Étiquette : Louis Le Galoup
Le coeur de Tolosa par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le coeur de Tolosa
Titre : Le coeur de Tolosa (tome 5 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2010
Editeur : Nouvel angle
Première page de Le coeur de Tolosa
« C’est par un de ces matins dont la Garonne a le secret, encore froid d’un reste d’hiver, mais où le printemps glisse déjà ses promesses de douceur, que Louis et Matthieu découvrirent Tolosa, tel un joyau en son écrin.
Toute la nuit, en pelisse de loup, ils avaient avalé les lieues, tantôt sur deux pattes, tantôt sur quatre, traversé vallons, grimpé collines, filé à travers champs et forêts, sans jamais ralentir.
Pas une fois ils ne s’étaient arrêtés, ombres hirsutes, le pelage alourdi d’humidité, de ce brouillard doué à vous glacer le râble que sait si bien faire l’hiver en ce pays sans neige. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le coeur de Tolosa – Louis Le Galoup. »
La cité de pierre par Jean-Luc Marcastel

Fiche de La cité de pierre
Titre : La cité de pierre (tome 4 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2010
Editeur : Nouvel angle
Première page de La cité de pierre
« Ils n’étaient guère vaillants, les quatre voyageurs, dans la bise glaciale à en saisir ours sur pied, quand ils toquèrent à la porte de Maistre Raymond.
À leur décharge, il faut avouer que la nuit avait été longue, de celles qui valent des jours entiers, et pas les meilleurs, dont on ne garde aucun bon souvenir, même à en essorer chaque seconde.
Pas une halte, depuis leur départ, alors que l’incendie dévorait les Tours de Merle et leur maître dans un même holocauste.
Bois ou champs, neige dure ou neige molle, rien ne les avait ralentis, ni ne leur avait été épargné.
Toujours en tête, à le croire infatigable, forgé à même l’endurance, le galoup blanc les poussait de l’avant.
Qu’ils perdent le rythme, pour reprendre un peu ce souffle qui les fuyait, il les houspillait d’un bon coup de gueule ou d’un regard plus explicite que tous les discours. »
Extrait de : JL Marcastel. « La cite de pierre – Louis Le Galoup. »
Le maître des tours de Merle par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le maître des tours de Merle
Titre : Le maître des tours de Merle (tome 3 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle
Première page de Le maître des tours de Merle
« Non ! Non ! Et non ! »
Ils avaient beau sortir d’un joli minois, ces mots-là, ils n’avaient rien de doux ou de rieurs.
C’étaient des batailleurs, des qui partaient en guerre. Des mots qui faisaient mal.
Celle qui les jetait ainsi, ces brassées de syllabes emportées, arpentait ce bout de clairière comme loup en cage. Autour de son visage, flambée de colère, ses cheveux rouquins crépitaient en mèches querelleuses.
Elle était jeunotte, la mignonne, mais dans ce petit matin encore tout abruti de froid nocturne, elle remuait bien assez de contrariété pour réveiller tout le sous-bois.
Autour d’elle, forcés de subir son humeur massacrante, se tenaient quatre autres personnages.
Les deux premiers, les plus âgés, trente hivers bien tassés, se tenaient assis dans l’herbe encore humide de nuit.
Un homme et une femme, mais de ceux qu’on ne pouvait confondre avec d’autres.
Lui, tout en force et en angles, la silhouette comme dégrossie à grands coups dans un tronc de chêne noueux, vous montrait un visage aussi franc qu’austère et pauvre de tignasse. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le maitre des tours de Merle – Louis Le Galoup. »
Les nuits d’Aurillac par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Les nuits d’Aurillac
Titre : Les nuits d’Aurillac (tome 2 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle
Première page de Les nuits d’Aurillac
« Gras à neige, le ventre blanc traînant presque jusqu’à terre, les nuages rampaient aux sommets des collines quand Louis, Séverin et la Roussotte atteignirent enfin les murailles d’Aurillac.
Ils avaient piètre allure, les trois compagnons, sur la route détrempée.
Les pieds chaussés de boue collante, ventousés au sol à chaque pas, la tête basse, le cheveu empoissé de pluie, ils avançaient lentement. Toute la misère du monde aurait pu s’accrocher à leurs talons.
À les voir ainsi, le dos rond contre le froid, les bragues amidonnées d’eau leur faisant seconde peau, on les aurait crus chatons affamés sortant d’une mare.
Le regard, ils le gardaient rivé au chemin. L’averse qui leur battait le crâne y était pour quelque chose, mais elle n’était pas seule à leur appuyer ainsi sur la nuque. »
Extrait de : JL Marcastel. « Les nuits d’Aurillac – Louis Le Galoup. »
Le village au bout du monde par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le village au bout du monde
Titre : Le village au bout du monde (tome 1 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle
Première page de Le village au bout du monde
« IL Y AVAIT un village, là-haut dans les montagnes Oh ! Ce n’était pas un grand village, juste quelques maisons agrippées au pied des pentes. Quelques pustules de pierre poussées au milieu de champs rabougris à l’herbe rare et sèche.
La vie y était dure alors. La vallée, surtout à cette altitude, n’était pas tendre pour ceux qui s’y accrochaient.
C’est qu’elles étaient hautes, ces montagnes, et violentes aussi. À les regarder de loin, on croyait voir des dents énormes prêtes à croquer une bonne portion de ciel.
Quant aux hivers, mieux valait ne pas y penser. La neige tombait drue ici, et tôt. Fin septembre, déjà, les premières gelées faisaient virer les forêts du vert au brun, en une seule nuit.
Même les rochers qui tapissaient les pentes tondues ne résistaient pas au froid. Certaines nuits, on entendait la pierre éclater et se fendre comme un caillou sous le marteau du tailleur.
Ça, l’hiver, on connaissait par ici. Il commençait en octobre pour ne finir qu’en mai de l’année suivante, et encore de mauvaise grâce. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le village au bout du monde – Louis Le Galoup. »