Étiquette : La Moïra

 

La nuit de la louve par Henri Loevenbruck

Fiche de La nuit de la louve

Titre : La nuit de la louve (tome 3 sur 3 – La Moïra)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2002
Editeur : Bragelonne

Première page de La nuit de la louve

« La convalescence d’Aléa et d’Erwan dura encore  plusieurs jours, jusqu’au début de l’automne, et leur deuil bien davantage. Finghin vint chaque matin soigner l’épaule d’Aléa, s’aidant du Saîman pour réparer la fracture.

Les derniers soldats de l’armée du Samildanach  — comme ils se désignaient eux-mêmes — s’étaient petit à petit rassemblés autour d’Aléa et de ses compagnons et avaient construit dans ce coin reculé de la forêt un campement aussi confortable que le permettait l’environnement. Tentes, petites cabanes en bois, couches modestes, tables, rangements, et au centre de la clairière un grand feu qui ne s’éteignait jamais.

On ne parlait pas beaucoup, on soignait les nombreux blessés, et certains soirs il n’y avait que les chants tristes de la cornemuse pour briser ce silence. Mjolln, les yeux plongés dans la voûte étoilée, jouait près du feu les airs que Faith lui avait appris ; chaque note était un sanglot versé à la mémoire de la barde. Dans tous les cœurs vivait le souvenir de la harpiste et du Magistel. Dans tous les cœurs la douleur. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « La nuit de la louve – La Moïra. »

La guerre des loups par Henri Loevenbruck

Fiche de La guerre des loups

Titre : La guerre des loups (tome 2 sur 3 – La Moïra)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne

Première page de La guerre des loups

« Il n’y avait sur tout le territoire de Gaelia de louve plus blanche que celle-ci. Les conteurs l’appelèrent Imala, qui est le nom de la couleur de la neige dans le langage des silves. On ne pouvait la confondre avec aucun autre loup de l’île, et cette différence n’était d’ailleurs pas la seule qui la démarquait de ses congénères. Imala avait changé. Elle avait quelque chose de plus que tous les autres loups, et cela se voyait dans sa démarche, dans ses yeux, dans le noble maintien de sa tête blanche.

Imala avait rencontré les verticaux.

Elle marchait à présent vers le nord, lentement, profitant entre chaque foulée des grâces de l’été, de l’herbe verte, du sol frais qu’indiquait l’abondance de lys et de mélique blanche penchée, du gibier, chevreuils, lièvres, perdrix. Par moments elle se couchait sur le flanc sous les rayons du soleil, jouissant de la chaleur estivale, puis elle secouait la tête pour chasser les insectes peu méfiants qui s’approchaient trop près. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « La guerre des loups – La Moïra. »

La louve et l’enfant par Henri Loevenbruck

Fiche de La louve et l’enfant

Titre : La louve et l’enfant (tome 1 sur 3 – La Moïra)
Auteur : Henri Loevenbruck
Date de parution : 2000
Editeur : Bragelonne

Première page de La louve et l’enfant

« La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si un soir d’été, l’âme bienveillante, vous vous allongez
dans l’herbe et vous les écoutez le cœur ouvert, vous entendrez peut-être cette histoire d’un autre temps, au pays de Gaelia ; celle de la louve blanche et de l’enfant qu’on appelait Aléa.

Ce soir-là, au comté de Sarre, en cette ère qu’on nommait le Troisième Âge, une enfant pleurait dans le ventre sableux de la lande.

Il n’y avait rien à perte de vue que cette fille en haillons, recroquevillée sous les derniers rayons du soleil,
là où se terminait la trace rectiligne de ses empreintes de pas. Le vent jouait autour d’elle. Un vent sec et chaud qui emportait avec lui des buissons d’amarante et soulevait dans un souffle des nuages de sable blanc. La fin du jour s’emplissait déjà des odeurs de fumées lointaines. »

Extrait de : H. Loevenbruck. « La louve et l’enfant – La Moïra. »