Étiquette : Presses de la cité
L’homme total par J. Brunner
Fiche de L’homme total
Titre : L’homme total
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1964
Traduction : M. Manchette
Editeur : Presses de la cité
Première page de L’homme total
« MOLEM
Après l’accouchement ils la mirent dans un lit, la grosse femme ravagée par le tourment et la faim, au point que ce n’était pas seulement sur son ventre vidé que sa peau pendait comme un vieux vêtement. En dépit d’une large ceinture pelvienne, elle avait eu un accouchement difficile ; le médecin au visage fatigué l’avait jugée un peu plus mal en point que les autres qui se disputaient les places à l’hôpital, aussi lui avait-on attribué un lit. Elle ne manifesta aucune reconnaissance. Et elle n’aurait pas montré d’amertume si on l’avait traitée comme la plupart des femmes qui étaient passées par la salle de travail ce jour-là, et si on l’avait mise dans un fauteuil pour se reposer deux heures pendant qu’on nettoyait le sol avec une solution de soude caustique, par manque de désinfectant, et qu’on brûlait le papier kraft de la table de travail avant d’en mettre un propre, par manque de linge. »
Extrait de : J. Brunner. « L’homme total. »
Alertez la Terre par J. Brunner
Fiche d’Alertez la Terre
Titre : Alertez la Terre
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1974
Traduction : M. Decourt
Editeur : Presses de la cité
Première page d’Alertez la Terre
« De la rue montait une rumeur sourde, ponctuée ici et là d’un coup de klaxon impatient. Des rais de soleil filtraient entre les rideaux disjoints. Repliée en position fœtale sous l’unique drap qu’elle pût supporter par cette chaleur, Sally Ercott reprenait pied, au sortir d’un cauchemar horrible, dans une réalité plus effroyable encore.
Sa gorge était douloureuse, comme si elle avait hurlé dans son sommeil. Cris muets, qui n’avaient manifestement pas franchi ses lèvres. Personne n’était venu s’inquiéter de ce qui lui arrivait…
Les ondes de terreur engendrées par son rêve la cernaient de si près qu’en se découvrant là, toujours enfermée dans cette maison sordide, elle ne put retenir des larmes de détresse.
La taie d’oreiller et les draps, également graisseux, offraient l’aspect du linge qu’on ne pourra jamais ravoir, comme contaminé par la saleté sour- »
Extrait de : J. Brunner. « Alertez la Terre. »
L’oeil du héron par U. Le Guin
Fiche de L’oeil du héron
Titre : L’oeil du héron
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1978
Traduction : I. Delord
Editeur : Presses de la cité
Première page de L’oeil du héron
« Le nez penché au-dessus de ses mains, Lev était assis jambes croisées en plein soleil, au centre d’un anneau d’arbres. Une minuscule créature se blottissait dans la coupe tiède de ses paumes. Il ne l’y retenait pas de force ; elle avait décidé ou accepté de rester là. On aurait dit un crapaud ailé miniature. Les élytres, repliés en pointe sur son dos, étaient marron clair avec des stries noires, tandis que le corps était plus foncé. Trois yeux d’or en forme de têtes d’épingle ornaient sa tête, un de chaque côté et le troisième au milieu du crâne. Cette prunelle centrale, dirigée vers le haut, épiait le moindre geste de Lev, qui finit par cligner des paupières. La créature changea aussitôt d’aspect. Des frondes roses, comme poudrées, se déroulèrent de dessous les ailes ramassées : en un instant apparut une boule de peluche, difficile à distinguer nettement, car les »
Extrait de : U. Le Guin. « L’œil du héron. »
La planète des damnés par Jack Vance
Fiche de La planète des damnés
Titre : La planète des damnés
Auteur : Jack Vance
Date de parution : 1983
Traduction : I. Delord
Editeur : Presses de la cité
Première page de La planète des damnés
« Markel, le Lekthwan, occupait, sur le plus haut piton du Mont Whitney, une résidence aussi belle qu’étrange, comprenant six dômes, trois minarets et une vaste terrasse. Les dômes étaient formés d’un cristal presque transparent, les minarets d’une espèce de porcelaine blanche, tandis que la galerie circulaire, taillée dans un verre bleu, exhibait une balustrade rococo avec des colonnettes en volute bleues et blanches.
Aux yeux des Terriens, Markel était à l’image de sa demeure : beau, inintelligible, déroutant. Sa peau satinée brillait comme de l’or ; ses traits fins et ciselés avaient quelque chose d’exotique dans leur écartement. Il portait des vêtements sombres et soyeux : un pantalon collant, des sandales reposant à cinq centimètres du sol et une cape qui tombait naturellement en plis romantiques.
Quoiqu’il n’invitât pas d’étranger ni ne prit aucun rendez-vous, Markel s’arrangeait pour gérer un énorme volume d’affaires avec le minimum d’ef- »
Extrait de : J. Vance. « La planète des damnés. »
Humains plus qu’humains par O. E. Butler
Fiche d’Humains plus qu’humains
Titre : Humains plus qu’humains (Tome 5 sur 5 – Patternist)
Auteur : O. E. Butler
Date de parution : 1984
Traduction : O. Ricklin
Editeur : Presses de la cité
Première page d’Humains plus qu’humains
« LE PASSÉ
Le vaisseau avait été détruit cinq jours plus tôt. Il avait oublié comment, mais il savait qu’il était rentré chez lui au lieu de rejoindre, comme prévu, la station de lancement ou la base de secours sur Luna. Il savait qu’il était désormais seul, et qu’en ce moment il faisait nuit. Il ne savait plus rien d’autre.
Il avançait comme un automate. À peine s’il avait conscience du sable, du roc, des montagnes. Seules les plantes attiraient son attention, exclusivement concentrée sur celles susceptibles d’être comestibles. Il n’était plus soutenu que par sa faim et sa soif. S’il ne trouvait pas d’eau très bientôt, il allait mourir.
Il était resté caché pendant les cinq journées et les deux premières nuits. C’était la troisième nuit qu’il errait à l’aveuglette, hanté par le besoin de nourriture, d’eau et de présence humaine. À mains nues ou à coups de pierres, il avait tué des lièvres, »
Extrait de : O. E. Butler. « Patternist – Humains, plus qu’humains. »
Le maître du réseau par O. E. Butler
Fiche de Le maître du réseau
Titre : Le maître du réseau (Tome 1 sur 5 – Patternist)
Auteur : O. E. Butler
Date de parution : 1976
Traduction : O. Sabathé-Ricklin
Editeur : Presses de la cité
Première page de Le maître du réseau
« Etendu sur l’immense lit, Rayal se laissait bercer par le paisible flot du Réseau. Il se sentait parfaitement détendu. Presque serein. Depuis près d’un an les Clayarks n’avaient lancé aucune attaque sérieuse contre l’un ou l’autre des territoires du réseau et le Grand Maître avait vécu suffisamment d’années belliqueuses pour apprécier pleinement ce luxe. Jansee, la Première Dame, qui partageait ce soir la couche de Rayal, vint brutalement troubler ce moment parfait.
– Demain, déclara-t-elle, j’aimerais bien envoyer un muet pour voir ce que deviennent nos fils.
« Ses enfants, toujours ses enfants ! ». Rayal laissa échapper un bâillement d’ennui. A son goût, la Première Dame finissait par ressembler un peu trop elle-même à un muet, avec ses sempiternelles inquiétudes au sujet de sa progéniture. Fort heureusement, l’école des deux garçons, âgés respectivement de deux et douze ans, se trouvait à quelque »
Extrait de : O. E. Butler. « Patternist – Le Maître du Réseau. »