Robert Merle

Présentation de Robert Merle :
Robert Merle, qui vit le jour à l’aube de notre siècle, en l’an 1908, sous le soleil ardent de Tébessa en Algérie, s’est imposé comme l’une des figures les plus tutélaires et les plus lues des lettres françaises. Orphelin d’un père tombé au champ d’honneur lors des tragiques batailles des Dardanelles, ce jeune esprit particulièrement brillant se passionna très tôt pour les humanités. Élevé à la dignité d’agrégé d’anglais, il embrassa d’abord la noble carrière de l’enseignement académique, avant que les fracas de l’Histoire ne viennent bouleverser sa destinée.
Mobilisé lors du second conflit mondial, il connut le désastre de Dunkerque puis les affres de la captivité en Poméranie. De cette cruelle expérience, il tira la matière incandescente de son premier coup d’éclat littéraire : « Week-end à Zuydcoote ». Ce récit âpre et poignant lui valut de recevoir, en 1949, les lauriers du prestigieux prix Goncourt, propulsant d’emblée l’écrivain sur le devant de la scène intellectuelle et publique.
Refusant de s’enfermer dans un genre unique, cet humaniste exigeant fit montre d’une audace d’écriture peu commune. En 1952, il plongea sa plume dans les abysses de la barbarie avec « La Mort est mon métier », une vertigineuse incursion dans la psychologie d’un bourreau bureaucratique, inspirée des mémoires du commandant d’Auschwitz. L’ouvrage, par sa froideur documentaire et clinique, suscita d’intenses débats moraux dans nos salons parisiens.
Par la suite, l’auteur démontra son remarquable talent pour l’anticipation et la fable conjecturale, rejoignant par là les profondes angoisses de notre modernité. Avec « Un animal doué de raison » en 1967, il dénonce les dérives de la guerre froide et de la science militaire. Mais c’est incontestablement avec « Malevil », paru en 1972, que Robert Merle livre sa plus magistrale fresque apocalyptique. Décrivant la survie d’une poignée de rescapés réfugiés dans une forteresse périgourdine après un holocauste atomique, il y interroge, avec la lucidité d’un authentique moraliste, les fondements politiques et sociaux de notre civilisation. Poursuivant cette veine de l’avertissement, il nous offrit quelques années plus tard « Les Hommes protégés », une piquante satire dystopique où le sexe fort se trouve menacé d’extinction par un mal mystérieux.
À l’automne de sa vie, ce prosateur infatigable se lança dans une entreprise proprement titanesque : la saga historique « Fortune de France ». Tissée dans une langue savoureuse ressuscitant la truculence des parlers du seizième siècle, cette série fit vibrer des millions de lecteurs au rythme des déchirements religieux de notre vieux pays.
Jusqu’à son dernier souffle en l’an 2004, Robert Merle prouva de la plus éclatante des manières que l’on pouvait marier la stricte rigueur intellectuelle au souffle épique du grand roman populaire. Son œuvre, d’une prodigieuse et salutaire diversité, demeure le reflet puissant des tourments et des espérances qui agitent notre fragile condition.
Livres de Robert Merle :
Fortune de France :
- Fortune de France
- En nos vertes années
- Paris ma bonne ville
- Le Prince que voilà
- La violente amour
- La pique du jour
- Le volte des Vertugadins
- L’enfant roi
- Les roses de la vie
- Le lys et la pourpre
- La gloire et les périls
- Complots et cabales
- Le glaive et les amours
L’idole
L’île
La mort est mon métier
Le jour ne se lève pas pour nous
Le propre de l’homme
Les hommes protégés
Madrapour
Malevil
Un animal doué de raison
Week-end à Zuydcoote
Pour en savoir plus sur Robert Merle :
La page Wikipédia sur R. Merle
La page Noosfere sur R. Merle
La page isfdb de R. Merle