Catégorie : Livres
Le règne du gorille par Lyon Sprague de camp et P. Schuyler Miller

Fiche de Le règne du gorille
Titre : Le règne du gorille
Auteur : Lyon Sprague de Camp et P. Schuyler Miller
Date de parution : 1941
Traduction : J. Sellers
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de Le règne du gorille
« HENLEY BRIDGER s’éveilla. À proximité de ses oreilles, des pierres tombaient avec un fracas de tonnerre sur une surface métallique. Au bout d’un moment, le bruit diminua ; il n’y eut plus qu’un petit ruissellement de gravier, puis le silence.
Le maigre chimiste était étendu, les yeux fermés. Ses idées n’étaient pas encore très claires, mais il reniflait vaguement une insolite odeur de moisi. Il était couché sur le dos, le bras droit replié sous le corps ; quelque chose de mou pesait lourdement sur ses cuisses. Il ouvrit les yeux. Il faisait sombre, mais pas autant qu’il l’aurait cru ; et il vit qu’il était étendu entre une cloison métallique incurvée, et une espèce de scie d’acier qui lui labourait les côtes.
Il voulut bouger son bras droit. Impossible. Il tenta alors de se lever, mais retomba instantanément sur sa couche de métal avec un petit grognement de douleur. Il attendit quelques minutes, puis se souleva avec précaution sur son coude valide, et réussit à dégager son bras. »
Extrait de : L. Sprague de camp. « Le règne du gorille. »
Trois ombres sur Paris par H. J. Magog

Fiche de Trois ombres sur Paris
Titre : Trois ombres sur Paris
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1928
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Trois ombres sur Paris
« L’HOMME DE LA SOIRÉE
— Lequel est-ce ?
— Le vieux souriant, complètement rasé, avec des cheveux blancs… Le voyez-vous ?
— Mal. Il est si entouré !
— Accaparé ! Réellement, on aurait dû nous délivrer des « coupe-file ».
— Il y a des gens d’une taille excessive… Pardon, monsieur, je désirerais jeter un coup d’œil… Ah !…
— Vous l’apercevez ?
— Superbe !
— Une belle tête de savant.
— Infiniment de charme et de dignité.
— Infiniment. »
Extrait de : H.J Magog. « Trois Ombres sur Paris. »
Les buveurs d’océan par H. J. Magog

Fiche de Les buveurs d’océan
Titre : Les buveurs d’océan
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1922
Editeur : Ebooks gratuits
Première page de Les buveurs d’océan
« DEUX REFUS À UNE SEULE DEMANDE
— Si je comprends bien, c’est une demande en mariage que vous m’adressez ?
— Exactement, monsieur le marquis. J’ai l’honneur de solliciter la main de Mlle Suzanne de Glandèves, votre fille.
— Mille regrets, cher monsieur. Mais… ma fille est vouée au blanc.
Ces mots – dont le lecteur va comprendre l’ironie – tombaient des lèvres hautaines d’un gentilhomme grisonnant et dédaigneux, sur un petit homme jaune, aux yeux bridés derrière les cercles d’écaille de ses lunettes. Il les accueillit avec une impassibilité toute japonaise.
— C’est une allusion à ma couleur ? demanda-t-il tranquillement.
— Excusez ce mauvais jeu de mots… qui d’ailleurs exprime à merveille le caractère définitif de ma résolution. J’ai voulu dire que ma fille n’épousera qu’un Européen.
Une flamme jaillit des yeux du petit Japonais. »
Extrait de : H.J Magog. « Les Buveurs d’océan. »
Le testament du fantôme par H. J. Magog

Fiche de Le testament du fantôme
Titre : Le testament du fantôme
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le testament du fantôme
« Debout derrière les rideaux de sa fenêtre, le détective Paddy Wellgone observait une jeune fille blonde, qui s’avançait avec hésitation sur le trottoir d’en face, en étudiant les numéros des maisons.
— Une visite pour moi ! pronostiqua-t-il.
En effet, arrivée à la hauteur de son immeuble, la jeune inconnue se décidait à traverser.
Elle cessa d’être en vue ; mais le détective n’en quitta pas pour cela son poste d’observation ; il surveillait le manège de deux individus, en apparence étrangers l’un à l’autre et qui venaient à quelques mètres derrière la jeune fille. Ni l’un ni l’autre ne dépassèrent l’endroit où elle avait traversé : le premier s’installa à la terrasse d’un petit café ; le second s’en fut se poster sur l’autre trottoir en contemplation devant une devanture voisine de l’entrée du détective.
— On la suit ! remarqua celui-ci. Bon ! je pense que je puis sans inconvénient perdre de vue ces deux messieurs. Je suis bien certain de les retrouver tout à l’heure quand cette jeune fille me quittera. »
Extrait de : H.J Magog. « Le Testament du Fantôme. »
Le sosie du président par H. J. Magog

Fiche de Le sosie du président
Titre : Le sosie du président
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1944
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le sosie du président
« Ce taxi flânait. Cela ne voulait pas dire que le monsieur préoccupé, qui avançait hors de la portière un grand nez impatient, ne fût point pressé. C’était plutôt que le chauffeur cherchait la porte devant laquelle il devait s’arrêter. Roulant aussi doucement qu’un express aux abords des butoirs, il inspectait les façades des hauts immeubles récemment poussés dans le Faubourg Saint-Jacques. Et les deux grands yeux gris du client rasé cherchaient aussi.
— Stop ! C’est ici, cria-t-il soudain.
Ouvrant la portière avec une brusquerie qui n’indiquait certes pas un irrésolu, il sauta sur le trottoir. Il tenait une petite valise à la main.
Grand et demeuré mince, souple et vigoureux, s’il avait dépassé la trentaine ce ne pouvait être que de bien peu d’années. »
Extrait de : H.J Magog. « Le Sosie du Président. »
Le masque d’or par H. J. Magog

Fiche de Le masque d’or
Titre : Le masque d’or
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le masque d’or
« UN DRAME DANS L’OMBRE
— Rien ne va plus ! cria le croupier, l’œil fixé sur les mises.
Très froid, en apparence, Jimmy Brooks s’éloigna de la table où sévissait la roulette.
— Rien ne va plus ! se répéta-t-il à lui-même. Cela résume admirablement ma situation. Je suis décavé, moi, Jimmy Brooks !… C’est drôle !
Très drôle, en effet.
Après s’être fait plumer par les aigrefins de d’Hôtel de Transylvanie, le brave Lescaut devait éprouver des impressions à peu près semblables. Car, si Jimmy Brooks n’était pas un professionnel du jeu – quel métier n’avait-il pas fait, pourtant, cet écumeur de la société, tour à tour acteur sans génie, ventriloque, prestidigitateur, magnétiseur et, surtout, aventurier et escroc de haut vol ! – si donc Brooks ne tirait pas uniquement ses ressources de la Dame de Pique, il ne dédaignait pas à l’occasion de faire sauter la coupe.
Alors, pourquoi être venu tenter la fortune à Monte-Carlo, où on ne peut tricher ? S’en remettre à la chance, lui ! Il venait de le dire : c’était infiniment drôle. »
Extrait de : H.J Magog. « Le Masque d’Or. »
Le masque aux yeux rouges par H. J. Magog

Fiche de Le masque aux yeux rouges
Titre : Le masque aux yeux rouges
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1933
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le masque aux yeux rouges
« Ce matin-là à dix heures trente – heure vraiment ridicule – James Oldsilver – le beau James, comme le nommaient les enthousiastes de l’écran – fit une entrée aussi gauche que grotesque dans le boudoir de miss Perle Rose.
Or, si quelqu’un devait savoir se présenter avec aisance, c’était certainement le plus jeune milliardaire de Chicago devenu, depuis tantôt un an, par un caprice inexplicable, une des gloires du Cinéma, dont miss Perle était l’incontestable reine.
Contre toute vraisemblance, l’actrice se trouvait déjà dans son boudoir, le cinéma lui ayant appris à se lever de bonne heure. James Oldsilver trébucha, pivota sur lui-même comme ébloui et demeura planté au milieu de la pièce, foudroyant de regards farouches un innocent fauteuil, qui contenait, frileusement pelotonnée, la plus mignonne, la plus exquise des blondes. »
Extrait de : H.J Magog. « Le Masque aux yeux rouges. »
Le bouddha vivant par H. J. Magog

Fiche de Le bouddha vivant
Titre : Le bouddha vivant
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1952
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le bouddha vivant
« Emportant son lot de touristes qui, dans sa nacelle, faisait le tour du monde, le dirigeable Paris passait au-dessus du mystérieux Thibet, dont les cimes neigeuses défilaient, en arrière-plan, à travers les baies vitrées de l’aérienne salle à manger.
Les passagers, curieux, intrigués, se pressaient contre les vitres, pour contempler le spectacle.
Sous le dirigeable, le relief du sol réduit à de simples taches de couleur, de larges vallées fleuries de rhododendrons, devaient monter, entre les hautes falaises, vers quelque lac de montagne ; un limpide ruisseau s’étirait sur un lit de pierres gris-mauves. Ou peut-être passait-on au-dessus d’un de ces monastères thébaïdes, dont les maisonnettes blanches et basses se pressent autour des temples battus par les vents.
On survolait le Thibet. Cela valait quelque curiosité. »
Extrait de : H.J Magog. « Le Bouddha vivant. »
La veillée d’armes de Don Quichotte par H. J. Magog

Fiche de La veillée d’armes de Don Quichotte
Titre : La veillée d’armes de Don Quichotte
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1906
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de La veillée d’armes de Don Quichotte
« L’HÔTE seul, au milieu de la salle
Voici la fin du jour…
(Retournant ses poches vides)
et voici tout mon gain !
Est-ce là ton pouvoir, ô Dieu ? Qu’il est mesquin !
Ton serviteur pourtant, aux heures d’infortune,
Toujours s’adresse à toi. La présente en est une.
Tire-m’en, doux Seigneur ! fais frapper à mon huis
Quelque bon ventre-creux, de bourse pleine… et puis,
Que sa panse s’emplisse aux dépens de sa bourse !
Il sera plus dispos pour achever sa course !…
Je t’invoque !
(Bruit à gauche. On frappe)
L’HÔTE courant à la porte
Sitôt combles-tu mon espoir ?
Ah ! je te bénirai dans mes loisirs…
(Il ouvre. Entrent deux bacheliers de pauvre mine) »
Extrait de : H.J Magog. « La Veillée d’armes de Don Quichotte. »
L’énigme de la malle rouge par H. J. Magog

Fiche de L’énigme de la malle rouge
Titre : L’énigme de la malle rouge
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1929
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de L’énigme de la malle rouge
« Je venais tout juste de rentrer chez moi, quand on frappa à ma porte deux coups discrets.
— Entrez ! criai-je, ainsi que j’avais coutume de le faire.
La porte s’entre-bâilla aussitôt et laissa paraître une silhouette placide de bureaucrate, tandis qu’une voix déférente demandait :
— M. Wellgone ?
— C’est ici, répondis-je avec assurance.
En réalité, j’affirmais une chose inexacte, et le souci de la vérité aurait dû me faire déclarer :
— M. Wellgone habite à côté et il est absent. Mais, moi Antonin Bonassou, son voisin de palier, je me suis chargé de répondre à ses visiteurs. Et c’est pourquoi vous avez trouvé sa carte sur ma porte.
Mais cela faisait bien des explications et je trouvais plus simple – plus agréable aussi pour mon amour-propre – de répondre tout bonnement :
— C’est ici. »
Extrait de : H.J Magog. « L’Énigme de la malle rouge. »