Étiquette : Fortune de France
Le glaive et les amours par Robert Merle

Fiche de Le glaive et les amours
Titre : Le glaive et les amours (Tome 13 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 2003
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le glaive et les amours
« Il n’est, lecteur, que tu ne te ramentoives que le huit octobre 1634, Gaston d’Orléans, frère cadet du roi de France, s’était réfugié aux Pays-Bas espagnols après la défaite que Louis avait infligée au duc de Lorraine. Il s’y trouva bien traité de prime, mais la guerre entre la France et l’Espagne devenant menaçante il sentit, à certains indices, qu’il n’était plus l’hôte des Espagnols, mais leur otage. Il décida alors de quitter Bruxelles comme il avait quitté précédemment la France : en catimini.
Ce fut, de nuit, une belle cavalcade de Bruxelles à La Capelle, la citadelle française la plus proche de la frontière. Gaston y fut reçu non sans quelques difficultés. Pour ma part, j’y devins, comme on sait, mal allant, souffrant d’un catarrhe et d’une petite fièvre. Gaston, pressé de se présenter à Louis, ne pouvait attendre que je fusse rebiscoulé, et eut la bonté de me venir faire ses adieux dans ma chambre. »
Extrait de : R. Merle. « Le glaive et les amours – Fortune de France. »
Complots et cabales par Robert Merle

Fiche de Complots et cabales
Titre : Complots et cabales (Tome 12 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 2001
Editeur : Le livre de poche
Première page de Complots et cabales
« Quand en novembre 1628 le siège de La Rochelle s’acheva, fort glorieusement pour nos armes, fort affreusement pour la pauvre ville huguenote qui, en un an, avait perdu de verte faim les deux tiers de ses habitants, je tombai en proie à des sentiments bien contraires : d’une part, la compassion que m’inspirèrent, à mon entrant dans la malheureuse cité, les cadavres qui jonchaient les pavés et, pis encore peut-être, trébuchant à chaque pas, les squelettiques survivants. Et d’autre part, bien que je fusse, comme avait dit Richelieu (qui savait toujours tout sur tout), « quasi souverain au château de Brézolles », et m’y sentais déjà chez moi pour les raisons que l’on devine, j’éprouvais une vive et profonde joie à la pensée, et d’aller retrouver en son hôtel à Nantes la marquise de Brézolles et de retourner avec elle et son fils, qui était aussi le mien, dans mon duché d’Orbieu. Mais appartenant, et de fait et de cœur, à la maison du roi, le servant en de délicates et toujours urgentes missions que me confiait en son nom le cardinal de Richelieu, je ne pouvais sans l’assentiment de mon maître marier Madame de Brézolles, ni même me rendre à Nantes pour lui demander sa main. »
Extrait de : R. Merle. « Complots et cabales – Fortune de France. »
La gloire et les périls par Robert Merle

Fiche de La gloire et les périls
Titre : La gloire et les périls (Tome 11 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1999
Editeur : Le livre de poche
Première page de La gloire et les périls
« Lecteur, je me propose dans ce onzième tome de mes Mémoires de décrire la vie qui fut la mienne pendant le siège de La Rochelle – siège qui fut, avec celui de Breda, le plus long et le plus fameux de la première moitié de ce siècle.
L’enjeu était, comme disait Richelieu, importantissime. Les protestants, ou, comme on disait alors, les huguenots, avaient fini par former un État dans l’État, et braver le pouvoir du roi de France par de continuelles rébellions.
Or La Rochelle, citadelle de la puissance huguenote en ce royaume, était réputée invincible pour la raison qu’étant puissamment fortifiée côté terre, elle s’ouvrait largement sur l’océan et pouvait être par conséquent envitaillée, et par sa propre flotte, et par celle de ses alliés – de prime paradoxalement par la très catholique Espagne, laquelle cependant promit beaucoup et ne fit rien, et ensuite par la protestante Angleterre, qui, elle, intervint à trois reprises dans la guerre entre Louis XIII et sa ville mutinée. »
Extrait de : R. Merle. « La Gloire et les Périls – Fortune de France. »
Le Lys et la Pourpre par Robert Merle

Fiche de Le Lys et la Pourpre
Titre : Le Lys et la Pourpre (Tome 10 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1997
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le Lys et la Pourpre
« Nos bons caquets de cour disaient que Louis XIII, avant que d’appeler Richelieu en son Conseil, nourrissait à son encontre les plus grandes préventions. Et c’était vrai. Ils disaient aussi que Louis n’accepta le cardinal que sur les instances les plus pressantes de sa mère. Et rien n’était plus faux.
S’il y avait une personne au monde à laquelle Louis ne voulait ni ne pouvait céder, c’était bien cette personne-là, qui lui était si proche, mais qui l’avait tant humilié et rabaissé en ses enfances et, en ses années plus mûres, pris deux fois les armes contre lui. Quand il se fut enfin libéré de ce joug, Louis fut longtemps en méfiance à l’égard du cardinal, pour ce qu’il avait été le ministre de l’infâme Concini – exécuté sur l’ordre de Sa Majesté le vingt-quatre avril 1617 – et aussi parce qu’il avait été le principal conseiller de la reine-mère, quand elle dut – sur l’ordre de son fils – s’exiler à Blois.
Mais sur ce point son jugement se nuança quelque peu au cours des années. Il finit par reconnaître que Richelieu tâchait d’exercer une influence modératrice sur Marie de Médicis, si tant est qu’une telle influence fût possible. »
Extrait de : R. Merle. « Le Lys et la Pourpre – Fortune de France. »
Les roses de la vie par Robert Merle

Fiche de Les roses de la vie
Titre : Les roses de la vie (Tome 9 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1995
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les roses de la vie
« Des cinq balles de pistolet que les conjurés tirèrent sur l’infâme Concini le vingt-quatre avril 1617, alors qu’il pénétrait dans le Louvre par le pont dormant, les deux premières se perdirent, la troisième le frappa entre les deux yeux, la quatrième sous l’œil droit, la cinquième lui ouvrit la gorge. Tant est qu’on put dire – sans trop de raison –
qu’il fut tué trois fois, alors qu’une seule eût suffi pour le repos et le soulagement de la France.
« À’steure, je suis roi », dit Louis sobrement. Dix jours plus tard, le trois mai, veille de l’Ascension, à deux heures et demie de l’après-dînée, Marie de Médicis, sanglotante, partait en exil pour le château de Blois, tandis que d’une fenêtre du Louvre, Louis regardait, la face imperscrutable, s’éloigner le carrosse de la moins aimante des mères.
Ma bonne marraine, la duchesse de Guise, qui avec sa fille, la princesse de Conti, avait été fort des amies intimes de l’ex-régente et n’avait eu, quant aux pécunes, qu’à s’en féliciter, eut du mal à se remettre de ce coup-là, et d’autant qu’elle n’ignorait pas que Louis n’était pas grand ami des femmes, ayant été si morgué et si rabaissé par sa mère pendant les sept funestes années qu’avait duré son gouvernement. Mais rien n’échoue si totalement que l’échec, une fois qu’il est acquis, en particulier à la Cour, où ceux qui choient des hauteurs du pouvoir ne peuvent espérer conserver beaucoup d’amis en leurs grisâtres lendemains. »
Extrait de : R. Merle. « Les Roses de la vie – Fortune de France. »
L’enfant-Roi par Robert Merle

Fiche de L’enfant-Roi
Titre : L’enfant-Roi (Tome 8 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1993
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’enfant-Roi
« Le vingt-sept mai au matin, comme nous déjeunions, tristes et quasi muets en notre logis du Champ Fleuri, Franz nous vint prier de bailler congé à notre domestique afin de lui permettre d’assister au supplice.
— Tout le domestique ? dit mon père en haussant le sourcil.
— À l’exception. Monsieur le Marquis, de Margot et de Greta, lesquelles ont le cœur si piteux qu’elles abhorrent le sang, fût-ce celui du plus détestable criminel qui ait jamais rampé sur la surface de la terre…
Cette belle phrase dans la bouche de notre majordome m’eût étonné, si je n’avais pas su qu’elle avait été prononcée, dans son dernier prêche, par le curé Courtil.
— Et Louison ? dis-je.
— Monsieur le Chevalier, me dit Franz en me jetant un œil et en baissant les paupières aussitôt, Louison fait la sieste à cette heure-là…
— Et toi-même, Franz, iras-tu ? dit La Surie. »
Extrait de : R. Merle. « L’Enfant-Roi – Fortune de France. »
La volte des vertugadins par Robert Merle

Fiche de La volte des vertugadins
Titre : La volte des vertugadins (Tome 7 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1991
Editeur : Le livre de poche
Première page de La volte des vertugadins
« Si l’on devait préjuger de la destinée d’un homme par son baptême, le mien fut si glorieux que je devrais, sans trop de déraison, espérer atteindre un jour aux plus hautes charges de l’État. Mais je ne sache pas que je doive tant m’en hausser le bec. Si Henri Quatrième fut mon parrain, cet honneur ne tenait assurément pas aux mérites d’un enfantelet vagissant, mais à la faveur dont jouissait alors mon père, le premier Marquis de Siorac, et aux pressantes sollicitations de ma bonne marraine, la Duchesse de Guise, qui, même avant que je naquisse, fut à moi si tendrement affectionnée que son fils aîné en conçut de l’aigreur. Il est vrai que le jeune duc, comme devait dire si cruellement Richelieu, n’avait pas « l’esprit plus grand que le nez » ; appendice que la cour jugeait chez lui d’une petitesse ridicule.
À y penser en mon âge mûr, la pompe de mon baptême ne m’éblouit pas davantage. Des trois filleuls d’Henri IV, je fus bien le seul à qui la fortune daigna sourire et davantage du fait de mes fidèles services que de ce glorieux début. Le plus célèbre des filleuls royaux, Henri II de Montmorency, fut décapité sous Louis XIII pour haute trahison. Et la plus obscure, du moins par la naissance, Marie Concini, fille de Concino Concini et de Léonora Galigaï, mourut à huit ans. »
Extrait de : R. Merle. « La Volte des vertugadins – Fortune de France. »
La pique du jour par Robert Merle

Fiche de La pique du jour
Titre : La pique du jour (Tome 6 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1985
Editeur : Le livre de poche
Première page de La pique du jour
« — Mon Pierre, me dit Miroul quand il me vint désommeiller à l’aube du vendredi 25 mars, quérez-vous d’apprendre de moi ce que je me suis apensé tout le jour de devant et le long de la nuit passée ?
— Monsieur l’Écuyer, dis-je avec un bâillement qui finit en souris, est-il utile que je le quière, puisque de toute manière, vous me l’allez apprendre.
— Or sus, voici : Henri Quatrième a retrouvé le 22e jour de mars sa capitale et son Louvre. Mais vous-même, Monsieur le Marquis, êtes couillasse comme devant, votre logis s’encontrant ès mains ligueuses depuis les
barricades.
— Mal heur des uns. Bon heur des autres. Je gage qu’un petit Seize de merde y a fait, comme le coucou, son nid, et comme dit le roi « je m’en va » le requérir par huissier à verge de se déloger de mon bien.
— Moussu, ce ne sera pas utile.
— Tiens donc !
— Avez-vous ouï dire que trois femmes ligueuses avaient beaucoup pâti de l’ennui et fâcherie que leur donna la reddition de Paris à Henri ? »
Extrait de : R. Merle. « La pique du jour – Fortune de France. »
La violente amour par Robert Merle

Fiche de La violente amour
Titre : La violente amour (Tome 5 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1983
Editeur : Le livre de poche
Première page de La violente amour
« Tout passe : notre siècle, notre terre et nous-même, et fort heureusement, l’avenir reste clos et celé à nos yeux, lequel, s’il nous était connu, fanerait nos joies dans l’instant de leur conception. Ainsi en eût-il été pour moi de l’exaltant moment où tomba le Guise – sa mort soulageant le roi, et nous tous qui l’aimions, d’un poids insufférable – soulagement qui eût fait place pourtant tout de gob à un irrémédiable désespoir, si nous avions pu prévoir la male fortune qui, moins d’une année plus tard, accabla notre pauvre maître.
J’aimerais, comme un peintre sur un tableau, immobiliser ce moment où le duc de Guise, percé de coups et gisant, géantin et sanglant, au pied du lit royal, le roi, sur le seuil de son cabinet neuf, et en croyant à peine ses yeux de la mort de son ennemi, me dit de l’examiner. »
Extrait de : R. Merle. « La Violente Amour – Fortune de France. »
Le Prince que voilà par Robert Merle

Fiche de Le Prince que voilà
Titre : Le Prince que voilà (Tome 4 sur 13 – Fortune de France)
Auteur : Robert Merle
Date de parution : 1982
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le Prince que voilà
« Quand j’eus avec mon gentil valet Miroul, avec Fröhlich mon bon Suisse de Berne, et je le cite en dernier, bien qu’il ne soit pas le moindre, avec mon immutable ami, le maître en fait d’armes Giacomi, échappé aux vils massacreurs de la Saint-Barthélemy et trouvé refuge en Saint-Cloud auprès de mon beau muguet de cour, le baron de Quéribus, celui-ci, qui possédait un riche domaine dans le Carcassonnais, en prit prétexte pour m’accompagner jusqu’en mon Périgord avec une forte escorte, les chemins et les villes étant peu sûrs alors pour quiconque était réputé huguenot. Et comme Dame Gertrude du Luc, qui de son côtel avait sauvé la vie de mon frère Samson en l’empêchant de courre galoper en Paris, voulait à force forcée être du voyage, tant parce qu’elle était raffolée (comme sa belle chambrière Zara) des pérégrinations que parce qu’elle avait appétit à connaître mon père, je l’invitai en Mespech, n’ignorant pas que son désir le plus tenace et tenaillant était de marier à la parfin mon bien-aimé Samson. »
Extrait de : R. Merle. « Le Prince que voilà – Fortune de France. »