Auteur/autrice : CH91

 

Les guerres de fer par Paul Kearney

Fiche de Les guerres de fer

Titre : Les guerres de fer (tome 3 sur 5 – Les monarchies divines)
Auteur : Paul Kearney
Date de parution : 1996
Traduction : M.-C. Elsen
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Les guerres de fer

« Au paroxysme de son cauchemar fiévreux qui le faisait transpirer dans les ténèbres, il sentit la bête s’insinuer dans sa chambre et le surplomber. Pourtant, c’était impossible. Pas de si loin, il s’agissait sans doute…
Ô doux Seigneur des deux, Chef suprême de la terre, ne me quittez pas maintenant…
Prier, prier, prier. Et l’aspect dérisoire, de sa part, de cet acte : adresser des prières à Dieu, alors que son âme était noire comme l’encre et déjà vendue. Déjà égarée et promise aux flammes éternelles.
Doux Ramusio, ne m’abandonnez pas. Restez près de moi en cette heure de détresse.
Il pleurait. La chose était là. Il en avait la certitude. Elle l’épiait, aussi patiente qu’une statue. Il lui appartenait. Il était maudit.
Trempé de sueur, il ouvrit ses paupières collantes sur l’obscurité absolue de sa chambre. Des larmes avaient coulé le long de son cou pendant son sommeil et les fourrures épaisses recouvrant sa couche étaient sens dessus dessous. »

Extrait de : P. Kearney. « Monarchies Divines – Les guerres de fer. »

Les rois hérétiques par Paul Kearney

Fiche de Les rois hérétiques

Titre : Les rois hérétiques (tome 2 sur 5 – Les monarchies divines)
Auteur : Paul Kearney
Date de parution : 1996
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Les rois hérétiques

« Toujours, les hommes vont vers l’ouest. Cela a-t-il un rapport avec la course du soleil ? Il les attire comme la flamme d’un cierge attire des phalènes.

De nombreuses années, longues et pénibles, se sont écoulées, et pourtant je suis encore là : le dernier des fondateurs, mon corps ne m’appartenant presque plus, au final. J’ai vu quatre siècles du monde éveillé défiler progressivement, leur passage à peine marqué par les changements dans la terre où j’ai élu domicile. Les hommes changent, et ils aiment croire que le monde change avec eux. Ce n’est pas le cas ; il se contente de les tolérer et continue à suivre ses propres révolutions ésotériques.

Et pourtant il y a quelque chose dans l’air, tel un murmure d’hiver dans ce pays qui ne connaît pas de saisons. Je sens un changement s’amorcer. »

Extrait de : P. Kearney. « Monarchies Divines – Les rois hérétiques. »

Le voyage d’Hawkwood par Paul Kearney

Fiche de Le voyage d’Hawkwood

Titre : Le voyage d’Hawkwood (tome 1 sur 5 – Les monarchies divines)
Auteur : Paul Kearney
Date de parution : 1995
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Le voyage d’Hawkwood

« Navire de la mort – il cabotait sous la brise du nord-ouest, les huniers immobiles, mais les vergues brassées pour affronter un vent perdu depuis trop longtemps en haute mer. L’équipage de la yole fut le premier à l’apercevoir, la veille de la Saint-Beynac. Il donnait lourdement de la gîte, en dépit de la houle légère, et les vestiges de ses voiles vibrèrent et s’agitèrent lorsque la brise fraîchit.

C’était une journée d’un bleu parfait, un ciel et un océan immenses qui se reflétaient même l’un sur l’autre. Quelques goélands voletaient, impatients, autour des filets remplis d’argent remorqués par l’équipage de la yole qui faisait des affaires en or, et un banc d’oyvips étincelants, anormalement nombreux, batifolait par bâbord – mauvais augure. À l’intérieur de chaque banc, disait-on, hurlait l’âme d’un noyé. Mais le vent était clément et le banc démesuré – perceptible telle une ombre gigantesque sous la coque du navire, scintillant de temps à autre lorsque le flanc lumineux d’un poisson se contorsionnait ; les pêcheurs étaient présents depuis le quart du matin, remplissant leurs filets avec la récompense incertaine de la mer, la ligne obscure de la côte hebrionienne n’étant que pure conjecture, au loin, bien au-delà de leurs épaules droites. »

Extrait de : P. Kearney. « Monarchies Divines – Le voyage d’Hawkwood. »

Le sceau de Ran par Paul Kearney

Fiche de Le sceau de Ran

Titre : Le sceau de Ran (tome 1 sur 3 – Les Mendiants des mers)
Auteur : Paul Kearney
Date de parution : 2004
Traduction : M.-C. Elsen
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le sceau de Ran

« — Bien sûr qu’il existait un Dieu autrefois. Un Père universel, créateur de toutes les choses et de toutes les races destinées à habiter la terre. Mais Il nous a quittés il y a fort longtemps, dégoûté par les caprices de Sa création et les appétits gratuits des êtres dont Il avait peuplé Son monde. Aujourd’hui nous sommes délaissés, des enfants abandonnés par leur père. De plus, quand Il s’en est allé, Dieu, pour nous punir, a emporté avec Lui tout espoir de vie après la mort. Par conséquent, ne nous attendent tous que les vers. Aucune justice pour les persécutés, aucune punition pour les méchants. Ainsi tourne notre monde, entraîné sur son axe par les rêves voraces des hommes.
— Mais il y a sans doute d’autres dieux, objecta Rol. Il y a Ussa, et son époux, Ran. Sans compter Gibniu de l’Enclume… »

Extrait de : P. Kearney. « Le sceau de Ran – Les Mendiants des mers. »

Corvus par Paul Kearney

Fiche de Corvus

Titre : Corvus (tome 2 sur 3 – Les Macht)
Auteur : Paul Kearney
Date de parution : 2010
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Orbit

Première page de Corvus

« Sitôt arrivé au sommet de la dernière éminence, il retrouva ses vieilles habitudes et s’arrêta pour baisser les yeux sur les ombres bleutées d’un crépuscule naissant. Appuyé sur sa lance, il soupira.

Devant lui, le sol s’écoulait en plis et dépressions de plus en plus obscurs pour aller se fondre dans le creux de la vallée où coulait un torrent. Il vit dans le lointain un éclair écarlate, un reflet des dernières lueurs du soleil renvoyé par le cours d’eau. Puis les montagnes qui le cernaient parurent se rapprocher, comme pour se pelotonner les unes contre les autres avant d’affronter la nuit, et la vallée disparut comme par enchantement. Cependant, au cœur de ces ténèbres paisibles, il discernait encore une lueur dorée à l’éclat régulier.

La hampe de sa lance craqua sous son poids. Les lanières de cuir de son havresac et de son bouclier meurtrissaient ses épaules. Une onde de chaleur passa près de lui ; les vestiges du jour. Il baissa les paupières quand ce souffle caressa son front couvert de sueur, puis il se détourna et se redressa. »

Extrait de : P. Kearney. « Corvus – Les Macht. »

10 000 au coeur de l’Empire par Paul Kearney

Fiche de 10 000 au coeur de l’Empire

Titre : 10 000 au coeur de l’Empire (tome 1 sur 3 – Les Macht)
Auteur : Paul Kearney
Date de parution : 2008
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Orbit

Première page de 10 000 au coeur de l’Empire

« Rictus avait vu le jour en bord de mer, et c’était en bord de mer qu’il allait quitter ce monde.

Il s’était débarrassé de son bouclier et restait assis sur une touffe de marram jaunâtre, les orteils séparés par des andains de sable froid et gris alors que les festons d’écume de la marée montante l’éblouissaient comme de la neige.

Redresser la tête lui aurait permis de voir à l’ouest, sur les épaulements du Panjaeos, de la neige véritable. Dans les hauteurs où Gænion avait forgé le cœur des étoiles.

Ce lieu en valait un autre pour mourir.

Il sentait le sang couler de son flanc, une lente promesse qu’il considérait pleine d’ironie. Ce qui le fit sourire. Je sais, pensa-t-il. Je sais ces choses. Insister est superflu. Le fer de la lance d’un Burien s’était chargé de mettre les points sur les i. »

Extrait de : P. Kearney. « 10 000 au coeur de l’Empire – Les Macht. »

Stan Nicholls

Présentation de Stan Nicholls :

Né au cœur de Londres en l’an 1949, Stan Nicholls s’est longtemps illustré dans les coulisses du monde de l’édition avant de franchir le Rubicon de la création romanesque. Ce polygraphe d’une rare érudition a en effet prêté sa plume, en qualité de journaliste, à de fort nombreuses revues de presse écrite, tout en exerçant ses talents d’anthologiste et de gérant de librairie. L’on rapporte d’ailleurs qu’il fut l’un des pionniers dans la diffusion de la science-fiction et du fantastique dans la capitale britannique, bien avant que ces genres ne connaissent les faveurs du grand public.

Si Stan Nicholls a enfanté une œuvre abondante, comprenant d’honorables novellisations et des séries pour la jeunesse, son nom demeure indéfectiblement lié, pour la postérité, à un véritable coup de maître. C’est avec la parution de sa fameuse trilogie des Orcs (Orcs: First Blood dans la langue de Shakespeare) qu’il a littéralement renversé l’échiquier de la fantasy épique !

Jusqu’alors, voyez-vous, la tradition voulue par l’illustre professeur Tolkien et ses épigones reléguait ces créatures verdâtres et belliqueuses au simple rang de chair à canon, suppôts d’un Mal absolu et dénués d’épaisseur. Avec une audace et un panache qu’il convient de saluer, Stan Nicholls a pris le parti de nous faire vivre l’épopée à travers les yeux de ces reîtres grognards, en suivant les pérégrinations sanglantes de la troupe des Renards de Sang, farouchement commandée par le capitaine Stryke. Sous sa plume alerte, le manichéisme habituel vole en éclats : les humains s’y révèlent d’une cupidité et d’une cruauté effroyables, destructeurs de l’équilibre naturel, tandis que nos fiers orcs font montre d’un sens de l’honneur, d’une loyauté et d’une camaraderie quasi chevaleresques.

Cette œuvre de fort belle facture, traduite dans de multiples idiomes, a connu un formidable retentissement – notamment dans nos contrées grâce au discernement de ses éditeurs français – et a définitivement assis la notoriété de l’auteur en tant que maître conteur.

Livres de Stan Nicholls :

Les chroniques de Nightshade :

Orcs :

Revanche des Orcs :

Vif-Argent :

Intégrales :

Pour en savoir plus sur Stan Nicholls :

La page Wikipédia sur S. Nicholls
La page Noosfere sur S. Nicholls
La page isfdb de S. Nicholls

Michel Robert

Présentation de Michel Robert :

Né en 1964, Michel Robert s’est imposé comme l’un des feuilletonistes les plus vigoureux de notre littérature de l’imaginaire, explorant avec une maestria indéniable les contrées sauvages de ce que les Anglo-Saxons nomment l’heroic fantasy – cette épopée fantastique où le fracas de l’acier le dispute aux sortilèges les plus ténébreux.

C’est sous l’égide de courageux éditeurs, à l’instar des éditions Mnémos, Pocket et Fleuve Noir, que l’auteur a bâti sa réputation. Sa plume, d’une redoutable efficacité, s’est illustrée de la plus éclatante des manières à travers sa grande saga, L’Agent des ombres. Dans ce cycle romanesque de fort belle ampleur, l’on suit les pérégrinations tumultueuses et sanglantes de Cellendhyll de Cortavar, un guerrier au destin tragique, ange du chaos et maître d’armes d’une redoutable dextérité. Loin des bluettes éthérées ou de la merveille innocente, Michel Robert tisse une trame résolument adulte, où les intrigues de cour, l’âpreté des combats et le cynisme de ses protagonistes rappellent les heures les plus sombres du roman de cape et d’épée, mâtinées d’une magie impitoyable.

Ce ton singulier, alliant un rythme effréné à une crudité assumée dans la description des affrontements, est devenu la véritable marque de fabrique du romancier. Michel Robert ne s’est d’ailleurs pas cantonné à cette seule fresque, puisqu’il a également ravi les amateurs du genre avec d’autres récits d’envergure, tels que le diptyque de La Fille des clans ou le fort original Baleine. Dans chacune de ces œuvres, l’on retrouve ce même souffle épique et cette passion indéfectible pour les personnages entiers, rebelles et indomptables.

Par son labeur acharné et son indéniable talent de conteur, Michel Robert a su se forger une place de choix dans le panthéon des lettres fantastiques françaises, prouvant que la littérature d’évasion pouvait fort bien s’accommoder de la noirceur et de la fureur des passions humaines.

Livres de Michel Robert :

Fille des clans :

L’agent des ombres :

La Malerune :

Largo Callahan :

Gheritarish, les terres de sang (2009)

Pour en savoir plus sur Michel Robert :

La page Wikipédia sur M. Robert
La page Noosfere sur M. Robert
La page isfdb de M. Robert

Ed McDonald

Présentation de Ed McDonald :

S’il est un trait qui distingue ce romancier, c’est bien la solide érudition qui sous-tend ses architectures merveilleuses. Ed McDonald a, en effet, fréquenté avec assiduité les bancs de l’université de Birmingham puis du Birkbeck College de Londres, s’y imprégnant d’histoire antique, d’archéologie et de l’étude méticuleuse du Moyen Âge. Toutefois, loin de demeurer un simple rat de bibliothèque, notre homme, qui dispense par ailleurs son savoir en tant que professeur d’université dans la capitale britannique, joint volontiers le geste à la parole. Il pratique assidûment les arts martiaux historiques, croisant le fer à la rapière ou à l’épée longue ! Cette singulière inclination pour l’escrime confère d’ailleurs à ses scènes d’affrontement une crudité, un fracas et un réalisme viscéral que l’on rencontre trop rarement dans la littérature d’évasion.

C’est avec Blackwing (traduit sous le titre La Marque du corbeau), fulgurant premier volet d’une trilogie du même nom, que Ed McDonald a su conquérir les suffrages des amateurs d’une fantasy à l’atmosphère poisseuse et résolument crépusculaire. Dans cet univers d’une âpreté peu commune, où les vestiges d’une technologie arcanique côtoient de sinistres entités démoniaques, l’auteur déploie une prose incisive et sans concession. L’on y suit les pérégrinations âpres d’un protagoniste désabusé au cœur d’une contrée dévastée, récit qui se prolonge avec le même brio dans Le Cri du corbeau et La Chute du corbeau.

Ed McDonald, artisan infatigable du frisson épique, ne s’est pas arrêté en si bon chemin, puisqu’il a plus récemment entrepris de nous captiver avec un tout nouveau cycle romanesque, « Les Chroniques de Redwinter », entamé avec La Fille de Redwinter. Il y explore, avec la même maestria et un sens toujours très aigu du tragique, les funestes destins liés au royaume des ombres.

Partageant aujourd’hui sa paisible existence londonienne avec sa compagne, l’estimée romancière Catriona Ward, il continue de tisser, pour notre plus grand plaisir, les fils de ses sombres tapisseries.

Livres de Ed McDonald :

Blackwing :

Intégrales :

Pour en savoir plus sur Ed McDonald :

La page Wikipédia sur E. McDonald
La page Noosfere sur E. McDonald
La page isfdb de E. McDonald

Paul Kearney

Présentation de Paul Kearney :

Né en 1967 sous les cieux souvent tourmentés de Ballymena, en Irlande du Nord, le jeune Paul Kearney a grandi dans un climat d’adversité qui n’a pas manqué de forger son caractère. Par un heureux tour du destin, il a rejoint les bancs prestigieux de l’université d’Oxford, où il s’est pris de passion pour le vieil anglais, le vieux norrois et l’anglo-saxon. Ce formidable bagage érudit transparaît incontestablement dans l’authenticité et la richesse de son verbe.

S’il a fait ses premières armes au début des années 1990 avec des romans isolés tels que The Way to Babylon (1992) ou A Different Kingdom (1993) — dans lesquels un protagoniste de notre monde contemporain bascule vers des sphères merveilleuses —, c’est véritablement dans la grande fresque épique qu’il a conquis ses lettres de noblesse. Répondant à l’appel d’éditeurs avisés, Paul Kearney s’est lancé dans la vaste entreprise des Monarchies divines (The Monarchies of God). Dans cette pentalogie fort remarquée, il déploie un univers âpre et impitoyable, puissamment inspiré de l’Europe de la Renaissance.

Ce qui distingue la plume de Paul Kearney, voyez-vous, c’est son traitement extraordinairement rigoureux de la chose militaire et navale. Loin des naïves bluettes où la sorcellerie résout les conflits d’un simple mouvement de poignet, l’auteur nous offre la rudesse des manœuvres, la précision redoutable des formations de piquiers, l’odeur âcre des canons et le fracas des flottes en pleine tempête. Ce savoir-faire tout à fait singulier s’est d’ailleurs brillamment confirmé avec sa série maritime des Mendiants de la mer (The Sea Beggars), ainsi qu’avec le cycle des Macht, initié par Les Dix Mille (The Ten Thousand), qui s’avère être une éblouissante relecture conjecturale de la fameuse Anabase de Xénophon !

Aujourd’hui paisiblement installé au bord de la mer dans le comté de Down, cet orfèvre de la stratégie militaire fictive poursuit son labeur avec une constance qui force l’admiration de ses pairs.

Livres de Paul Kearney :

Les Macht :

Mendiants des mers :

Monarchies divines :

Warhammer 40.000 :

Space Marines Battles :

Pour en savoir plus sur Paul Kearney :

La page Wikipédia sur P. Kearney
La page Noosfere sur P. Kearney
La page isfdb de P. Kearney