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Complot sur Technos par Edwin Charles Tubb

Fiche de Complot sur Technos

Titre : Complot sur Technos (Tome 7 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : E. C. L. Meistermann
Date de parution : 1972
Editeur : Plon

Première page de Complot sur Technos

« La nuit, les rues de Clovis étaient des fils torsadés de mystère obscur bordés de hauts murs et de fenêtres fermées par des volets, formant des boucles et des courbes en suivant les décrets de quelque antique plan. La ville elle-même était un lieu de silence qui recouvrait tout, rompu uniquement par le murmure du vent des plaines, le tintement discordant des cloches à prière suspendues aux toits à pointes et pignons. Des lanternes pâles oscillaient comme des étoiles spectrales, leur lumière inefficace accrue par la brume du terrain d’atterrissage et les gros projecteurs des chantiers, au nord, où hommes et machines creusaient la croûte de la planète en quête des richesses qui y étaient enfouies au plus profond ; tout se reflétait sur les nuages de plus en plus bas en un clair de lune précaire et artificiel.
Dumarest marqua une pause en atteignant un croisement, aux aguets, et étudia les rues qui partaient de chaque côté en serpentant. Elles paraissaient désertes, mais cela ne signifiait pas grand-chose ; des individus pouvaient très bien être tapis dans les gueules noires des portails, les venelles dans l’ombre, prêts à bondir pour tuer quiconque venait à passer. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’aventurier des étoiles – Complot sur Technos. »

Mausolée galactique par Edwin Charles Tubb

Fiche de Mausolée galactique

Titre : Mausolée galactique (Tome 6 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1971
Editeur : Plon

Première page de Mausolée galactique

« Sur Aarn, un homme fut assassiné et Dumarest le vit mourir. La chose se passa très vite, dans un endroit proche du champ d’atterrissage : une taverne animée, reluisante de confort, de l’autre côté de la haute clôture périphérique, tout près de l’entrée principale ; un endroit civilisé et feutré, aux éclairages tamisés, douillettement installé sur un monde civilisé. Cette violence bestiale n’en était que plus inattendue.
Dumarest vit toute la scène ; il tournait le dos au décor mural vivant, des femmes nues folâtrant dans une mer d’émeraude parmi des bêtes visqueuses aux proportions obscènes. Devant lui, éparpillés sur les tapis moelleux, les clients de la taverne étaient vautrés dans des fauteuils ou appuyés au long comptoir de bois luminescent. Un assortiment d’officiers, d’hommes d’équipage, d’employés au sol, de commerçants et de voyageurs. Sur cette foule se détachaient les parures voyantes des filles de joie déployant leurs charmes. Du plafond sculpté susurrait une musique douce, et l’air était teinté d’une fumée odorante. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’Aventurier des étoiles – Mausolée Galactique. »

Le bouffon de Balafre par Edwin Charles Tubb

Fiche de Le bouffon de Balafre

Titre : Le bouffon de Balafre (Tome 5 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1970
Editeur : Plon

Première page de Le bouffon de Balafre

« Dans la lumière de la lampe, le visage de la femme était anxieux, contracté.
— Earl, dit-elle. Earl, je t’en prie, réveille-toi. Dumarest ouvrit les yeux, immédiatement sur le qui-vive.
— Qu’y a-t-il ?
— Des hommes, répondit-elle, qui marchent, dehors. J’ai cru entendre des bruits dans la rue, des cris et un rire. La flamme dégoulinante de la lampe projetait des taches d’ombre mouvantes sur son visage, tandis qu’elle se redressait.
— Un rire cruel, qui rendait un son horrible. Il fronça les sourcils, écouta, mais n’entendit rien d’autre que la fureur habituelle du vent nocturne.
— C’était un rêve, suggéra-t-il. Une illusion créée par le vent.
— Non. Elle était catégorique. Il y a trop longtemps que je vis sur ce monde pour me tromper. J’ai entendu un bruit insolite ; peut-être des hommes qui cherchaient quelque chose. Mais en tout cas, c’était un bruit réel, pas un produit de mon imagination. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’Aventurier des étoiles – Le bouffon de Balafre. »

La sorcière de l’espace par Edwin Charles Tubb

Fiche de La sorcière de l’espace

Titre : La sorcière de l’espace (Tome 4 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1969
Editeur : Plon

Première page de La sorcière de l’espace

« C’était le Temps du Sang sur Logis, et le capitaine fut inébranlable.
— Je suis navré, dit-il, mais je ne prendrai aucun risque. En tant que passagers, vous êtes libres de partir ou de rester, selon votre désir, mais je dois vous mettre en garde : si la clôture périphérique venait à être percée et forcée, je bouclerai le vaisseau hermétiquement. Et, ajouta-t-il d’un ton significatif, il le restera jusqu’à ce que tout danger soit passé.
— Vous nous laisseriez dehors ? 
La femme portait des vêtements trop jeunes pour ses traits au maquillage épais, sa voix fêlée, vieillissante.
— Vous nous laisseriez nous faire massacrer ? 
— Si nécessaire, oui, madame.
— Incroyable ! Des pierres précieuses étincelèrent à ses doigts tandis que ses mains s’agitaient dans le cône de lumière qui se répandait du sas ouvert. Traiter vos passagers de la sorte !
Son compagnon, un mercenaire balafré, grogna d’une voix de gorge profonde :
— Le capitaine n’a pas le choix, ma chère. Il doit penser avant tout à son vaisseau. Il regarda l’officier. N’est-ce pas ? »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’Aventurier des etoiles – La Sorcière de l’Espace. »

L’homme-jouet par Edwin Charles Tubb

Fiche de L’homme-jouet

Titre : L’homme-jouet (Tome 3 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1969
Editeur : Plon

Première page de L’homme-jouet

« Trente heures d’affilée, le soleil avait rôti le désert de sa fournaise, en décrivant un arc à travers le ciel ; à présent qu’il faisait nuit, la température était déjà descendue au point de congélation. Et, Dumarest le savait, elle descendrait encore pendant cette période d’obscurité qui durait vingt-quatre heures. Jouet était un monde de violents contrastes.
Il se blottit plus près du feu que Legrain alimentait d’arbustes épineux et de fragments d’os blanchis et patinés. Autour d’eux, un cercle de rochers cachait le feu aux regards éventuels en même temps qu’il renvoyait la chaleur. Pardessus les pierres entassées, le vent soufflait par rafales, glacial, chargé d’une odeur d’herbes et de saumures, et du rugissement lugubre des vagues déferlantes.
— Mauvaise nuit, dit Legrain. Mais toutes les nuits sont mauvaises, pour les vaincus.
Il ajouta, avec soin, un fragment d’os dans les flammes. Comme Dumarest, il portait une tunique à manches longues, d’un vif écarlate, qui lui arrivait aux genoux. Un casque de métal et une cuirasse brillaient d’un éclat d’or. D’un ceinturon bouclé à sa taille, pendaient un sac et une épée dans son fourreau. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’Aventurier des etoiles – L’homme-jouet. »

La planète de la mort par Edwin Charles Tubb

Fiche de La planète de la mort

Titre : La planète de la mort (Tome 2 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1968
Editeur : Plon

Première page de La planète de la mort

« Dumarest était à l’entraînement quand arriva la bête céleste. En équilibre sur la demi-pointe des pieds, une courte barre de plomb à la main, il détournait et esquivait les vicieux coups d’estoc et de taille d’une tige d’acier longue d’un mètre. La sueur ruisselait de son visage et de son torse nu ; Nada ne plaisantait pas et elle était assez forte pour faire siffler dans l’air turgide la baguette d’acier. Elle était également assez sadique pour y prendre plaisir.
« Très bien », dit-elle enfin. « Ça suffit. » Elle recula et jeta la baguette. Son corsage, tendu sur ses seins, était noir de transpiration. Sa longue chevelure sombre collait à son cou et à ses joues. Sa peau, sous le faible éclairage de la tente, était légèrement olivâtre. « Tu es rapide », dit-elle d’un ton admiratif. « Rapide. »
— « Vraiment ? » Il baissa les yeux sur son corps. Une entaille aux bords déchiquetés, mais superficielle, traversait ses côtes. Une coupure plus profonde marquait son côté gauche, et deux autres son avant-bras gauche. Les blessures étaient presque cicatrisées sous une couche de plastique transparent. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’Aventurier des etoiles – La planete de la mort. »

Les vents de Gath par Edwin Charles Tubb

Fiche de Les vents de Gath

Titre : Les vents de Gath (Tome 1 sur 33 – L’aventurier des étoiles)
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1967
Editeur : Plon

Première page de Les vents de Gath

« Il s’éveilla en comptant les secondes, tandis qu’il s’élevait à travers d’interminables couches d’ébène glacé vers la chaleur, la lumière et une conscience grandissante. A trente-deux, les Courants de Foucault lui avaient rendu une température normale. A cinquante-huit, son cœur se mit à battre par ses propres moyens. A soixante-treize, le pulmotor cessa d’assister ses poumons. A deux cent quinze, le couvercle s’ouvrit avec un sifflement pneumatique.
Étendu, il goutait l’euphorie de la résurrection. C’était toujours le même, ce sentiment de bien~ être. A chaque fois qu’il se réveillait, montait en lui cette allégresse d’avoir forcé la chance – une fois de plus. Le corps lui démangeait de vie après le long sommeil pendant lequel il avait pu guérir de ses petits maux. Les drogues de réanimation stimulaient son imagination. C’était agréable d’être allongé, les yeux fermés, perdu dans le plaisir de l’instant.
« ça va ? »
La voix était aiguë, anxieuse, elle rompait le charme. Dumarest soupira et ouvrit les yeux. La lumière était trop vive. Il leva une main pour protéger son visage, l’abaissa comme si quelque chose arrêtait la clarté. »

Extrait de : E. C. Tubb. « L’Aventurier des etoiles – Les Vents de Gath. »

Se souvenir encore des orages par Pierre Pelot

Fiche de Se souvenir encore des orages

Titre : Se souvenir encore des orages
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2022
Editeur : Presses de la cité / Terres de France

Première page de Se souvenir encore des orages

« Ses paupières fripées pesantes de sommeil encore.
On apercevait des gens, parfois, à l’arrière des maisons, dans la lumière crue à peine née et les ombres sans fin dépliées au ras du sol ou plaquées sur les bardages au levant des choses. Des gens déjà debout, parmi les cabanes de jardin en planches grises et tôles marquées de rouille, rôdeurs matinaux bossus inspectant des espoirs de cultures rabougries. Le soleil livide n’avait pas encore choisi sa couleur.
Plaqué sur la vitre, à presque lui toucher le nez, un homme copiant son attitude posait sur lui de loin en loin un regard fatigué.
Un visage amaigri de Clooney mal barbu, le poivre noir et le sel gris des cheveux saupoudrés, en méplats plus ou moins marqués sous la barre des pommettes, joues et menton. Sur cet écran translucide au fond duquel se déroulait le paysage étiré, ce visage seul appuyé au creux d’une main, serti dans le reflet d’une partie du compartiment vide…
Un paysage plat, tout d’abord, bordé d’un horizon fondu sous des vagues opaques de consistance nuageuse, une succession écrasée de silhouettes urbaines, des bâtiments aplatis, des immeubles éparpillés – des désordonnements de villes méchamment régurgitées. »

Extrait de : P. Pelot. « Se souvenir encore des orages. »

Ceux qui parlent au bord de la pierre par Pierre Pelot

Fiche de Ceux qui parlent au bord de la pierre

Titre : Ceux qui parlent au bord de la pierre (Tome 5 sur 5 – Sous le vent du monde)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2001
Editeur : Milady

Première page de Ceux qui parlent au bord de la pierre

« Les yeux clos, celui qui entend, écoutait.

Assis, jambes croisées et le dos courbé, sa tête effleurait les branches entrecroisées qui soutenaient la grande peau couvrant l’abri du rêve et dont il pouvait, sans écarter les bras, toucher les parois courbes.

Les crépitements de la pluie ruisselante l’enveloppaient. Seul bruit. Dohuka n’entendait rien d’autre. La pluie. La pluie, sans discontinuer, tombait depuis toujours comme si elle ne devait jamais plus s’arrêter.

Avant Dohuka, Bak’o’hashieeodo savait changer la course des nuages du monde du dessus, mais son corps enseveli n’était pas revenu, son nom n’était plus prononcé, et plus personne, parmi les Doah de moins en moins nombreux, n’ordonnait aux nuages.

Dohuka était le dernier hisodrah, celui de maintenant. Il pouvait parler aux forces et aux gens de odrah, le monde du dessous qui soutient drah, celui de dessus – pas aux nuages.

Mais Dohuka se taisait, il s’était tu jour et nuit, avec au fond des oreilles et des yeux l’inextinguible brûlure des dernières paroles entendues et des dernières images vues, jaillies du ventre de odrah à travers la roche. »

Extrait de : P. Pelot. « Ceux qui parlent au bord de la pierre – Sous le vent du monde. »

Avant la fin du ciel par Pierre Pelot

Fiche de Avant la fin du ciel

Titre : Avant la fin du ciel (Tome 4 sur 5 – Sous le vent du monde)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2000
Editeur : Milady

Première page de Avant la fin du ciel

« Èheni allait dans le long cri du vent.

Il avait quitté l’anse de la rivière abritée par le grand ravin de roche alors que la lumière blême éclaboussait le ciel traversé de nuages effilochés encore silencieux. Et puis le vent, la voix des blanches et froides montagnes où sont les sources du ciel et de tout ce qui est sous le ciel, était descendu jusqu’à terre.

Èheni avait entendu le vent avant de le voir, avant de le sentir sur sa peau.

Il s’était arrêté de marcher. Écoutant.

Silhouette soudain dressée parmi les arbustes épars au sommet d’une pente d’herbe maigre, le regard levé dans la lumière épaissie vers le déferlement sombre maintenant ininterrompu des nuages. Dans une main le bâton court appointé, dans l’autre les bois de l’edroü tué plusieurs jours auparavant (toute sa chair n’était pas mangée), et la peau de la bête grossièrement écharnée, pas même saupoudrée de la terre rouge qui assouplit, poisseuse encore de son odeur, les pattes nouées sous le menton, portée par-dessus celles qui le vêtaient, épaississant son allure. Écoutant, là, debout. Le cou tendu, reniflant par ses larges narines qui palpitaient lentement… »

Extrait de : P. Pelot. « Avant la fin du ciel – Sous le vent du monde. »