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Christopher Stork

Présentation de Christopher Stork :

Christopher Stork n’est pas un individu, mais un pseudonyme collectif qui a marqué la science-fiction belge francophone à la fin des années 1970 et durant les années 1980. Derrière cette signature se cachent deux auteurs belges, Stephan Jouravieff et José-André Lacour, qui ont uni leurs talents pour produire une œuvre abondante et singulière. Cette collaboration prolifique s’est principalement concrétisée au sein de la célèbre collection « Anticipation » des éditions Fleuve noir, où ils ont publié une trentaine de romans en moins d’une décennie. Leur travail est souvent considéré comme l’une des dernières manifestations du roman populaire dans le paysage de l’anticipation, caractérisé par un rythme soutenu et une exploration sans complexe des peurs et des dérives de la société.

Thématiques et Romans Majeurs

Leur œuvre collective explore un large éventail de thèmes chers à la science-fiction de l’époque, souvent teintés d’une noirceur satirique et d’un pessimisme lucide quant à l’avenir de l’humanité. Dès 1979, le ton est donné avec des titres comme « L’Ordre établi » et « Achetez Dieu ! », qui dénoncent respectivement le contrôle social totalitaire et la marchandisation ultime de la spiritualité. Stork excelle à créer des dystopies où les institutions traditionnelles sont perverties ou remplacées par des pouvoirs technocratiques ou criminels, comme en témoigne « L’An II de la mafia » (1982), qui projette l’emprise du crime organisé à l’échelle d’un futur étatique.

Les auteurs sous le masque de Stork n’hésitent pas à s’attaquer aux fondements mêmes de l’existence et de l’identité. Le roman « Dormir ? Rêver peut-être… » (1979) interroge la frontière entre la réalité et l’imaginaire, tandis que l’intrigue de « La Femme invisible » (1981) soulève des questions sur la perception et l’effacement de l’individu dans la société moderne. Un autre titre particulièrement mémorable est « L’usage de l’ascenseur est interdit aux enfants de moins de quatorze ans non accompagnés » (1980), qui, derrière une règle absurde et anodine, dépeint une société où la transition à l’âge adulte est elle-même vécue comme une dégénérescence, une maladie dont il faudrait se prémunir.

Un Regard Sombre sur l’Avenir

L’anticipation de Christopher Stork se distingue par son approche de l’horreur biologique et de la remise en question du progrès scientifique. Dans « Demain les rats » (1980), les auteurs imaginent une nouvelle race de rongeurs génétiquement modifiés et dotés d’une intelligence supérieure, qui viennent menacer l’hégémonie humaine. Cet usage du biologique comme vecteur de terreur se retrouve dans « Virus Amok » (1984). Enfin, l’acmé de leur vision désenchantée est peut-être atteint avec « Le XXIᵉ siècle n’aura pas lieu » (1983), un titre à la fois provocateur et prémonitoire qui résume bien la noirceur ironique de l’univers de Stork. Bien que le pseudonyme ait cessé de produire à partir du milieu des années 1980, l’ensemble de ces romans demeure un témoignage important de la vitalité de la science-fiction populaire en Belgique.

Livres de Christopher Stork :

Achetez Dieu ! (1979)
Alter ego (1988)
Babel bluff (1985)
Billevesées et calembredaines (1985)
Contretemps (1986)
De purs esprits… (1986)
Demain les rats (1981)
Demi-portion (1986)
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà… (1982)
Don Quichotte II (1986)
Dormir ? Rêver peut-être… (1979)
Enjeu : le monde (1979)
Il y a un temps fou… (1980)
Ils étaient une fois… (1986)
Je souffre pour vous… (1987)
L’an II de la mafia (1982)
L’article de la mort (1983)
L’enfant de l’espace (1985)
L’envers vaut l’endroit (1984)
L’ordre établi (1979)
L’usage de l’ascenseur est interdit aux enfants de moins de quatorze ans non accompagnés (1980)
La dernière syllabe du temps (1983)
La femme invisible (1981)
La machine maîtresse (1982)
La quatrième personne du pluriel (1983)
Le bon larron (1981)
Le lit à baldaquin (1987)
Le passé dépassé (1984)
Le rêve du papillon chinois (1985)
Le trillionaire (1987)
Le XXIe siècle n’aura pas lieu (1983)
Les derniers anges (1981)
Les enfants du soleil (1987)
Les lunatiques (1985)
Les petites femmes vertes (1981)
Made in Mars (1985)
Mais n’anticipons pas… (1983)
Pièces détachées (1984)
Pieuvres (1984)
Psys contre psys (1986)
Terra-park (1980)
Terre des femmes (1984)
Tout le pouvoir aux étoiles (1982)
Un peu… beaucoup… à la folie ! (1983)
Une si jolie petite planète (1987)
Vatican 2000 (1981)
Virus amok (1984)

Pour en savoir plus sur Christopher Stork :

La page Wikipédia sur C. Stork
La page Noosfere sur C. Stork
La page isfdb de C. Stork

Christian Mantey

Présentation de Christian Mantey :

Christian Mantey est un écrivain français, né le 5 septembre 1941 à Paris. Il est principalement connu pour son travail dans la littérature de genre, se distinguant à la fois dans le roman policier (ou polar) et le roman d’anticipation (science-fiction).

Carrière littéraire

  • Roman Policier : Il a publié une vingtaine de polars, principalement sous son nom de naissance, Christian Mantey, dans la célèbre collection Spécial Police du Fleuve Noir.
  • Science-Fiction / Anticipation : À partir de 1976, il commence à écrire des romans d’anticipation, également publiés au Fleuve Noir Anticipation. Il est considéré comme un auteur prolifique dans ce domaine.
  • Pseudonymes : Christian Mantey est un auteur qui a utilisé plusieurs pseudonymes pour ses œuvres. Les plus notables, outre celui que vous mentionnez, sont :
    • Jean-Christian Bergman (souvent son principal pseudonyme pour la science-fiction).
    • Jeffrey Lord (utilisé pour la série Blade).
    • Zeb Chillicothe (un pseudonyme collectif qu’il partageait avec d’autres auteurs, comme Joël Houssin, Serge Brussolo, et Pierre Dubois, notamment pour la série Jag).
    • Pierre Pauhljac.

Son pseudonyme : Budy Matieson

Budy Matieson est l’un des pseudonymes utilisés par Christian Mantey pour ses œuvres.

  • Comme beaucoup d’auteurs du Fleuve Noir, Christian Mantey utilisait différents noms pour catégoriser ses publications ou respecter les contraintes de publication de l’éditeur.
  • Ce pseudonyme est référencé comme étant l’un de ceux qu’il a employés pour ses écrits, souvent dans le domaine du roman de gare, du polar, ou de l’aventure, typiques de cette époque.

Thèmes et éditeurs principaux

Les thèmes abordés dans son œuvre sont variés, allant des enquêtes policières et de l’aventure à des explorations futuristes et de science-fiction (espace, apocalypse, chasse à l’homme).

Son éditeur principal est le Fleuve Noir, où il a publié la majeure partie de ses romans policiers et d’anticipation.

Livres de Christian Mantey :

Chronique du retour sauvage :

Titcht :

Black planet (1976)
Transit pour l’infini (1976)

Pour en savoir plus sur Christian Mantey :

La page Wikipédia sur C. Mantey
La page Noosfere sur C. Mantey
La page isfdb de C. Mantey

Ian Watson

Présentation de Ian Watson :

Ian Watson est un écrivain britannique dont l’œuvre, principalement axée sur la science-fiction de réflexion, est reconnue pour son exploration poussée du langage, de la conscience et de la métaphysique.

Né le 20 avril 1943 à Tyneside, en Angleterre, Watson a suivi un parcours académique rigoureux. Il a étudié au Balliol College de l’Université d’Oxford, où il a obtenu un diplôme, puis un doctorat en études littéraires, se penchant notamment sur la littérature anglaise et française du XIXe siècle. Cette formation intellectuelle transparaît fortement dans sa production littéraire ultérieure. Avant de se dévouer entièrement à l’écriture, il a exercé comme enseignant et maître de conférences en littérature dans divers pays, notamment en Tanzanie et à Tokyo, ainsi qu’au Royaume-Uni, expérience qui a enrichi sa perspective sur les cultures et les communications.

Sa carrière littéraire prend un tournant décisif en 1973 avec la publication de son premier roman, L’Enchâssement (The Embedding). Cet ouvrage, qui propose une réflexion complexe sur la manière dont le langage sculpte la réalité, est immédiatement salué par la critique. Le roman a remporté le prestigieux John W. Campbell Memorial Award et le Prix Apollo en France en 1975. Dès lors, et notamment après le succès de son deuxième roman, Le Modèle Jonas (The Jonah kit, 1975), Watson choisit de devenir écrivain à temps plein en 1976. Il s’impose rapidement comme une figure majeure de la science-fiction britannique, souvent associée à la Nouvelle Vague du genre.

L’œuvre de Watson se distingue par son approche intellectuelle et souvent expérimentale. Il explore fréquemment les concepts de réalité altérée, l’impact des psychotropes sur la perception, et l’influence des structures linguistiques sur la pensée humaine. Outre ses romans originaux de science-fiction, il s’est aventuré dans les domaines de la fantasy et de l’horreur, et a contribué à l’univers du jeu Warhammer 40,000.

Une autre facette notable de sa carrière fut sa collaboration avec le cinéaste Stanley Kubrick au début des années 1990. Watson a travaillé avec Kubrick pour développer l’histoire du projet A.I. Intelligence artificielle. Bien que le film ait été réalisé plus tard par Steven Spielberg après la mort de Kubrick, Ian Watson est crédité pour l’histoire du scénario (Screen Story), témoignant de son influence au-delà de la littérature.

Après avoir longtemps résidé dans le Northamptonshire en Angleterre, Ian Watson vit actuellement à Gijón, dans le nord de l’Espagne, où il s’est installé avec sa femme, la traductrice espagnole Cristina Macía. Il continue d’être considéré comme l’un des maîtres de la science-fiction exigeante et cérébrale.

Livres de Ian Watson :

Ambassade de l’espace (1977)
Chronomachine lente (1979)
L’enchâssement (1973)
L’inca de Mars (1977)
La mort en cage (1981)
Le modèle Jonas (1975)
Le monde divin (1979)
Le voyage de Tchekhov (1983)
Les oiseaux lents (1981)
Les visiteurs du miracle (1978)
Orgasmachine (1976)

Pour en savoir plus sur Ian Watson :

La page Wikipédia sur I. Watson
La page Noosfere sur I. Watson
La page isfdb de I. Watson

Jean-Christian Bergman

Présentation de Jean-Christian Bergman :

Jean-Christian Bergman est le principal pseudonyme de science-fiction utilisé par l’écrivain français Christian Mantey (né le 5 septembre 1941 à Paris).

Christian Mantey est un auteur prolifique connu pour son travail dans la littérature de genre, notamment :

  • Le Roman Policier : Il a publié une vingtaine de polars, principalement dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir, sous son nom de naissance (Christian Mantey).
  • La Science-Fiction/Anticipation : Il est l’auteur d’une dizaine de romans de science-fiction, publiés majoritairement dans la collection Fleuve Noir Anticipation, pour lesquels il a eu recours à plusieurs pseudonymes, dont Jean-Christian Bergman.
  • Autres Pseudonymes : Il a également utilisé les noms de Budy Matieson, Jeffrey Lord, et a participé, sous un pseudonyme collectif (Zeb Chillicothe), à la série JAG avec des auteurs comme Pierre Dubois et Joël Houssin.

Les livres de Jean-Christian Bergman

Le pseudonyme Jean-Christian Bergman a été exclusivement réservé à ses œuvres d’anticipation et de science-fiction publiées chez Fleuve Noir.

Ces romans s’inscrivent typiquement dans le style de la collection de l’époque, abordant des thèmes dystopiques et post-apocalyptiques.

Note sur la collaboration

Il est à noter que le pseudonyme Jean-Christian Bergman a également été mentionné comme ayant été utilisé pour une collaboration avec l’écrivain Jean Philippe Berger, donnant lieu à un total de trois volumes publiés chez Fleuve Noir sous ce nom de plume.

Les œuvres signées Jean-Christian Bergman se caractérisent par des récits d’un futur sombre, souvent marqués par des catastrophes écologiques ou sociales. Apocalypse Snow, par exemple, se déroule dans un avenir glacial, quelques jours avant l’an 2000, explorant la question d’une nouvelle ère ou d’une apocalypse imminente.

Livres de Jean-Christian Bergman :

Apocalypse snow (1980)
Homme, sweet homme (1979)
Palowstown (1979)

Pour en savoir plus sur Jean-Christian Bergman :

La page Wikipédia sur J.-C. Bergman
La page Noosfere sur J.-C. Bergman
La page isfdb de J.-C. Bergman

Adam Saint-Moore

Présentation de Adam Saint-Moore :

Adam Saint-Moore, de son nom de naissance Jacques Louis René Douyau, est un écrivain français né le 5 octobre 1926 à Cadeilhan (Gers) et mort le 7 juin 2016 à Auch. Auteur prolifique, il fut l’un des piliers des collections populaires des éditions Fleuve noir (notamment Spécial Police et Espionnage), avant de se tourner vers la littérature d’anticipation en fin de carrière.

Jeunesse et débuts littéraires

Jacques Douyau était l’arrière-petit-fils du poète occitan Jacques Boé, dit Jasmin. Après des études de sociologie et de philosophie à la Sorbonne, et un certificat d’histoire moderne à Toulouse, il exerce la profession de chroniqueur littéraire pour La Dépêche du Midi.

Il commence sa carrière littéraire sous le pseudonyme d’Adam Saint-Moore au milieu des années 1950, s’illustrant principalement dans le roman policier et d’espionnage.

Le maître du roman d’espionnage

Sa notoriété s’établit grâce à son personnage récurrent, l’espion Gunther, surnommé « Face d’Ange », qu’il crée en 1957. Ce héros sera au cœur d’une longue série de romans d’espionnage publiés au Fleuve noir. En 1964, son roman Face d’Ange met dans le mille lui vaut la Palme d’or du roman d’espionnage, une distinction décernée par son éditeur.

Ses ouvrages de cette époque sont ancrés dans les tensions de la Guerre froide et le monde de la diplomatie secrète, mêlant intrigues politiques et aventures exotiques.

L’œuvre d’anticipation

C’est vers la fin de sa carrière littéraire que Adam Saint-Moore se consacre à la science-fiction et au roman d’anticipation (souvent qualifié d’« anticipation-catastrophe »), pour lequel il est particulièrement estimé par les amateurs du genre. Il publie une dizaine de romans dans la collection Fleuve Noir Anticipation.

Ses récits post-apocalyptiques et dystopiques explorent des thèmes récurrents :

  • La Fin des Temps et le Nouveau Barbarisme : Il imagine souvent la fin d’une civilisation moderne, remplacée par des sociétés primitives ou régies par la barbarie de clans isolés.
  • Les Mutations et l’Évolution Humaine : Ses romans mettent en scène des mutations animales et humaines, ainsi que la survie d’une humanité confrontée à un monde transformé.

Romans majeurs dans le genre :

  • La Marche au soleil (Grand Roman Fleuve Noir) : Ce roman, souvent considéré comme son œuvre majeure d’anticipation, rend hommage à J.-H. Rosny Aîné, le père du roman préhistorique. Il dépeint la quête d’un homme dans un monde post-cataclysme où il doit faire face à une nature redevenue sauvage et à une humanité régressive.
  • 3087 : Chroniques de l’Ère du Verseau (Fleuve Noir Anticipation) : Typique de ses récits, il propose une vision d’un futur lointain où la civilisation a chuté et où la barbarie cohabite avec des vestiges technologiques.
  • Les Ombres de la Mégapole (Fleuve Noir Anticipation)

Adam Saint-Moore, bien qu’ayant connu un succès public considérable, notamment avec la série Face d’Ange, est redécouvert pour la qualité de son œuvre d’anticipation qui, souvent sombre et réflexive, offre un regard unique sur les potentialités de l’effondrement sociétal.

Livres de Adam Saint-Moore :

Face d’Ange :

ORGA :

Ça se mange froid (1980)
La dernière battue (1968)
La nuit du chat (1967)
Le feu à la mèche (1956)
Le sang des idoles (1964)
Les comptes du Petit Poucet (1972)
Protection collective (1959)
Réseau liquidation (1957)

Pour en savoir plus sur Adam Saint-Moore :

La page Wikipédia sur A. Saint-Moore
La page Noosfere sur A. Saint-Moore
La page isfdb de A. Saint-Moore

Francis Berthelot

Présentation de Francis Berthelot :

Francis Berthelot, né à Paris le 27 juillet 1946, est une figure singulière et prolifique de la littérature française, particulièrement reconnu pour ses œuvres dans les littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy). Sa carrière est marquée par un double parcours, à la fois scientifique et littéraire.

Parcours professionnel et intellectuel

Après avoir été diplômé de l’École Polytechnique en 1968, Francis Berthelot a mené une longue carrière de chercheur au CNRS dans deux domaines distincts :

  • Biochimie et Biologie Moléculaire (1968-1989) : Il commence sa recherche dans les sciences dites « dures ».
  • Théorie Littéraire et Narratologie (1989-2007) : Il opère une reconversion pour se concentrer sur l’étude des littératures de l’imaginaire. Il a également été essayiste, co-dirigeant notamment un séminaire à l’EHESS sur les Narratologies contemporaines.

Il prend sa retraite du CNRS en octobre 2007 pour se consacrer entièrement à son œuvre de fiction.

Carrière littéraire

Francis Berthelot débute dans la science-fiction classique avec ses premiers romans comme La Lune noire d’Orion (1980). Au fil du temps, son œuvre évolue et s’enrichit :

  • Nouvelle Fiction et Transfictions : Il rejoint le groupe de la « Nouvelle Fiction » et développe un style qu’il a baptisé les « transfictions ». Ce terme désigne une zone littéraire frontalière entre les littératures de l’imaginaire et la littérature générale, souvent qualifiée de « merveilleux noir ».
  • Diversité des Genres : Son œuvre fictionnelle explore une grande variété de sous-genres, allant du space opera et de l’heroic fantasy à la psychofiction et à l’uchronie. Parmi ses titres notables figurent Rivage des intouchables, Nuit de colère, et la série du Cycle Le Rêve du démiurge.
  • Autres Activités Artistiques : Francis Berthelot est également compositeur de musique électroacoustique et l’auteur de plusieurs ballets.

Distinctions majeures

Francis Berthelot est l’un des auteurs français les plus primés dans les littératures de l’imaginaire. Il a notamment reçu :

  • Le Grand Prix de l’Imaginaire dans les quatre catégories existantes (roman, nouvelle, essai et jeunesse).
  • Le Prix Masterton (meilleur roman français et meilleure nouvelle française).
  • Le Prix Rosny aîné du meilleur roman de SF.
  • Le Prix Extraordinaire des Utopiales en 2024 pour l’ensemble de sa carrière dans le domaine de la science-fiction.

Son parcours unique, qui lie une rigueur scientifique à une imagination débridée, fait de lui un acteur majeur et respecté du paysage littéraire français contemporain.

Livres de Francis Berthelot :

Khanaor :

Rêve du démiurge :

Intégrales :

Forêts secrètes (2004)
La lune noire d’Orion (1980)
La ville au fond de l’oeil (1986)
Rivage des intouchables (1990)

Pour en savoir plus sur Francis Berthelot :

La page Wikipédia sur F. Berthelot
La page Noosfere sur F. Berthelot
La page isfdb de F. Berthelot

Aldous Huxley

Présentation de Aldous Huxley :

Aldous Leonard Huxley (1894-1963) était un écrivain, philosophe et humaniste anglais, surtout connu pour ses romans, en particulier le dystopique Le Meilleur des mondes (Brave New World). Issu d’une illustre famille d’intellectuels, sa vie et son œuvre ont été marquées par l’exploration de la science, de la spiritualité, de la critique sociale et des états de conscience altérés.

Jeunesse et formation

Origines familiales : Né à Godalming, Surrey, en Angleterre, le 26 juillet 1894. Il est le petit-fils de Thomas Henry Huxley, un biologiste éminent et ardent défenseur de la théorie de l’évolution de Darwin, et le frère de Julian Huxley, un biologiste de renom.

Éducation : Il a fréquenté le prestigieux collège d’Eton. Un événement tragique a changé sa trajectoire : à l’âge de 16 ans, une maladie des yeux (kératite ponctuée) l’a rendu temporairement presque aveugle et a gravement affecté sa vue pour le reste de sa vie. Cet épisode l’a empêché de poursuivre une carrière scientifique ou de combattre pendant la Première Guerre mondiale. Il a finalement étudié la littérature anglaise au Balliol College d’Oxford.

Début de carrière : Après Oxford, il enseigna brièvement. Au début des années 1920, il travailla pour le magazine The Athenaeum, dirigé par John Middleton Murry, et commença à publier ses premiers recueils de poésie et des romans satiriques.

Carrière littéraire

Les premières œuvres de Huxley étaient des satires acerbes de la société britannique post-Première Guerre mondiale et de la classe intellectuelle, comme Crome Yellow (1921) et Antic Hay (1923).

Le meilleur des mondes (Brave New World)

Son œuvre la plus célèbre, publiée en 1932, est Le Meilleur des mondes. Ce roman dystopique dépeint une société future où la population est contrôlée par le conditionnement génétique et psychologique, le culte du plaisir instantané, et l’utilisation d’une drogue euphorisante appelée Soma. Le livre est une critique puissante de la perte de l’individualité, des dangers du progrès technologique sans éthique, et de la société de consommation.

Le voyage en Amérique et le changement de cap

En 1937, Huxley s’installe en Californie, aux États-Unis, en partie pour des raisons de santé (le climat y était plus favorable à sa vue). C’est à ce moment que sa philosophie commence à évoluer vers le mysticisme et l’humanisme spirituel.

Il s’intéresse aux philosophies orientales, à la méditation et au concept de la « Philosophie Éternelle » (le dénominateur commun des traditions mystiques du monde), qu’il explore dans son essai The Perennial Philosophy (1945).

Il devient un ami proche du philosophe Jiddu Krishnamurti et du musicien Igor Stravinsky.

L’exploration de la conscience

Dans les années 1950, Huxley s’intéresse vivement aux drogues psychédéliques, notamment la mescaline et le LSD, qu’il expérimente sous supervision médicale. Ses expériences sont documentées dans deux essais influents :

  • Les portes de la perception (The Doors of Perception, 1954)
  • Le Ciel et l’Enfer (Heaven and Hell, 1956)

Ces livres ont eu un impact profond sur la contreculture des années 1960.

Fin de vie

Huxley est resté un auteur prolifique jusqu’à sa mort, publiant notamment son roman utopique Île (Island, 1962), une contrepartie à la dystopie du Meilleur des mondes.

Il est décédé d’un cancer du larynx le 22 novembre 1963, à Los Angeles, en Californie, le même jour que l’assassinat de John F. Kennedy.

Héritage

L’œuvre d’Aldous Huxley a influencé de nombreux domaines, allant de la littérature de science-fiction et de la critique sociale à la psychologie transpersonnelle. Il reste une figure centrale de la littérature moderne pour sa capacité à fusionner la fiction intellectuelle avec une profonde exploration des grandes questions de l’humanité.

Livres de Aldous Huxley :

Contrepoint (1926)
Île (1962)
Jouvence (1939)
L’art de voir (1943)
L’éminence grise (1941)
La fin et les moyens (1937)
La philosophie éternelle (1945)
Le meilleur des mondes (1932)
Le meilleur des mondes (nouvelle traduction) (1932)
Les Claxton & Le jeune Archimède (1930)
Les corbeaux de Pearblossom (1985)
Les diables de Loudun (1952)
Les portes de la perception (1954)
Retour au meilleur des mondes (1958)
Temps futurs (1948)

Pour en savoir plus sur Aldous Huxley :

La page Wikipédia sur A. Huxley
La page Noosfere sur A. Huxley
La page isfdb de A. Huxley

Jimmy Guieu

Présentation de Jimmy Guieu :

Jimmy Guieu est le pseudonyme littéraire d’Henri-René Guieu. Né le 19 mars 1926 à Aix-en-Provence, il est décédé le 2 janvier 2000. Il est une figure marquante de la littérature populaire française, principalement connu comme auteur prolifique de science-fiction et comme ufologue (spécialiste du phénomène ovni) passionné.

Débuts Littéraires et Alchimie

Ses premiers pas dans la littérature sont influencés par l’alchimie, à laquelle il a été initié dans sa jeunesse. Dès l’âge de 25 ans, il publie son premier roman, Le Pionnier de l’atome (1951), dans la célèbre collection « Anticipation » des éditions du Fleuve noir. Cette collaboration avec le Fleuve noir sera longue et fructueuse, faisant de lui l’un des auteurs phares du genre en France.

Une Carrière Prolifique Sous Plusieurs Noms

Jimmy Guieu fut un écrivain extrêmement productif, abordant différents genres littéraires en utilisant plusieurs pseudonymes :

  • Jimmy Guieu (et parfois Jimmy G. Quint) pour la science-fiction et l’espionnage.
  • Claude Rostaing pour des romans policiers.
  • Dominique Verseau pour des romans érotiques.
  • Claude Vauzière pour des romans pour adolescents (notamment chez Marabout Junior) et des enquêtes paranormales (Les dossiers du Glaive).

Ses romans de science-fiction, souvent caractérisés par le space opera et le fantastique scientifique, ont connu un grand succès populaire. Il est l’auteur de plusieurs séries, dont la série Galaxies.

L’Engagement Ufologique

Parallèlement à sa carrière de romancier, Jimmy Guieu devient un des pionniers de l’ufologie française dès les années 1950, aux côtés notamment d’Aimé Michel. Il est l’auteur du premier ouvrage français sur le sujet : Les Soucoupes volantes viennent d’un autre monde (1954), suivi de Black-Out sur les soucoupes volantes (1956).

Il était fermement convaincu de l’existence des ovnis et de l’implication d’intelligences non terrestres. Cet intérêt pour l’inexpliqué se retrouve également dans son engagement au sein de groupes de recherche ufologique comme la Commission Ouranos (fondée en 1951), où il a exercé comme chef du service d’enquête pour la revue éponyme.

Radio et Télévision

Dans les dernières décennies de sa vie, Jimmy Guieu a également été actif dans les médias en tant qu’essayiste et conférencier, partageant ses convictions ufologiques et ses thèses sur les mystères du monde. Il a notamment produit et présenté la série de vidéos documentaires Les Portes du Futur dans les années 1990, consacrées au paranormal, aux civilisations disparues et aux théories de la conspiration, se positionnant comme un chasseur de mystères inlassable.

Jimmy Guieu est décédé en 2000, laissant derrière lui une œuvre monumentale qui a profondément marqué la science-fiction populaire et l’ufologie en France.

Livres de Jimmy Guieu :

Blade et Baker :

Chasseurs d’hommes :

Claude Rousseau :

Erickson & Wendell :

Erotic :

Expérimental X 35 :

Gilles Novak :

Jean Kariven :

Jerry Barclay :

Le règne des mutants :

Opération Ozma :

Black-out sur les soucoupes volantes (1956)
Contacts Ovni Cergy-Pontoise (1980)
Convulsions solaires (1958)
Créatures des neiges (1957)
Demain l’apocalypse (1969)
EBE 1 & EBE 2 (2000)
L’arche du temps (1970)
L’ère des biocybs (1960)
L’invisible alliance (1961)
La caverne du futur (1961)
La force sans visage (1958)
La grande épouvante (1961)
Le livre du paranormal (1973)
Le monde étrange des contactés (1986)
Le rayon du cube (1957)
Les dossiers du glaive (2008)
Les portes de Thulé (1964)
Les soucoupes volantes viennent d’un autre monde (1954)
Les sphères de Rapa-Nui (1960)
Mission « T » (1963)
Nos maîtres les extraterrestres (1992)
Oniria (1962)
Projet King (1963)
Psiboy (1996)
Refuge cosmique (1968)
Réseau dinosaure (1958)
Spoutnik VII a disparu (1960)

Pour en savoir plus sur Jimmy Guieu :

La page Wikipédia sur J. Guieu
La page Noosfere sur J. Guieu
La page isfdb de J. Guieu

Paul Féval fils

Présentation de Paul Féval fils :

Paul Auguste Jean Nicolas Féval, dit Paul Féval fils, est un écrivain français né à Paris le 25 janvier 1860 et mort dans la même ville le 17 mars 1933. Il est le fils de l’illustre romancier populaire Paul Féval (père) (1816-1887), auteur notamment du célèbre roman de cape et d’épée Le Bossu.

Carrière et Style Littéraire

Contrairement à de nombreux « fils de », Paul Féval fils a choisi de s’inscrire directement dans la lignée littéraire de son père, adoptant le genre du roman-feuilleton et d’aventures populaires.

  • L’Héritage Paternelle : Les Suites du Bossu : Son œuvre la plus notable est la continuation de l’univers créé par son père. Il a ainsi écrit de multiples suites et préquelles au Bossu, exploitant le personnage de Lagardère et sa descendance :
    • Le Fils de Lagardère (1893, co-écrit avec A. d’Orsay).
    • La Jeunesse du Bossu.
    • Mademoiselle de Lagardère (1929).
    • La Petite Fille du Bossu (1931).
  • Pastiches et Crossovers : Féval fils s’est fait une spécialité de prolonger les œuvres à succès de la littérature française, notamment celles d’Alexandre Dumas. Son « coup de génie » fut de créer des croisements (ou crossovers) entre des figures mythiques :
    • D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac (série de romans, parfois en collaboration avec Maximilien Lassez), où il s’efforce de combler les vingt années laissées vides par Dumas entre Les Trois Mousquetaires et Vingt Ans Après.
    • Il a également écrit des suites aux Mystères de Londres de son père.
  • Autres Genres : Bien que principalement connu pour la cape et l’épée, Féval fils a également abordé d’autres genres populaires de son époque, y compris la science-fiction avec la série Les Mystères de demain (comme Les Fiancés de l’an 2000, écrit avec H.-J. Magog), ainsi que des pièces de théâtre et des nouvelles fantastiques (Histoires d’outre-tombe).

Reconnaissance

Paul Féval fils fut un écrivain prolifique et un professionnel habile du roman populaire, assurant la continuité de ce genre qui faisait alors les délices des lecteurs de journaux. Il est souvent considéré comme un précurseur dans l’art de la suite apocryphe et du pastiche littéraire, anticipant la logique des franchises modernes en réutilisant et combinant des personnages célèbres.

Il meurt à Paris en 1933 et est inhumé au cimetière du Montparnasse, rejoignant la sépulture familiale. Son œuvre, bien que de facture jugée plus modeste que celle de son père, témoigne de la vitalité et de l’évolution du roman-feuilleton au tournant du XXe siècle.

Livres de Paul Féval fils :

D’Artagnan et Cyrano :

La famille Lagardère – Le Bossu :

Le fils de Lagardère :

Mystères de demain :

Intégrales :

Pour en savoir plus sur Paul Féval fils :

La page Wikipédia sur P. Féval fils
La page Noosfere sur P. Féval fils
La page isfdb de P. Féval fils

Théo Varlet

Présentation de Théo Varlet :

Théo Varlet (1878-1938), de son nom complet Léon Louis Étienne Théodore Varlet, est un poète, romancier de fantastique et de science-fiction et traducteur français, une figure originale et méconnue du début du XXe siècle.

Jeunesse et carrière poétique

Né à Lille le 12 mars 1878, Théo Varlet grandit dans un milieu aisé, son père étant avocat. Il se lance rapidement dans la littérature, publiant ses premiers poèmes, Heures de Rêve, en 1898. Poète salué notamment par Guillaume Apollinaire, il fréquente des cercles littéraires importants. Au début du siècle, il collabore à diverses revues et fonde Les Bandeaux d’or en 1906, en lien avec le célèbre groupe de l’Abbaye (qui comptait Jules Romains ou Georges Duhamel). Son œuvre poétique est marquée par un cosmisme et une fascination pour l’univers, comme en témoignent ses recueils Ad Astra (1929) et Florilège de poésie cosmique (1933).

L’écrivain et l’expérimentateur

Varlet est un homme d’une nature passionnée et d’une grande vitalité. Athlète (nageur, cycliste, marcheur), il est également un adepte des expériences spirituelles et sensorielles, s’intéressant au naturisme comme moyen de communion avec le Cosmos. Il expérimente également l’opium et le haschich, qu’il évoque dans ses écrits comme Le Démon dans l’âme (1923) et Aux paradis du hachich, suite à Baudelaire (1930).

Au niveau de la prose, il se retire volontairement de l’agitation parisienne pour s’installer à Cassis dans le Sud de la France, où il produit l’essentiel de son œuvre romanesque entre 1920 et 1930. Il utilise parfois le pseudonyme de Déodat Serval. Ses romans, souvent de genre fantastique ou de science-fiction, sont visionnaires et audacieux. Parmi ses titres les plus notables :

  • Le Dernier Satyre (1905).
  • Les Titans du ciel (avec Octave Jonquel, 1921), un « roman planétaire ».
  • L’Épopée martienne : l’agonie de la terre (avec Octave Jonquel, 1922).
  • Le Roc d’or (1927).
  • La Grande Panne (1930), qui imagine une coupure de courant mondiale.

Le traducteur de talent

Après la Révolution russe de 1917, qui le ruine, Varlet doit se consacrer à des travaux alimentaires, notamment la traduction qui devient un pan essentiel de son activité. Il s’impose comme un traducteur de premier ordre, particulièrement des œuvres anglo-saxonnes. Son grand œuvre dans ce domaine est la traduction des romans de Robert Louis Stevenson pour les éditions de la Sirène (L’Île au trésor, L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, etc.). Il traduit également des auteurs comme Rudyard Kipling et Jerome K. Jerome, travaux pour lesquels il reçoit le Prix Langlois de l’Académie française en 1933.

Malgré son intense activité, Varlet est atteint d’une maladie osseuse qui le rend invalide. Il meurt à Cassis le 6 octobre 1938, à l’âge de 60 ans. J.-H. Rosny aîné le considérait comme « un visionnaire, un coureur d’univers, et de toutes manières, un des plus beaux talents de sa génération. » Son œuvre, bien que parfois éclipsée par ses traductions, connaît une redécouverte par les amateurs de littérature de l’imaginaire.

Livres de Théo Varlet :

Aurore Lescure :

L’épopée martienne :

Intégrale :

Le démon dans l’âme (1923)
Le dernier satyre (1920-1923)

Pour en savoir plus sur Théo Varlet :

La page Wikipédia sur T. Varlet
La page Noosfere sur T. Varlet
La page isfdb de T. Varlet