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La terre des regrets par Michel Honaker

Fiche de La terre des regrets
Titre : La terre des regrets (tome 3 sur 3 – Les aventures de Parsifal Crusader)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2016
Editeur : Ker éditions
Première page de La terre des regrets
« Juin 1890, océan Arctique.
Le brouillard s’était répandu sans crier gare, tel un profond soupir exhalé par la banquise. Les glaciers encore bien visibles un instant auparavant avaient soudainement disparu. Le Gryphon réduisit son allure, et un silence inquiet s’installa à bord du navire à vapeur. Louvoyer à l’aveuglette entre ces floes, ces icebergs à la dérive, plus imposants que des paquebots, requérait une part d’expérience, mais aussi de chance. L’exercice était d’autant plus périlleux que le pack, en cette saison de fonte, n’en finissait pas de se disloquer. Pas question de s’en remettre aux cartes de la région, trop approximatives. D’ailleurs, la route suivie par le Gryphon ne figurait sur aucune. Dans cette purée de pois et à ces latitudes, aucun instrument n’était d’un quelconque secours.
Par bonheur, Magnus Bergson, solide commandant suédois, était rompu à ces conditions de navigation délicates. »
Extrait de : M. Honaker. « La terre des Regret – Les aventures de Parsifal Crusader. »
Le tombeau de Joshué par Michel Honaker

Fiche de Le tombeau de Joshué
Titre : Le tombeau de Joshué (tome 2 sur 3 – Les aventures de Parsifal Crusader)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2016
Editeur : Ker éditions
Première page de Le tombeau de Joshué
« An de grâce 1239, quelque part dans les Alpes.
LES MONTAGNES MARBRÉES de neige avaient disparu dans le ventre des énormes nuages venus du nord. Un vent glacial s’était levé, remontant de cet abîme que la colonne de pèlerins longeait depuis des heures. À peine si ces hommes en long manteau de jute, capuchon abaissé sur le front, distinguaient encore la route, cette simple lèvre de roche accrochée à flanc de paroi. Ils avançaient pourtant, l’échine courbée, escortant un lourd chariot bâché tiré par deux mules. Les bêtes effrayées renâclaient. Leurs sabots glissaient sur la pente. Au premier écart, elles verseraient dans le vide, emportant leur chargement.
Et cela, le chef du convoi le redoutait plus que tout.
Robert Baudry était un grand gaillard au visage façonné par les batailles et les privations, dont les tempes grisonnantes disaient le temps passé sous l’armure. Quand il n’encourageait pas ses compagnons, il interrogeait du regard les lacets du chemin interminable qui s’ouvrait devant eux. »
Extrait de : M. Honaker. « Le tombeau de Joshué – Les aventures de Parsifal Crusader. »
La légende des guerriers-lune par Michel Honaker

Fiche de La légende des guerriers-lune
Titre : La légende des guerriers-lune (tome 1 sur 3 – Les aventures de Parsifal Crusader)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2015
Editeur : Ker éditions
Première page de La légende des guerriers-lune
« Sud du Kenya, printemps 1889.
Alors que le soleil se cachait derrière l’horizon, étendant une ombre sulfureuse sur la savane, un frisson parcourut la montagne tout entière…
Cette myriade de chuchotis qui tissent le silence de la nuit africaine se tut.
Toute chose se figea, et ce changement aussi bizarre que soudain glaça les sangs de Daniel Thorpe. L’explorateur leva le bras pour ordonner halte à la douzaine de personnes qui composaient l’expédition dont il avait la charge depuis Mombasa. C’étaient des porteurs kikuyus1 qui à son signal se dévisagèrent avec inquiétude. Ils avaient entamé l’ascension en début d’après-midi, et déployé de grands efforts pour parvenir à ce plateau situé à mi-hauteur du Tswamba Salu dont le sommet, noyé dans les nuées, paraissait encore lointain.
L’ancien volcan avait un autre nom : la Montagne Cannibale.
On racontait que ceux qui osaient s’aventurer sur ses flancs ne revenaient jamais dans leur village. »
Extrait de : M. Honaker. « Les Aventures de Parsifal Crusader – La Légende des Guerriers-Lune. »
Terminus : Vampire city par Michel Honaker

Fiche de Terminus : Vampire city
Titre : Terminus : Vampire city (tome 9 sur 15 – Le Commandeur jeunesse)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1998
Editeur : Rageot Editeur
Première page de Terminus : Vampire city
« À travers le pare-brise étoilé de pluie, le lieutenant Robert « Bilbo » Single considéra l’immeuble sordide qui formait l’angle de Perry Street, dans l’ombre de Triboro Bridge. C’était l’un de ces meublés minables, menacés depuis des lustres par la démolition, qui avaient pourtant fini par se fondre dans la grisaille sordide du quartier de Spanish Harlem. Le policier ne savait trop que penser. À ses côtés, le détective Harper, faciès de catcheur, gabardine froissée et chapeau mou, semblait tout droit sorti d’une vieille série B. Habitué des planques, il mâchonnait un chewing-gum avec philosophie.
— Qu’est-ce qu’on fait lieutenant ? lança-t-il. Je suppose qu’on ne va pas admirer cette ruine toute la nuit.
Sans répondre, Single passa une main dans ses cheveux ras prématurément blanchis. Il éprouvait un curieux pressentiment. »
Extrait de : M. Honaker. « Terminus Vampire City – Le Commandeur jeunesse. »
Planeta non grata par Michel Honaker

Fiche de Planeta non grata
Titre : Planeta non grata
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Planeta non grata
« D’un puissant coup de ses ailes longues et fantomatiques, le Horlag vira dans la 8e voie du Secteur 64, rasant presque le pavé luisant. Jusqu’ici, aucune proie imprudente ne s’était offerte à l’urgence de son appétit. Il avait survolé en vain un bon quart de l’immense cité de Xuban et commençait à ressentir une dangereuse lassitude. A chaque effort, la densité de sa matière s’accroissait, le rendant plus vulnérable, moins mobile. Il savait puiser son énergie dans ses ultimes réserves maintenant et la peur s’introduisait lentement dans son cerveau primaire. Il furetait désespérément, espérant qu’une pensée viendrait croiser la sienne. Une pensée plus vulnérable encore que la sienne. Une pensée qui fût absorbable et régénératrice. Tout ce qu’avait pu capter son radar mental n’avait pas eu la consistance désirée, jusqu’ici. Et cette lumière, cette maudite lumière qui l’empêchait d’approcher davantage de la façade des maisons… Son vol pesant et oscillant l’avait conduit à l’extrémité de l’avenue déserte sans qu’il eût rien détecté. Et puis quelque chose s’immisça dans les replis de sa matière pesante – si pesante – qui inonda ses cellules recroquevillées par l’agonie. Des bribes… »
Extrait de : M. Honaker. « Planeta non grata. »
Mozart, une petite musique de vie par Michel Honaker

Fiche de Mozart, une petite musique de vie
Titre : Mozart, une petite musique de vie (Musique)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2013
Editeur : Ker éditions
Première page de Mozart, une petite musique de vie
« Augsbourg, automne 1763
– Le sieur Leopold Mozart, et son tout jeune fils, Wolfgang Amadeus !
À peine si l’annonce solennelle du chambellan détourna les convives. Il est vrai que les cochons farcis nappés de sauce brune en leur écrin de pommes, les cailles rôties parées de châtaignes captivaient pour l’heure toute leur attention.
Fourchettes d’argent et doigts maculés de graisse se livraient une rude bataille pour avoir accès aux meilleurs morceaux. Les dames n’étaient pas en reste et si leurs mains étaient plus délicates, leur goinfrerie n’était pas moindre. Peu importait s’il fallait pousser du doigt une bouchée au fond de la gorge pour mieux faire place au délicieux tokay à robe moirée, ou desserrer un bouton à hauteur du nombril en rotant bruyamment à la lumière des candélabres. »
Extrait de : M. Honaker. « Mozart une petite musique de vie. »
Le mystère Tchaïkovsky par Michel Honaker

Fiche de Le mystère Tchaïkovsky
Titre : Le mystère Tchaïkovsky (Musique)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2022
Editeur : Ker éditions
Première page de Le mystère Tchaïkovsky
« Lorsque Piotr Ilitch Tchaïkovsky ouvre les yeux, une aurore grisâtre filtre au travers des tentures. Il s’en étonnerait presque et soupire, déçu. Un nouveau jour. Il n’aurait jamais pensé que la « Camarde » mettrait tant de temps à l’emporter. Cette vieille qui guette, patiente, que la vie s’éteigne en nous. Curieusement, les douleurs ont cessé. Le malade se demande si sa nature robuste n’a pas surmonté le mal, si le destin ne lui a pas encore joué un tour.
Ce n’est probablement rien de plus qu’une accalmie. La prochaine vague rompra les dernières amarres et le navire sombrera corps et biens, au fond, tout au fond, là où ne parviennent plus les rumeurs du monde.
Tchaïkovsky n’est pas seul dans la pièce. Avachi près du poêle, Modeste s’est assoupi, la tête renversée en arrière. Il ronfle. Heureux homme. Il a probablement veillé toute la nuit. Le compositeur en sourit. Son frère a toujours eu ce côté détaché des choses, une capacité à éluder les problèmes, à ne pas s’en trouver atteint. Il était déjà ainsi enfant. Timide. Fuyant. »
Extrait de : M. Honaker. « Le mystère Tchaïkovsky. »
Mortelle Venise par Michel Honaker

Fiche de Mortelle Venise
Titre : Mortelle Venise
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2011
Editeur : Rageot Editeur
Première page de Mortelle Venise
« Venise, mars 1536
Marcello Benvolio dut s’arrêter sous un porche. Pendant de longues minutes, plié en deux, il ne songea qu’à reprendre son souffle. Ses poumons étaient en feu, sa tête tournait. Handicapé par un embonpoint respectable, le maître embaumeur ne tenait plus sur ses jambes.
Il ôta son bonnet rouge écarlate, ô combien assorti à son teint, et tamponna son front ruisselant de sueur avec un mouchoir de batiste parfumé. Ce réconfort lui rendit un peu de son sang-froid. À coup sûr, son imagination lui avait joué un tour. Il ne pouvait s’agir que d’une illusion, née de cette étrange brume saumâtre qui ondoyait sur la lagune. Rien de plus…
Qui aurait osé le menacer ? Il était trop connu dans la cité, et même – ce qui le flattait davantage – redouté par beaucoup. Il jouissait de hautes protections et le doge en personne lui prêtait l’oreille. Non, nul homme sensé n’aurait eu l’audace de lui porter atteinte.
– Santa Virgina, je me fais vieux, voilà ! Je m’effarouche d’un rien. »
Extrait de : M. Honaker. « Mortelle Venise. »
Lumière d’abîme par Michel Honaker

Fiche de Lumière d’abîme
Titre : Lumière d’abîme
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Lumière d’abîme
« Shergan se raidit brusquement, les yeux révulsés, la bouche ouverte sur un cri de souffrance contenu avec peine. Ses deux mains, parcourues de veines saillantes, enfoncèrent leurs ongles sales dans le tissu râpé de la gabardine trop grande, comme pour extirper le mal qui venait d’enflammer sa poitrine. Il planta son front contre la pointe de ses genoux, afin de dissimuler la grimace qui tordait ses traits de façon effrayante. Il serra les dents, attentif à ne rien laisser paraître de la torture qu’il endurait. Tenir. Ne se faire remarquer sous aucun prétexte.
Il était habitué à ces crises aussi soudaines que violentes. On appelait ça le mal des mines. Une cochonnerie de fièvre intestinale contractée à cause d’une fréquentation trop assidue des sous-sols inhospitaliers de la planète Nebra. Les premiers symptômes l’avaient saisi alors qu’il n’était encore qu’un gosse et, depuis, ça n’avait fait qu’empirer. »
Extrait de : M. Honaker. « Lumière d’abîme. »
Les otages du dieu-dragon par Michel Honaker

Fiche de Les otages du dieu-dragon
Titre : Les otages du dieu-dragon (tome 1 sur … – Yakusa Gokudo)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2013
Editeur : Flammarion
Première page de Les otages du dieu-dragon
« Port de Kishiwada, préfecture du Kansai, Japon J-4 avant le Danjiri 23 h 17
Ce n’était qu’un écrin de sable gris révélé par la marée basse, survivance d’un temps où n’étaient là que dunes et plages, où les promeneurs en kimono et les peintres d’estampes venaient apprécier la beauté de la baie. Tout au plus une tache cendrée sous le clair de lune, bordée sur sa gauche par une avancée de béton, sur sa droite par un monticule de ferraille, qui venait rappeler que les époques changent – surtout en pire. Les étoiles se pâmaient entre deux voiles de brume. La brise de mer apportait des relents d’algue. Non loin de là, les grues de levage se découpaient sur le ciel d’encre, infatigables échassiers de métal qui à toute heure, chargeaient et déchargeaient les cargos dans la lumière des projecteurs.
Saburo aurait voulu se concentrer sur ce seul ballet mécanique des containers flottant dans les airs tels des dominos géants, car au fond de lui il était sensible à la poésie des choses. Mais tout le ramenait à cette plage isolée qui grandissait dans la lumière des phares. »
Extrait de : M. Honaker. « Les otages du dieu dragon. »