Gustav Meyrink

Présentation de Gustav Meyrink :

Né à Vienne le dix-neuf janvier 1868, sous le nom de Gustav Meyer, il est le fruit des amours adultérines et réprouvées d’un grand seigneur wurtembergeois, le baron Karl von Varnbüler, et d’une comédienne de théâtre, Maria Meyer. Cette bâtardise originelle blesse douloureusement son enfance et laisse dans son esprit une fêlure secrète, entretenue par les séjours successifs de sa mère dans diverses cités de l’Empire austro-hongrois. Au terme de ses études secondaires à Munich, Hambourg puis Prague, il choisit de se fixer au bord de la Vltava et s’établit banquier en commandite. Menant durant près de deux décennies l’existence d’un dandy caustique et élégant, passionné d’escrime et d’aviron, il semble tout d’abord étranger aux tourments de la création littéraire.

Or, une crise morale aiguë vient bouleverser le cours de sa destinée. En 1892, alors que, désespéré par les vanités du monde, le jeune homme s’apprête à commettre l’irréparable et pointe une arme à feu contre sa tempe, un prospectus occultiste glissé sous sa porte le détourne miraculeusement du suicide. Bouleversé par ce signe du destin, il se plonge éperdument dans les sciences maudites : la kabbale, l’alchimie, la théosophie, le spiritisme et le yoga hindou, qu’il pratique avec une rigueur d’ascète. Victime peu après d’accusations calomnieuses d’escroquerie et d’usage illicite de magnétisme qui lui valent un bref séjour en détention préventive, sa maison de banque périclite. Ruiné mais libéré des chaînes du négoce, il embrasse alors résolument la carrière des lettres sous le pseudonyme de Gustav Meyrink.

Ses premières nouvelles satiriques et macabres, accueillies avec enthousiasme par la célèbre revue munichoise Simplicissimus, révèlent un humoriste féroce, prompt à pourfendre le militarisme prussien et la morgue bourgeoise. Cependant, c’est en 1915, en pleine tourmente de la Grande Guerre, que retentit son coup d’éclat magistral : la publication en librairie du Golem.

Ce roman envoûtant, chef-d’œuvre d’atmosphère et de songe métaphysique, ressuscite le vieux ghetto de Prague et la légende cabalistique de l’automate d’argile façonné par le rabbin Loew. L’ouvrage, qui connaît aussitôt un triomphe retentissant à travers toute l’Europe, s’impose comme le modèle suprême de l’angoisse moderne : les venelles tortueuses de la vieille cité y deviennent le labyrinthe de l’âme humaine, où la conscience dédoublée cherche le chemin de l’éveil spirituel et de la rédemption.

Fort de ce rayonnement éclatant, Meyrink approfondit sa quête des mystères transcendants dans une suite de grands romans d’initiation : Le Visage vert (1916), visionnaire tableau d’une humanité déliquescente aux prises avec l’apocalypse, La Nuit de Walpurgis (1917), satire convulsive du déclin aristocratique, et Le Dominicain blanc (1921), pénétré de sagesse taoïste. Il couronne cette méditation ésotérique avec L’Ange à la fenêtre d’occident (1927), fresque somptueuse consacrée aux transmutations et aux égarements de l’astrologue élisabéthain John Dee. Parallèlement à sa propre production, il enrichit le patrimoine littéraire de son pays en traduisant en langue allemande l’œuvre intégrale de Charles Dickens.

Retiré dans sa villa de Starnberg, en Bavière, qu’il avait baptisée la « Maison de la dernière lanterne », le grand écrivain est frappé au soir de sa vie par un deuil irréparable : le suicide de son fils bien-aimé Harro, devenu infirme à la suite d’un accident de ski. Refusant tout abattement vulgaire, Meyrink affronte le trépas avec la sérénité d’un sage oriental. Le quatre décembre 1932, assis dans son lit face au soleil levant, il quitte ce monde matériel pour pénétrer dans les arcanes de l’invisible.

Créateur d’un fantastique intérieur où l’effroi psychologique s’allie sans cesse à l’illumination philosophique, Gustav Meyrink demeure à jamais, pour les esprits épris de mystère, le veilleur solitaire de Prague et l’un des plus profonds visionnaires du siècle.

Livres de Gustav Meyrink :

Le golem

Pour en savoir plus sur Gustav Meyrink :

La page Wikipédia sur G. Meyrink
La page Noosfere sur G. Meyrink
La page isfdb de G. Meyrink

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