Auteur/autrice : CH91

 

Enez Bel : le réveil de Gradlon par Jimmy Guieu

Fiche de Enez Bel : le réveil de Gradlon

Titre : Enez Bel : le réveil de Gradlon (Tome 36 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1998
Editeur : Vaugirard

Première page de Enez Bel : le réveil de Gradlon

« — Stéphane Lefart !
Le ton était comminatoire. Il hésitait pourtant entre l’interpellation brutale et la question susurrée. C’était loin, très loin. Mais en même temps c’était tout près. À l’intérieur du crâne. Le jeune homme fit une grimace. La tête lui faisait mal, mais il éprouvait davantage une sensation d’agacement intolérable que de douleur.
— Lefart ! Debout !
La voix était plus proche à présent, plus forte aussi et plus nette. Simultanément plus brutale, plus impérieuse. Stéphane Lefart éprouva un vague vertige, alors qu’un petit coup secouait son épaule. Du moins eut-il la conscience qu’on lui frappait l’épaule ; car, physiquement, il ne ressentait rien.
Péniblement, il ouvrit des paupières pesantes. La pièce était faiblement éclairée par des torches. Il cligna des yeux pour dissiper le picotement et les plissa. Mais la première chose qu’il réalisa véritablement fut l’entravement de ses poignets, liés jusqu’au sang dans son dos par une corde épaisse et tranchante. Dans une semi-pénombre à peine troublée par quelques vacillements de torches, ses yeux embués saisirent des silhouettes sombres, une longue table, des écus « emblasonnés » suspendus étincelants à la lueur des flammes. »

Extrait de : J. Guieu. « Enez Bel : Le réveil de Gradlon – Gilles Novak. »

Ankou : la vengeance d’Ys par Jimmy Guieu

Fiche de Ankou : la vengeance d’Ys

Titre : Ankou : la vengeance d’Ys (Tome 35 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1998
Editeur : Vaugirard

Première page de Ankou : la vengeance d’Ys

«  La lune était sereine et jouait sur les flots ».
Dressé dans le vent du large et la nuit claire, la chevelure affolée par les alizés fantasques, le regard perdu dans d’improbables irréalités, le poète romantique aurait pu composer en cette heure ses vers au sommet des falaises du cap de La Chèvre. Une centaine de mètres plus bas, la mer agitée venait grignoter la base des parois de grès. En cette veillée de Samhain la vieille Toussaint des celtes, le vent déchaîné bouleversait cette zone maritime déjà réputée à juste titre dangereuse entre Atlantique et Manche que l’on appelle la mer d’Iroise. En Iroise, les marées du sud mêlées aux courants chauds du Gulf Stream venaient heurter furieusement les vagues descendant du nord comme deux armées de géants s’affrontant avec fracas. La pointe du Raz (« Si jamais tu passes le Raz, si tu ne meurs, tu trembleras », faisait dire Victor Hugo, à l’un de ses héros des Travailleurs de la mer) marquait la limite sud de cette petite mer et le pas d’Ouessant, entre l’île du même nom et la pointe Saint-Mathieu, sa limite nord. »

Extrait de : J. Guieu. « Ankou : La vengeance d’Ys – Gilles Novak. »

Les brumes de l’effroi par Jimmy Guieu

Fiche de Les brumes de l’effroi

Titre : Les brumes de l’effroi (Tome 34 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1998
Editeur : Vaugirard

Première page de Les brumes de l’effroi

« Constellé d’étoiles au scintillement atténué par la lune, le ciel d’encre resplendissait dans sa froide pureté solsticiale. Dans la nuit spectrale, la blanche clarté du disque lunaire permettait de distinguer très nettement l’attachant paysage languedocien, jalonné de châteaux médiévaux en ruines, aux mystères généralement intacts. Tous en ruines ? Non, un château au moins dressait fièrement ses tours vers la nuée. Si le castelas d’Albanoïel datait du XIe siècle sur des assises du IXe, il avait été soigneusement et habilement restauré au cours des siècles par d’admirables artisans et compagnons. Et surtout, il avait su se préserver des différentes vicissitudes des guerres de religion successives, qui avaient été fatales à tant de forteresses occitanes. C’est ainsi qu’il pouvait se présenter dans un excellent état de conservation et une parfaite authenticité, qui ne devait rien aux allégories médiévistes d’un Viollet-le-Duc.
Avec son grand donjon, ses tours d’angle et chemins de ronde festonnés de mâchicoulis, il appuyait sa masse imposante sur l’éperon rocheux dominant le cours de la Sais. Cette rivière salée comme son nom l’indique se jetait dans l’Aude à Couiza, distant de cinq kilomètres à peine. »

Extrait de : J. Guieu. « Les brumes de l’effroi – Gilles Novak. »

Le piège du Val maudit par Jimmy Guieu

Fiche de Le piège du Val maudit

Titre : Le piège du Val maudit (Tome 33 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le piège du Val maudit

« La pleine lune jetait un éclairage cru sur le paysage au relief prononcé de cette région du Languedoc. Le petit village de Rennes-le-Château, juché sur sa butte, se découpait sur fond de ciel limpide constellé d’astres scintillants. Parmi ces myriades d’étoiles apparut une sphère translucide, par moments même transparente, telle une bulle de savon, qui survola le bourg et s’éloigna vers le nord est. Elle longea un moment la vallée de la Sais, la petite rivière qui, plus à l’ouest, traversant le village de Couiza, se jette dans l’Aude.
La sphère obliqua vers une barre rocheuse qui émergeait de la forêt, avec une plate-forme abrupte dominant la vallée et une vieille ferme, à moins de cinq cents mètres. Sur cette esplanade naturelle se dressait le château d’Albanoiel, une forteresse du haut Moyen Age remarquablement conservée — à force de restaurations qui, au cours des siècles, avaient su lui préserver son aspect initial : un imposant édifice quadrangulaire flanqué de trois tours d’angle rondes et, sur son front nord-ouest, un donjon massif, sentinelle veillant depuis près de 1000 ans sur la vallée de la Sais, la rivière salée. »

Extrait de : J. Guieu. « Le piège du Val maudit – Gilles Novak. »

L’empire des ténèbres par Jimmy Guieu

Fiche de L’empire des ténèbres

Titre : L’empire des ténèbres (Tome 32 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’empire des ténèbres

« Les 29 étages de l’hôtel Othon Palace de Rio dominaient Copacabana et sa longue plage en arc de cercle, peu fréquentée en hiver. Car en ce 14 juin, par un soleil éclatant, avec 25° au-dessus de zéro, on était néanmoins en plein hiver sous cette latitude !
Régine Véran et Gilles Novak regagnaient la plage en nageant mollement, s’orientant vers le marchand de cerfs-volants auprès duquel ils avaient laissé leurs serviettes et nattes de rafia. Bon marché, ces cerfs-volants dessinaient en général un condor aux ailes chamarrées.
Les jours d’affluence, d’innombrables gamins galopaient en tirant sur la ficelle de ces inoffensifs rapaces de papier, louvoyant entre les baigneurs, tant à Copacabana que sur les autres plages d’Ipanema, Leblon, Arpoador, Leme ou celles, plus au nord, de Botafogo ou du Flamenco. »

Extrait de : J. Guieu. « L’empire des ténèbres – Gilles Novak. »

Francis Berthelot

Présentation de Francis Berthelot :

Francis Berthelot, né à Paris le 27 juillet 1946, est une figure singulière et prolifique de la littérature française, particulièrement reconnu pour ses œuvres dans les littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy). Sa carrière est marquée par un double parcours, à la fois scientifique et littéraire.

Parcours professionnel et intellectuel

Après avoir été diplômé de l’École Polytechnique en 1968, Francis Berthelot a mené une longue carrière de chercheur au CNRS dans deux domaines distincts :

  • Biochimie et Biologie Moléculaire (1968-1989) : Il commence sa recherche dans les sciences dites « dures ».
  • Théorie Littéraire et Narratologie (1989-2007) : Il opère une reconversion pour se concentrer sur l’étude des littératures de l’imaginaire. Il a également été essayiste, co-dirigeant notamment un séminaire à l’EHESS sur les Narratologies contemporaines.

Il prend sa retraite du CNRS en octobre 2007 pour se consacrer entièrement à son œuvre de fiction.

Carrière littéraire

Francis Berthelot débute dans la science-fiction classique avec ses premiers romans comme La Lune noire d’Orion (1980). Au fil du temps, son œuvre évolue et s’enrichit :

  • Nouvelle Fiction et Transfictions : Il rejoint le groupe de la « Nouvelle Fiction » et développe un style qu’il a baptisé les « transfictions ». Ce terme désigne une zone littéraire frontalière entre les littératures de l’imaginaire et la littérature générale, souvent qualifiée de « merveilleux noir ».
  • Diversité des Genres : Son œuvre fictionnelle explore une grande variété de sous-genres, allant du space opera et de l’heroic fantasy à la psychofiction et à l’uchronie. Parmi ses titres notables figurent Rivage des intouchables, Nuit de colère, et la série du Cycle Le Rêve du démiurge.
  • Autres Activités Artistiques : Francis Berthelot est également compositeur de musique électroacoustique et l’auteur de plusieurs ballets.

Distinctions majeures

Francis Berthelot est l’un des auteurs français les plus primés dans les littératures de l’imaginaire. Il a notamment reçu :

  • Le Grand Prix de l’Imaginaire dans les quatre catégories existantes (roman, nouvelle, essai et jeunesse).
  • Le Prix Masterton (meilleur roman français et meilleure nouvelle française).
  • Le Prix Rosny aîné du meilleur roman de SF.
  • Le Prix Extraordinaire des Utopiales en 2024 pour l’ensemble de sa carrière dans le domaine de la science-fiction.

Son parcours unique, qui lie une rigueur scientifique à une imagination débridée, fait de lui un acteur majeur et respecté du paysage littéraire français contemporain.

Livres de Francis Berthelot :

Khanaor :

Rêve du démiurge :

Intégrales :

Bibliothèque de l’Entre-Mondes (2005)
Forêts secrètes (2004)
La lune noire d’Orion (1980)
La ville au fond de l’oeil (1986)
Rivage des intouchables (1990)

Pour en savoir plus sur Francis Berthelot :

La page Wikipédia sur F. Berthelot
La page Noosfere sur F. Berthelot
La page isfdb de F. Berthelot

Les sentiers invisibles par Jimmy Guieu

Fiche de Les sentiers invisibles

Titre : Les sentiers invisibles (Tome 31 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les sentiers invisibles

« En haut de la Canebière, le square de Stalingrad, plus connu sous l’ancien nom de Chapitre, ou carrefour des Réformés, et les quartiers avoisinants, paraissaient déserts comparativement à l’animation de la semaine. Peu de touristes aussi à cette heure ; mais le soleil, lui, dardait ses rayons pour accueillir les baigneurs matinaux.
Tania Anziani, une charmante femme blonde, voyante et tarologue de son état, ne songeait guère aux joies de la plage, ce matin-là. A un kilomètre à peine des Réformés, elle flânait le long du boulevard Eugène-Pierre bordé de platanes et s’arrêtait au pied de chaque arbre. Du moins Quazar, son teckel à robe de feu, l’obligeait-il à faire halte en tirant sur sa laisse, reniflant en cercle autour du tronc à la recherche d’un « marquage » ammoniacal laissé par l’un de ses congénères ! »

Extrait de : J. Guieu. « Les sentiers invisibles – Gilles Novak. »

L’héritage de Noé par Jimmy Guieu

Fiche de L’héritage de Noé

Titre : L’héritage de Noé (Tome 30 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’héritage de Noé

« Dès 8 heures du matin, la blonde artiste peintre Monique Augeix avait dressé son chevalet au pied d’un amoncellement de rocs. Cette position la protégeait du vent et offrait une vue magnifique sur les monts et les vallées ceinturant le village ardéchois de Mézilhac. Assise sur son pliant, la boîte à couleurs, les bocaux à même le sol et la palette en main, la jeune femme esquissait à grands traits l’ébauche du paysage en songeant à l’hiver rigoureux qui, cinq mois plus tôt, ici même, les avait accueillis, elle, Gilles Novak, Régine Véran, Gérard Ehret, Alain Le Kern et Daniel Huguet. La neige alors recouvrait la région et le vent soufflait en tornade !
Après avoir vécu de dramatiques aventures au départ du relais-hôtel de leur ami Jean Juvé, au col de Mézilhac, Gilles Novak et ses compagnons du Commando Alpha s’étaient promis d’y revenir ensemble en juillet, afin de se relaxer et goûter un repos plus que mérité. »

Extrait de : J. Guieu. « L’héritage de Noé – Gilles Novak. »

Réseau alpha par Jimmy Guieu

Fiche de Réseau alpha

Titre : Réseau alpha (Tome 29 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Réseau alpha

« Quoi de plus paisible que d’entendre tintinnabuler sonnailles et clarines des chèvres et moutons lors de la transhumance ? Et quoi de plus rassurant, aussi, que le tintement plus grave des clochettes ballottant sous le cou des bovins ? Les citadins ne sont plus accoutumés au spectacle de ces troupeaux envahissant périodiquement les routes et chemins, cohortes accompagnées de bêlements et beuglements, d’aboiements de chiens courant ici et là pour « canaliser » les bêtes et veiller à ce qu’aucune n’aille se baguenauder dans un champ ou un jardin potager. Chantées par les félibres et poètes du terroir, ces troupeaux exhalaient aussi un puissant fumet dont de nombreux vestiges odoriférants balisaient l’itinéraire !
Vanek, caporal de son état, n’était pas un citadin. Enrôlé dans l’Armée Rouge, il avait vu le jour dans un kolkhoze de Karauzyak, en Ouzbékistan ; les moutons, les chèvres, les vaches et les veaux lui étaient donc aussi familiers que la vodka ou son Kalashnikov suspendu à son épaule, comme en ce moment où il montait la garde avec son camarade Yosip, devant la grande porte d’un hangar à missiles. »

Extrait de : J. Guieu. « Réseau Alpha – Gilles Novak. »

Plan d’extermination par Jimmy Guieu

Fiche de Plan d’extermination

Titre : Plan d’extermination (Tome 28 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Plan d’extermination

« Tel un cristal bleuâtre de forme allongée, le Nerkal, vaisseau amiral des Chevaliers de Lumière, se maintenait en orbite géostationnaire à 36 000 km de l’hémisphère Nord de la Terre. Il disparaissait parfois derrière son champ d’invisibilité, modifiait son inclinaison sur l’écliptique et subitement redevenait visible, après une éclipse de durée variable.
Le premier astronome — amateur ou professionnel — à le repérer sur sa nouvelle orbite en avisait alors immédiatement l’U.A.I., l’Union Astronomique Internationale, qui répercutait l’information à ses adhérents.
Et le monde entier s’interrogeait : après leurs actions d’éclats au cours des mois écoulés, quels nouveaux coups de main contre la Force Noire, la Narkoum et autres criminels de haute volée, pouvaient bien préparer ces « Rambo du Cosmos » ? Un mois déjà qu’ils ne s’étaient plus manifestés, sinon par la présence sécurisante de leur cosmonef géant, long de 8 000 m, formidable « navette » bleutée parfaitement discernable à l’œil nu. »

Extrait de : J. Guieu. « Plan d’extermination – Gilles Novak. »