Étiquette : La dernière Terre

 

Des certitudes par Magali Villeneuve

Fiche de Des certitudes

Titre : Des certitudes (tome 2 sur 2 – La dernière Terre)
Auteur : Magali Villeneuve
Date de parution : 2013
Editeur : L’homme sans nom

Première page de Des certitudes

« Il m’arrive de te détester. Du reste, il est plus aisé de maudire. Je vivais en paix jusqu’à ce jour si lointain où je t’ai regardé t’éloigner pour la première fois. Par quel insécable lien as-tu emprisonné mon bras alors ? Dans quelle fissure de faiblesse profondément désavouée as-tu dissimulé une part de toi ? Je vivais en paix, je vivais ignorant. Je ne connaissais rien de ces brisants où je fus précipité par le cour de ta vie. Vois. Je t’inculpe encore… Mais à quoi bon m’en excuser maintenant, qui y prêterait oreille… Celle qui dort, là, derrière la porte voisine de la mienne ? Nous somme déjà si impuissant à nous atteindre sans nous écorcher l’un l’autre. Elle, enveloppe vide, moi, inapte à créer des passerelles entre les feux de mon esprit, les vides de mon cœur, et mon cœur à jamais glacé. N’ai-je donc rien appris, aurais-je déjà oublié, ou m’obstinerais-je à m’agripper aux restes de l’homme que j’étais quand bien même il serait coupable du moindre de mes maux ?
Mais si tu la voyais…
Il me semble que tu n’as jamais rien commis dont il n’ait pas découlé au moins une part de bon, ni effleuré la vie de quiconque sans y faire descendre un rai de lumière. Un tel pouvoir se doit d’être inné et n’échoit pas au hasard. La preuve, je ne le possède pas. »

Extrait de : M. Villeneuve. « La Dernière Terre – Des certitudes. »

L’enfant merehdian par Magali Villeneuve

Fiche de L’enfant merehdian

Titre : L’enfant merehdian (tome 1 sur 2 – La dernière Terre)
Auteur : Magali Villeneuve
Date de parution : 2012
Editeur : L’homme sans nom

Première page de L’enfant merehdian

« C’est un jour attendu depuis si longtemps. Mille éternités à craindre qu’il ne vienne jamais. De ces jours, quand, où que les regards se posent, le bonheur qu’ils rencontrent est sans limites. Un jour tel que l’horizon n’est plus assez vaste, ni les cœurs assez grands. L’air limpide n’est plus que musiques et échos d’allégresse.
Je ne connais pas tout cela, cette fête, cette légèreté d’âme. Je vois ces visages : chacun me renvoie un sourire qui me glace le cœur. Je le sens, d’ailleurs, sous ma main, au fond de ma poitrine, il me fait déjà bien souffrir.
Insidieuse malédiction, amenée sur moi par son plus angélique messager !
Chantons-nous pour cela ? Dansons-nous pour cela, buvons-nous à cela ? Quel irrationnel ordre des choses offre si généreuse rétribution pour l’iniquité de nos actes ?
Je regarde ma main gantée de noir, d’un noir aussi profond que celui des nuages que je sens s’amonceler dans les cieux de mes lendemains. Mon âme se lamente quand elle devrait célébrer et rire. Car, après tout, me voilà de retour. Ne l’avais-je si ardemment désiré ? Revenir de là-bas, nul ne pourrait le nier, est acte de bravoure… On me regarde comme un prodige, un miraculé. Mais ils ignorent que je n’ai eu d’autre combustible que mes rages, ni de plus hauts motifs que mes instincts les plus sombres. L’espoir de voir l’avènement d’un jour comme celui-ci n’a guère compté. Telle est la vérité.
Je regarde ma main gantée de noir et m’abîme dans ses profondeurs. »

Extrait de : M. Villeneuve. « La Dernière Terre – L’enfant merehdian. »