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L’énivrante angoisse par Charles Derennes

Fiche de L’énivrante angoisse

Titre : L’énivrante angoisse
Auteur : Charles Derennes
Date de parution : 1904
Editeur : BNF

Première page de L’énivrante angoisse

« STANCES

Mon âme de tendresse et de joie est remplie’
Pour des jours et des jours…
Jardin de solitude et de mélancolie,
Je t’offre nos amours.
 
 
Mais l’amour est un hôte infidèle, qui passe
Et ne nous revient pas ;
Jardin, rappelle-toi ses rires et sa grâce :
Tu me les rediras. »

Extrait de : C. Derennes. « L’Énivrante Angoisse. »

Cassinou va-t-en guerre par Charles Derennes

Fiche de Cassinou va-t-en guerre

Titre : Cassinou va-t-en guerre
Auteur : Charles Derennes
Date de parution : 1917
Editeur : BNF

Première page de Cassinou va-t-en guerre

« L’été, cette année-là, se montrait grognon, orageux, moite, tantôt trop chaud, tantôt trop froid. Mais la menace de l’ondée quotidienne n’avait pas empêché le brigadier de gendarmerie de Saint-Lubin-lès-Hont-Hàbi, Joseph Hourtilhacq, dit Sherlock Holmes, et un de ses pandores, de faire leur tournée, ce samedi comme les autres, du côté de Hont-Hàbi-l’Étang.

La tournée du samedi à Hont-Hàbi-l’Étang ? Le brigadier n’y aurait manqué pour rien au monde. Cette tournée était (si j’ose risquer ce jeu de mot) une tournée qui en appelait bien d’autres… « Le samedi », vous dira-t-on en pays landais (et surtout du côté de Hont-Hàbi), « le samedi, c’est un dimanche plus petit… le samedi, c’est déjà dimanche… le samedi, la fête commence… » Ces bons proverbes-là, ils mériteraient d’être mis en chanson et gueulés en chœur par les beaux soirs, avec accompagnement d’ocarina ou d’accordéon, d’un bout à l’autre de la contrée ! »

Extrait de : C. Derennes. « Cassinou va-t-en guerre. »

Le peuple du pôle par Charles Derennes

Fiche de Le peuple du pôle

Titre : Le peuple du pôle
Auteur : Charles Derennes
Date de parution : 1907
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le peuple du pôle

« Je m’appelle Jean-Louis de Vénasque. J’appartiens à une ancienne famille navarraise dont l’ancêtre fut compagnon du roi Henri IV, combattit à ses côtés à Arques et à Ivry et obtint plus tard, en récompense de ses services, le comté de Vénasque et la seigneurie d’Orio. Notre nom revient souvent dans les chroniques et même dans l’histoire de la vieille France. Il y a tout lieu de craindre qu’il ne disparaisse, après moi, non seulement, hélas ! de l’histoire, mais même des registres de l’état civil…

Depuis la Révolution, la dernière branche existante de notre race a vécu avec le regret des splendeurs et des gloires passées dans notre château héréditaire d’Orio. J’y suis né 1872. Mon père avait alors près de quarante ans. Je le revois au fin fond des souvenirs de ma toute première enfance vêtu, été comme hiver, d’un costume de velours nankin à grosses côtes, coiffé de larges feutres, guêtré de cuir fauve et portant perpétuellement, en dehors des heures de ses repas et de son sommeil, un fusil en bandoulière. »

Extrait de : C. Derennes. « Le Peuple du Pôle. »

L’enfant dans l’herbe par Charles Derennes

Fiche de L’enfant dans l’herbe

Titre : L’enfant dans l’herbe
Auteur : Charles Derennes
Date de parution : 1927
Editeur : BNF

Première page de L’enfant dans l’herbe

« C’est une erreur à la fois kantienne et romantique, de nous croire, chacun de nous, divisés en trois : passé, présent, avenir. Bref, un seul homme en divers personnages. Nous vivons selon beaucoup plus de catégories et sur beaucoup plus de dimensions ou de plans que nous ne le croyons à l’ordinaire. Ce sont là des notions dès à présent tangibles et qui provoqueront prochainement un nouvel ordre de lumières dans le monde de la Pensée.

L’Avenir, l’Avenir, mystère !… Voilà ce que nous a conté le plus effarant inventeur de mots qui ait grondé dans la Jungle intellectuelle de cette boule. Grondé ? Non. Jacassé. En dehors de Booz endormi et de la Tristesse d’Olympio, il est le primaire, le primate et le Bandar-Log. Et qu’on veuille bien prendre en considération que je l’admire littérairement, et que je répète ici que c’est une faiblesse de n’avoir pas conscience de sa grandeur ! Mais l’avenir ne saurait passer à mes yeux pour un mystère, et tout est là de ce que je lui reproche au début de ce livre de bonne foi. »

Extrait de : C. Derennes. « L’enfant dans l’herbe. »

Charles Derennes

Présentation de Charles Derennes :

Charles Derennes est né le 4 août 1882 à Villeneuve-sur-Lot et rappelé à Dieu le 27 avril 1930 dans la capitale de notre République.
Si les chroniques mondaines de l’entre-deux-guerres se souviennent avant tout de ce poète et romancier naturaliste pour avoir remporté le prestigieux prix Femina en l’an 1924 (avec son délicieux « Émile et les autres », fleuron de son Bestiaire sentimental), il serait éminemment regrettable de passer sous silence sa remarquable incursion dans les territoires de la fiction spéculative. Car c’est bien sous la plume de Charles Derennes que l’on trouve l’une des expressions les plus achevées de ce que notre cher Maurice Renard baptisera plus tard le « merveilleux scientifique ».

En effet, c’est en 1907 que Charles Derennes livre aux presses du Mercure de France son éblouissant roman de l’imaginaire, « Le Peuple du Pôle ». Faisant montre d’une audace qui le place dans le prestigieux sillage de Jules Verne et de l’illustre H. G. Wells, l’écrivain y relate l’expédition de deux aéronautes français qui, atteignant le pôle Nord en ballon dirigeable, découvrent une enclave préservée depuis le Crétacé. Là, l’auteur déploie une stupéfiante rigueur spéculative : plutôt que de se borner à de féroces monstres préhistoriques, il postule que l’évolution biologique y a poursuivi son œuvre de manière implacable. Les explorateurs y rencontrent des « anthroposaures », une société de créatures reptiliennes bipèdes ayant développé une civilisation pacifique et une redoutable suprématie technologique.

Ce vertigineux postulat, qui précède de plusieurs années le fameux « Monde perdu » de sir Arthur Conan Doyle, témoigne d’une appréhension fulgurante de la théorie de l’évolution transposée au genre romanesque. L’auteur explorera de nouveau ces confins de l’étrange et du mysticisme avec « Les Conquérants d’idoles » en 1908.

Ainsi, loin de n’être qu’un chantre contemplatif de la faune de nos campagnes, Charles Derennes s’affirme comme un architecte précoce de la science-fiction française. Il a su utiliser l’hypothèse scientifique non point comme un vain artifice, mais comme un formidable miroir philosophique pour interroger la place de l’humanité sur notre globe.

Livres de Charles Derennes :

Cassinou va-t-en guerre (1917)
L’enfant dans l’herbe (1927)
L’énivrante angoisse (1904)
Le peuple du pôle (1907)

Pour en savoir plus sur Charles Derennes :

La page Wikipédia sur C. Derennes
La page Noosfere sur C. Derennes
La page isfdb de C. Derennes