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Dan Dastier

Présentation de Dan Dastier :

Dan Dastier est le pseudonyme principal, parfois collectif, utilisé par une figure centrale de la littérature populaire française des années 1970 et 1980 : Yves Chantepie (né en 1940). Bien que ce nom ait parfois abrité la collaboration de Daniel Bertolino, c’est Yves Chantepie qui en demeure le pivot et l’auteur le plus prolifique.

Un maître de la collection « Anticipation »

Sous la signature de Dan Dastier, Yves Chantepie s’est imposé comme l’un des piliers des éditions du Fleuve Noir, et plus particulièrement de la célèbre collection « Anticipation ». Entre 1972 et 1987, il y publie pas moins de trente-quatre romans de science-fiction.

Son œuvre explore les thèmes classiques du genre — voyages spatiaux, mutations et sociétés futures — avec une efficacité narrative propre au format « de gare » de l’époque. Parmi ses titres les plus notables, on peut citer Les Déracinés d’Humania (1972), Les Portes du monde Alpha (1974) ou encore Zarnia, dimension folie (1975). Deux de ses ouvrages ont d’ailleurs été réédités dans la prestigieuse collection « Maîtres français de la SF » à la fin des années 1980.

Espionnage et roman policier

L’activité de l’auteur ne s’est pas limitée à la science-fiction. Sous ce même pseudonyme, il fut l’un des auteurs les plus actifs de la collection « Espionnage » du Fleuve Noir. Il est notamment le créateur du personnage de Frank Warden, agent de la CIA, dont les aventures se déclinent en quarante-trois volumes entre 1970 et 1982.

Il a également signé onze romans policiers dans la collection « Spécial Police », tels que Naufrages (1970) ou Le Dossier rouge (1980).

Identités multiples

Le travail d’Yves Chantepie est marqué par l’usage de plusieurs noms de plume, souvent partagés avec Daniel Bertolino. Outre Dan Dastier, on retrouve leur signature derrière les pseudonymes collectifs suivants :

Daniel Yves Chanbert : utilisé pour des romans de science-fiction publiés chez Albin Michel (Les Sirènes de Lusinia, 1974).

Marc Bréhal : utilisé pour une douzaine de romans dans la collection « Espiomatic » au Fleuve Noir.

Postérité

Bien que ses récits soient ancrés dans une époque de production de masse, Dan Dastier reste une référence pour les nostalgiques de l’« âge d’or » du Fleuve Noir. Sa capacité à naviguer entre les genres (polar, espionnage, anticipation) témoigne de la vitalité de la littérature de genre française durant les « Trente Glorieuses » de l’édition populaire.

Livres de Dan Dastier :

Jullian de Cerny :

  • Les replis du temps
  • La planète aux diamants
  • Les immortels de Cephalia
  • Les mutants de Pshuuria
  • Les sphères de Penta

Warden :

  • Bactéries pour un royaume
  • Parasites sur les Andes
  • Radars en péril
  • Cent lingots pour une guérilla
  • Warden tue le médiateur
  • Opération portes ouvertes

Au-delà des trouées noires
Dangereuse héroïne
Et les hommes voulurent mourir
L’enfant de Xena
L’ère des bonites
La louve de Thar-Gha
La métamorphose des Shaftes
Le feu de Klo-Ora
Le règne d’Astakla
Le secret d’Irgoun
Le sixième symbiote
Le soleil des Arians
Le talef d’Alkoria
Les androïdes meurent aussi
Les déracinés d’Humains
Les dieux maudits d’Alphéa
Les héritiers d’Antinéa
Les intemporels
Les maîtres de Gorka
Les portes du monde Alpha
Les secrets d’Hypnoz…
Les séquestrés de Kappa
Les vengeurs de Zylea
Même le plus doux des moutons
Messies pour l’avenir
Naïa de Zomkaa
Obsession Terzium 13
Shan-Aya
Stade zéro
Une autre éternité
Zarnia, dimension-folie

Pour en savoir plus sur Dan Dastier :

La page Wikipédia sur D. Dastier
La page Noosfere sur D. Dastier
La page isfdb de D. Dastier

Joël Houssin

Présentation de Joël Houssin :

Joël Houssin, né le 29 août 1953 à Paris et mort le 23 mars 2022 à Massy, est une figure majeure de la littérature de genre en France, ayant marqué aussi bien la science-fiction que le roman policier et l’écriture scénaristique.

Un pilier de la science-fiction française

Joël Houssin commence sa carrière littéraire dans les années 1970 par la science-fiction. Son style, souvent sombre, urbain et empreint d’une esthétique « rock », lui vaut rapidement la reconnaissance de ses pairs. Il reçoit le grand prix de l’Imaginaire à deux reprises : une première fois en 1986 pour Les Vautours, puis en 1992 pour Le Temps du twist. Entre-temps, il décroche le prestigieux prix Apollo en 1990 pour son roman Argentine.

Outre ses propres romans, il participe à l’aventure des collections populaires du Fleuve Noir et contribue, sous le pseudonyme collectif de Zeb Chillicothe, à la série de science-fiction post-apocalyptique JAG.

Le créateur du « Dobermann »

En 1981, Joël Houssin se tourne vers le polar avec la création d’un personnage qui deviendra culte : le Dobermann. Chef d’une bande de braqueurs ultra-violents, ce personnage est le héros d’une longue série de romans publiés dans la collection « Spécial Police » du Fleuve Noir.

Cette saga rencontre un immense succès et sera adaptée au cinéma en 1997 par Jan Kounen, avec Vincent Cassel dans le rôle-titre. Houssin signe lui-même le scénario de cette adaptation, qui marquera le paysage du cinéma de genre français par son esthétique nerveuse et provocatrice.

Une carrière prolifique à la télévision

À partir des années 1990, l’auteur s’éloigne progressivement de l’édition pour se consacrer à l’écriture de scénarios pour la télévision. Il devient l’un des scénaristes les plus sollicités pour les grandes séries policières françaises, travaillant notamment sur Commissaire Moulin ou Les Bœuf-carottes, série qu’il a créée.

Il ne délaisse pas pour autant ses racines fantastiques, comme en témoigne la création de la série David Nolande (2006) pour France 2, qui mêle enquête et prémonitions surnaturelles, ou encore la mini-série Éternelle (2009).

Fin de carrière

Après plusieurs années de silence littéraire, Joël Houssin revient en librairie en 2012 avec Loco (éditions Ring), une réécriture radicale de son premier roman, Locomotive rictus.

Écrivain au style percutant et visionnaire, Joël Houssin laisse derrière lui une œuvre protéiforme qui a su jeter des ponts entre la littérature populaire et la culture visuelle contemporaine.

Livres de Joël Houssin :

Dobermann :

  • Le Dobermann américain
  • Les crocs du Dobermann
  • Le Dobermann et le Phénix
  • La nuit du Dobermann
  • Le Dobermann et les rastas
  • Plus noir qu’un dobermann
  • A la santé du Dobermann
  • L’ombre du Dobermann
  • Le Dobermann et le Cobra
  • Chassez le Dobermann
  • Le Dobermann et les balourds
  • Du suif pour le Dobermann
  • Faites pas pleurer le Dobermann !
  • Dobermann bastringue
  • Dix de der (1984)
  • Bille en tête
  • Comme un rat
  • Roulez jeunesse !
  • Bras de fer

Gore :

SCUM :

Angel felina (1981)
Argentine (1989)
Banlieues rouges (1989)
Blue (1982)
City (1983)
Game over (1983)
Le champion des mondes (1982)
Le chasseur (1983)
Le pronostiqueur (1981)
Le temps du twist
Les vautours
Lilith
Locomotive rictus
Masques de clown
Voyeur

Pour en savoir plus sur Joël Houssin :

La page Wikipédia sur J. Houssin
La page Noosfere sur J. Houssin
La page isfdb de J. Houssin

Benoît Becker

Présentation de Benoît Becker :

Benoît Becker n’est pas une personne réelle, mais un pseudonyme collectif utilisé principalement par les éditions Fleuve Noir dans les années 1950 et 1960.

Voici les éléments clés de cette « biographie » littéraire :

1 Une identité à plusieurs mains

Ce nom a été créé pour signer des romans de genre (science-fiction, fantastique, épouvante, policier) produits à un rythme industriel. Plusieurs auteurs célèbres ou reconnus ont écrit sous ce nom, notamment :

  • Jean-Claude Carrière : le célèbre scénariste et écrivain français.
  • Christiane Rochefort : femme de lettres connue pour Le Repos du guerrier.
  • Stéphane Jourat (de son vrai nom Stephan Jouravieff) : écrivain belge qui est sans doute l’utilisateur le plus prolifique du pseudonyme.
  • José-André Lacour : romancier et dramaturge belge.

2 Œuvre en Science-Fiction et Fantastique

Sous le nom de Benoît Becker, ces auteurs ont alimenté deux collections phares du Fleuve Noir :

  • « Angoisse » : C’est ici que le pseudonyme s’est illustré dans le fantastique et l’horreur avec des titres comme Le Chien des ténèbres, Expédition épouvante ou Terreur.
  • « Anticipation » : Bien que le pseudonyme Jean-Gaston Vandel soit plus emblématique de la SF chez cet éditeur (lui aussi un pseudonyme collectif, notamment pour Jean Libert et Gaston Vandenpanhuyse), Benoît Becker a également touché au genre.

3 La série des Frankenstein

L’une des contributions les plus célèbres signées Benoît Becker est une suite de romans consacrés au mythe de Frankenstein. Publiés dans les années 1950, ces livres (comme La Tour de Frankenstein, Le Pas de Frankenstein, etc.) ont été principalement écrits par Jean-Claude Carrière. Ils sont restés dans les mémoires comme une tentative originale de prolonger l’œuvre de Mary Shelley sous forme de feuilletons populaires.

En résumé

Benoît Becker incarne l’époque de l’âge d’or de la littérature de gare en France, où des auteurs de talent utilisaient des prête-noms pour publier des récits de divertissement rapides, efficaces et souvent très créatifs. Si vous cherchez un auteur précis derrière un livre de Benoît Becker, il faut souvent se référer à la date de publication pour identifier s’il s’agit du travail de Carrière, Jourat ou Lacour.

Livres de Benoît Becker :

Frankenstein :

Expédition épouvante (1954)
Guillotine pour demain (1956)
Terreur (1955)

Pour en savoir plus sur Benoît Becker :

La page Wikipédia sur B. Becker
La page Noosfere sur B. Becker
La page isfdb de B. Becker

Serge Brussolo

Présentation de Serge Brussolo :

Serge Brussolo est une figure singulière et prolifique de la littérature française contemporaine. Surnommé « l’ogre de la narration », il a bâti une œuvre monumentale touchant à tous les genres, du fantastique au thriller, en passant par la science-fiction et la littérature jeunesse.

Voici les grandes étapes de sa vie et de sa carrière.

Une jeunesse marquée par l’imaginaire

Né le 31 mai 1951 à Paris, Serge Brussolo connaît une enfance solitaire et difficile, souvent décrite comme étouffante. C’est dans cette atmosphère qu’il développe un imaginaire débordant, qu’il utilise d’abord comme un refuge avant d’en faire sa profession.

Après des études de lettres et de psychologie, il commence à écrire de manière compulsive. Ses premiers textes sont refusés par de nombreux éditeurs, car ils ne rentrent dans aucune case préétablie de la littérature de genre de l’époque.

L’ascension d’un maître de l’insolite

C’est à la fin des années 1970 que sa carrière décolle véritablement. Il s’impose d’abord dans le milieu de la science-fiction et du fantastique avec des nouvelles et des romans qui frappent par leur originalité visuelle et leur cruauté onirique.

  • 1979 : Il reçoit le Grand Prix de l’imaginaire pour sa nouvelle Funnyway.
  • Les années 1980 : Il publie des chefs-d’œuvre tels que Sommeil de sang, Portrait du diable en chapeau de roue ou encore Carnaval de fer.

Son style se caractérise par des images surréalistes saisissantes : des architectures vivantes, des objets qui mutent et des sociétés régies par des lois absurdes mais implacables.

Le tournant vers le thriller et le succès populaire

Dans les années 1990, Brussolo diversifie sa production. Tout en continuant d’explorer l’imaginaire, il s’attaque au roman policier et au thriller psychologique. Il y déploie la même efficacité narrative, avec un sens aigu du suspense et du malaise.

C’est également l’époque de ses plus grands succès publics, notamment avec :

  • Le Murmure des loups
  • La Moisson d’hiver (Prix du roman d’aventures en 1994)

Il prend également la direction littéraire des éditions du Fleuve Noir, où il insuffle un renouveau à la collection « Anticipation ».

La conquête du jeune public : Peggy Sue et les autres

Au début des années 2000, Serge Brussolo entame une carrière fulgurante en littérature jeunesse. La série Peggy Sue et les Fantômes devient un succès international, traduite dans de nombreuses langues. Il y raconte les aventures d’une jeune fille capable de voir des êtres invisibles et maléfiques (les « Invisibles ») qui tourmentent l’humanité.

Un style et une méthode uniques

La force de Brussolo réside dans sa capacité à produire des intrigues à un rythme effréné (parfois plusieurs romans par an). Son écriture est visuelle, presque cinématographique, privilégiant l’impact de l’image sur la psychologie complexe des personnages.

« J’écris pour me débarrasser des images qui m’encombrent l’esprit. » — Serge Brussolo.

Aujourd’hui, avec plus de cent soixante ouvrages à son actif, il reste l’un des auteurs français les plus originaux, capable de transformer n’importe quel décor banal en un cauchemar fascinant.

Livres de Serge Brussolo :

3 place de Byzance :

Agence 13 :

Almoha :

Anouna l’embaumeuse :

Conan Lord :

Cycle des ouragans :

D.E.S.T.R.O.Y :

Elodie et le Maître des rêves :

Frontière barbare :

Jehan de Montpéril :

La fille aux cheveux rouges :

La fille de l’archer :

Les animaux funèbres :

Les brigades du chaos :

Les chroniques de l’épouvante :

Les soldats du goudron :

Lina et la forêt des sortilèges :

Marion des Pierre :

Nouchka :

Oswald Caine :

Peggy Mitchum :

Peggy Sue et les fantômes :

Peggy Sue et le chien bleu :

Shag l’idiot :

Sigfrid et les mondes perdus :

Intégrales :

A l’image du dragon (1982)
Abîmes (1993)
Anatomik (2019)
Armés et dangereux (1993)
Aussi lourd que le vent (1981)
Boulevard des banquises (1990)
Catacombes (1986)
Cauchemar à louer (2001)
Ce qui mordait le ciel… (1984)
Cendres vives (2020)
Ceux qui dorment en ces murs (2007)
Cheval rouge (2017)
Crache-béton (1984)
Danger, parking miné ! (1986)
De l’autre côté du mur des ténèbres (1993)
Enfer vertical en approche rapide (1985)
Hurlemort (1993)
L’armure maudite (1992)
L’héritier des abîmes (2009)
L’homme aux yeux de napalm (1990)
L’oiseau des tempêtes (2016)
La chambre indienne (2000)
La colère des ténèbres (1986)
La fenêtre jaune (2007)
La fille de la nuit (1996)
La main froide (1995)
La maison des murmures (2005)
La moisson d’hiver (1994)
La nuit du bombardier (1989)
La nuit du venin (1987)
La planète des ouragans (1987)
La porte d’ivoire (2018)
La princesse noire
(2004)
La route de Santa Anna (2014)
La route obscure (1993)
Le carnaval de fer (1983)
Le chateau d’encre (1988)
Le chien de minuit (1994)
Le hasard et la nuit (2020)
Le livre du grand secret (1999)
Le masque d’argile (2008)
Le murmure des loups (1990)
Le nuisible (1982)
Le puzzle de chair (1983)
Le sourire noir (1994)
Le syndrome du scaphandrier (1992)
Le vent noir (1991)
Le vestiaire de la reine morte (2010)
Le visiteur sans visage (1994)
Le voleur d’icebergs (1988)
Les bêtes (1990)
Les bêtes enracinées (1984)
Les cavaliers de la pyramide (2012)
Les démoniaques (1991)
Les emmurés (1990)
Les geôliers (2017)
Les louvetiers du roi (2010)
Les lutteurs immobiles (1983)
Les ombres du jardin (1996)
Les sentinelles d’Almoha (1981)
Ma vie chez les morts (1996)
Mange-monde (1993)
Portrait du diable en chapeau melon (1982)
Procédure d’évacuation immédiate des musées fantômes (1987)
Rinocérox (1992)
Soleil de soufre (1999)
Sommeil de sang (1982)
Tambours de guerre (2015)
Trajets et itinéraires de l’oubli (1981)
Traque-la-mort (1982)
Vue en coupe d’une ville malade (1980)

Pour en savoir plus sur Serge Brussolo :

La page Wikipédia sur S. Brussolo
La page Noosfere sur S. Brussolo
La page isfdb de S. Brussolo

Jean-Marc Lofficier

Présentation de Jean-Marc Lofficier :

Jean-Marc Lofficier est une figure singulière et polyvalente de la culture populaire française et anglo-saxonne. Écrivain, traducteur, éditeur et scénariste, il a consacré sa carrière à bâtir des ponts entre la France et les États-Unis, particulièrement dans les domaines de la science-fiction, du fantastique et de la bande dessinée.

Voici les grandes étapes de son parcours :

Un pont culturel entre la France et les États-Unis

Né en 1954 à Toulon, Jean-Marc Lofficier s’installe aux États-Unis dès les années 1970. Cette expatriation marque le début d’une double carrière.

  • Ambassadeur de la BD française : Avec son épouse Randy Lofficier, il a traduit et fait découvrir au public américain des chefs-d’œuvre de la bande dessinée européenne, notamment les œuvres de Moebius (Jean Giraud), dont il a longtemps été l’agent et l’adaptateur pour Marvel Comics.
  • Expert des Comics en France : Inversement, il a été l’un des principaux vulgarisateurs de l’univers Marvel et DC en France à travers ses articles, ses critiques et ses travaux de traduction.

Un auteur de l’imaginaire

En tant qu’écrivain, Lofficier se distingue par son amour pour la « pop-culture » classique et l’uchronie.

Scénariste de BD et de télévision

Il a écrit pour des séries emblématiques, tant pour le petit écran que pour le papier :

  • Télévision : Il a contribué à des séries cultes comme The Real Ghostbusters ou encore la version animée de DuckTales (La Bande à Picsou).
  • Bandes dessinées : Il a travaillé pour les plus grands éditeurs (Marvel, DC, Image, IDW). On lui doit notamment des épisodes de Doctor Strange, What If? ou encore le crossover culte Superman’s Metropolis.

Littérature et le concept de « Shadowmen »

Dans ses romans et anthologies, il a développé un concept fascinant : le Shadowmen. Il s’agit de revisiter les héros de la littérature populaire française du début du XXe siècle (Fantômas, Arsène Lupin, Nyctalope, Robur le Conquérant) en les intégrant dans un univers partagé, à la manière des super-héros modernes.

Fondateur de Rivière Blanche

En 2004, il fonde Rivière Blanche (Black Coat Press aux USA), une maison d’édition qui se donne pour mission de :

  • Rééditer des classiques oubliés de la science-fiction française (souvent issus de la collection culte Fleuve Noir Anticipation).
  • Publier de nouveaux auteurs s’inscrivant dans cette tradition du « merveilleux scientifique ».
  • Traduire des œuvres françaises de SF en anglais pour le marché international.

En résumé : Un héritier de Jules Verne et de Stan Lee

Jean-Marc Lofficier est avant tout un archiviste du futur. Son œuvre est une lettre d’amour constante à l’imaginaire du XXe siècle. Il a reçu, avec sa femme Randy, un Inkpot Award au Comic-Con de San Diego en 1990 pour sa contribution exceptionnelle au monde de la bande dessinée et de la science-fiction.

Livres de Jean-Marc Lofficier :

Bruno Condor :

Les compagnons de l’ombre :

Intégrales :

Crépuscule vaudou (2008)
L’ombre de Judex (2013)
Les survivants de l’humanité (2004)

Pour en savoir plus sur Jean-Marc Lofficier :

La page Wikipédia sur J.-M. Lofficier
La page Noosfere sur J.-M. Lofficier
La page isfdb de J.-M. Lofficier

David J. Skal

Présentation de David J. Skal :

David J. Skal était un écrivain, critique et historien de la culture américain, mondialement reconnu pour ses analyses approfondies du cinéma d’horreur et de la littérature gothique. Son travail a transformé la perception du genre horrifique, le faisant passer du simple divertissement de série B à un objet d’étude sociologique et culturel sérieux.

Jeunesse et débuts

Né le 21 juin 1952 à Garfield Heights, dans l’Ohio, David John Skal manifeste très tôt un intérêt pour le fantastique. Il étudie le journalisme à l’université d’Akron, dont il sort diplômé en 1974. Il débute sa carrière littéraire par la science-fiction, publiant des romans tels que Scavengers (1980) et When We Were Orphane (1981), avant de se tourner vers sa véritable passion : l’histoire culturelle.

L’analyse du monstre comme miroir social

Le tournant de sa carrière survient en 1990 avec la publication de son ouvrage séminal, The Horror Show (publié en France sous le titre Hollywood, la cité des horreurs). Dans ce livre, Skal développe une thèse audacieuse : les monstres du cinéma ne sont pas de simples créatures effrayantes, mais les reflets des angoisses de leur époque.

  • Dracula et Frankenstein : Il analyse comment ces figures ont incarné les peurs liées à la sexualité, à la science et à la Grande Dépression.
  • La culture de la peur : Il a exploré comment les traumatismes de guerre et les crises sanitaires (comme l’épidémie de sida) ont influencé l’évolution du genre gore et corporel.

Œuvres majeures et contributions

Skal est également l’auteur de la biographie de référence de l’auteur de Dracula : Something in the Blood: The Untold Story of Bram Stoker (2016). Ce livre a été salué pour sa mise en lumière des complexités psychologiques et sociales de Stoker dans l’Angleterre victorienne.

Parmi ses autres contributions notables, on retient :

  • Screams of Reason: Mad Science and Modern Culture (1998) : Une étude sur la figure du « savant fou ».
  • Death Makes a Holiday: A Cultural History of Halloween (2002) : Une exploration des racines et de l’évolution commerciale de la fête d’Halloween.

Au-delà de l’écriture, il a collaboré à de nombreuses éditions DVD de classiques de chez Universal (les Universal Monsters), produisant et apparaissant dans des documentaires qui font aujourd’hui autorité sur l’histoire des studios.

Fin de vie

David J. Skal s’est éteint tragiquement le 1er janvier 2024, à la suite d’un accident de la route à Glendale, en Californie. Il laisse derrière lui une œuvre monumentale qui continue d’influencer les chercheurs et les passionnés de fantastique à travers le monde.

Livres de David J. Skal :

Les croque-morts (1980)

Pour en savoir plus sur David J. Skal :

La page Wikipédia sur D. J. Skal
La page Noosfere sur D. J. Skal
La page isfdb de D. J. Skal

Yann Quero

Présentation de Yann Quero :

Né en 1966, Yann Quero suit un parcours académique d’une grande richesse qui influencera directement la profondeur de ses récits. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), il se tourne également vers l’étude des civilisations asiatiques en apprenant le japonais et le vietnamien à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Cette double compétence, alliant l’analyse politique et la connaissance des cultures lointaines, lui permet de construire des univers romanesques où la géopolitique et l’anthropologie occupent une place centrale.

Un maître de l’imaginaire engagé

Yann Quero s’est imposé dans le paysage littéraire francophone comme un auteur polyvalent, explorant principalement la science-fiction, l’uchronie et le fantastique. Son œuvre est profondément marquée par une préoccupation écologique majeure : il est l’une des figures de proue de la « Climate Fiction » (ou cli-fi) en France.

Dans ses romans, il interroge souvent la responsabilité de l’homme face à son environnement. Son ouvrage L’Ère de la Terreur illustre parfaitement cette thématique en dépeignant une humanité confrontée à des dérèglements climatiques extrêmes. Parallèlement, il explore les bifurcations de l’histoire à travers l’uchronie, comme dans Le Procès de l’Homme Blanc, où il propose une relecture audacieuse des rapports de force postcoloniaux.

L’art de l’anthologie et de la transmission

Au-delà de sa plume de romancier, Yann Quero est un acteur essentiel de l’édition de genre en France. Il collabore étroitement avec les éditions Arkuiris, pour lesquelles il dirige de nombreuses anthologies thématiques. Ces recueils, qu’il coordonne avec rigueur, permettent de faire émerger de nouvelles voix de l’imaginaire tout en explorant des sujets de société cruciaux, tels que l’intelligence artificielle, les crises sanitaires ou les enjeux énergétiques de demain.

Une œuvre protéiforme

Son style se caractérise par une volonté constante de mêler le divertissement narratif à la réflexion philosophique. Qu’il traite de la mythologie aztèque dans Le Sang d’Aztlan ou qu’il imagine le futur de l’humanité dans ses nombreux recueils de nouvelles, il cherche à bousculer les certitudes de ses lecteurs. Ses écrits sont une invitation à repenser notre présent pour mieux appréhender les futurs possibles.

Livres de Yann Quero :

L’avenir ne sera plus ce qu’il était (2010)
Les bulles du diable (2018)
Les maladies du futur (2013)
Planète 7 (2017)

Pour en savoir plus sur Yann Quero :

La page Wikipédia sur Y. Quero
La page Noosfere sur Y. Quero
La page isfdb de Y. Quero

John Jakes

Présentation de John Jakes :

John Jakes était un titan de la littérature populaire américaine, souvent surnommé « le parrain du roman historique de gare », bien qu’il ait commencé sa carrière et forgé son imagination dans les pages des magazines de science-fiction et de fantasy.

Voici un tour d’horizon de sa vie et de sa carrière, de l’espace intersidéral aux champs de bataille de la guerre de Sécession.

Jeunesse et débuts dans la « Pulp Fiction »

Né le 31 mars 1932 à Chicago, John Edward Jakes commence à écrire très tôt. Dès l’âge de 18 ans, il vend sa première nouvelle à un magazine de science-fiction.

  • Formation : Il étudie l’écriture créative à l’université DePauw et obtient une maîtrise en littérature américaine à l’université d’État de l’Ohio en 1954.
  • Double vie : Pendant des années, il travaille dans la publicité le jour tout en écrivant des histoires de genre la nuit (SF, fantastique, policier, western).

L’empreinte Science-Fiction et Fantasy

Bien qu’il soit aujourd’hui mondialement connu pour ses fresques historiques, Jakes a laissé une trace indélébile dans l’imaginaire des années 60 et 70.

  • Brak le Barbare : Créé en 1963, ce personnage est l’une de ses contributions les plus célèbres. Inspiré par le Conan de Robert E. Howard, Brak est devenu une icône de la « Sword and Sorcery » (Heroic Fantasy).
  • Thématiques SF : Il a écrit de nombreux romans de SF, comme Six-Gun Planet (un western spatial) ou On Wheels (une dystopie sur une société vivant perpétuellement dans des véhicules).
  • Style : Son passage par la SF lui a appris à construire des mondes complexes et à maintenir un rythme narratif soutenu, des compétences qu’il transposera plus tard dans l’histoire.

Le tournant historique : Le succès planétaire

C’est en 1974 que sa vie bascule avec le lancement de La Saga des Kent (The Kent Family Chronicles), écrite pour célébrer le bicentenaire des États-Unis.

  • Un record : Il devient le premier écrivain à avoir trois livres sur la liste des best-sellers du New York Times au cours d’une même année.
  • Nord et Sud : Dans les années 80, il publie la trilogie Nord et Sud, une épopée monumentale sur la guerre de Sécession. L’adaptation télévisée avec Patrick Swayze a connu un succès mondial immense.

Style et héritage

John Jakes était réputé pour son travail de recherche méticuleux. Qu’il décrive une planète imaginaire ou la bataille de Gettysburg, il cherchait une authenticité totale pour ancrer ses personnages (souvent des gens ordinaires pris dans des événements extraordinaires).

  • Décès : Il s’est éteint le 11 mars 2023 à Sarasota, en Floride, à l’âge de 90 ans.
  • Héritage : Il a vendu plus de 120 millions d’exemplaires de ses livres à travers le monde.

Livres de John Jakes :

Nord et Sud :

Planète à six-coups (1970)

Pour en savoir plus sur John Jakes :

La page Wikipédia sur J. Jakes
La page Noosfere sur J. Jakes
La page isfdb de J. Jakes

Katy Hall

Présentation de Katy Hall :

Katy Hall est une auteure américaine de littérature pour la jeunesse, principalement connue sous le nom de Kate Hall McMullan.

Voici sa biographie :

  • Jeunesse et formation : Née et élevée à Saint-Louis, dans le Missouri, Kate Hall était passionnée par la lecture dès l’enfance. Après ses études universitaires, elle a obtenu une maîtrise en éducation de la petite enfance.
  • Carrière d’enseignante : Elle a enseigné le CM1 dans une école de Los Angeles et sur une base de l’armée de l’air américaine en Allemagne. C’est en lisant à ses élèves qu’elle a développé le désir d’écrire ses propres histoires pour enfants.
  • Débuts dans l’écriture : Pour pouvoir se consacrer davantage à l’écriture, elle a déménagé à New York et a travaillé dans le secteur de l’édition, écrivant le soir.
  • Vie personnelle et professionnelle : En 1979, elle a épousé l’illustrateur Jim McMullan, et elle a commencé à écrire des livres pour enfants, dont plusieurs ont été illustrés par son mari.
  • Œuvre : Elle a commencé sa carrière d’auteure en 1975. Vingt-cinq ans plus tard, elle avait publié plus de cinquante ouvrages pour la jeunesse, sous son nom ou sous divers pseudonymes. Elle est l’auteure de plus de 75 livres pour enfants. Son œuvre la plus célèbre en France est la série de romans jeunesse « L’École des Massacreurs de Dragons » (Dragon Slayers’ Academy), pour laquelle elle a déclaré s’être directement inspirée de sa propre expérience de collégienne.
  • Activités actuelles : Elle continue d’écrire et enseigne à la School of Continuing and Professional Studies de l’Université de New York. Ses livres ont reçu plusieurs distinctions, dont le Parents’ Choice Award.

Livres de Katy Hall :

Les parents de la 13e dimension (1997)

Pour en savoir plus sur Katy Hall :

La page Wikipédia sur K. Hall
La page Noosfere sur K. Hall
La page isfdb de K. Hall

Vincent King

Présentation de Vincent King :

Vincent King est le nom de plume de Rex Thomas Vinson, un auteur, artiste et enseignant britannique, principalement reconnu pour ses contributions au genre de la science-fiction à la fin des années 1960 et au début des années 1970.

Repères biographiques

  • Identité et Carrière : Rex Thomas Vinson est né le 22 octobre 1935 à Falmouth, dans les Cornouailles, en Angleterre. En plus de sa carrière d’écrivain, il a exercé les métiers de professeur de lettres et d’artiste (notamment professeur d’art) dans sa région natale.
  • Pseudonyme : Il a utilisé le nom de plume Vincent King, « King » (roi en anglais) étant un probable jeu de mots sur son prénom de naissance « Rex » (roi en latin).
  • Décès : Il est décédé en mai 2000 à Camborne-Redruth, dans les Cornouailles, à l’âge de 64 ans.

L’Œuvre de science-fiction

Vincent King a été un auteur prolifique durant une période courte mais intense. Ses romans, bien que peu nombreux, ont été publiés par d’importantes maisons d’édition en Angleterre et aux États-Unis, et certains ont été traduits en français, espagnol et allemand.

Style

Le critique John Clute, dans The Encyclopedia of Science Fiction, décrit l’œuvre de King comme ayant tendance à « combiner des éléments d’aventure de science-fiction épique et grotesque avec une obscurité du coloris émotionnel typiquement anglaise… et une tendance aux conclusions pessimistes ». Ses récits explorent souvent des thèmes de dystopie, de déclin social et de survie dans des mondes post-apocalyptiques ou contrôlés par la machine.

Romans

Ses quatre romans ont été traduits et publiés en français sous les titres suivants :

  • Une dernière lueur (1969, Light a Last Candle)
  • Candy Man (1971) : Son roman le plus célèbre. Il met en scène le mystérieux « Candy Man » qui parcourt une mégapole en ruines, utilisant de la barbe à papa droguée pour réveiller les esprits lobotomisés et les inciter à la rébellion contre les « Éducateurs » et la « Deep Machine ».
  • Another End (1971)
  • Superclown et le Serpent du Temps (1976, Time Snake and Superclown)

Nouvelles

Vincent King a également publié plusieurs nouvelles dans la série d’anthologies britanniques New Writings in SF de John Carnell, dont :

  • « Defense Mechanism » (1966)
  • « The Wall to End the World » (1967)
  • « Testament » (1968)
  • « The Eternity Game » (1969)

Livres de Vincent King :

Candy man (1971)
Superclown et le serpent du temps (1976)
Une dernière lueur (1969)

Pour en savoir plus sur Vincent King :

La page Wikipédia sur V. King
La page Noosfere sur V. King
La page isfdb de V. King