Étiquette : Tobie Lolness
Les yeux d’Elisha par Timothée de Fombelle

Fiche de Les yeux d’Elisha
Titre : Les yeux d’Elisha (tome 2 sur 2 – Tobie Lolness)
Auteur : Timothée de Fombelle
Date de parution : 2007
Editeur : Gallimard
Première page de Les yeux d’Elisha
« Si la bêtise avait un poids, le major aurait déjà fait craquer la branche. Il était assis sur l’écorce, les pieds dans le vide, et il jetait des flèches vers une forme noire qui gesticulait juste en dessous.
Le major Krolo était bête, infiniment bête, et il mettait une très grande application dans sa bêtise.
Dans cette discipline, c’était plus qu’un professionnel : c’était un génie.
Il faisait nuit dans l’arbre. Une nuit avec des paquets de brume et de vent glacé. En fait, l’obscurité s’était maintenue toute la journée. Depuis la veille, les cimes de l’arbre étaient plongées dans un ciel noir de fin du monde. L’humidité faisait monter des branches une lourde odeur de pain d’épices.
– Deux cent quarante-cinq, deux cent quarante-six…
En combien de flèches allait-il achever cette bestiole engluée dans la sève ? Emmitouflé dans un manteau à poil dur, Krolo comptait. »
Extrait de : T de Fombelle. « Tobie Lolness – Les Yeux d’Elisha. »
La vie suspendue par Timothée de Fombelle

Fiche de La vie suspendue
Titre : La vie suspendue (tome 1 sur 2 – Tobie Lolness)
Auteur : Timothée de Fombelle
Date de parution : 2006
Editeur : Gallimard
Première page de La vie suspendue
« Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d’écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l’avait recouvert comme un seau d’eau.
Tobie regardait le ciel percé d’étoiles. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s’étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.
Quand la lune n’est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu’il se disait. Il se répétait aussi : « S’il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui, moins émouvant… »
Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.
Tobie était dans un trou d’écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillies par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue. »
Extrait de : T. de Fombelle. « La vie suspendue – Tobie Lolness. »