Étiquette : Fortune de France
Paris ma bonne ville par Robert Merle

Fiche de Paris ma bonne ville
Titre : Paris ma bonne ville (Tome 3 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1980
Editeur : Le livre de poche
Première page de Paris ma bonne ville
« D’une chose je suis bien assuré : il en est de nous comme de la mer, la bonace même n’est qu’apparence. Au-dessous tout est branle, tumulte, émeuvement. Ainsi l’homme ne saurait mie être content, ni tenir son âme en repos. Possédé d’un bonheur, un autre lui fault, dont il a appétit.
À mon département du château de M. de Montcalm, si heureux que je fusse après une tant longue absence de retrouver mon père sain et gaillard, et réjoui que j’étais de chevaucher avec lui sur le chemin de Sarlat et de mon bien-aimé Mespech, le cœur me battant à l’idée de le revoir et tous ceux qui vivaient dans ses murs, ma liesse n’était pourtant pas sans mélange. Et je ne laissais pas d’avoir quand et quand le cœur fort serré à laisser derrière moi Angelina de Montcalm et l’incertain bonheur dont nous avions fait le serment et dont je portais le gage au petit doigt de ma main senestre : l’anneau orné d’une pierre bleue qu’elle m’avait baillé dans la poivrière qui flanquait la tour est de Barbentane. »
Extrait de : R. Merle. « Paris ma bonne ville – Fortune de France. »
En nos vertes années par Robert Merle

Fiche de En nos vertes années
Titre : En nos vertes années (Tome 2 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1979
Editeur : Le livre de poche
Première page de En nos vertes années
« Ha certes ! Si enflammé que je fusse à galoper en ce mois de juin avec mon gentil frère Samson et notre valet Miroul par les montées et les dévalades des grands chemins de France, cependant j’avais, par bouffées, le cœur mordu de laisser si loin derrière moi dans le Sarladais la baronnie de Mespech. Peu s’en fallait que, chevauchant, ne me vînt larme à l’œil chaque fois que je me ramentevais le grand nid crénelé où j’avais éclos et mis mes plumes, protégé des troubles du temps par ses remparts, mais plus encore par la bravoure de mon père, de l’oncle Sauveterre, de nos soldats, car notre dicton périgordin dit vrai : Il n’est bons murs que de bons hommes.
Mais quoi ! Nos quinze ans venus, le latin bien enfourné dans nos têtes (où langue d’oc et français déjà voisinaient), notre valeur au surplus bien prouvée dans le combat de la Lendrevie, ne fallait-il pas nous tirer enfin du chaud duvet de notre Barberine, quitter, comme j’aimais à dire, nos maillots et enfances, et puisque nous avions le malheur d’être cadets (et mon bien-aimé Samson, par surcroît, bâtard), pousser plus avant nos études, et ainsi que l’avait décidé mon père, en Montpellier. »
Extrait de : R. Merle. « En nos vertes années – Fortune de France. »
Fortune de France par Robert Merle

Fiche de Fortune de France
Titre : Fortune de France (Tome 1 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1977
Editeur : Le livre de poche
Première page de Fortune de France
« La noblesse de ma famille ne compte pas ses huit quartiers. Elle ne commence qu’avec mon père. Je le dis sans
vergogne aucune. On pense bien que si je voulais déguiser, je ne commencerais pas ce récit. J’ai dessein de l’écrire tout droit, sans dévier, comme on trace un sillon.
M. de Fontenac, parmi les vilenies qu’il répandait sur notre compte, osait prétendre que mon arrière-grand-père, comme M. de Sauve, avait été laquais : mensonge que je lui ai fait rentrer dans la gorge.
Comme chacun sait, M. de Sauve a dû sa place de ministre autant à sa merveilleuse habileté qu’à la carrière que fit sa femme au service de la reine Catherine dans les couchettes des princes du sang. Notre famille n’est pas montée si haut, ni par de tels moyens. Elle n’est pas non plus venue de si bas, encore qu’il n’y ait pas de honte, je trouve, à être laquais, si c’est là que la peur de mourir de faim peut vous conduire un pauvre drole. »
Extrait de : R. Merle. « Fortune de France. »