Étiquette : Les évadés du temps

 

Les dix jours impossibles par Philippe Ébly

Fiche de Les dix jours impossibles

Titre : Les dix jours impossibles (tome 9 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1988
Editeur : Hachette

Première page de Les dix jours impossibles

« Il y avait quatre garçons dans la pièce. L’un d’eux, à demi couché sur la moquette, écoutait un disque. Deux autres lisaient, affalés sur un divan. Le quatrième — Thierry — était assis à une table, en face d’un gros tas de papiers qu’il consultait de temps en temps.
Pendant un long moment, on n’entendit rien d’autre qu’un froissement de feuilles, sur un fond sonore agréable formé par un des Préludes de Liszt. Puis Thierry secoua la tête avec vigueur, à la manière d’un jeune chien qui s’ébroue, et émit un bruit bizarre qui tenait à la fois du soupir et du reniflement.
« Hhhhummffrrr… »
Après quoi il se replongea dans ses documents, et une voix s’enquit gentiment :
« Ça va pas comme tu veux ?  »

Extrait de : P. Ebly. « Les Evadés du Temps – Les dix jours impossibles. »

Descente au pays sans nom par Philippe Ébly

Fiche de Descente au pays sans nom

Titre : Descente au pays sans nom (tome 7 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1985
Editeur : Hachette

Première page de Descente au pays sans nom

«  Est-ce que je vous apporte le petit déjeuner tout de suite ? Ou bien vous attendez vos amis ? »

La femme qui avait posé ces deux questions pouvait avoir une cinquantaine d’années et on voyait, au premier coup d’œil, qu’elle était la patronne de l’auberge. Elle parlait à deux garçons de quinze ou seize ans qui venaient de s’installer à une table. Ce fut le plus jeune qui lui répondit.

« Si ça ne vous ennuie pas, dit-il gentiment, nous attendrons un peu. Nos copains ne vont pas tarder. Ils seront sûrement ici dans cinq minutes. »

Ce garçon s’appelait Thierry. Il avait un visage mobile et très ouvert, nettement sympathique, avec des cheveux châtain clair, de grands yeux gris, et le nez criblé de taches de rousseur.

« C’est entendu. Je vous apporte les quatre petits déjeuners dans cinq minutes. Café au lait, je suppose ?

‑   Oui, madame. Merci. »

Extrait de : P. Ebly. « Les Evadés du Temps – Descente au Pays sans nom. »

Chasse au tigre en Corrèze par Philippe Ébly

Fiche de Chasse au tigre en Corrèze

Titre : Chasse au tigre en Corrèze (tome 5 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1983
Editeur : Hachette

Première page de Chasse au tigre en Corrèze

« C’ÉTAIT une belle nuit d’été, chaude et douce, sans aucun nuage. Il était près de minuit et la lune se trouvait exactement au sud, car elle était en son plein cette nuit-là – et elle donnait une lumière magnifique.
Toutes les bêtes dormaient paisiblement dans la campagne – toutes, excepté Tejr. Et au moment précis où commence cette histoire, Tejr était en arrêt. Il tournait lentement la tête pour tout observer autour de lui, en fouillant du regard les coins d’ombre. Il dressait l’oreille, prêt à s’enfuir au moindre frémissement d’un arbre ou d’un buisson. Et surtout, il flairait l’odeur du vent, en cherchant avec soin toute senteur qui ne serait pas celle de l’herbe ou des feuilles.
Chacun de ses muscles était tendu, car Tejr devinait un danger en face de lui. Nul n’aurait pu dire d’où venait son inquiétude – peut-être d’un léger frémissement du sol sous ses pattes, peut-être d’un autre signe imperceptible. Sans être tout proche, le péril était là, et Tejr le savait. Et pourtant, il continuait d’avancer pas à pas, comme si ce danger mystérieux l’attirait, comme si une force inconnue le poussait à marcher malgré tout. »

Extrait de : P. Ebly. « Chasse au Tigre en Corrèze – Les évadés du temps. »

Un frère au fond des siècles par Philippe Ébly

Fiche de Un frère au fond des siècles

Titre : Un frère au fond des siècles (tome 4 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1981
Editeur : Hachette

Première page de Un frère au fond des siècles

« Ce fut Kouroun qui s’éveilla le premier. L’air était froid, de ce froid humide qui annonce l’aurore en automne. Le garçon se dressa sur un coude, et s’assit pour jeter un coup d’œil autour de lui. Et d’abord, il ne vit pas grand-chose — rien d’autre qu’une lumière grise qui sortait lentement de la nuit. Puis il aperçut trois formes noires étendues sur le sol, et il comprit que ses compagnons dormaient encore.
« Trop tôt ! » pensa-t-il.
Il était accoutumé au danger, de longtemps. Il s’éveillait vite, et retrouvait toute sa lucidité en quelques instants. Aussitôt, il se méfia. Quelque chose n’était pas normal, ce matin-là… La veille, ils s’étaient endormis sous leurs tentes, et voilà qu’ils s’éveillaient à la belle étoile. Pourquoi ?
Kouroun se leva sans bruit, et c’est à ce moment qu’il sentit l’odeur — une odeur qu’il n’attendait pas du tout. Il laissa passer quelques secondes et respira plus lentement, attentif à ne pas se tromper. Non, le
doute n’était pas possible. C’était une senteur de feuilles mortes, de fougères et de fleurs sauvages. Très loin un oiseau chanta, et Kouroun reconnut le cri du merle. »

Extrait de : P. Ebly. « Les Evadés du Temps – Un frère au fond des siècles. »

Volontaires pour l’inconnu par Philippe Ébly

Fiche de Volontaires pour l’inconnu

Titre : Volontaires pour l’inconnu (tome 3 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1980
Editeur : Hachette

Première page de Volontaires pour l’inconnu

« C’était à Tours à deux pas du quai d’Orléans, dans l’ancien archevêché du xviiie siècle transformé en musée — un musée vaste et riche, avec de très belles collections. Quatre garçons y étaient entrés au début de l’après-midi, et aucun d’eux ne semblait s’ennuyer.
Ces garçons pouvaient avoir quinze ou seize ans. Ils se trouvaient dans une grande salle du second étage, consacrée tout entière à l’Egypte ancienne. Ils avaient d’abord traversé cette salle sans trop s’y attarder, puis ils étaient revenus pour la voir à loisir. À présent, tous les quatre étaient groupés autour d’une vitrine à hauteur d’appui qui contenait un certain nombre de petits objets.
Au bout de quelques minutes, un des garçons se détacha du groupe et s’approcha d’une fenêtre pour jeter un coup d’œil au-dehors. De là, il voyait la Loire et l’île Aucard à deux ou trois cents mètres. Un de ses compagnons le rejoignit après quelques instants. Les deux garçons qui étaient restés près de la vitrine avaient exactement la même taille, le même visage aux traits réguliers, les mêmes cheveux noirs assez courts — et les mêmes vêtements.
« Est-ce que c’est la lampe qui t’intéresse? » chuchota l’un d’eux. »

Extrait de : P. Ebly. « Les évadé du temps – Volontaires pour l’inconnu. »

Le voyageur de l’au-delà par Philippe Ébly

Fiche de Le voyageur de l’au-delà

Titre : Le voyageur de l’au-delà (tome 2 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1978
Editeur : Hachette

Première page de Le voyageur de l’au-delà

« Frédéric leva la tête, jeta un coup d’œil au-dehors, et vit trois garçons qui s’approchaient.

« Ils vont venir ici », pensa-t-il.

Depuis qu’il remplaçait son père au bar, Frédéric observait la route avec beaucoup d’intérêt — et il préférait toujours voir entrer des clients de son âge. Et ces trois-là, justement… Des garçons de quinze ou seize ans, le sac au dos, qui semblaient de vrais sportifs et non des auto-stoppeurs. Comme l’après-midi touchait à sa fin, ils devaient avoir soif, et c’était le seul café de Saint-André-de-Valborgne, sur la longue route sinueuse qui traverse les Cévennes d’ouest en est, en suivant les vallées, de Florac à Anduze.

Les trois marcheurs entrèrent en effet, se débarrassèrent de leur sac et s’assirent autour d’une table.

« Salut ! » dit l’un d’eux.

À première vue, ce garçon semblait le porte-parole du groupe, et Frédéric devait apprendre un peu plus tard qu’il s’appelait Thierry. »

Extrait de : P. Ebly. « Le Voyageur de l’au-delà – Les évadés du temps. »

Les trois portes par Philippe Ébly

Fiche de Les trois portes

Titre : Les trois portes (tome 1 sur 9 – Les évadés du temps)
Auteur : Philippe Ébly
Date de parution : 1977
Editeur : Hachette

Première page de Les trois portes

« IL PLEUVAIT depuis le début de l’après-midi. C’était une pluie fine et froide, qui semblait ne jamais devoir s’arrêter. Le sac au dos, bien protégés par leurs anoraks, deux garçons de quinze ou seize ans marchaient, face au vent, sur le bas-côté de la route. L’un d’eux consulta sa montre, puis regarda tout autour de lui, comme s’il cherchait un quelconque repère. On le devinait pressé d’arriver à l’étape, car la nuit commençait à tomber. Son compagnon remarqua son impatience, et demanda :
« Alors, Thierry ? Encore combien de temps ? » Thierry ne répondit pas tout de suite. Il s’arrêta, sortit de son sac une carte routière et la déplia en tournant le dos au vent. Puis il expliqua la situation.
« Il y a plus d’une heure que nous avons quitté Néant-sur-Yvel, et nous n’avons pas traîné en route. Nous devons être ici, à peu près. (Il montra l’endroit.) Enfin, je crois… »
Après avoir hésité un peu, il ajouta :
« Je ne suis pas tout à fait sûr. J’ai dû passer à côté d’une borne sans la voir. Avec cette pluie, ça n’aurait rien d’étonnant… »

Extrait de : P. Ebly. « Les Trois Portes – Les évadés du temps. »