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La fille de nulle part par Fredric Brown

Fiche de La fille de nulle part

Titre : La fille de nulle part
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1951
Traduction : G. de Chergé
Editeur : Rivages

Première page de La fille de nulle part

« Les yeux remplis d’une terreur soudaine, Jenny recula devant le couteau, sa main cherchant à tâtons derrière elle le bouton de la porte de la cuisine. Elle était trop effrayée pour hurler ; d’ailleurs, il n’y avait personne pour l’entendre. Personne, à part l’homme qui venait vers elle avec le couteau – et cet homme était fou, il devait être fou. Sa main agrippa le bouton, le tourna. La porte s’ouvrit sur les ténèbres et Jenny s’élança dans la nuit. La Mort se jeta à sa poursuite.

Huit années s’écoulèrent.

Ce qui arriva ensuite commença de la façon la plus banale du monde, comme c’est généralement le cas. Cela commença le 18 mai, un jeudi.

Un certain George Weaver venait de louer une chambre à La Fonda, un hôtel de Taos, au Nouveau-Mexique. Ayant fini de se raser, il essuyait les dernières traces de mousse avec l’extrémité d’une serviette mouillée lorsque le »

Extrait de : F. Brown. « La Fille de nulle part. »

La chandelle et la hache par Fredric Brown

Fiche de La chandelle et la hache

Titre : La chandelle et la hache
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1950
Traduction : J. Lenclud
Editeur : NEO

Première page de La chandelle et la hache

« Il s’appelait Joe Bailey. Tout commença pour lui en 1929, au cœur d’une belle nuit d’été, quand il fut expulsé tant bien que mal du nid douillet, chaud et moite, où il se trouvait fort bien. Comprenez-moi, il ne tenait pas du tout à quitter ce refuge paradisiaque. D’ailleurs on ne lui avait pas demandé son avis et rien de tout cela ne se serait passé si, un soir d’octobre de l’année passée, Alvin et Florence Bailey, au sortir d’une légère cuite, n’avaient totalement oublié les précautions les plus élémentaires.
Non, vraiment, Joe Bailey ne peut être tenu pour responsable de ces événements, pas plus de sa naissance que de cette soirée, neuf mois auparavant, où la semence fut enfouie avec une telle désinvolture.
Il avait six ans quand Al Bailey fut tué au cours d’un hold-up dans un cinéma ; un an plus tard, sa mère l’emmenait à Milwaukee (Wisconsin) où elle trouva un emploi de serveuse.
Il commençait sa quatrième année d’enseignement secondaire et était âgé de dix-huit ans quand elle mourut à son tour. Il quitta l’école pour travailler à plein temps avec un nommé Mitch qui l’avait déjà aidé dans ses moments de liberté. Il s’en tira bien jusqu’à l’arrivée de la canicule.
Telle fut, en gros, l’existence de Joe Bailey jusqu’au 26 août 1948. Pourquoi ne pas commencer le récit de ses aventures ce jour-là où il rencontra, pour la première fois, la fille qu’il allait tuer ? »

Extrait de : F. Brown. « La Chandelle et la Hache. »

La belle et la bête par Fredric Brown

Fiche de La belle et la bête

Titre : La belle et la bête
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1949
Traduction : C. Grégoire
Editeur : Gallimard

Première page de La belle et la bête

« On ne peut jamais prévoir à quelles extrémités se livrera un Irlandais saoul. On peut faire un pari, comme ça, au hasard. On peut même faire un tas de paris.
Et on peut les aligner par ordre de probabilité. Exemple – en commençant par les plus simples : Il ira s’envoyer un nouveau whisky, se bagarrer, faire un discours, sauter dans un train… Ou bien encore, il achètera de la peinture verte, abattra un arbre, dansera la danse du ventre, chantera le God Save The King, chipera une clarinette… On peut imaginer des hypothèses de plus en plus invraisemblables, jusqu’à ce que l’on arrive à la plus invraisemblable de toutes : il pourra prendre une résolution et s’y tenir. 
Je sais que la chose semble incroyable : mais elle est cependant arrivée à un type de Chicago nommé Sweeney. Il a pris, un jour, une résolution, et il a dû patauger dans le sang et le café noir pour la tenir, mais il l’a tenue. Peut-être, de l’avis de certaines gens, ladite résolution n’était-elle pas excellente, mais ceci est une autre histoire. Sweeney a suivi cette résolution : le fait est là, et c’est le principal. »

Extrait de : F. Brown. « La belle et la bête. »

L’univers en folie par Fredric Brown

Fiche de L’univers en folie

Titre : L’univers en folie
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1949
Traduction : J. Rosenthal, T. Day
Editeur : Gallimard

Première page de L’univers en folie

« Et il y eut un grand éclair…

Le premier lancement de fusée vers la Lune eut lieu en 1954 et se solda par un échec. Sans doute à cause d’un défaut de conception, la fusée retomba sur la Terre, tuant une douzaine de personnes. Afin de rendre possible l’observation de son arrivée sur la Lune depuis la surface de la Terre, la fusée était munie, non pas d’une charge explosive mais d’un accumulateur Burton capable de fonctionner tout au long du voyage à travers l’espace, et d’y accumuler »

« un formidable potentiel électrique qui, au contact du sol lunaire, devait se décharger en produisant un éclair plusieurs milliers de fois plus brillant que celui de la foudre, d’une force destructrice plusieurs milliers de fois supérieure.

Par bonheur, la fusée retomba dans une zone faiblement peuplée des monts Catskill, dans la propriété d’un magnat de la presse. Celui-ci, sa femme, deux invités et huit domestiques furent tués par la décharge électrique qui anéantit totalement la maison et abattit les arbres dans un périmètre de quatre cents mètres. Onze corps seulement furent retrouvés. On supposa alors qu’un des deux invités, un journaliste, se trouvait si près du centre de la déflagration que son corps fut complètement désintégré. »

Extrait de : F. Brown. « L’univers en folie. »

L’esprit de la chose par Fredric Brown

Fiche de L’esprit de la chose

Titre : L’esprit de la chose
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1961
Traduction : C. Jayat
Editeur : NEO

Première page de L’esprit de la chose

« L’Esprit de la chose étudiait le monde étrange sur lequel il venait de tomber. Il examinait les alentours avec curiosité. La vue et l’ouïe étaient remplacées, chez lui, par un sens autrement plus puissant : la perception. Il « voyait à travers » les objets et les êtres : très nettement jusqu’à une distance de vingt mètres, puis plus facilement sur une bonne vingtaine de mètres encore. Cette faculté inappréciable s’appliquait à tous les corps solides et n’avait d’égale que sa faculté de sentir les vibrations.

Ainsi, non seulement il voyait les vers de terre qui grouillaient dans le sol mais il « entendait » également le remue-ménage qu’ils faisaient en cherchant leur nourriture. Ces animaux ne laissaient d’ailleurs pas de l’intriguer ; à sa connaissance, ils n’existaient sur aucun des autres mondes dont il avait entendu parler. Mais ils semblaient, à première vue, aussi inoffensifs que »

Extrait de : F. Brown. « L’esprit de la chose. »

Homicide mode d’emploi par Fredric Brown

Fiche de Homicide mode d’emploi

Titre : Homicide mode d’emploi
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1986
Traduction : G. de Chergé
Editeur : NEO

Sommaire de Homicide mode d’emploi

  • Double assassinat
  • Black out
  • Rien qu’un meurtre
  • Des empreintes de pas au plafond
  • Homicide mode d’emploi

Première page de Double assassinat

« Un fou en cavale
Le grand type au costume gris trop court jeta un coup d’œil circonspect dans la rue avant de sortir du renfoncement de la porte. Dans la brume du crépuscule, à la faible lueur des réverbères qui se succédaient à perte de vue, on ne voyait que quelques passants. Et il n’y avait personne à proximité, à part le gars qui avait manifestement fait la noce avec trop d’enthousiasme.
Les genoux un peu tremblants, le grand type se risqua sur le trottoir. Ses muscles étaient tendus comme des ressorts d’acier mais ses mains étaient désagréablement nues. Vides. Il n’avait pas de couteau.
Le vent froid qui balayait la rue s’engouffra dans son pantalon, trop court d’au moins huit centimètres. De toute évidence, ce pantalon avait été taillé pour un homme plus petit et plus corpulent. »

Extrait de : F. Brown. « Homicide mode d’emploi. »

Fantômes et farfafouilles par Fredric Brown

Fiche de Fantômes et farfafouilles

Titre : Fantômes et farfafouilles
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1961
Traduction : J. Sendy
Editeur : Denoël

Sommaire de Fantômes et farfafouilles

  • Vilain
  • Abominable
  • Rebond
  • Cauchemar en gris
  • Cauchemar en vert
  • Cauchemar en blanc
  • Cauchemar en bleu
  • Cauchemar en jaune
  • Cauchemar en rouge
  • Malheureusement
  • L’anniversaire de grand-mère
  • Voleur de chats
  • La maison
  • Deuxième chance
  • Les grandes découvertes perdues
  • Lettre morte
  • Hymne de sortie du clergé
  • Marotte
  • L’anneau de Hans Carvel
  • Flotte de vengeance
  • La corde enchantée
  • Erreur fatale
  • Les vies courtes et heureuses d’Eustache Weaver
  • Expédition
  • Barbe luisante
  • Jicets
  • Contact
  • Mort sur la montagne
  • Comme ours en cage
  • Pas encore la fin
  • Histoire de pêcheur
  • Trois petits hiboux
  • Faux-fuyants
  • L’assassinat en dix leçons faciles
  • Sombre interlude
  • Entité-piège
  • Petit agnelet
  • Moi, Flapjack et les martiens
  • La bonne blague
  • Dessinateur humoristique
  • Les farfafouilles

Première page de Vilain

« Cinquante ans durant, Walter Beauregard avait vécu en libidineux accompli et enthousiaste. Maintenant, arrivé à soixante-cinq ans d’âge, il était en danger de perdre ses qualifications et titres pour le renouvellement de sa carte de membre du syndicat des libidineux. En danger de perdre ? À quoi bon tergiverser, il les avait perdus. Depuis trois ans déjà il courait de médecin en médecin, de charlatan en charlatan, de panacée en orviétan. Et tout cela vainement.
C’est alors qu’il se souvint de ses livres de magie et nécromancie ; il avait trouvé de grandes joies à collectionner et à lire ces ouvrages, qui ornaient sa vaste bibliothèque, mais jamais encore il ne les avait pris au sérieux. Jamais encore. Mais qu’avait-il à perdre ?
C’est dans un volume graisseux, malodorant, mais rare, qu’il trouva ce qu’il cherchait. »

Extrait de : F. Brown. « Fantômes et Farfafouilles. »

Cincinnati blues par Fredric Brown

Fiche de Cincinnati blues

Titre : Cincinnati blues
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1958
Traduction : G. Coisne
Editeur : Encrage

Première page de Cincinnati blues

« CONGER & Way possédait autrefois un bureau au deuxième étage d’un immeuble sis au 120 East Oak Street, Cincinnati, dans les bas-quartiers de la ville, à mi-chemin de Fountain Square et des quais de l’Ohio, quartiers où les loyers étaient modérés parce que les immeubles y étaient vétustes et se retrouvaient parfois les pieds dans l’eau quand l’imposante rivière aux flots boueux entrait en crue, gonflée par les pluies.

L’immeuble n’existe plus. C’était déjà un vieil immeuble au début des années 20, époque où se situe notre récit. L’endroit où il se dressait autrefois est aujourd’hui occupé par la culée de béton du nouveau funiculaire qui transborde les tramways du Dixie Terminal Building à Covington, Kentucky, sur l’autre rive. Non seulement l’immeuble a disparu, mais l’emplacement même où il se dressait autrefois n’existe plus, si l’on peut parler ainsi d’un espace entièrement bétonné. »

Extrait de : F. Brown. « Cincinnati Blues. »

Ça ne se refuse pas par Fredric Brown

Fiche de Ca ne se refuse pas

Titre : Ca ne se refuse pas
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1963
Traduction : J. Rosenthal
Editeur : Gallimard

Première page de Ca ne se refuse pas

« 17 heures

Il avait un nom, mais personne ne le connaissait. Tout le monde l’appelait le monstre, depuis son second meurtre, il y avait deux mois de cela. Au début, on l’avait désigné de diverses façons : “Le tueur qui viole ses victimes”, “le fou criminel”, etc. Pour simplifier, c’était devenu le Monstre, et la police, qui avait pourtant remué ciel et terre pour lui trouver un nom comme Peter Jones ou Robert Smith, et l’appréhender avant qu’il ne frappe encore, l’appelait comme ça aussi.

Et voilà que ce soir l’Envie le reprenait. L’envie de violer et de tuer une femme.

Tapi dans le couloir d’un immeuble, devant une porte, il fermait et ouvrait spasmodiquement les mains sous l’effet de la tension nerveuse. Des mains d’une force redoutable, des mains d’étrangleur qui avaient déjà tué une fois et qui, si tout se passait bien, allaient tuer encore. Il se força à garder les doigts immobiles. Bien sûr, ici, en ce moment, ça n’avait pas d’importance. Personne ne l’observait. Mais ça devenait un tic dont il devait se défaire. Un jour, il s’oublierait en public, et les gens se poseraient des questions. Des questions qui en amèneraient d’autres, en chaîne ; car dans cette ville maintenant tout le monde guettait son voisin, avec méfiance, à l’affût de petits indices comme celui-là. »

Extrait de : F. Brown. « Ça ne se refuse pas. »

120 heures de cauchemar par Fredric Brown

Fiche de 120 heures de cauchemar

Titre : 120 heures de cauchemar
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1981
Traduction : J.E.S. Ouyaroff, P. Alpérine, N. et P. Darcis, J. Fournier-Pargoire
Editeur : NEO

Sommaire de 120 heures de cauchemar

  • 120 heures de cauchemar
  • Jéhovah
  • Petite musique de nuit
  • L’apprenti assassin
  • La dernière enquête de Bela Joad
  • Sur le champ de foire

Première page de 120 heures de cauchemar

« Je lisais et relisais la demande de rançon tapée par le ravisseur sur ma propre machine ; assis, effondré plutôt, je me répétais : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi une pareille chose m’arrive-t-elle précisément au moment où nous venons de connaître, Ellen et moi, la plus violente des disputes en cinq années de mariage ?… Oui, justement après lui avoir dit des tas de choses horribles au petit déjeuner ! Et ne plus la revoir signifiait ne plus pouvoir lui présenter des excuses au sujet de ma conduite ! Bien sûr, elle m’avait jeté à la figure des propos aussi outrageants que les miens. D’ailleurs, je m’affirmais encore que j’avais eu raison, mais…
Ce point n’avait plus d’importance. Oui, une seule chose comptait, la récupérer… vivante ! Sur mon propre papier à lettres à en-tête, on pouvait lire :
« Si vous voulez revoir votre femme vivante, je vous donne cinq jours pour mettre à ma disposition une somme de 25 000 dollars en billets de cent dollars ou moins. »

Extrait de : F. Brown. « 120 heures de cauchemar. »