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L’enfant de la science par Robert A. Heinlein
Fiche de L’enfant de la science
Titre : L’enfant de la science
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1942
Traduction : A. de Myn
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de L’enfant de la science
« HAMILTON FELIX s’arrêta au treizième étage du ministère des Finances, tourna à gauche et s’avança jusqu’à une porte sur laquelle on lisait :
BUREAU DES STATISTIQUES ÉCONOMIQUES
SERVICED’ANALYSE ET DE PRONOSTIC
Directeur
PRIVÉ
Il frappa suivant un signal convenu et attendit le contrôle visuel. L’attente ne fut pas longue ; la porte s’ouvrit et une voix dit :
« Entrez, Felix. »
Il entra dans le bureau, jeta un coup d’œil à son interlocuteur et remarqua :
« Avec vous, cela fait quatre-vingt-dix-huit.
— Quatre-vingt-dix-huit quoi ?
— Quatre-vingt-dix-huit figures d’enterrement que je rencontre depuis vingt minutes. C’est un jeu que je viens d’inventer. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « L’enfant de la science. »
L’âge des étoiles par Robert A. Heinlein
Fiche de L’âge des étoiles
Titre : L’âge des étoiles
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1956
Traduction : H. Bouboulis
Editeur : Pocket
Première page de L’âge des étoiles
« L’institut de recherches prospectives
D’après leurs biographies, les enfants privilégiés par le destin avaient leur voie toute tracée de leur naissance à leur mort. Le petit Napoléon, pieds nus dans sa Corse natale, prévoyait déjà comment il allait gouverner la France. C’était à peu près la même chose pour Alexandre le Grand. Quant à Einstein, il marmonnait des équations au berceau.
C’est peut-être vrai. Moi, en tout cas, j’ai plutôt suivi tant bien que mal le cours des événements.
Dans un vieux livre qui appartenait à mon arrière-grand-père Lucas, j’ai vu un jour l’image d’un homme en tenue de soirée au sommet d’un tremplin de ski. Il avait une expression perplexe comme s’il se demandait avec perplexité : « Mais comment ai-je fait pour monter jusque-là ? »
Extrait de : R. A. Heinlein. « L’Age des étoiles. »
Job : une comédie de justice par Robert A. Heinlein
Fiche de Job
Titre : Job : une comédie de justice
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1984
Traduction : M. Demuth
Editeur : J’ai lu
Première page de Job
« La fosse ardente mesurait environ sept mètres et demi de long sur trois de large et elle était peut-être profonde de soixante centimètres. Le feu brûlait depuis des heures. Le lit de braises dégageait un souffle de chaleur presque insupportable, même là où je me tenais, à cinq mètres sur le côté, au deuxième rang des touristes.
J’avais cédé mon siège au premier rang à l’une des dames du bateau, trop heureux de m’abriter derrière sa volumineuse personne. Je résistais même à l’envie de battre en retraite encore un peu plus loin… mais je tenais à bien voir les marcheurs du feu. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’assister à un miracle.
— C’est truqué, dit le Grand Voyageur. Vous allez voir. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Job : une comédie de justice. »
Jackpots par Robert A. Heinlein
Fiche de Jackpots
Titre : Jackpots
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 2011
Traduction : J.-P. Pugi, E. Picholle, A. Villers
Editeur : ActuSF
Sommaire de Jackpots
- Sous le poids des responsabilités
- Solution non satisfaisante
- La création a pris huit jours
- Une année faste
Première page de Sous le poids des responsabilités
« — Le commandant convoque tous les pilotes de torches au rapport !
L’appel résonna à l’intérieur de la base orbitale terrestre et Joe Appleby ferma le robinet de la douche pour mieux l’entendre.
— Vous pouvez y aller, les gars, ça ne me concerne pas, dit-il sur un ton joyeux. Mais je ferais mieux de filer avant qu’ils ne suppriment toutes les perms.
Il s’habilla et s’éloigna rapidement dans une coursive. Il se trouvait dans l’anneau externe de la base. Les lentes révolutions de cette roue gigantesque suspendue dans l’espace créaient une gravité artificielle qui lui permettait d’adhérer au sol. Alors qu’il atteignait ses quartiers, les haut-parleurs répétèrent :
— Le commandant convoque tous les pilotes de torches au rapport. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Jackpots. »
Etoiles, garde à vous ! par Robert A. Heinlein
Fiche de Etoiles, garde à vous !
Titre : Etoiles, garde à vous !
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1959
Traduction : M. Demuth
Editeur : J’ai lu
Première page de Etoiles, garde à vous !
« A chaque fois, avant de sauter, j’ai les chocottes. J’ai eu droit à la préparation hypnotique et à toutes les injections et, raisonnablement, on pourrait penser que je ne peux pas avoir peur. Le psychiatre du vaisseau, qui a analysé mes ondes cérébrales et qui m’a posé des tas de questions idiotes pendant que je dormais, m’a dit que ça n’a rien à voir avec la peur, que c’est un peu comme le tremblement d’un cheval de course dans le starting-gate.
Pour ça, je ne peux pas dire. Je n’ai jamais été dans la peau d’un cheval de course. Ça ne change rien : j’ai bêtement la trouille, chaque fois. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Étoiles, garde-à-vous !. »
En terre étrangère par Robert A. Heinlein
Fiche de En terre étrangère
Titre : En terre étrangère
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1961
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Robert Laffont
Première page de En terre étrangère
« Il était une fois un Martien du nom de Valentin Michaël Smith.
Les membres de la première expédition humaine vers Mars furent choisis selon la théorie que le plus grand danger pour l’homme, c’est l’homme lui-même. En ce temps-là, huit années après l’établissement de la première colonie sur Luna, les voyages interplanétaires humains dépendaient encore de trajectoires orbitales – deux cent cinquante-huit jours terrestres de Terra à Mars et autant pour le retour, sans compter quatre cent cinquante-cinq jours d’attente sur Mars pour que les planètes se retrouvent dans une position réciproque favorable à la trajectoire du retour.
L’Envoy ne pouvait faire le voyage qu’en se réapprovisionnant à une station spatiale. De Mars, il pourrait revenir… s’il ne s’écrasait pas à l’arrivée, si l’on trouvait de l’eau pour remplir ses réservoirs, si mille autres choses se passaient comme prévu. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « En terre étrangère. »
En route pour la gloire par Robert A. Heinlein
Fiche de En route pour la gloire
Titre : En route pour la gloire
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1963
Traduction : J. de Tersac
Editeur : Gallimard
Première page de En route pour la gloire
« Je connais un endroit où il n’y a pas de brouillard, pas de problèmes de stationnement et pas de surpopulation… pas de guerre froide, pas de bombes à hydrogène et pas de publicité à la télévision… pas de conférence au sommet, pas d’aide aux pays étrangers, pas d’impôts indirects, et pas d’impôt sur le revenu. Il y règne le climat que prétendent avoir la Floride et la Californie (mais qu’aucune de ces deux régions ne possède vraiment), le pays est aimable, les habitants y sont amicaux et hospitaliers à l’égard des étrangers, les femmes y sont magnifiques et étonnamment soucieuses de plaire…
Je pourrais y retourner. Je pourrais…
Cela se passait pendant une de ces années d’élection, avec les campagnes habituelles (quoi que vous puissiez faire, moi, je suis capable de faire mieux), sur un bruit de fond de spoutniks lançant dans l’espace leurs bip-bip. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « En route pour la gloire. »
Double étoile par Robert A. Heinlein
Fiche de Double étoile
Titre : Double étoile
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1956
Traduction : M. Chrestien
Editeur : Gallimard
Première page de Double étoile
« Si quelqu’un fait son entrée, vêtu comme un cul-terreux et qu’il se conduit comme si la maison lui appartenait, pas de doute, c’est un astronavigateur. Obligatoire ! Le métier fait croire qu’on est le maître de la création. Et quand un « navigateur » pose le pied sur le plancher des vaches, c’est comme s’il venait en visite chez des paysans. Pour ce qui est du manque d’élégance, l’homme qui passe le plus clair de son temps habillé d’un uniforme, qui est plus habitué aux profondeurs de l’espace qu’à celles de la civilisation, ne peut pas être bien mis. Il est la proie rêvée de ces prétendus tailleurs qui champignonnent autour des astroports, toujours en train de vous proposer des « tenues de sol ». »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Double étoile. »
Destination Outreterres par Robert A. Heinlein
Fiche de Destination Outreterres
Titre : Destination Outreterres
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1955
Traduction : P. Imbert
Editeur : Hachette
Première page de Destination Outreterres
« La foule en mouvement
Au lycée Patrick-Henry1, une lumière rouge clignotait sur le tableau d’affichage, devant l’amphithéâtre 1712-A. Rod Walker se fraya un chemin parmi un groupe d’élèves, tâchant de voir ce que signifiait cet avis. Il reçut un coup de coude à l’estomac, suivi d’un : « Hé ! Arrête de pousser.
— Désolé. Détends-toi, Jimmy. » Rod lui fit une clé de bras, sans exercer de pression, avant de tendre le cou pour regarder par-dessus la tête de Jimmy Throxton. « Qu’est-ce qu’il y a, au tableau ?
— Pas de cours aujourd’hui.
— Pourquoi ça ? »
Près du tableau, une voix lui répondit. « Parce que demain, c’est Ave César, ceux qui vont mourir te…
— Et alors ? » Rod sentit son estomac se nouer, comme toujours avant un examen. Quelqu’un s’écarta, et il parvint enfin à lire l’avis :
LYCÉE PATRICK-HENRY
Département des études sociales
AVIS à tous les étudiants du cours 410 (séminaire facultatif de dernière année), survie avancée, Dr Matson, 1712-A MWF. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « Destination Outreterres. »
D’une planète à l’autre par Robert A. Heinlein
Fiche de D’une planète à l’autre
Titre : D’une planète à l’autre
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1951
Traduction : M. Chavanon
Editeur : Mame
Première page de D’une planète à l’autre
« NEW-MEXICO
« Doucement, mon garçon, doucement ! »
Don Harvey tira sur la bride d’un petit poney bien râblé. D’habitude Flemmard méritait son nom, mais aujourd’hui il était tout frémissant. Don ne pouvait vraiment pas l’en blâmer. Il faisait un temps comme on en voit seulement au Nouveau-Mexique, lorsque le ciel a été nettoyé par une brusque averse ; un morceau d’arc-en-ciel s’estompait dans le lointain. Le ciel était trop bleu, l’horizon semblant s’être rapproché avait des contours trop précis et tout paraissait irréel. Une paix inimaginable était suspendue au-dessus de la terre, on sentait que quelque chose de merveilleux allait arriver.
« Nous avons toute la journée devant nous, dit Don en calmant sa monture, ne te fais pas de mousse inutilement. Il y a une côte très raide devant nous. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « D’une planète à l’autre. »