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Robert Lionel Fanthorpe

Présentation de Robert Lionel Fanthorpe :

Robert Lionel Fanthorpe, né le 9 février 1935 à Dereham, Norfolk, en Angleterre, est une figure littéraire prolifique et polyvalente, principalement connu pour sa production massive de récits de science-fiction durant les années 1950 et 1960, souvent sous divers pseudonymes. Sa carrière s’étend bien au-delà de l’écriture, englobant l’enseignement, le journalisme et un ministère au sein de l’Église d’Angleterre.

Dès son plus jeune âge, Fanthorpe montre un intérêt pour l’écriture. Sa carrière d’auteur prend véritablement son envol lorsqu’il commence à écrire pour l’éditeur Badger Books. Entre 1958 et 1967, il fait preuve d’une productivité phénoménale, rédigeant un nombre impressionnant de romans et de nouvelles, parfois en quelques jours seulement pour respecter des délais serrés. On estime qu’il a écrit environ 180 ouvrages durant cette période.

Pour diversifier sa production et répondre aux exigences éditoriales, Fanthorpe utilise une multitude de pseudonymes. Parmi les plus connus figurent Lionel Roberts, Pel Torro, Neil Thanet, Othello Nelson, John E. Muller, Karl Zeigfreid, Bron Fane et Leo Brett. Ses œuvres, caractéristiques de la science-fiction « pulp » de l’époque, sont souvent marquées par des intrigues rapides, des aventures intergalactiques et des éléments de mystère.

Parallèlement à son intense activité d’écriture, Robert Fanthorpe mène une carrière d’enseignant. Il a été directeur d’école à Gamlingay et plus tard directeur adjoint à la Phoenix School de Peterborough. Son engagement dans l’éducation témoigne de sa polyvalence et de son dévouement au service public.

Dans les années 1970, un nouveau chapitre s’ouvre pour Fanthorpe avec son ordination comme prêtre anglican. Il a exercé son ministère dans plusieurs paroisses, notamment à Cardiff et à St Judes à Peterborough. Cette vocation spirituelle coexiste avec ses autres passions, et il continue d’explorer des thèmes liés au paranormal et au mystérieux, souvent sous son propre nom. Il est également connu pour ses conférences et ses apparitions publiques où il partage ses connaissances sur ces sujets.

Marié à Patricia Alice Tooke en 1957, elle a souvent collaboré à ses écrits, notamment en les dactylographiant et en les éditant. Cette collaboration a été un soutien essentiel à sa productivité légendaire.

L’héritage de Robert Lionel Fanthorpe réside dans sa contribution significative à la science-fiction britannique populaire du milieu du XXe siècle, ainsi que dans sa capacité à jongler avec des carrières et des centres d’intérêt variés. Sa vie illustre une curiosité insatiable et une énergie créatrice débordante, faisant de lui une personnalité fascinante et aux multiples talents.
Robert Lionel Fanthorpe : Une Vie aux Multiples Facettes entre Science-Fiction, Mystères et Foi

Robert Lionel Fanthorpe, né le 9 février 1935 à Dereham, Norfolk, en Angleterre, est une figure britannique aux multiples talents, connu pour sa carrière extraordinairement prolifique d’écrivain de science-fiction, mais aussi comme prêtre anglican, enseignant, journaliste, présentateur de télévision et enquêteur du paranormal. Sa vie est marquée par une production littéraire foisonnante, souvent sous pseudonymes, et un intérêt constant pour l’inexpliqué et le spirituel.

Jeunesse et Formation

Après avoir quitté l’école à l’âge de 15 ans, Fanthorpe exerce divers métiers, allant de technicien dentaire à ouvrier agricole, avant de se tourner vers l’enseignement. Il suit une formation au Keswick College of Education et obtient plus tard un diplôme de l’Open University. Ces expériences variées nourriront son imagination et sa capacité à écrire sur des sujets divers.

Une Carrière Littéraire Exceptionnellement Prolifique

C’est dans les années 1950 que Robert Fanthorpe se lance dans l’écriture, principalement pour la maison d’édition John Spencer & Co. et sa collection Badger Books. Sa productivité est légendaire : on estime qu’il a écrit près de 200 romans et recueils de nouvelles, dont un nombre impressionnant (environ 168 ouvrages) en moins d’une décennie pour Badger Books, entre 1954 et 1967. Sa méthode de travail était aussi singulière que sa production : il dictait ses histoires dans un magnétophone, les envoyant ensuite à une dactylographe, ce qui lui permettait de produire des romans entiers en quelques jours seulement, parfois même en un week-end. Ce rythme effréné explique un style parfois considéré comme inégal, mais qui a séduit un lectorat populaire avide d’aventures intergalactiques et de mystères.

Pour gérer cette cadence et la politique éditoriale de l’époque qui appréciait de présenter des sommaires avec plusieurs auteurs, Fanthorpe a utilisé une myriade de pseudonymes. Parmi les plus connus figurent : Pel Torro, Leo Brett, Karl Zeigfreid, Neil Thanet, Erle Barton, Lee Barton, Thornton Bell, Bron Fane, L.P. Kenton, Victor La Salle, John E. Muller, Phil Nobel, Lionel Roberts, Trebor Thorpe, et Olaf Trent. Ses œuvres de science-fiction, souvent caractérisées par des intrigues rapides et des retournements de situation, s’inscrivent dans la tradition du « pulp ».

Au-delà de la Science-Fiction : Enquêteur du Paranormal et Collaborations

À côté de sa production en science-fiction, Robert Fanthorpe, souvent en collaboration avec son épouse Patricia Fanthorpe (née Tooke, épousée en 1957), s’est passionné pour les mystères inexpliqués, le folklore et le paranormal. Ensemble, ils ont co-écrit de nombreux ouvrages de non-fiction explorant des thèmes tels que le Saint Graal, les Templiers, le triangle des Bermudes, les OVNI et d’autres énigmes historiques et contemporaines. Patricia a également joué un rôle crucial en tant qu’agent et manager de son mari. Le couple a eu deux filles, Stephanie Dawn Patricia (née en 1964) et Fiona Mary Patricia Alcibiadette (née en 1966).

Fanthorpe a été président de la British UFO Research Association (BUFORA) et de l’Association for the Scientific Study of Anomalous Phenomena (ASSAP), témoignant de son engagement sérieux dans l’étude de ces sujets.

Autres Facettes : Enseignant, Prêtre et Homme de Télévision

Parallèlement à sa carrière d’écrivain, Robert Fanthorpe a exercé comme enseignant et tuteur, notamment en études religieuses et en communication au Cardiff Academy Sixth Form College. Ordonné prêtre de l’Église d’Angleterre, il a intégré sa foi dans ses multiples activités.

Sa personnalité charismatique et son érudition l’ont également conduit à la télévision. Il est particulièrement connu au Royaume-Uni pour avoir présenté la série culte « Fortean TV » (1997-1998) sur Channel 4, basée sur le magazine Fortean Times, qui explorait divers phénomènes étranges et inexpliqués. Son style enthousiaste et sa capacité à raconter des histoires ont marqué les téléspectateurs. Il est apparu dans de nombreuses autres émissions télévisées en tant qu’expert sur les mystères et le paranormal.

Vie Récente

Installé à Cardiff, au Pays de Galles, avec son épouse, Robert Lionel Fanthorpe a poursuivi ses activités d’écriture. Plus récemment, le couple a collaboré avec la maison d’édition Wordcatcher Publishing, publiant des romans historiques et des ouvrages de réflexions spirituelles. Après une carrière littéraire prolifique dans la fiction, il s’est davantage tourné vers son ministère religieux.

Robert Lionel Fanthorpe demeure une figure unique, dont l’œuvre immense et la carrière protéiforme continuent de fasciner, que ce soit par ses récits de science-fiction d’antan, ses enquêtes sur l’étrange ou son engagement spirituel.

Livres de Robert Lionel Fanthorpe :

Le manoir des tortures (1966)

Pour en savoir plus sur Robert Lionel Fanthorpe :

La page Wikipédia sur R. L. Fanthorpe
La page Noosfere sur R. L. Fanthorpe
La page isfdb de R. L. Fanthorpe

L’oenips d’Orlon par Jean-Louis et Doris Le May

Fiche de L’oenips d’Orlon

Titre : L’oenips d’Orlon
Auteur : Jean-Louis Le May et Doris Le May
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’oenips d’Orlon

« L’anneau d’Orlon brillait comme un arc de feu tricolore sous les rayons conjugués des deux astres centraux. Une bande de sryges, leurs immenses ailes d’émeraude déployées, leurs minces antennes vibrantes pointées vers le sol de la planète, passèrent silencieusement et s’éloignèrent vers le couchant, l’un suivant l’autre, tels de grands fantômes verts.

Au pied de la pyramide, un groupe de jeunes des deux sexes continuait à jouer au ximanthe, malgré l’obscurité qui gagnait, et chaque fois que la flèche touchait l’une des conques fossiles suspendues aux tigelles flexibles des xiras, une note claire montait jusqu’au gardien.

L’air était calme, léger, comme en chaque fin de jour, et Srolop, le gardien, eut un sourire de contentement. Sur les pistes sinuant entre les dômes de la ville, les chariots se traînaient paresseusement, tirés par les phallintes au poitrail puissant, aux pattes spongieuses munies de ventouses. De temps à autre, un cri s’élevait, rauque et bref, suivi d’une longue plainte tremblotante. L’un des animaux manifestait sa joie de croiser un congénère de connaissance. »

Extrait de : J.L et D. Le May. « L’Oenips d’Orlon. »

L’odyssée du Delta par Jean-Louis et Doris Le May

Fiche de L’odyssée du Delta

Titre : L’odyssée du Delta
Auteur : Jean-Louis Le May et Doris Le May
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’odyssée du Delta

« Le voyage en était à son troisième jour. Depuis trois fois trente heures, selon le cycle bio-temporel galactique, les passagers du Delta participaient à l’animation artificielle soigneusement entretenue par les commissaires du bord.

Malgré l’incroyable vélocité de la plupart des astronefs modernes, les trajets interstellaires prennent toujours trop de temps au gré des passagers. Deux semaines terriennes pour glisser du système solarien aux planètes de Syndroma paraissent une éternité à certains de ceux qui entreprennent le bond galactique. Ils ne cherchent pas à savoir comment la science a résolu le problème des vols en hyperespace, ils ne considèrent pas comme extraordinaire que 350 années-lumière de galaxie soient franchis en un peu plus de 400 heures spatiales. Une seule chose les frappe: le temps perdu.

Depuis les premiers balbutiements du voyage interstellaire, les efforts des compagnies de navigation ont tendu à faire admettre aux passagers les plus difficiles que la traversée, aussi longue soit-elle, n’est jamais une perte de temps. A cet effet, rien n’a été épargné pour rendre la vie à bord des spationefs aussi agréable que possible. Un long courrier interstellaire bat tous les records de gaspillage énergétique. »

Extrait de : J.L et D. Le May. « L’odyssée du Delta. »

Irimanthe par Jean-Louis et Doris Le May

Fiche de Irimanthe

Titre : Irimanthe
Auteur : Jean-Louis Le May et Doris Le May
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Irimanthe

« Onolpha dirigea le rayonnement Zen sur son thorax tronconique dont le vert pâle devint luminescent. Sous l’impact des corpuscules invisibles, la peau enduite de la sécrétion naturelle protectrice s’assouplit aussitôt que la polymérisation superficielle eut atteint le point optimal recherché. Pour quelques heures, le derme ainsi réchauffé allait présenter la transparence idéale et flatteuse distinguant les élus des hautes couches de la société. Les merveilleux organes réceptifs, auréolés de brun, se dégagèrent, laiteux, de l’enveloppe protoplasmique rajeunie et le président de la très puissante Union Végienne émit une onde de plaisir qui fit vibrer son antenne pinéale.

De son troisième dextre, il coupa l’émetteur tandis que, du premier sénestre, il enfonçait la touche d’ambre hyalin activant l’inframiroir. Il se contempla avec minutie, examinant avec une particulière attention chaque orbe et chaque tache de couleur que l’inframiroir rendait perceptibles à ses yeux à facettes. Son premier sénestre manipula un des leviers d’amplitude et le mince rayon lumineux et chaud se fixa sur le ventricule gauche dont le tracé, insuffisamment marqué, aurait pu attirer l’attention sur l’âge réel du maître de l’Union. Les cellules frappées se teintèrent de mauve et, une fois encore, Onolpha exprima son contentement. »

Extrait de : J.L et D. Le May. « Irimanthe. »

Heyoka Wakan par Jean-Louis Le May

Fiche de Heyoka Wakan

Titre : Heyoka Wakan
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Heyoka Wakan

« — Salut ! Comment vas-tu ce matin ?
— Pas mal, merci, répondit Adam, couvrant d’un regard acéré l’ami qui venait de se lever et qui allait avoir une mauvaise surprise en consultant le tableau de service.
Qui avait la mauvaise surprise…
— Merde ! bougonna Floyd, demeurant campé devant la note le concernant, bien en vue dans son cadre spécial. Ce n’est pourtant pas le moment de se balader. Quelle bande de cons ! Tu as vu ça ! Il faut que j’aille à New Byrd !
— J’ai lu, assura calmement le capitaine Adam Scott dont les yeux noirs perdirent leur expression de souriante affabilité. La rumeur des wigwams a porté jusqu’ici que « Poireau-n’a-qu’une-étoile » voulait effectuer une inspection.
— Il ne sait plus qu’inventer pour emmerder le monde. Que dit la météo ? Vent… Cent nœuds avec des pointes de cent vingt-cinq… Se calmera autour de 5.00 T.U. Durée probable de l’accalmie, cinq heures. En admettant que le blizzard soit pour une fois d’accord avec Ducon Météo. Ils ne vont vraiment pas bien, les uns et les autres ! »

Extrait de : J.L Le May. « Heyoka Wakan. »

Entre Perlame et Santarène par Jean-Louis et Doris Le May

Fiche de Entre Perlame et Santarène

Titre : Entre Perlame et Santarène
Auteur : Jean-Louis Le May et Doris Le May
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Entre Perlame et Santarène

« Ceux qui formaient un cercle silencieux autour de l’image faiblement lumineuse émise par le lecteur du spectrographe horizontal appartenaient à l’élite scientifique de Gataride. Pour la quatrième fois, Ing Shahin appuya sur le contacteur du changeur d’images et le spectrogramme étudié fut remplacé par son suivant immédiat dans l’ordre chronologique des prises de vue.

Un vague murmure, fait de l’accumulation de soupirs d’angoisse réfrénés avec difficulté ou d’émotion trop longtemps contenue, ponctua le geste du célèbre astronome et le nouveau glissement de la raie témoin vers le bleu. L’index électronique du stéréocomparateur indiqua la mesure exacte du décalage et les savants relevèrent le front pour se tourner avec ensemble vers le tableau des lectures cumulées, transmises par l’ordinateur de l’observatoire.

Ce qui leur apparut définitivement irréfutable n’aurait sans doute rien appris au regard d’un profane, mais fut correctement interprété par les spécialistes des problèmes cosmiques, avec l’effrayante capacité de prémonition que leur conféraient les connaissances accumulées. »

Extrait de : J.L et D. Le May. « Entre Perlame et Santarène. »

Enigme aux confins par Jean-Louis et Doris Le May

Fiche de Enigme aux confins

Titre : Enigme aux confins
Auteur : Jean-Louis Le May et Doris Le May
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Enigme aux confins

« A une vingtaine de milliards de kilomètres de Sémarande, le patrouilleur spatial O.P.O. 237 traçait une route de surveillance presque rectiligne qui allait le conduire, sauf incident improbable, à faible distance de la dangereuse Aiguille des Phasmes, cette pointe de matière en début de cohésion gravitationnelle qui s’étend comme un glaive de 2 000 millions de kilomètres de long pointé droit vers le cœur de Shabène, la belle étoile dorée chère aux cœurs placides des Sémarasques.

Aucun navire, fut-il croiseur interstellaire multicoques, ne se risquerait à traverser le phénomène, relativement courant aux confins des bras galactiques, car rien n’est plus traître qu’un nuage de particules en cours d’accrétion; surtout quand il prend la forme étrange d’une lance… ou d’un doigt effilé, tendu depuis l’infini vers l’infini, sous la double action magnétique et dynamique des forces issues de la nébuleuse en contraction.

Campé sur le revêtement moelleux de la passerelle, Clar Senhorst, officier en second du patrouilleur, surveillait avec attention aussi bien les écrans spéciaux de la détection lointaine que l’espace découvert à travers la paroi polarisée permettant la vision directe de l’environnement aux basses vitesses cosmiques. »

Extrait de : J.L et D. Le May. « Énigme aux Confins. »

Dérive sur Kimelunga par Jean-Louis Le May

Fiche de Dérive sur Kimelunga

Titre : Dérive sur Kimelunga
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Dérive sur Kimelunga

« Kandaram leva sa lame tranchante, six doigts serrant fortement la poignée.
Bras rétractés, les quatorze chefs de quartier poussèrent le cri de mort, brandissant l’arme de leur préférence, la pointe, le fouet-massue ou encore la lame durcie au feu.
Au second cri du hourra, les armes s’élevèrent à l’extrémité des bras étendus de deux fois la hauteur des guerriers. Après le troisième cri, le bras libre en extension totale, devenu monodactyle, fît entendre le claquement du fouet.
Les écailles dorsales de Kandaram se hérissèrent de plaisir et un sourire distendit ses lèvres épaisses. L’attente n’avait que trop duré. La fuite devant Garbalang prenait fin. Depuis le lever de Shanakin, les tambours des cabestans grinçaient tandis que s’enroulaient les spires luisantes des thalles géants. Kandaram avait donné l’ordre de larguer deux khors de thalles, permettant ainsi à l’algue prodigieuse de rejoindre l’invisible fond de Kimelunga, afin de ralentir la dérive de la cité. »

Extrait de : J.L Le May. « Dérive sur Kimelunga. »

Demain le froid par Jean-Louis et Doris Le May

Fiche de Demain le froid

Titre : Demain le froid
Auteur : Jean-Louis Le May et Doris Le May
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir

Première page de Demain le froid

« Dans le métro express fonçant en chuintant sous l’effrayante termitière de la métropole parisienne, François Alandin se tenait debout, adossé à la paroi d’acier faisant face à la double porte pneumatique. Le compartiment était bondé, comme chaque jour aux heures de pointe et personne ne faisait attention à la haute silhouette du professeur, sobrement vêtu d’une combinaison bleu marine enfoncée dans des bottes Volga, sur laquelle s’ouvrait une cape de teinte indéfinissable, comme il ne s’en faisait plus depuis le début du siècle. Un foulard de laine naturelle, véritable objet d’art, masquait un cou que l’on devinait puissant. Le visage régulier, marqué par un début de couperose, était calme, apparemment indifférent comme celui de la plupart des passagers. Seuls les yeux bleus, grands et clairs, démentaient ce qu’un journaliste bien connu appelait «l’apathie du troglodyte moderne» et qui frappait, selon lui, tout individu, mâle ou femelle, pénétrant dans le fantastique circuit souterrain de Paris. »

Extrait de ; J.L et D. Le May. « Demain, Le Froid. »

Arel d’Adamante par Jean-Louis et Doris Le May

Fiche de Arel d’Adamante

Titre : Arel d’Adamante
Auteur : Jean-Louis Le May et Doris Le May
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de Arel d’Adamante

« L’Explorateur VIII fonçait en hyperespace. Cela faisait onze jours qu’il avait quitté les berceaux d’acier d’Edsel, la dernière base de la Fédération, petit monde très chaud où des êtres intelligents peinaient pour maintenir en état les appareillages de détection et de guidage indispensables au jalonnement des routes interstellaires. La voie directe entre le troisième et le quatrième bras n’était pas encore définie et les appareils contrôlés par les Galactiques ne pouvaient pas être remplacés par les balises automatiques ne nécessitant plus qu’un entretien périodique assez espacé. Avant d’en arriver là, il allait falloir tracer la route à travers la nébuleuse obscure et trouver des mondes susceptibles de servir de relais au-delà de ce nuage de matière en perpétuel mouvement.

Tel était précisément le but du voyage de l’Explorateur VIII : découvrir des planètes permettant une
adaptation rapide d’une des races fédérées ou possédant, ce qui était exceptionnel, une espèce intelligente à caractère évolutif qui accepterait d’entrer dans la Fédération et d’apporter son appui à l’établissement des modules hyperspatiaux. »

Extrait de : J.L et D. Le May. « Arel d’Aramante. »