Catégorie : Livres

 

Ceux de nulle part – Les robinsons du cosmos par Francis Carsac

Fiche de Ceux de nulle part – Les robinsons du cosmos

Titre : Ceux de nulle part (Tome 1 sur 2 – Ligue des mondes humains)
Titre : Les robinsons du cosmos
Auteur : Francis Carsac
Date de parution : 1970
Editeur : Opta

Première page de Ceux de nulle part

« Les Visiteurs – PROLOGUE

Je sonnai, ce matin de mars 197. à la porte de mon vieil ami le docteur Clair, ne me doutant certes pas que j’allais bientôt entendre un fantastique et incroyable récit. Je dis « mon vieil ami », bien que nous ayons, lui et moi-même, à peine dépassé la trentaine, car nous nous connaissions depuis l’enfance, et ne nous étions perdus de vue que depuis quatre ans.
La porte fut ouverte – ou plutôt entrouverte – par une vieille femme habillée de noir, comme toutes les vieilles femmes de ce pays. Elle bougonna :
« Si c’est pour une visite, le docteur ne reçoit pas aujourd’hui. Il fait ses « espériences ». »
Excellent médecin, Clair n’exerçait pourtant pas régulièrement. Grâce à une solide fortune il pouvait consacrer presque tout son temps à de délicates  »

Extrait de : F. Carsac. « Ligue des mondes humains – Ceux de nulle part. »

Première page de Les robinsons du cosmos

« Le Cataclysme – LES SIGNES PRÉCURSEURS

Qui je suis, d’abord. Pour vous, mes descendants immédiats, les précisions sont inutiles. Mais bientôt vos enfants, puis les enfants de vos enfants oublieront même que j’ai un jour existé. Combien peu de chose je sais sur mon propre grand-père !
Ce mois de juillet 1985, j’achevais ma première année comme assistant au laboratoire de Géologie de la Faculté des sciences de Bordeaux, une ville de la Terre. J’avais alors vingt-trois ans, et, sans être beau, j’étais un jeune homme bien planté. Si ma taille, réduite par l’âge, fait piètre figure dans ce monde de jeunes géants, sur Terre mes 1 m 83 et ma carrure en imposaient. Pour vous, 1 m 83 n’est qu’une taille moyenne ! Si vous voulez connaître mon aspect, regardez mon premier petit-fils, Jean. Comme lui, j’étais brun, avec un grand nez, de grandes mains et des yeux verts. »

Extrait de : F. Carsac. « Les robinsons du Cosmos. »

La clé des étoiles par Michel Demuth

Fiche de La clé des étoiles

Titre : La clé des étoiles
Auteur : Michel Demuth
Date de parution : 1977
Editeur : Le Masque

Sommaire de La clé des étoiles

  • La clé des étoiles
  • Nocturne pour démons
  • A l’est du cygne

Première page de La clé des étoiles

« Le haut-parleur émit un tintement métallique et bref puis la voix d’Alvar Merigo résonna durement aux oreilles de Muen Yan :

— Je vous attends dans mon bureau !

De nouveau, il y eut le tintement métallique. Le son sembla se prolonger dans les statuettes de cristal qui ornaient le dessus de la fausse cheminée.

Muen Yan resta immobile un moment. Il paraissait prêter l’oreille à quelque voix intérieure. Et cette voix devait dire des choses tristes ou terribles car le visage du jeune homme pâlit un peu plus.

Il sourit, fit un pas vers la lourde table de travail qui était sienne depuis un an et posa un index à l’ongle cassé par la répétition du geste sur la touche d’un clavier.

D’ordinaire, des micros, des mnémoblocs, surgissaient de la table. Cette fois, un vaste miroir s’éleva du sol avec un glissement soyeux. Il se stabilisa, face à la table.

Muen Yan s’écarta de quelques pas et contempla son visage. Il accentua la désinvolture de son attitude, peignit un sourire infiniment méprisant sur son visage maigre. Quatre-vingts ans auparavant, il avait existé sur Terre un homme presque semblable : son grand-père. Chin Yan, qui avait fait régner la terreur sur la fin de la Guerre Totale et s’était mérité le surnom de « Massacreur des Alpes ».

Muen Yan s’inclina avec un respect ironique.

— Salut, Chin Yan, dit-il, ton petit-fils se trouve en une bien mauvaise posture !

 »

Extrait de : M. Demuth. « La clé des étoiles. »

Toxicofuturis par Michel Demuth

Fiche de Toxicofuturis

Titre : Toxicofuturis
Auteur : Michel Demuth
Date de parution : 1977
Editeur : Opta

Sommaire de Toxicofuturis

  • Mens sana in corpore sano par J. de Fast
  • Les merveilles de la nature par D. Klein
  • L’écheveau embrouillé par G. W. Barlow
  • Pipi caca bobo par Y. Frémion
  • Et je lui donnerai pour nom : Emmanuel ! par J.-P. Fontana
  • L’adieu aux lucioles par K. Alexandre et M. Jeury
  • Tango : nécrose lente par D. Walther
  • Cinq cent milligrammes d’enfer par J. Houssin
  • Rond et lisse comme le désespoir par B. Mathon
  • A la place de Grèves par Y. Dermèze
  • Journal volé à une jeune fille par P. Curval
  • Soyez patients par M. Leriche

Première page de Mens sana in corpore sano

« Suivant l’usage immémorial, c’est toujours au petit matin qu’ils sonnent à la porte – l’heure où l’esprit est encore engourdi, les réflexes déficients et la vulnérabilité à son maximum. Le père de famille est en train de se raser avant de partir à son travail, son épouse, en robe de chambre délavée et le visage trop nu que le maquillage ne protège pas encore, court éperdument entre ses fourneaux et les lits défaits, les enfants mal débarbouillés se disputent autour de la table du petit déjeuner, avides de remplir leur estomac et talonnés par la peur d’arriver en retard à l’école. Le timbre n’avait pas fini de vibrer que déjà le battant s’ouvrait – dans sa grande sagesse, la Loi interdisait l’usage de verrous qui auraient pu gêner  »

Extrait de : M. Demuth. « Toxicofuturis. »

Les années métalliques par Michel Demuth

Fiche de Les années métalliques

Titre : Les années métalliques
Auteur : Michel Demuth
Date de parution : 1977
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Les années métalliques

  • La route de Driegho
  • Fin de contact
  • Nocturne pour démons
  • Céphéide
  • Trauma-blues
  • Mon doux central
  • … qui revient d’une longue chasse
  • Trêve en 2090
  • La bataille d’Ophiuchus
  • Les années métalliques
  • L’hymne au défenseur
  • Lune de feu
  • L’empereur, le servile et l’enfer
  • Les jardins de Ménastrée
  • La ville entrevue
  • Aux tortues

Première page de La route de Driegho

« L’espace, dans le secteur d’Ophiuchus, n’était qu’un vaste poudroiement de soleils, un enchevêtrement de rayonnements et d’incandescences où les différents vaisseaux, en route vers Anaël, Félice ou la Nouvelle-Thuringe, étaient difficilement décelables.
Azio Mongze avait donc abandonné depuis longtemps les multiples écrans et les calculateurs de route pour se consacrer tout entier au seul problème du moment : comment arriver plus vite encore sur Griche ?
Il allait sans cesse des moteurs au dôme d’observation qui faisait, sous les clartés stellaires, un étincelant chapeau au pôle du vaisseau. La puissance était au maximum et Azio n’osait même pas s’avouer  »

Extrait de : M. Demuth. « Les années métalliques. »

A l’est du cygne par Michel Demuth

Fiche d’A l’est du cygne

Titre : A l’est du cygne
Auteur : Michel Demuth
Date de parution : 2010
Editeur : Bélial

Sommaire d’A l’est du cygne

  • Les climats
  • Les années métalliques
  • Translateur
  • Mnémonique
  • Nocturne pour démons
  • La route de Driegho
  • A l’est du cygne
  • Intervention sur Halme
  • La bataille d’Ophiuchus
  • Les jardins de Ménastrée
  • Lune de feu
  • Exit on Passeig de Gracia
  • A Mélodie pour toujours
  • Sous le portail de l’ange
  • Sigmaringen
  • Dans le ressac électromagnétique

Première page de Les climats

«  Je ne sais pas, dit grand-père Schmitt, je ne sais pas si cela me plairait tellement.
— Mais, grand-père, c’est pour moi que tu le ferais, pour moi seulement ! »
Flat Schmitt sourit à son petit-fils, sortit la vieille pipe qu’il portait toujours dans une poche de sa veste et se leva.
« Bien sûr, bien sûr, garçon, ce serait pour toi. »
Galmi attendait, les yeux pleins d’espoir. Il avait huit ans et des joues que le matin frais rendait rouges.
« Eh bien, dit Flat Schmitt, j’en parlerai aux Installateurs.
— Oh, c’est formidable, grand-père ! »
Flat sourit encore, marcha vers la maison.
 »

Extrait de : M. Demuth. « À l’Est du Cygne. »

La Terre en ruine par Michel Demuth

Fiche de La Terre en ruine

Titre : La Terre en ruine (Tome 2 sur 2 – Les galaxiales)
Auteur : Michel Demuth
Date de parution : 1979
Editeur : J’ai lu

Première page de La Terre en ruine

« RELAIS SUR ÉVIDENCE (2120)

« Ce furent les Généticiens de Vénus qui apportèrent à l’Église de l’Expansion la clé de l’Effet de Labyrinthe qui permit à l’homme d’échapper à la redoutable illusion d’éternité. Ce fut, pour l’humanité, une troisième impulsion qui explique le grand exode stellaire des années 2150-2300. Mais, durant près d’un siècle, les mystiques qui étudièrent le Labyrinthe, le Passage Delichère, proposèrent les théories les plus diverses sur son exacte nature. Wilson Fauntrell (2078-2130) n’hésita pas à qualifier les Pères de la Sainte Station de « Charons des étoiles infernales ». Gulliver Astafort (2110-2280) établit une audacieuse hypothèse de « métamorphose ». Selon lui, tout être transmis courait le risque d’une « substitution d’âme » dans l’Éternel Absolu du Labyrinthe. Les rares écrits de Jacobus Daunon (2085-2190 environ), souvent contestés, furent pourtant considérés avec beaucoup de sérieux par la Guilde. L’Église de Saint François, quant à elle, avait su utiliser les révélations de cet « Éclairé » de la Transmission à des fins hautement politiques et dans des circonstances exceptionnelles. L’odyssée du Chantadieu et des Élus d’Évidence illustre bien cette stratégie de l’infiltration par la « foi matérialisée » qui permit le rattachement pacifique et harmonieux de certains mondes par trop… paradisiaques. »
LES GALAXIALES

Carera-Bachman fit son apparition dans la Tourelle alors que Merle et Zoltano attaquaient leur huitième verre. Ils ne s’étaient ni lavés ni rasés depuis une bonne dizaine de quarts. Ils avaient les yeux brillants, la lèvre molle et les gestes les plus élémentaires de la routine de navigation leur devenaient difficiles. C’était la fin du voyage, le bout de la grande trajectoire entre Silence et Évidence. Et le commencement d’une vie différente pour les mutins qu’ils étaient devenus. »

Extrait de : M. Demuth. « Les galaxiales – La Terre en ruine. »

Les galaxiales par Michel Demuth

Fiche de Les galaxiales

Titre : Les galaxiales (Tome 1 sur 2 – Les galaxiales)
Auteur : Michel Demuth
Date de parution : 1976
Editeur : J’ai lu

Première page de Les galaxiales

« L’ÉTÉ ÉTRANGER (2020)

« Au cœur de la jungle de l’Île Hoffmann, dans la zone équatoriale d’Aphrodite, sixième monde de Sirius, il existe une tombe, simple dalle d’acier où sont gravés ces mots : À LA MÉMOIRE DE GRÉGOIRE GREGORY, COSMOGRAPHE, HÉROS DE L’EXPANSION STELLAIRE. Mais personne ne fut jamais enterré là… »
LES GALAXIALES.

Il s’éveilla du néant et ouvrit les yeux sur un ciel où défilaient des nuages blancs. Un souffle tiède balaya son visage et il sentit battre une mèche de cheveux sur son front. Il frissonna puis passa la langue sur ses lèvres. Elles étaient sèches, craquelées. Sa bouche était pâteuse et avait un goût de  »

Extrait de : M. Demuth. « Les galaxiales – Les Galaxiales. »

Un serpent au paradis par R. Bloch

Fiche d’Un serpent au paradis

Titre : Un serpent au paradis
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1979
Traduction : F. Truchaud
Editeur : Presses Pocket

Première page d’Un serpent au paradis

« Warren Clark n’aurait pu choisir un meilleur jour pour se tuer.
Le soleil, ponctuel, se leva à 6 h 34, exactement ce qui avait été annoncé au bulletin météorologique. Exceptionnellement le ciel était dégagé, il n’y avait pas de smog. La température était idéale ; pas trop chaude, pas trop froide, faible humidité et un vent doux soufflant du sud-ouest… Un temps parfait pour les vacanciers d’hiver, les vendeurs au porte-à-porte et les femmes qui voulaient faire leur lessive.
Le soleil se coucherait vers six heures du soir. Warren décida d’attendre jusque-là. Il avait toujours aimé les couchers de soleil et la vue était superbe d’ici. Le spectacle des ombres et des derniers feux du couchant sur le parc en contrebas vous dédommageait amplement du coût de la maison. Non pas qu’il ait à se soucier du prix ; il avait mis de côté suffisamment d’argent au cours des années pour pouvoir vivre exactement comme il le voulait. »

Extrait de : R. Bloch. « Un serpent au paradis. »

Un brin de belladone par R. Bloch

Fiche d’Un brin de belladone

Titre : Un brin de belladone
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1983
Traduction : J. Chambon, P. Alpérine, R. Louit, B. Martin, N. Balfet, R. Latbière
Editeur : Casterman

Sommaire d’Un brin de belladone

  • Retour au sabbat
  • Enoch
  • Chapardage
  • Le tunnel des amoureux
  • La maison affamée
  • Les fabricants de rêves
  • Sweet sixteen
  • L’oeil avide
  • Un fabuleux talent
  • Commis voyageur de la mort
  • Le labyrinthe éducatif
  • Un crime des plus singuliers

Première page de Retour au sabbat

« Ceci n’est pas le genre d’histoire dont les chroniqueurs aiment remplir leurs colonnes ; ce n’est pas davantage un de ces bobards comme les agents de publicité adorent en répandre. Quand je faisais encore partie du Service de Publicité du studio, on ne m’aurait pas laissé cracher le morceau. Je m’en serais d’ailleurs bien gardé, car aucun journal n’aurait accepté de publier pareilles sornettes.
Nous autres, gens de publicité, avons le devoir de présenter Hollywood comme un endroit resplendissant ; un monde brillant de tout l’éclat de ses paillettes. Nous ne retenons que la lumière, mais sous la lumière il doit fatalement y avoir des ombres. J’ai toujours su cela – pendant des années ça a été mon travail de maquiller ces ombres – mais les événements qui m’occupent ici offrent un contour inquiétant, trop étrange pour qu’on les passe sous silence. L’ombre qu’ils projettent n’a rien d’humain. 
C’est l’odeur de soufre de toute cette affaire qui m’a fait douter de mon équilibre mental. C’est pourquoi j’ai remis ma démission au studio, je crois. Je  »

Extrait de : R. Bloch. « Un brin de belladone. »

Monde des ténèbres par R. Bloch

Fiche de Monde des ténèbres

Titre : Monde des ténèbres
Auteur : R. Bloch
Date de parution : 1973
Traduction : J.-P. Manchette
Editeur : Gallimard

Première page de Monde des ténèbres

« Le soleil mourait à l’ouest et son sang tachait le ciel.
J’aurais pu être poète, pensa-t-il. Écrivain. Mais c’eût été gâcher, grandement gâcher son talent. La vie d’un écrivain est courte, limitée à celle du papier sur lequel ses paroles sont inscrites, et à la capacité de mémoire de ses lecteurs. Le papier est friable et tombe bientôt en poussière, et les vers mangent la mémoire des hommes.
Et qui mange les vers ?
Le temps. C’est le temps, l’ennemi. Le temps mange les vers, le temps mange le papier, le temps mange le soleil. Le temps le mangeait, lui, fragment par fragment, morceau par morceau, jour après jour.
Le temps le rongeait la nuit, ici, dans cette misérable petite pièce. On appelait ça une chambre, mais bien entendu, c’était en fait une cellule. Une cellule avec des fenêtres grillagées par lesquelles, en mourant, on pouvait regarder le soleil mourir. »

Extrait de : R. Bloch. « Monde des ténèbres. »