Étiquette : Cormoran Strike

 

Sang trouble par Robert Galbraith

Fiche de Sang trouble

Titre : Sang trouble (Tome 5 sur 5 – Cormoran Strike)
Auteur : Robert Galbraith
Traduction : F. Vidal
Date de parution : 2020
Editeur : Grasset

Première page de Sang trouble

«  Tu es un vrai Cornouaillais. Un pur et dur, gronda Dave Polworth, énervé. Tu ne devrais même pas t’appeler Strike. C’est Nancarrow, ton vrai nom, en principe. Ne me dis pas que tu te considères comme anglais ! »
Le Victory Inn était tellement bondé en cette chaude soirée d’août que les clients préféraient boire dehors, sur les grandes marches de pierre qui descendaient vers la baie. Polworth et Strike étaient assis à l’écart de la foule devant deux pintes de bière. Ils avaient trinqué aux trente-neuf ans de Polworth et, depuis vingt épuisantes minutes, la conversation tournait autour du nationalisme cornouaillais. Strike avait hâte de passer à autre chose.
« Est-ce que je me considère comme anglais ? s’interrogea-t-il à haute voix. Non, je me définirais plus volontiers comme citoyen britannique.
— Va te faire voir, répliqua Polworth, excédé. Tu racontes n’importe quoi. Juste pour me faire sortir de mes gonds.  »

Extrait de : R. Galbraith. « Cormoran Strike – Sang trouble. »

Blanc mortel par Robert Galbraith

Fiche de Blanc mortel

Titre : Blanc mortel (Tome 4 sur 5 – Cormoran Strike)
Auteur : Robert Galbraith
Traduction : F. Vidal
Date de parution : 2018
Editeur : Grasset

Première page de Blanc mortel

« CE PORTRAIT DE MARIAGE pourrait être le couronnement de sa carrière, songeait le photographe. Encore faudrait-il que les deux cygnes consentent à glisser côte à côte sur le glacis vert foncé du lac.
Il aurait pu demander au jeune couple de se déplacer, mais ç’aurait été dommage. À cet endroit, la lumière filtrée par les ramures des grands arbres conférait à la mariée, dont les boucles blond cuivré ruisselaient sur les épaules, la beauté diaphane d’un ange préraphaélite, tout en soulignant d’un trait avantageux les pommettes sculptées de son époux. De mémoire, il n’avait jamais photographié de couple aussi beau. Avec Mr. et Mrs. Matthew Cunliffe, nul besoin de déployer les trésors de tact dont il usait habituellement, ni de rechercher l’angle idéal pour mieux dissimuler les bourrelets de la dame (celle-ci était un poil trop mince, à son goût, mais la photo n’en serait que meilleure) ni de suggérer au monsieur de « fermer la bouche pour la suivante », Mr. Cunliffe ayant de solides dents blanches parfaitement plantées. Il n’y avait qu’un seul détail ennuyeux, encore qu’on puisse l’effacer à la retouche : la cicatrice que Mrs. Cunliffe avait à l’avant-bras, une marque livide, violacée, portant encore la trace des points de suture. »

Extrait de : R. Galbraith. « Blanc Mortel – Cormoran Strike. »

La carrière du mal par Robert Galbraith

Fiche de La carrière du mal

Titre : La carrière du mal (Tome 3 sur 5 – Cormoran Strike)
Auteur : Robert Galbraith
Traduction : F. Vidal
Date de parution : 2015
Editeur : Grasset

Première page de La carrière du mal

« Il avait eu beau frotter, il restait encore du sang. À sa main gauche, sous l’ongle du majeur, une raie sombre en forme de parenthèse. Il essaya de la retirer, pourtant il aimait bien la voir : elle lui évoquait les plaisirs de la veille. Après avoir gratté en vain pendant une minute, il porta l’ongle à sa bouche et suça. Le goût métallique rappelait l’odeur du sang qui s’était déversé sur le sol carrelé, éclaboussant les murs, trempant son jean, imbibant les serviettes de bain – moelleuses, sèches, bien pliées – couleur pêche.
Ce matin, les couleurs paraissaient plus vives, le monde plus joli. Il se sentait serein, exalté, comme s’il l’avait absorbée, comme si sa vie s’était transfusée en lui. Dès qu’on les tuait, elles vous appartenaient : une possession qui allait bien au-delà du sexe. Le simple fait de les regarder mourir, de voir leur expression à cet instant-là, constituait l’expérience la plus intime qui soit, bien supérieure à toutes les sensations que peuvent éprouver deux corps vivants.
Personne ne savait ce qu’il avait fait, ni ce qu’il prévoyait de faire ensuite, songea-t-il avec un frisson d’excitation. L’esprit en paix, le cœur léger, il se suçait le doigt tout en observant la maison d’en face, le dos appuyé contre le mur tiédi par les premiers rayons du soleil d’avril. »

Extrait de : R. Galbraith. « La Carrière du Mal – Cormoran Strike. »

Le ver à soie par Robert Galbraith

Fiche de Le ver à soie

Titre : Le ver à soie (Tome 2 sur 5 – Cormoran Strike)
Auteur : Robert Galbraith
Traduction : F. Vidal
Date de parution : 2014
Editeur : Grasset

Première page de Le ver à soie

«  J’espère au moins que c’est pour m’annoncer la mort d’une superstar, Strike », dit la voix rauque au bout du fil.

Il faisait encore nuit. Le téléphone collé à sa joue mal rasée, Strike promenait son imposante silhouette à travers les rues de Londres. La sortie de son interlocuteur lui arracha un sourire.

« Non, mais c’est dans cet ordre d’idées.

— Enfin bordel, il est six heures du mat’ !

— Six heures et demie. Mais si tu veux savoir ce que j’ai trouvé, tu vas devoir te déplacer, répliqua Cormoran Strike. Je suis près de chez toi. Il y a un…

— Et comment tu sais où j’habite ?

— C’est toi qui m’as donné ton adresse, répondit-il en étouffant un bâillement. Tu vends ton appart’.

— Ah, c’est vrai. Quelle mémoire !

— Il y a un bar ouvert la nuit…

— Je m’en fous. On se verra plus tard, à ton bureau.

— Culpepper, je reçois un client ce matin, un type plus généreux que toi. Et j’ai bossé toute la nuit. Si tu veux cette info, je te conseille de ne pas traîner. »

Strike perçut un grognement suivi d’un froissement de draps. »

Extrait de : R. Galbraith. « Cormoran Strike – Le ver à soie. »

L’appel du coucou par Robert Galbraith

Fiche de L’appel du coucou

Titre : L’appel du coucou (Tome 1 sur 5 – Cormoran Strike)
Auteur : Robert Galbraith
Traduction : F. Rosso
Date de parution : 2013
Editeur : Grasset

Première page de L’appel du coucou

« La rue bruissait d’une agitation fébrile, comme envahie par un essaim de mouches bourdonnantes. Des photographes étaient massés derrière les barrières gardées par la police, tenant en équilibre leurs appareils au museau protubérant, leur souffle s’élevant dans l’air en une vapeur blanche. La neige tombait, dense et régulière, sur les couvre-chefs et sur les épaules, et des doigts gantés essuyaient les lentilles. De temps à autre ils tuaient le temps en faisant retentir quelques déclics, prenant un cliché de plus de la tente en toile blanche dressée au bord de la chaussée, de l’entrée du grand immeuble en brique rouge et du balcon au dernier étage d’où le corps était tombé.
Derrière les paparazzi pressés les uns contre les autres étaient stationnés des camions blancs surmontés d’énormes paraboles satellite, et des journalistes discutaient entre eux, certains dans des langues étrangères, tandis qu’autour d’eux s’affairaient des ingénieurs du son casqués. Entre deux prises, les reporters battaient la semelle en se réchauffant les mains autour de gobelets brûlants qui provenaient du café de la rue voisine. »

Extrait de : R. Galbraith. « L’Appel du Coucou – Cormoran Strike. »