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Nobliaux et sorcières par Terry Pratchett

Fiche de Nobliaux et sorcières

Titre : Nobliaux et sorcières (Tome 14 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1992
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Nobliaux et sorcières

« Suite du feuilleton…

Où situer le début ?

Les débuts sont très rares. Oh, certaines initiatives passent pour tels. Le rideau se lève, le premier pion avance d’une case, le premier coup de feu est tiré[1] – mais ce n’est pas le début, non. La pièce, la partie ou la guerre n’est qu’une lucarne sur un ruban d’événements qui peuvent remonter à des millénaires. Le fait est là, il existe toujours quelque chose avant. Il s’agit toujours d’une suite du feuilleton.

L’humanité a déployé des trésors d’ingéniosité pour découvrir l’Avant initial.

L’état actuel des connaissances peut se résumer à ceci :

Au commencement, il n’y avait rien, et ce rien a explosé.

D’autres théories sur le début initial invoquent des dieux créant l’univers à partir des côtes, entrailles et testicules de leurs pères[2]. De telles théories abondent. Elles sont intéressantes, non pour ce qu’elles nous apprennent sur la cosmologie, mais pour ce qu’elles révèlent des gens. Hé, les mecs, à partir de quoi ils ont créé votre ville, d’après vous ? »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Nobliaux et sorcières. »

Les petits dieux par Terry Pratchett

Fiche de Les petits dieux

Titre : Les petits dieux (Tome 13 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1992
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Les petits dieux

« PRENONS l’aigle et la tortue.

La tortue dite terrestre – puisqu’il en existe une espèce marine – vit sur terre, comme son nom l’indique. Impossible de vivre plus près de la terre sans passer dessous. Son horizon ne s’étend guère au-delà de quelques pas. Sa vitesse de pointe excède tout juste celle nécessaire pour prendre une laitue en chasse. Pendant que le reste de l’évolution la dépassait, elle a survécu en n’étant dans l’ensemble dangereuse pour personne et consommable qu’au prix de mille peines.

L’aigle, maintenant. Un animal aérien, un animal des cimes, dont l’horizon s’étend jusqu’au bord du monde. Une vue assez perçante pour repérer à un kilomètre le frémissement d’une petite bête couinante. La puissance et la maîtrise incarnées. La mort instantanée sur ailes. Assez de serres et de griffes pour faire son repas de tout ce qui est plus petit et prendre au moins un morceau sur le pouce de tout ce qui est plus gros. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Les petits dieux. »

Mécomptes de fées par Terry Pratchett

Fiche de Mécomptes de fées

Titre : Mécomptes de fées (Tome 12 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1991
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Mécomptes de fées

« VOICI LE DISQUE-MONDE qui navigue dans l’espace sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande A’Tuin, la tortue stellaire.

Autrefois un tel univers passait pour exceptionnel, voire impossible.

Mais… tout était si simple, autrefois.

L’univers baignait alors dans l’ignorance, et le savant le passait à la bâtée tel un prospecteur accroupi au-dessus d’une rivière de montagne, cherchant l’or de la connaissance parmi les graviers de la déraison, le sable de l’incertitude et les petits octopodes aquatiques poilus de la superstition.

De temps en temps il se relevait et lançait une phrase du genre : « Hourra, j’ai découvert la Troisième Loi de Boyle. » Et chacun de savoir où il en était. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Mécomptes de fées. »

Le faucheur par Terry Pratchett

Fiche de Le faucheur

Titre : Le faucheur (Tome 11 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1991
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Le faucheur

« LA DANSE MORRIS est commune à tous les mondes habités du multivers.

On la danse sous des cieux d’azur pour célébrer le réveil de la terre et sous des étoiles stériles parce que c’est le printemps et qu’avec un peu de chance le dioxyde de carbone se dégèlera une fois encore. Ce besoin impérieux anime aussi bien des créatures abyssales qui n’ont jamais vu le soleil que des citadins dont le seul contact avec les cycles de la nature remonte au jour où leur Volvo a écrasé un mouton.

Elle est dansée innocemment par de jeunes mathématiciens à la barbe hirsute au son d’un accordéon qui maîtrise mal Le Locataire de madame Widgery, et impitoyablement par des groupes tels que les Danseurs Morris Ninja de La Nouvelle-Ankh, capables des pires horreurs avec un simple mouchoir et une clochette.

Et on ne la danse jamais correctement.

Sauf sur le Disque-monde, monde plat porté à dos de quatre éléphants qui naviguent à travers l’espace sur la carapace de la Grande A’Tuin, la tortue stellaire. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Le faucheur. »

Les zinzins d’Olive Oued par Terry Pratchett

Fiche de Les zinzins d’Olive Oued

Titre : Les zinzins d’Olive Oued (Tome 10 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1990
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Les zinzins d’Olive Oued

« Voyez…

Voici l’espace. On l’appelle parfois l’ultime frontière.

(Sauf, bien entendu, qu’il ne peut exister d’ultime frontière, car il n’y aurait rien derrière à délimiter, on devrait donc parler de pénultième frontière…)

Et sur fond de lavis stellaire flotte une nébuleuse, immense et noire, où une géante rouge luit comme la folie des dieux.

Puis la lueur se précise comme le reflet d’un œil monstrueux qu’éclipse régulièrement le battement d’une paupière, les ténèbres dévoilent une nageoire, et la Grande A’Tuin, la tortue stellaire, fend le vide de l’espace.

Sur son dos, quatre éléphants géants. Sur leurs épaules, bordé d’eau, étincelant sous son minuscule soleil en orbite, en rotation majestueuse autour des montagnes de son Moyeu glacé, repose le Disque-monde, à la fois monde et miroir des mondes. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Les zinzins d’Olive-Oued. »

Eric par Terry Pratchett

Fiche de Eric

Titre : Eric (Tome 9 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1990
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Eric

« Grosses et noires sont les abeilles de la Mort, grave et lugubre leur bourdonnement ; elles entreposent leur miel dans des rayons de cire aussi blancs que des cierges d’autel. Le miel est lui-même noir comme la nuit, consistant comme le péché, sucré comme la mélasse. Nul n’ignore que le blanc se décline en huit coloris. Mais, pour ceux qui savent les voir, il existe aussi huit nuances de noir, et les ruches de la Mort se dressent sur l’herbe noire, dans le verger noir, sous les antiques rameaux aux fleurs noires d’arbres qui finiront par donner des pommes… disons… sûrement pas rouges. L’herbe était maintenant rase. La faux responsable s’appuyait contre le tronc noueux d’un poirier. Pour l’instant, la Mort inspectait ses ruches, soulevait doucement les rayons de ses doigts squelettiques. Quelques abeilles bourdonnaient autour de lui1. Comme tous les apiculteurs, la Mort portait un voile de protection. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Eric. »

Au guet par Terry Pratchett

Fiche de Au guet

Titre : Au guet (Tome 8 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1989
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Au guet

« La retraite des dragons.

Ils sont couchés…

Ils ne sont pas morts, ni endormis. Ni en attente, parce que l’attente suppose une espérance. L’expression que nous cherchons dans leur cas, c’est peut-être…

… en sommeil.

Et bien que l’espace qu’ils occupent ne ressemble pas à l’espace habituel, ils s’y tiennent serrés les uns contre les autres. Pas un centimètre cube que ne remplisse une griffe, une serre, une écaille, un bout de queue, si bien qu’on a l’impression de ces dessins astucieux où l’œil finit par s’apercevoir que l’intervalle séparant chaque dragon est en réalité un autre dragon.

Ils pourraient faire penser à une boîte de sardines, à condition d’imaginer les sardines gigantesques, squameuses, fières et arrogantes.

Et, quelque part, existe sûrement l’ouvre-boîte. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Au guet. »

Pyramides par Terry Pratchett

Fiche de Pyramides

Titre : Pyramides (Tome 7 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1989
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Pyramides

« DES ÉTOILES, rien que des étoiles qui parsèment les ténèbres comme si le Créateur avait mis son pare-brise en miettes et ne s’était pas donné la peine de s’arrêter pour balayer les débris.

Voici l’abîme qui sépare les univers, les profondeurs glaciales de l’espace peuplées seulement d’une ou deux molécules errantes, de quelques comètes égarées et…

… Mais un cercle d’obscurité se déplace légèrement, l’œil rétablit la perspective : ce qu’on prenait pour l’immensité impressionnante du trucmachin interstellaire se révèle un monde dans la nuit et ses étoiles les lumières de ce qu’on appellera charitablement la civilisation.

Car ce monde qui déboule paresseusement n’est autre que le Disque-monde – plat, circulaire, il franchit l’espace sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande A’Tuin, la seule tortue à figurer sur le diagramme Hertzsprung-Russel, une tortue de quinze mille kilomètres de long »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Pyramides »

Trois soeurcières par Terry Pratchett

Fiche de Trois soeurcières

Titre : Trois soeurcières (Tome 6 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1988
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Trois soeurcières

« LE VENT hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit. Le tonnerre roulait en va-et-vient sur les collines sombres cinglées par la pluie. La nuit était aussi noire que l’intimité d’un chat. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l’échiquier du destin. Au cœur des éléments déchaînés, parmi les bouquets d’ajoncs dégoulinants, luisait un feu, telle la folie dans l’œil d’une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une
voix effrayante criailla :

« Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ? » Une pause suivit.

Enfin une autre voix, beaucoup plus naturelle, répondit : « Ben, moi, j’peux mardi prochain. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Trois sœurcières. »

Sourcellerie par Terry Pratchett

Fiche de Sourcellerie

Titre : Sourcellerie (Tome 5 sur 41 – Annales du Disque-monde)
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1988
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Sourcellerie

« Il était une fois un homme qui avait huit fils. Par ailleurs, il ne représentait rien de plus qu’une virgule sur la page de l’Histoire. Triste constat ; c’est hélas tout ce qu’on trouve à dire sur certains individus.

Mais le huitième fils grandit, se maria et engendra huit fils ; et parce qu’il n’existe qu’une seule profession idoine pour un huitième fils de huitième fils, son cadet devint mage. Il devint aussi sage et puissant – puissant, en tout cas –, porta un chapeau pointu et on en serait resté là…

Resté là…

Mais en dépit de la Tradition de la Magie et certainement contre toute raison – excepté les raisons du cœur qui sont enflammées, embrouillées et, disons-le, déraisonnables –, il déserta les écoles de magie, tomba amoureux et se maria, pas nécessairement dans cet ordre-là.

Et il eut sept fils, chacun d’eux au moins aussi puissant dès le berceau que n’importe quel mage au monde. »

Extrait de : T. Pratchett. « Annales du Disque-monde – Sourcellerie. »