Christopher Stork
Présentation de Christopher Stork :
Christopher Stork n’est pas un individu, mais un pseudonyme collectif qui a marqué la science-fiction belge francophone à la fin des années 1970 et durant les années 1980. Derrière cette signature se cachent deux auteurs belges, Stephan Jouravieff et José-André Lacour, qui ont uni leurs talents pour produire une œuvre abondante et singulière. Cette collaboration prolifique s’est principalement concrétisée au sein de la célèbre collection « Anticipation » des éditions Fleuve noir, où ils ont publié une trentaine de romans en moins d’une décennie. Leur travail est souvent considéré comme l’une des dernières manifestations du roman populaire dans le paysage de l’anticipation, caractérisé par un rythme soutenu et une exploration sans complexe des peurs et des dérives de la société.
Thématiques et Romans Majeurs
Leur œuvre collective explore un large éventail de thèmes chers à la science-fiction de l’époque, souvent teintés d’une noirceur satirique et d’un pessimisme lucide quant à l’avenir de l’humanité. Dès 1979, le ton est donné avec des titres comme « L’Ordre établi » et « Achetez Dieu ! », qui dénoncent respectivement le contrôle social totalitaire et la marchandisation ultime de la spiritualité. Stork excelle à créer des dystopies où les institutions traditionnelles sont perverties ou remplacées par des pouvoirs technocratiques ou criminels, comme en témoigne « L’An II de la mafia » (1982), qui projette l’emprise du crime organisé à l’échelle d’un futur étatique.
Les auteurs sous le masque de Stork n’hésitent pas à s’attaquer aux fondements mêmes de l’existence et de l’identité. Le roman « Dormir ? Rêver peut-être… » (1979) interroge la frontière entre la réalité et l’imaginaire, tandis que l’intrigue de « La Femme invisible » (1981) soulève des questions sur la perception et l’effacement de l’individu dans la société moderne. Un autre titre particulièrement mémorable est « L’usage de l’ascenseur est interdit aux enfants de moins de quatorze ans non accompagnés » (1980), qui, derrière une règle absurde et anodine, dépeint une société où la transition à l’âge adulte est elle-même vécue comme une dégénérescence, une maladie dont il faudrait se prémunir.
Un Regard Sombre sur l’Avenir
L’anticipation de Christopher Stork se distingue par son approche de l’horreur biologique et de la remise en question du progrès scientifique. Dans « Demain les rats » (1980), les auteurs imaginent une nouvelle race de rongeurs génétiquement modifiés et dotés d’une intelligence supérieure, qui viennent menacer l’hégémonie humaine. Cet usage du biologique comme vecteur de terreur se retrouve dans « Virus Amok » (1984). Enfin, l’acmé de leur vision désenchantée est peut-être atteint avec « Le XXIᵉ siècle n’aura pas lieu » (1983), un titre à la fois provocateur et prémonitoire qui résume bien la noirceur ironique de l’univers de Stork. Bien que le pseudonyme ait cessé de produire à partir du milieu des années 1980, l’ensemble de ces romans demeure un témoignage important de la vitalité de la science-fiction populaire en Belgique.
Livres de Christopher Stork :
Achetez Dieu ! (1979)
Alter ego (1988)
Babel bluff (1985)
Billevesées et calembredaines (1985)
Contretemps (1986)
De purs esprits… (1986)
Demain les rats (1981)
Demi-portion (1986)
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà… (1982)
Don Quichotte II (1986)
Dormir ? Rêver peut-être… (1979)
Enjeu : le monde (1979)
Il y a un temps fou… (1980)
Ils étaient une fois… (1986)
Je souffre pour vous… (1987)
L’an II de la mafia (1982)
L’article de la mort (1983)
L’enfant de l’espace (1985)
L’envers vaut l’endroit (1984)
L’ordre établi (1979)
L’usage de l’ascenseur est interdit aux enfants de moins de quatorze ans non accompagnés (1980)
La dernière syllabe du temps (1983)
La femme invisible (1981)
La machine maîtresse (1982)
La quatrième personne du pluriel (1983)
Le bon larron (1981)
Le lit à baldaquin (1987)
Le passé dépassé (1984)
Le rêve du papillon chinois (1985)
Le trillionaire (1987)
Le XXIe siècle n’aura pas lieu (1983)
Les derniers anges (1981)
Les enfants du soleil (1987)
Les lunatiques (1985)
Les petites femmes vertes (1981)
Made in Mars (1985)
Mais n’anticipons pas… (1983)
Pièces détachées (1984)
Pieuvres (1984)
Psys contre psys (1986)
Terra-park (1980)
Terre des femmes (1984)
Tout le pouvoir aux étoiles (1982)
Un peu… beaucoup… à la folie ! (1983)
Une si jolie petite planète (1987)
Vatican 2000 (1981)
Virus amok (1984)
Pour en savoir plus sur Christopher Stork :
La page Wikipédia sur C. Stork
La page Noosfere sur C. Stork
La page isfdb de C. Stork