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Mirabelle de plan d’en haut par Michel Epuy

Fiche de Mirabelle de plan d’en haut

Titre : Mirabelle de plan d’en haut
Auteur : Michel Epuy
Date de parution : 1938
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Mirabelle de plan d’en haut

« L’hiver avait été long et rigoureux dans les Alpes valaisannes et le printemps tardait à venir. Il y avait notamment d’énormes couches de neige dans tous les replis des montagnes qui entourent les Dents du Midi. Du côté de Salanfe surtout. Et naturellement tous les chemins étaient impraticables de ce côté. En ski seulement on pouvait monter de Salvan aux Granges et de là à Plan d’En Haut, ce délicieux hameau peu connu qui se trouve non loin de Van d’En Haut. Rares sont les montagnards qui y restent tout l’hiver, mais encore plus rares sont ceux qui hivernent plus haut. À vrai dire, il n’y en a point. Cependant, en ce soir de mars où débute notre récit, un skieur attardé ou imprudent aurait été bien surpris de voir une fumée s’élever d’un petit monticule de neige aux formes bizarres qui se trouvait dans une combe quelques centaines de mètres au-dessus des mazots de Plan d’En Haut. »

Extrait de : M. Epuy. « Mirabelle de Plan d’En Haut. »

Souvenirs d’un homme de lettres par Michel Epuy

Fiche de Souvenirs d’un homme de lettres

Titre : Souvenirs d’un homme de lettres
Auteur : Michel Epuy
Date de parution : 1934
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Sommaire de Souvenirs d’un homme de lettres :

  • Les pas sur le sable
  • Une petite soeur
  • Le retour d’Elisabeth
  • A tâtons
  • L’Ardèche
  • Le jardin enchanté
  • Les jours s’allongent
  • Les yeux qui brillent

Première page de Les pas sur le sable

« Des excuses ? – Je veux bien.

En effet, on m’a dit : Si vous voulez raconter votre enfance, parler beaucoup de vous-même, décrire par le menu vos premières impressions, vos premiers rêves, vos chagrins puérils et vos aventures personnelles, il vous faut faire montre de bonne éducation et demander pardon au lecteur de ne l’entretenir guère que de vous-même.

Oui, certes et modeste je le suis, je veux le rester, mais au fond, comme en ceci je veux être vrai, je ne chercherai pas de prétexte, et dirai tout simplement qu’à mon humble avis aucun auteur ne peut jamais complètement sortir de soi. Les sentiments que l’on décrit et que l’on prête à ses personnages ? Il faut les imaginer d’après ce que l’on éprouverait soi-même dans tel ou tel cas donné. Les aventures, même les plus matérielles, sont de nous, inventées par nous, faites de notre substance. Et quant aux compilations et études purement documentaires, mon Dieu, je n’en dirai rien si ce n’est qu’il suffit d’acheter des dictionnaires et des encyclopédies. »

Extrait de : M. Epuy. « Souvenirs d’un homme de lettres. »

La maison du chat qui revient par Michel Epuy

Fiche de La maison du chat qui revient

Titre : La maison du chat qui revient
Auteur : Michel Epuy
Date de parution : 1926
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de La maison du chat qui revient

« C’était assurément une drôle de maison… Même par cette sombre soirée et sous l’aveuglante pluie d’orage, les nouveaux arrivants purent en discerner l’architecture baroque en descendant de voiture. Françoise, inattentive aux flots d’eau fraîche que le parapluie de son mari lui déversait dans le cou, s’écria :
— Oh ! quel amour de vieille maison ! Je l’adore déjà.
Un éclair illumina soudain de nombreuses fenêtres, puis tout retomba dans la nuit. Le grognement par lequel Henri répondit à l’exclamation de sa jeune femme se perdit dans l’éclat du tonnerre. Il changea son parapluie de main pour payer le conducteur…
— Entrez vite ! cria ce dernier. Vous me payerez demain ! Et bonne chance à vous et à Maison-Rouge ! »

Extrait de : M. Epuy. « La Maison du Chat qui revient. »

Le secret de la malle noire par Michel Epuy

Fiche de Le secret de la malle noire

Titre : Le secret de la malle noire
Auteur : Michel Epuy
Date de parution : 1934
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le secret de la malle noire

« Si j’entreprends, sur la fin de ma vie, de donner au public ma propre version de la cause célèbre, connue à Scotland Yard et dans un petit cercle de journalistes sous le nom de « Mystère de la Malle noire », c’est parce que, en toute sincérité, et après y avoir mûrement réfléchi, je crois bien être le seul homme au monde qui en connaisse les détails, en ait pénétré les dessous, en ait deviné l’énigme.

Loin de moi tout orgueil ; le hasard m’a aidé… mais, bien plus que toute force de raisonnement, que tout concours de circonstances, c’est à mon entêtement que j’attribue la plus grande part de mon succès.

Aujourd’hui, affaibli par l’âge, je me sens pressé de mettre un peu d’ordre dans les notes que j’ai prises à l’époque de l’affaire de la Malle noire et de montrer une fois de plus par un exemple frappant et authentique que les plus machiavéliques combinaisons des criminels ont toujours un point faible par où la justice se glisse et les frappe. »

Extrait de : M. Epuy. « Le Secret de la Malle noire. »

Anthéa ou l’étrange planète par Michel Epuy

Fiche de Anthéa ou l’étrange planète

Titre : Anthéa ou l’étrange planète
Auteur : Michel Epuy
Date de parution : 1918
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Anthéa ou l’étrange planète

« APRÈS plusieurs années de méditation et de recueillement, maintenant que mon esprit a repris peu à peu sa vigueur, sa lucidité et son calme, je me sens pressé de décrire minutieusement tout ce que j’ai vu, senti et éprouvé pendant les quelques semaines que j’ai passées sur une autre terre.
C’est mon ambition qui fut la première cause perceptible de toute cette affaire. J’étais aide-astronome à l’Observatoire de Paris, j’avais vingt-sept ans, j’étais très impatient d’arriver, de me faire un nom, et, pour cela, je ne m’épargnais pas, mais jusqu’alors mes observations et mes travaux n’avaient obtenu qu’un assez froid accueil de la part de mes maîtres.
Je me souviens très bien du jour où le grand savant Lador annonça qu’il avait découvert une comète nouvelle, qui s’avançait vers le système solaire avec une vitesse prodigieuse. Ce fut dans notre petit monde de jeunes astronomes, épris de gloire, une très grosse émotion, et dès qu’il fut avéré que l’astre inconnu passerait encore plus près de la Terre que la Comète de Halley en mil neuf cent dix, chacun se démena de son mieux pour obtenir une mission quelconque, un détail spécial à observer, des photographies ou des calculs à faire. »

Extrait de : M. Epuy. « Anthéa ou l’étrange planète. »

Michel Epuy

Présentation de Michel Epuy :

Michel Epuy, de son vrai nom Louis Vaury, est né en 1876 et rappelé à Dieu en 1943.
Si les annales des lettres retiennent de Michel Epuy son intense labeur de traducteur — il fut notamment l’un des ardents passeurs de la littérature anglo-saxonne de son temps — et ses contes pour la jeunesse, c’est assurément dans le registre des littératures de l’imaginaire qu’il a déposé sa contribution la plus précieuse et la plus singulière.

En effet, il est l’auteur d’un roman d’anticipation et de merveilleux scientifique fort méconnu mais d’une indéniable hardiesse, intitulé « Anthéa ou l’étrange planète », publié en 1918. Bien avant que la science-fiction ne codifie ses grandes fresques galactiques, Michel Epuy nous convie à une stupéfiante odyssée interplanétaire. L’intrigue dépeint une expédition proprement inouïe vers une planète lointaine, Anthéa, où les intrépides explorateurs découvrent une civilisation à la fois fascinante et déroutante. Mêlant habilement l’utopie philosophique, l’aventure pure et la spéculation scientifique propre à cette époque troublée du début du siècle, l’auteur suisse se place dans le noble sillage d’un H. G. Wells ou d’un J.-H. Rosny aîné.

Dans ce récit chimérique, Michel Epuy ne se contente point d’un vain exotisme extra-terrestre ; il utilise l’altérité d’une planète inconnue comme un miroir tendu à l’humanité, l’invitant à méditer sur ses propres travers et sur la marche aveugle de son progrès matériel. À travers ce livre, couronné en son temps par le prix Jean Revel, l’écrivain suisse prouve que le roman d’imagination pure est l’un des véhicules les plus nobles pour interroger la condition humaine.

Gageons que les esprits curieux et les exégètes de la fiction spéculative sauront un jour, à la faveur d’une réédition, rendre à Michel Epuy la place qui lui échoit de droit dans le grand panthéon des défricheurs de l’imaginaire francophone.

Livres de Michel Epuy :

Anthéa ou l’étrange planète (1918)
La maison du chat qui revient (1926)
Le secret de la malle noire (1934)
Mirabelle de Plan d’en haut (1938)
Souvenirs d’un homme de lettres (1934)

Pour en savoir plus sur Michel Epuy :

La page Wikipédia sur M. Epuy
La page Noosfere sur M. Epuy
La page isfdb de M. Epuy