Étiquette : Eva Svärta
La mort en tête par Cédric Sire

Fiche de La mort en tête
Titre : La mort en tête (tome 3 sur 3 – Eva Svärta)
Auteur : Cédric Sire
Date de parution : 2013
Editeur : Le pré aux clercs
Première page de La mort en tête
« Dorian Barbarossa filme le démon.Sur l’écran de sa caméra brillent les cierges disposés partout dans la pièce, incongrus sur les meubles Ikea, à côté des jouets et des piles de bandes dessinées. Le halo tremblotant de ces candélabres illumine une tapisserie verte délavée sur laquelle sont affichés plusieurs posters de Spiderman et de Superman.
Une chambre d’enfant.
C’est ici que le démon a élu domicile, et maintenant ils sont tous en enfer.
L’enfer pue l’encens, la sueur âcre. L’enfer est bruyant. Il y a les cris. Beaucoup de cris. Des secousses, des râles, des gémissements. Puis davantage de hurlements et de spasmes, de coups de pied au hasard. Ce sont des sons inhumains, changeants, tantôt rauques et fatigués, tantôt aigus et rageurs, perçants comme des dagues, et il en vient toujours d’autres, par vagues, par assauts successifs.
Le garçon sur le lit refuse de se calmer. Il tressaute, se tord, se noue, se déplie en vaines tentatives de se libérer de l’étreinte de son oncle et de sa tante, qui peinent à le maintenir allongé. »
Extrait de : C Sire. « La mort en tête – Eva Svärta. »
Le premier sang par Cédric Sire

Fiche de Le premier sang
Titre : Le premier sang (tome 2 sur 3 – Eva Svärta)
Auteur : Cédric Sire
Date de parution : 2013
Editeur : Le pré aux clercs
Première page de Le premier sang
« Une petite goutte de sang d’un rouge intense tomba sur le coin de son assiette. En frappant la porcelaine, elle dessina un minuscule soleil rouge, hypnotique.
Madeleine Reich ne comprit pas tout de suite ce qui se produisait. Elle dînait avec son mari Jonathan, à la grande table du salon, comme ils en avaient l’habitude tous les jours à vingt et une heures précises. Âgés de cinquante ans chacun, les Reich tenaient à leurs rituels quotidiens, dans tous les domaines – vraiment tous les domaines. Ce soir comme tous les soirs, Jonathan s’était chargé de commander le repas chez leur traiteur japonais préféré pendant qu’elle, comme toujours, s’occupait de mettre la table. Cela pouvait sembler tout bête, mais c’était le genre de détail qui revêtait pour elle une importance capitale. Elle avait choisi une belle nappe blanche brodée, et le service Empire en porcelaine de Limoges. Depuis qu’elle avait créé sa société et connu la fortune – et cela faisait déjà quinze ans –, Madeleine ne dînait plus que dans de la vaisselle hors de prix, et se servait uniquement de verres en cristal de luxe. Encore aujourd’hui, elle continuait de savourer ce plaisir, presque puéril, de faire partie des privilégiés. Des nantis. Elle savait que, si ses parents avaient encore été de ce monde, ils auraient été extraordinairement fiers d’elle. »
Extrait de : C. Sire. « Le premier sang – Eva Svärta. »
De fièvre et de sang par Cédric Sire

Fiche de De fièvre et de sang
Titre : De fièvre et de sang (tome 1 sur 3 – Eva Svärta)
Auteur : Cédric Sire
Date de parution : 2010
Editeur : Le pré aux clercs
Première page de De fièvre et de sang
« La fille s’appelait Éloïse Lombard, elle avait seize ans, et à présent elle savait qu’elle allait mourir. Il était évident que ses ravisseurs comptaient la tuer.
Quand ils l’avaient traînée de force ici, sans qu’elle ne puisse rien faire pour se défendre, quand ils lui avaient arraché ses vêtements un par un, jusqu’à ce qu’elle soit entièrement nue, et qu’ils l’avaient attachée à des sangles, solidement serrées autour de ses poignets et de ses chevilles, sur un matelas poisseux, elle avait encore cru qu’ils ne voulaient que la violer – et cette pensée était déjà insupportable –, mais au fond d’elle, là où l’âme ne se ment pas, elle le savait. Ses tripes le savaient. Ce qu’ils allaient lui faire quand ils reviendraient serait bien pire qu’un viol.
Elle avait vu les flaques écarlates, dans la cour de la ferme. C’était du sang, et il y en avait partout à cet endroit.
Ils avaient fait cela à d’autres filles avant elle.
Et bientôt – très bientôt – ce serait son tour.
Immobilisée et impuissante, Éloïse recommença à sangloter.
Pour la centième fois peut-être, elle essaya de tirer sur les sangles qui l’entravaient. Cela faisait mal, oui, quand la texture rigide de ces liens mordait dans sa peau, un peu plus mal à chaque traction. Pourtant Éloïse continuait, s’acharnait, s’arc-boutant sur le matelas avec l’énergie du désespoir. »
Extrait de : C. Sire. « De fièvre et de sang – Eva Svärta. »