Étiquette : La guerre éternelle
La liberté éternelle par Joe Haldeman

Fiche de La liberté éternelle
Titre : La liberté éternelle (tome 3 sur 3 – La guerre éternelle)
Auteur : Joe Haldeman
Date de parution : 1999
Traduction : F. Vidonne
Editeur : J’ai lu
Première page de La liberté éternelle
« L’hiver met bien longtemps à venir, sur cette planète oubliée des dieux, mais lorsqu’il est là, il ne s’en va pas de sitôt…
J’observai une brusque rafale qui traçait une ligne de froide écume en travers du lac, et songeai à la Terre ; ce n’était pas la première fois ce jour-là. Ces deux chauds hivers à San Diego, lorsque j’étais enfant… Et même ces mauvais hivers dans le Nebraska. Au moins, ils étaient courts.
Peut-être avions-nous refusé trop vite, lorsque ces zombies magnanimes nous avaient offert de partager la planète avec nous, après la guerre. En venant ici, nous ne nous en étions pas vraiment débarrassés.
De l’air froid irradiait de la vitre. Marygay s’éclaircit la gorge derrière moi.
— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle.
— On dirait que c’est le temps. Je ferais bien de vérifier les lignes de pêche.
— Les enfants seront de retour d’ici à une heure.
— Je ferais mieux de vérifier maintenant, au sec, plutôt que de risquer de tous nous retrouver dehors sous la pluie, répondis-je. Ou sous la neige, peu importe.
— Probablement la neige.
Elle hésita, mais ne proposa pas de m’aider. Après vingt ans, elle savait quand je préférais me passer de compagnie. J’enfilai un sweater en laine, mis une casquette, et laissai mon ciré sur le portemanteau. »
Extrait de : J. Haldeman. « La Guerre Éternelle – La Liberté éternelle. »
La paix éternelle par Joe Haldeman

Fiche de La paix éternelle
Titre : La paix éternelle (tome 2 sur 3 – La guerre éternelle)
Auteur : Joe Haldeman
Date de parution : 1997
Traduction : M. Pagel
Editeur : France Loisirs
Première page de La paix éternelle
« Il ne faisait pas tout à fait noir : un rayon de lune bleu ténu filtrait à travers la voûte des feuilles. Le silence n’était jamais complet.
Une grosse brindille craqua. Le bruit fut étouffé sous une lourde masse. Un singe hurleur mâle, dans un arbre, sortit de sa torpeur et baissa les yeux : quelque chose bougeait, noir sur noir. L’animal emplit ses poumons pour lancer un cri de défi.
Il y eut alors un son évoquant un journal qu’on déchire. Le torse du singe disparut dans un sombre geyser de sang et d’organes déchiquetés. Son corps tomba lourdement à travers les branches, coupé en deux.
Tu peux pas foutre la paix à ces putains de singes ? Ta gueule ! On est dans une réserve naturelle. C’est moi qui suis de service, alors ferme-la. C’est un exercice de tir.
Noir sur noir. L’ombre demeura un instant immobile, puis fila à travers la jungle tel un gros reptile silencieux. On eût pu s’en trouver à deux mètres sans la voir. Elle n’émettait pas d’infrarouges. Les ondes radar glissaient sur sa peau.
Sentant la chair humaine, elle se figea. La proie, un individu mâle, à environ trente mètres de là, puait la sueur âcre. Son haleine empestait l’ail. Une odeur d’huile à fusil et de vieux résidus de poudre l’accompagnait. L’ombre détermina le sens du vent puis recula, entama un mouvement tournant.
L’homme surveillait le chemin. Il fallait donc arriver par la forêt. »
Extrait de : J. Haldeman. « La Guerre Éternelle – La Paix éternelle. »
La guerre éternelle par Joe Haldeman

Fiche de La guerre éternelle
Titre : La guerre éternelle (tome 1 sur 3 – La guerre éternelle)
Auteur : Joe Haldeman
Date de parution : 1975
Traduction : G. Lebec, D. Brower
Editeur : J’ai lu
Première page de La guerre éternelle
« — Ce soir, nous allons vous montrer huit manières de tuer un homme ; elles sont toutes silencieuses.
Le gars qui venait de dire ça, un sergent-chef, ne paraissait guère plus vieux que moi, cinq ans au plus, et s’il avait jamais tué sur le terrain, silencieusement ou autrement, il avait dû le faire dès son enfance.
Je connaissais déjà quatre-vingt-dix façons de tuer quelqu’un, mais la plupart d’entre elles étaient quelque peu bruyantes. Je me redressai sur ma chaise, fis poliment semblant d’être attentif, puis m’endormis, les yeux ouverts. La plupart des autres en avaient fait autant : nous savions par expérience qu’ils ne mettaient rien d’important au programme de ces cours d’après-dîner.
Le projecteur m’a réveillé, et j’ai patienté jusqu’à la fin du court métrage nous détaillant les « huit manières silencieuses ». Certains des protagonistes devaient avoir eu le cerveau effacé car on les tuait pour de bon.
Après le film, une fille au premier rang a levé la main. Le sergent-chef lui a fait un signe de tête et elle s’est mise au garde-à-vous. »
Extrait de : J. Haldeman. « La Guerre Éternelle. »