Étiquette : Mécaniques fatales
Plaine obscure par Philip Reeve

Fiche de Plaine obscure
Titre : Plaine obscure (tome 4 sur 4 – Mécaniques fatales)
Auteur : Philip Reeve
Date de parution : 2006
Traduction : L. Rigoureau
Editeur : Gallimard
Première page de Plaine obscure
« Theo grimpait depuis l’aube. Il avait d’abord emprunté les routes, les chemins et les raides sentiers de berger situés derrière la ville, puis il avait escaladé des pentes d’éboulis avant de terminer en gravissant les flancs nus de la montagne, se cantonnant quand il le pouvait aux cirques et aux crevasses nimbés d’ombres bleues. Lorsqu’il atteignit le sommet, le soleil était haut dans le ciel. Il s’accorda une pause afin de souffler et de se désaltérer. Autour de lui, les cimes vacillaient derrière le voile de chaleur brumeux qui émanait des rochers brûlants.
Prudemment, très prudemment, Theo avança sur un piton étroit qui saillait au-dessus du vide. Il se retrouva à surplomber des falaises vertigineuses qui dominaient un enchevêtrement de roches acérées, d’arbres et de torrents blancs, des centaines de mètres plus bas. Une pierre se déchaussa, qui tomba en tournoyant, sans bruit et pour toujours. Devant Theo s’étendait le vide immense du ciel. »
Extrait de : P. Reeve. « Plaine obscure – Mécaniques fatales. »
Machinations infernales par Philip Reeve

Fiche de Machinations infernales
Titre : Machinations infernales (tome 3 sur 4 – Mécaniques fatales)
Auteur : Philip Reeve
Date de parution : 2005
Traduction : L. Rigoureau
Editeur : Gallimard
Première page de Machinations infernales
« D’abord, il n’y eut rien. Puis une étincelle se produisit ; un grésillement qui ranima des lambeaux effilochés de rêve et de mémoire. Alors, dans un craquement, dans un rugissement, une décharge d’un blanc bleuté le traversa, s’engouffrant dans les canalisations desséchées de son cerveau, comme la marée envahit une grotte marine. Son corps subit une telle secousse que, durant un instant, il s’arqua, en équilibre sur les talons et l’arrière de son crâne blindé. Poussant un hurlement, il se réveilla sous une averse d’électricité statique, en proie à une impression de chute.
Il se souvint d’être mort. Il se souvint du visage couturé d’une jeune fille qui le contemplait, tandis qu’il gisait dans l’herbe humide. Elle était quelqu’un d’important, elle avait compté plus que de raison pour un Traqueur digne de ce nom. Il avait voulu lui dire quelque chose, n’y était pas parvenu. Ne restait d’elle que l’image passée de ses traits abîmés. Comment s’appelait-elle ? Sa bouche se rappela. »
Extrait de : P. Reeve. « Machinations infernales – Mécaniques fatales. »
L’or du prédateur par Philip Reeve

Fiche de L’or du prédateur
Titre : L’or du prédateur (tome 2 sur 4 – Mécaniques fatales)
Auteur : Philip Reeve
Date de parution : 2003
Traduction : L. Rigoureau
Editeur : Gallimard
Première page de L’or du prédateur
« Réveillée tôt, Freya resta un moment allongée dans l’obscurité, à éprouver les trémulations et les balancements de la ville propulsée sur la glace par ses moteurs puissants. Encore à moitié assoupie, elle attendit que ses servantes viennent l’aider à se lever. Il lui fallut quelques minutes pour se rappeler qu’elles étaient toutes mortes.
Repoussant ses couvertures, elle alluma les lampes à argon et se rendit dans sa salle de bains en se frayant un passage au milieu des vêtements poussiéreux qu’elle avait abandonnés en tas sur le plancher. Depuis plusieurs semaines, elle s’exhortait à prendre une douche ; mais, une fois encore ce matin-là, le système complexe de la robinetterie l’emporta, et elle fut incapable d’obtenir de l’eau chaude. Comme d’ordinaire, elle finit par se borner à remplir le lavabo et à s’asperger le visage et le cou. Elle utilisa le mince morceau de savon qu’il restait pour en frotter ses cheveux avant de les plonger dans l’eau. Les domestiques chargées de sa toilette se seraient servies de shampoings, de lotions, d’onguents, de conditionneurs et de toute une série de baumes aux parfums agréables. »
Extrait de : P. Reeve. « L’or du predateur – Mécaniques fatales. »
Mécaniques fatales par Philip Reeve

Fiche de Mécaniques fatales
Titre : Mécaniques fatales (tome 1 sur 4 – Mécaniques fatales)
Auteur : Philip Reeve
Date de parution : 2001
Traduction : L. Rigoureau
Editeur : Gallimard
Première page de Mécaniques fatales
« C’était un après-midi de printemps sombre et venteux, et Londres cavalait après une bourgade minière – spécialisée dans l’extraction de sel – sur le lit asséché de l’ancienne mer du Nord.
Fut un temps où la locomopole ne se serait pas souciée d’aussi maigres proies. Elle s’était, en des jours meilleurs, nourrie de villes bien plus conséquentes que celle-ci, semant la terreur des confins septentrionaux du Cryodésert jusqu’aux rives de la Méditerranée. Mais le gibier s’était raréfié, et quelques cités d’importance avaient, à leur tour, commencé à la contempler avidement. Une décennie durant, elle les avait donc évitées en se dissimulant dans une région humide et montagneuse de l’ouest, dont la Guilde des Historiens assurait qu’elle s’était autrefois appelée Grande-Bretagne. Ça avait été dix ans d’errance dans des collines détrempées, pendant lesquels Londres ne s’était rien mis sous la dent, hormis quelques bleds ruraux et colonies statiques. Enfin, Monsieur le Maire avait décidé qu’il était temps pour sa bonne ville de regagner le Terrain de Chasse. »
Extrait de : P. Reeve. « Mecaniques fatales. »