

  • L’ange exterminateur
  • Une nuit idéale pour tuer
  • Le chant des damnés
  • Client inconnu
  • Cadavre de rechange
  • Rendez-vous à minuit

Première page de L’ange exterminateur

« Vous auriez aimé Walter Hanson. Vous ne l’auriez peut-être pas admiré, non, parce que même son meilleur ami ne le considérait pas comme un héros. Il avait une bonne quinzaine de centimètres de moins que Clark Gable et des oreilles encore plus décollées. Il n’avait pas la suavité de Bill Powell ni l’âpreté d’Humphrey Bogart.
En fait… tenez, représentez-vous un homme qui soit tout le contraire d’Humphrey Bogart, et vous aurez un excellent portrait de Walter Hanson. Il n’aurait pas fait de mal à une mouche, et il avait peur de tout ce qui était plus gros que ça. Il avait peur des femmes, peur du noir. Mais c’était un chic type, compte tenu de son profil psychologique.
Peut-être valait-il mieux qu’il ne sût pas ce qui l’attendait, ce soir-là.
Il était déjà assez effrayé comme ça. Le coin de la rue était très sombre, avec ce réverbère qui ne »

Extrait de : F. Brown. « Le chant des damnés. »

La piste des étoiles par Fredric Brown

Fiche de La piste des étoiles

Titre : La piste des étoiles
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1953
Traduction : J.-L. Estèbe
Editeur : Presses de la cité

Première page de La piste des étoiles

« Je comptais rester encore plusieurs jours, mais quelque chose, cet après-midi-là, me fit changer d’avis : le reflet que me renvoyait le miroir de la salle de bains, chez mon frère Bill. Nu comme un ver, dégoulinant de flotte, perché sur une patte – forcément : je n’en ai qu’une – avec la baignoire derrière moi qui se vidait dans un bruit de succion, je décidai de mettre les bouts sur-le-champ.

Le temps s’écoulait de ma vie comme l’eau de cette bon sang de baignoire. Et c’est ça, cruellement, que me montrait mon reflet.

Un miroir ne ment pas. Quand il vous dit que vous faites vos cinquante-sept ans, c’est qu’il a raison. Dans ces cas-là s’il vous reste des rêves à réaliser, des vieux projets de voyage, il vaut mieux s’y mettre en vitesse et boucler ses valises. Il vaut mieux profiter du peu de temps qu’on vous laisse, parce que vous ne réussirez jamais à l’empêcher de foutre le camp. »

Extrait de : F. Brown. « La piste des étoiles. »

La nuit du Jabberwock par Fredric Brown

Fiche de La nuit du Jabberwock

Titre : La nuit du Jabberwock
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1951
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu

Première page de La nuit du Jabberwock

« Dans mon rêve, j’étais debout au milieu d’Oak Street, par une nuit noire. Les réverbères étaient éteints ; seul un clair de lune pâle scintillait sur l’énorme épée que je faisais tournoyer au-dessus de ma tête tandis que le Jabberwock rampait vers moi. Il se traînait sur le pavé, agitant ses ailes et bandant ses muscles pour l’assaut final ; ses serres griffaient la pierre en crépitant comme le clavier d’une linotype. Alors, à ma stupéfaction, il parla :

— Doc ! Eh ! Doc ! Réveillez-vous.

Une main – pas celle d’un Jabberwock – me secouait par l’épaule.

Et c’était le crépuscule au lieu de la nuit noire et j’étais assis dans le fauteuil à pivot devant mon vieux bureau, levant les yeux vers Pete, qui me regardait en riant. »

Extrait de : F. Brown. « La nuit du Jabberwock. »