Étiquette : auteur-Honaker
Evil game par Michel Honaker

Fiche de Evil game
Titre : Evil game (Tome 6 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Evil game
« Archibald Wayne cessa soudain de s’agiter dans ses chaînes.
Par-delà le grincement du métal rouillé qu’il maltraitait, il venait de distinguer un bruit inédit jusqu’alors. Un grattement derrière le mur. Il tendit l’oreille avec plus d’attention. Oui, il n’y avait aucun doute. Des ongles crissaient de l’autre côté, derrière la paroi purulente de lichens. Des myriades d’ongles. Ou de griffes… Une bouffée de terreur l’envahit, aspirant l’oxygène de ses poumons.
— Holà ! appela Archibald – et il eut conscience que sa voix blanche et tremblante ne lui faisait pas honneur – Je vous en prie, montrez-vous ! Aidez-moi ! Délivrez-moi !
Il fixa l’entrée du cachot avec des yeux agrandis par un espoir irraisonné. Par pitié, que quelqu’un vienne ! Que quelqu’un entre. N’importe qui. N’importe qui d’humain. Il n’y avait donc personne dans cette demeure infernale ? Pourtant, depuis le début de cette sinistre farce, il se sentait observé. »
Extrait de : M. Honaker. « Evil Game – Le Commandeur. »
Secret of Bashamay par Michel Honaker

Fiche de Secret of Bashamay
Titre : Secret of Bashamay (Tome 5 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Secret of Bashamay
« La mouche verte, gorgée de fiente à en éclater, vint se poser à deux centimètres du visage d’Abdul. Elle s’aplatit sur la vitre crasseuse avec volupté et se mit en devoir de siphonner les crachotis les plus répugnants qui s’y étaient englués, indifférente au reste. Abdul cligna un œil. Une perle de sueur suivit l’arête anguleuse de son nez, butant sur les chancres violacés comme une bille de flipper indécise, avant de suivre la balafre qui scarifiait sa joue flasque mangée par la barbe du voyage. Lorsqu’il la sentit errer à la commissure de ses lèvres, hop ! d’un coup de langue, comme un gros lézard, il l’aspira dans sa bouche. C’était brûlant, salé, et ne lui procura aucun réconfort.
Il transpirait par tous les pores de sa peau. Il avait le sentiment d’être une orange, que la canicule écrasait tel un pressoir géant d’une infinie douceur, d’une infinie cruauté. Le jus est meilleur ainsi, murmurait le simoun, là-dehors. Ainsi exsudée, ta sève d’homme donnera naissance à d’autres grains de sable. Des enfants-sable par milliers. »
Extrait de : M. Honaker. « Secret of Bashamay – Le Commandeur. »
King of ice par Michel Honaker

Fiche de King of ice
Titre : King of ice (Tome 4 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de King of ice
« La lune émergea fugitivement des nuages, répandant une clarté funèbre à la surface de l’océan. Lové sur les cartes côtières, le chat du vieux Jack dressa les oreilles. Avec une fausse nonchalance, il alla coller son museau à la vitre battue par les intempéries. La houle s’était dangereusement creusée. Des gerbes d’écume montaient à l’assaut des rochers.
En un clin d’œil, les mouettes noctambules avaient déserté le ciel pour se réfugier précipitamment dans les trous de falaise. Une tempête accourait, qui avait déjoué toutes les prévisions de la météo. Un éclair éventra les nuées, puis les ténèbres redevinrent impénétrables. Le phare isolé de Little Point fut enlacé par des spectres de pluie.
Le chat découvrit les crocs et feula en direction du large, le poil hérissé. Alerté par ce mouvement de mauvaise humeur, Jack se retourna sans lâcher le téléphone. Il essayait désespérément de joindre le centre depuis une dizaine de minutes. Hélas, il semblait bien que la tempête eût endommagé la ligne. »
Extrait de : M. Honaker. « King of Ice – Le Commandeur. »
Return of Emeth par Michel Honaker

Fiche de Return of Emeth
Titre : Return of Emeth (Tome 3 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Return of Emeth
« Depuis un instant, Charly Silovsky reluquait le grand gaillard qui arpentait nerveusement le trottoir devant sa boutique. En d’autres occasions, il ne lui aurait pas accordé la moindre attention. Mais voilà. En cette fin d’après-midi pluvieux, où le chaland était rare et le touriste terré au fond de sa chambre d’hôtel, il n’avait d’autre occupation avant l’heure de la fermeture que contempler cette rue vide et tordue au fond de laquelle somnolait son commerce. Aussi, l’apparition quasi miraculeuse de ce client potentiel renouvelait-elle de façon opportune son champ de vision.
Entrerait, entrerait pas. Le brocanteur prit mentalement les paris. Franchement, ce type qui dansait d’un pied sur l’autre sous l’averse semblait personnifier l’indécision. Il n’avait pas l’allure des chineurs habituels, avec son grand imperméable déchiré et ses bottes terreuses. Mais qu’est-ce qui pouvait bien captiver de la sorte son attention ? Les porcelaines, les bibelots, les chandeliers à sept branches ? »
Extrait de : M. Honaker. « Return of Emeth – Le Commandeur. »
The verb of life par Michel Honaker

Fiche de The verb of life
Titre : The verb of life (Tome 2 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de The verb of life
« Entre le moment où il avait ramassé cette fille, celui où ils avaient couru sous la pluie à perdre haleine et celui où ils s’étaient engouffrés dans l’escalier de cet immeuble lépreux, la conquête de Ricky avait perdu une grande partie de son charme. La jupe plissée à fleurs exotiques n’était plus qu’une serpillière bonne à essorer. Le chemisier collait au soutien-gorge rembourré de coton. Les cheveux noirs permanentés par l’averse tombaient droit sur la nuque avec la grâce de cordes à linge. Et pire que tout, le maquillage trop généreux avait coulé sur ses joues creuses en rigoles noirâtres.
Elle avait prétendu s’appeler Wilma, tout à l’heure, au comptoir du bar où ils s’étaient rencontrés par semelles de chaussures interposées. Mais Ricky n’en croyait pas un mot. Elle avait le teint trop bistre, les pommettes trop hautes et les yeux trop noirs pour porter un tel prénom. Il penchait plutôt pour Rosita ou Asuncion. C’était à coup sûr une Porto en quête d’un petit cadeau pour sa dose de crack nocturne. »
Extrait de : M. Honaker. « The Verb of Life – Le Commandeur. »
Bronx ceremonial par Michel Honaker

Fiche de Bronx ceremonial
Titre : Bronx ceremonial (Tome 1 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Bronx ceremonial
« Il y avait une chose que Long Ben détestait par-dessus tout lorsqu’il s’enfouissait dans son tas d’ordures pour trouver un peu de réconfort dans la froideur de novembre. Pas tellement les papiers gras de délicatessen fraîchement léchés qui venaient s’afficher contre sa nuque. Ni les chats crevés qu’on avait jetés là par charité chrétienne. Ni les rats affamés qui dévoraient les chats crevés et mordaient au passage la toile rapiécée de son pantalon.
Non.
Long Ben – il avait porté bien d’autres noms par le passé, mais pour l’heure préférait ne se souvenir que de celui-ci –, Long Ben détestait qu’on lui pisse dessus. Et c’était cette détestable sensation qui l’avait tiré de la somnolence éthylique dans laquelle il végétait depuis le début de la soirée. Le chaud liquide ruisselait avec un doux chuintement de cascade sur sa cuisse gauche. Il cligna des yeux dans l’obscurité nauséabonde des feuilles de journaux dont il s’était prudemment recouvert. »
Extrait de : M. Honaker. « Bronx Ceremonial – Le Commandeur. »
Les héritiers du secret par Michel Honaker

Fiche de Les héritiers du secret
Titre : Les héritiers du secret (Tome 3 sur 3 – Le Chevalier de Terre-Noire)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1993
Editeur : Rageot Editeur
Première page de Les héritiers du secret
« Carnets du docteur Antipov.
Asile d’aliénés des environs de Viborg, Russie,
le 29 septembre 1912
Est-ce le brusque changement de temps, ou la présence de ces moines à proximité de nos murs ? L’agitation des malades n’a cessé de croître ces derniers jours. J’ai fait administrer des calmants mais ils n’ont pas les effets escomptés. Il est vrai que ma provision est si maigre que je dois fragmenter les doses.
Quand je contemple le parc en friche, ces murs délabrés, j’ai peine à me souvenir que cet établissement s’enorgueillissait naguère d’une réputation flatteuse. Les grands de l’Empire y séjournaient parfois pour une cure de repos et il n’était pas rare de voir flâner dans ces allées aujourd’hui envahies par les ronces, des membres de la famille du tsar. L’hiver dernier, il a fallu abattre les derniers arbres pour se chauffer, ou je crois que nous serions morts de froid. »
Extrait de : M. Honaker. « Les héritiers du secret – Le Chevalier de Terre-Noire. »
Le bras de la vengeance par Michel Honaker

Fiche de Le bras de la vengeance
Titre : Le bras de la vengeance (Tome 2 sur 3 – Le Chevalier de Terre-Noire)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1991
Editeur : Rageot Editeur
Première page de Le bras de la vengeance
« Extrait du journal Il Corriere della Toscana.
24 octobre 1891
RECRUDESCENCE DU BANDITISME
par Paolo Gandolfi
À nouveau, nombre de voyageurs ont à se plaindre des fâcheuses rencontres que l’on fait sur nos routes. Dernièrement, des touristes français ont été détroussés par plusieurs hommes armés et masqués, en pleine campagne. Cet incident fait suite à plusieurs autres du même genre, au total une dizaine depuis le début de l’année.
Nos valeureux carabinieri seraient sur la piste d’une bande de contrebandiers, surnommée les Negri, et qui, depuis peu, sous l’impulsion de leur nouveau chef, un certain Terra-Nera, se serait reconvertie dans le vol de grand chemin. Selon les mêmes sources bien informées, les Negri seraient déjà connus dans le Nord pour d’autres exactions. »
Extrait de : M. Honaker. « Le bras de la vengeance – Le Chevalier de Terre-Noire. »
L’adieu au domaine par Michel Honaker

Fiche de L’adieu au domaine
Titre : L’adieu au domaine (Tome 1 sur 3 – Le Chevalier de Terre-Noire)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1991
Editeur : Rageot Editeur
Première page de L’adieu au domaine
« St Pétersbourg, 15 janvier 1887
La neige a cessé. Ces derniers jours, elle est tombée sans discontinuer. Les rues ne sont plus que bourbiers où gens et chevaux s’enlisent. Le soleil blanc, glacé, perce timidement la brume et jette un rayon fragile dans la pièce. À peine si la rumeur de la place St-Isaac nous parvient à travers les vitrages hermétiques du palais.
En raison du froid, on se garde bien de ventiler les pièces. Un valet a pour unique tâche de vérifier chaque ouverture et de colmater toute fuite de chaleur. Je n’ai jamais pu m’y faire. Sans doute ai-je trop longtemps vécu à la campagne. Le grand air me manque et cette atmosphère de serre tropicale me vide de mes forces. L’odeur de la cire, des haleines mêlées, me donne la nausée. »
Extrait de : M. Honaker. « L’Adieu au domaine – Le Chevalier de Terre-Noire. »
La révolte des Titans par Michel Honaker

Fiche de La révolte des Titans
Titre : La révolte des Titans (Tome 3 sur 3 – Hercule)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2012
Editeur : Flammarion
Première page de La révolte des Titans
« L’éclair de foudre illumina la banquise, et de cette lueur irradiante naquit une ombre qui prit lentement forme humaine. Drapé dans ce manteau rugueux qu’il revêtait dans chacune de ses errances, appuyé sur ce bâton tordu qui guidait toujours ses pas dans l’inconnu, Zeus considéra l’étendue de glace qui se perdait devant lui. Son visage expressif, modelé à larges traits ombrageux, encadré d’une chevelure très brune et bouclée, disait la tempête de sentiments que roulait son esprit infini tandis qu’il interrogeait cette immensité où s’entrechoquaient des énergies primitives sur lesquelles il avait si peu d’emprise.
Car jamais le soleil n’abreuvait ce rivage désertique de ses rayons. Ici, l’obscurité terrestre se fondait avec celle du cosmos. La glace saillante s’accouplait aux étoiles en de barbares étreintes. Tout était nuit. Tout était oubli. Tel que Zeus l’avait voulu. Tel qu’il l’avait ordonné, des siècles auparavant. Ce désert blanc était terre de disgrâce, bien loin des hauteurs souriantes de l’Olympe aux marbres rutilants, des tièdes rivages de la Grèce et de ses cités accueillantes. »
Extrait de : M. Honaker. « la révolte des Titans – Hercule. »