Le chevalier de Wielstadt par Pierre Pevel

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Fiche de Le chevalier de Wielstadt
Titre : Le chevalier de Wielstadt (tome 3 sur 3 – La trilogie de Wielstadt)
Auteur : Pierre Pevel
Date de parution : 2013
Editeur : Bragelonne
Première page de Le chevalier de Wielstadt
« Pour l’occasion, Rainer von Regenhalt avait passé des habits qui ne convenaient guère au gentilhomme qu’il était. Coiffé d’un feutre cabossé, une vieille rapière au côté et des bottes avachies aux pieds, il était vêtu de cuir usé et de gros drap. Une barbe de vingt-quatre heures lui mangeait les joues et alourdissait sa moustache d’ordinaire bien taillée. Ses cheveux blonds s’étalaient aux épaules sur le col d’une chemise jaunie, tachée de crasse et de sueur.
Il ressemblait ainsi à ces spadassins qui hantaient les rues et tavernes de Wielstadt depuis six ans que la guerre avait éclaté dans le Saint Empire, et plus encore depuis que les canons s’étaient tus au printemps. Déserteurs en fuite, soldats de régiments dispersés ou mercenaires sans emploi, ils étaient beaucoup à avoir gagné la cité rhénane. La paix, qui les avait jetés désœuvrés sur les routes de régions dévastées, n’était sans doute que provisoire. Mais elle avait déjà duré de longs mois en cette année 1624, et il était certain qu’elle passerait l’hiver puisqu’on ne menait campagne qu’aux beaux jours. En l’attente, il fallait bien vivre. La prospérité insolente de Wielstadt avait donc attiré nombre de reîtres et brigands qui s’étaient mêlés à la foule famélique des réfugiés chassés par les pillages.
Si la dégaine de Regenhalt ne convenait pas à son rang, elle convenait en revanche fort bien au quartier où il se trouvait. C’était celui des Deux-Gibets, l’un des plus pauvres et mal famés de Wielstadt. Tout, ici, n’était que venelles, murs lépreux et bâtisses branlantes. On y menait des vies sans espoir ni joies, dans les ordures et les décombres, et l’on s’écharpait pour une paire de souliers troués. Le guet se montrait peu souvent et toujours en nombre. Une patrouille isolée essuyait immanquablement des regards haineux et des insultes à peine contenues. Mais elle pouvait aussi être prise à parti par une population dont la misère exaspérait la colère. Dès lors, les attroupements avaient tôt fait de se muer en embuscades. »
Extrait de : P. Pevel. « Le Chevalier de Wielstadt – La trilogie de Wielstadt. »
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