Auteur/autrice : CH91

 

L’île perdue par Max Brooks

Fiche de L’île perdue

Titre : L’île perdue (Minecraft)
Auteur : Max Brooks
Date de parution : 2017
Traduction : P. Touboul
Editeur : Castelmore

Première page de L’île perdue

« Je me noie !
Je me réveillai sous l’eau, très loin sous l’eau, et ce fut la première chose qui me vint à l’esprit. Le froid. Les ténèbres. Où donc était la surface ? Je me débattis dans tous les sens, cherchant à remonter. Je tournai, virai, et finis par la voir : une lueur. Faible, pâle et lointaine.
Instinctivement, je me précipitai dans cette direction, et je remarquai vite que l’eau, autour de moi, s’éclaircissait. Ça devait être la surface, le soleil.
Mais comment le soleil pouvait-il être… carré ? J’étais forcément victime d’une hallucination. Peut-être une illusion provoquée par l’eau.
Peu importe ! Combien me reste-t-il d’air dans les poumons ? Je dois y arriver. Nage !
Mes poumons se gonflèrent et de petites bulles s’échappèrent entre mes lèvres, s’élevant devant moi vers la lumière, au loin. Je battis l’eau des bras et des jambes, comme un animal pris dans un filet. Maintenant, je le voyais : un plafond fait de reflets ondulants, qui se rapprochait à chacun de mes mouvements désespérés. Plus proche, mais encore si loin. Mon corps me faisait souffrir, mes poumons brûlaient. »

Extrait de : M. Brooks. « L’île perdue – Minecraft. »

Rhino par Dominique Douay

Fiche de Rhino

Titre : Rhino
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Rhino

« Hautes de cent mètres et plus, les portes de bronze s’écartèrent en silence, glissant sur leurs rails parfaitement huilés. Massée au pied de la colline, la foule retenait son souffle. L’air était frais ; le petit matin achevait de tisser ses écharpes de brume au hasard des bâtisses. Bientôt, le soleil se lèverait et il ferait grand jour.
— Les voilà ! cria quelqu’un.
Mais ce n’était qu’un voile de brouillard qui jouait avec l’ombre. D’ailleurs, les lourds vantaux n’étaient encore qu’à moitié ouverts.
Puis, couvrant la houle de murmures que cette exclamation avait fait naître, s’éleva un bourdonnement semblable à celui produit par des milliers et des milliers de ruches.
— Ils se réveillent !
Excitée, la foule se pressait contre la grille qui protégeait les flancs du tertre.
Le bourdonnement enfla encore. À présent, même les cris ne parvenaient plus à se faire entendre. »

Extrait de : D. Douay. « Rhino. »

Le principe de l’oeuf par Dominique Douay

Fiche de Le principe de l’oeuf

Titre : Le principe de l’oeuf
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 1980
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Le principe de l’oeuf

« JE crois bien, souffla l’homme d’une voix sourde. Puis il se tut, mordilla sa lèvre inférieure d’un air préoccupé. À l’endroit où le tissu était en contact avec le cuir chevelu, une large bande d’humidité ceignait l’informe chapeau de toile censé le protéger du soleil. Ce porc n’en finira donc pas de transpirer, pensa vaguement Magloire. Placé un peu en retrait, il suivait avec une fascination teintée de dégoût le cours sinueux des gouttes de sueur qui prenaient naissance sur le front, s’amassaient ensuite le long des arcades sourcilières et des ailes du nez, se rejoignaient enfin à la pointe du menton où elles demeuraient un instant en attente, sans doute retenues par quelque poil oublié par la lame du rasoir. Transpire, mon vieux, transpire, ça te fera peut-être perdre quelques kilos de graisse.
« Cette fois, je crois bien que nous tenons le bon numéro », dit l’homme, plus fort. Il tourna un bref instant sa face congestionnée vers Magloire. « Vous voyez ? » Un signe du menton vers le petit écran gris sale sur lequel un minuscule point lumineux s’était matérialisé, animé de pulsations dans lesquelles Magloire, l’espace d’une seconde, crut reconnaître une sorte de respiration. »

Extrait de : D. Douay. « Le Principe de l’œuf. »

Le monde est un théâtre par Dominique Douay

Fiche de Le monde est un théâtre

Titre : Le monde est un théâtre
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 1982
Editeur : Denoël

Sommaire de Le monde est un théâtre :

  • Pleins feux sur l’acteur
    • Voyez mes mains, voyez mon corps
    • La fin de l’hiver
  • Mise en valeur du décor
    • Le théâtre domestique
    • Appelez-moi…
  • Mise en valeur de la machinerie
    • La transformation
  • Prise en compte d’une mise en scène dynamique
    • Le jouet des événements
    • Dori et la suite
  • Cumul des propositions précédentes
    • Cochise d’AméNord Dix
  • Pour une a-théâtralité du monde
    • Le cours du temps
    • Chronique du dépotoir

Première page de Voyez mes mains, voyez mon corps

« Le Groupe s’était égaré. Depuis de nombreux jours déjà, les Dix ne consultaient plus que la boussole. La carte n’était plus d’aucune utilité, dans ce paysage uniformément constitué de montagnes en croupes et de vallons où seuls la plupart du temps de minuscules ruisseaux faisaient croire à la vie. Ils se dirigeaient vers l’ouest : vers l’endroit où la carte trop souvent pliée et dépliée était devenue illisible.
Passé le col, franchies les dernières hêtraies, ils parvinrent ce jour-là à un entablement rocheux surplombant de quelques centaines de mètres une autoroute. À cette distance, le double ruban de béton paraissait intact malgré les amas de tôles enchevêtrées qui le ponctuaient irrégulièrement. Plus loin, un autre ruban, gris celui-là… ou plutôt non : gris, or, rouge orangé, presque vert, toutes couleurs tour à tour mêlées ou sublimées selon l’angle formé par les rayons réfléchis du soleil.
« Une rivière ! » Puis, quelques secondes plus tard, le regard ayant suivi son tracé : « Un village ! Un pont !  »

Extrait de : D. Douay. « Le Monde est un théâtre. »

Les meilleurs romans de science-fiction sur le premier contact

Il existe peu de thèmes aussi fascinants que celui du premier contact.

Depuis que la science-fiction imagine la possibilité d’une vie extraterrestre, les auteurs se posent la même question : que se passerait-il si l’humanité découvrait qu’elle n’est pas seule dans l’Univers ?

Mais cette rencontre peut prendre des formes très différentes.

Les extraterrestres peuvent arriver sur Terre, comme dans La Guerre des mondes. Ils peuvent envoyer un message que nous essayons de comprendre, comme dans Contact. Ils peuvent laisser derrière eux un objet gigantesque dont nous ignorons presque tout, comme dans Rendez-vous avec Rama. Ils peuvent même être si différents de nous que la notion même de communication devient problématique, comme dans Solaris.

Le premier contact n’est donc pas forcément synonyme d’invasion.

Il peut être une rencontre, une découverte scientifique, un mystère, une menace ou encore une confrontation avec une intelligence que nous sommes peut-être incapables de comprendre.

Nous avons retenu 20 romans qui proposent les visions les plus marquantes et les plus originales du premier contact, des grands classiques du XXe siècle aux œuvres contemporaines.

Voici notre sélection.


1. Rendez-vous avec Rama — Arthur C. Clarke

Rendez-vous avec Rama est probablement l’un des romans qui représentent le mieux tout ce que le thème du premier contact peut avoir de fascinant.

En 2130, les astronomes détectent un gigantesque objet qui pénètre dans le système solaire. Baptisé Rama, celui-ci n’est pas un simple astéroïde : il s’agit d’un immense cylindre artificiel, manifestement construit par une civilisation extraterrestre. Une expédition est alors envoyée pour l’explorer.

Et c’est précisément là que le roman d’Arthur C. Clarke devient passionnant.

Car les humains ne rencontrent personne.

Ils découvrent simplement une construction dont ils ne comprennent ni l’origine, ni le fonctionnement, ni la raison d’être.

Rama semble avoir été conçu par une intelligence extraordinairement avancée. Pourtant, ses créateurs sont absents.

Les explorateurs doivent donc essayer de comprendre ce qu’ils ont devant eux en observant simplement les traces laissées par une civilisation inconnue.

C’est une conception particulièrement élégante du premier contact : l’autre n’a même pas besoin d’être présent pour bouleverser notre vision de l’Univers.

Arthur C. Clarke privilégie ici l’émerveillement, l’exploration et le mystère plutôt que l’affrontement.

Rendez-vous avec Rama est le premier tome de la série Rama et peut se lire indépendamment des romans suivants.

👉 Pourquoi il mérite la première place : parce qu’il représente probablement l’une des formes les plus pures du premier contact : découvrir une œuvre extraterrestre sans parvenir à comprendre ceux qui l’ont créée.


2. Solaris — Stanisław Lem

Avec Solaris, Stanisław Lem va encore plus loin.

L’humanité a découvert une planète recouverte par un immense océan.

Mais cet océan n’est peut-être pas un simple phénomène naturel.

Les scientifiques soupçonnent qu’il s’agit d’une forme de vie intelligente. Pendant des années, ils tentent de communiquer avec lui, sans véritable succès.

Le problème est que personne ne sait vraiment comment communiquer avec une intelligence aussi différente de la nôtre.

Et c’est là que Solaris devient un roman exceptionnel.

Lem ne raconte pas simplement la rencontre entre des humains et des extraterrestres.

Il pose une question beaucoup plus dérangeante :

et si nous étions incapables de reconnaître une intelligence extraterrestre lorsqu’elle se trouve devant nous ?

L’être humain cherche naturellement à interpréter l’inconnu à partir de ce qu’il connaît déjà.

Mais comment comprendre une intelligence qui n’a ni notre corps, ni notre langage, ni notre culture, ni peut-être même notre conception de la réalité ?

Le roman transforme ainsi le premier contact en une véritable réflexion philosophique sur les limites de la connaissance humaine.

👉 Pourquoi il mérite la deuxième place : parce que peu de romans ont exploré avec autant de profondeur l’idée qu’une civilisation extraterrestre puisse être tout simplement incompréhensible.


3. La Guerre des mondes — H. G. Wells

Publié en 1898, La Guerre des mondes est l’un des textes fondateurs de la science-fiction moderne.

Cette fois, le premier contact prend une forme beaucoup plus brutale.

Les Martiens arrivent sur Terre avec une technologie largement supérieure à celle des humains.

Et les Terriens découvrent rapidement qu’ils ne sont absolument pas préparés à cette rencontre.

H. G. Wells inverse notamment une perspective très importante : l’humanité n’est plus l’espèce qui explore et conquiert.

Elle devient à son tour une civilisation confrontée à une puissance venue d’ailleurs.

Cette idée était particulièrement novatrice à l’époque.

Le roman ne se contente d’ailleurs pas de raconter une invasion extraterrestre spectaculaire. Wells s’intéresse aux réactions de la société, à la panique et à l’effondrement progressif des certitudes humaines.

Le premier contact devient ainsi une remise en question radicale de la place de l’humanité.

Et derrière l’histoire des Martiens, Wells propose également une réflexion sur le colonialisme et sur la manière dont les puissances humaines traitent elles-mêmes les peuples qu’elles considèrent comme inférieurs.

👉 Pourquoi il mérite la troisième place : parce qu’il a profondément marqué toute la science-fiction qui lui a succédé et reste l’un des modèles absolus de la rencontre hostile avec une civilisation extraterrestre.


4. Les Enfants d’Icare — Arthur C. Clarke

Arthur C. Clarke apparaît une deuxième fois dans notre classement avec Les Enfants d’Icare, publié en 1953.

Cette fois, le premier contact ne commence pas par une guerre.

Des vaisseaux extraterrestres apparaissent au-dessus des principales villes de la Terre. Les mystérieux visiteurs, que les humains surnomment les Suzerains, possèdent une technologie très supérieure et mettent rapidement fin aux conflits qui déchirent la planète.

La situation semble donc presque idéale.

Les extraterrestres apportent la paix.

Ils permettent à l’humanité de profiter d’une période de prospérité sans précédent.

Mais quelque chose ne va pas.

Les Suzerains refusent de se montrer directement aux humains.

Pourquoi ?

Quel est leur véritable objectif ?

Et surtout, que veulent-ils réellement faire de l’humanité ?

C’est cette ambiguïté qui fait toute la force du roman.

Arthur C. Clarke montre qu’un premier contact n’a pas besoin d’être violent pour être inquiétant.

Une civilisation extraterrestre qui possède une technologie tellement supérieure à la nôtre peut nous aider, nous protéger et même améliorer notre existence… tout en poursuivant des objectifs que nous sommes incapables de comprendre.

👉 Pourquoi il mérite la quatrième place : parce qu’il propose l’une des visions les plus originales du premier contact : une rencontre apparemment bienveillante qui devient progressivement beaucoup plus troublante.


5. Contact — Carl Sagan

Avec Contact, Carl Sagan imagine probablement l’une des approches les plus scientifiques du premier contact.

Cette fois, les extraterrestres ne débarquent pas sur Terre.

L’humanité reçoit un signal.

Et derrière ce signal se trouve manifestement une intelligence extraterrestre.

La découverte bouleverse immédiatement la communauté scientifique et pose des questions vertigineuses.

Comment interpréter le message ?

Qui l’a envoyé ?

Pourquoi ?

Et surtout, que se passera-t-il lorsque l’humanité répondra ?

L’intérêt de Contact vient notamment du fait que Carl Sagan prend au sérieux les conséquences scientifiques, politiques et humaines d’une telle découverte.

Le premier contact n’est pas simplement une aventure spatiale.

C’est un événement qui pourrait bouleverser les religions, les gouvernements, la communauté scientifique et la perception que l’humanité a d’elle-même.

Le roman pose également une question fondamentale : sommes-nous réellement prêts à recevoir un message provenant d’une civilisation beaucoup plus avancée que la nôtre ?

👉 Pourquoi il mérite la cinquième place : parce qu’il propose une vision crédible et passionnante de ce que pourrait être le premier contact si celui-ci commençait réellement par la réception d’un message venu des étoiles.


6. Le Problème à trois corps — Liu Cixin

Avec Le Problème à trois corps, Liu Cixin propose une vision du premier contact particulièrement ambitieuse.

Tout commence par une découverte qui va progressivement mettre l’humanité face à une civilisation extraterrestre.

Mais le roman ne s’intéresse pas seulement à la découverte des extraterrestres. Il s’intéresse surtout aux conséquences à long terme de cette rencontre.

Car lorsqu’une civilisation étrangère possède des connaissances scientifiques et des capacités technologiques très différentes des nôtres, le rapport de force peut devenir totalement déséquilibré.

Liu Cixin imagine également une humanité divisée face à cette découverte.

Certains considèrent la civilisation extraterrestre comme une menace.

D’autres voient au contraire dans le contact une possibilité de salut ou de transformation.

Le premier contact devient alors une question politique et philosophique autant que scientifique.

Et surtout, le roman introduit une idée particulièrement inquiétante : dans un Univers immense, les civilisations peuvent avoir de bonnes raisons de se méfier les unes des autres.

👉 Pourquoi il mérite la sixième place : parce que Liu Cixin transforme le premier contact en une réflexion vertigineuse sur la survie des civilisations et notre place dans un Univers qui pourrait être beaucoup moins accueillant que nous l’imaginons.


7. La Voix des morts — Orson Scott Card

Avec La Voix des morts, Orson Scott Card aborde le premier contact sous un angle particulièrement original.

Le roman est le deuxième tome du Cycle d’Ender, après La Stratégie Ender.

Des années après les événements du premier volume, l’humanité découvre une nouvelle forme de vie extraterrestre.

Mais cette fois, la question n’est pas simplement de savoir comment combattre les extraterrestres.

Il faut les comprendre.

Une enquête est menée pour déterminer ce qui s’est réellement passé entre les humains et cette nouvelle espèce.

Et plus les personnages avancent, plus ils découvrent que leur conception initiale de cette civilisation était probablement erronée.

C’est l’une des grandes forces du roman : Orson Scott Card s’intéresse moins au spectaculaire qu’à l’incompréhension entre deux formes de vie.

Comment interpréter les actes d’une espèce dont la biologie, la culture et la manière de penser sont radicalement différentes ?

Et surtout, comment éviter de reproduire les erreurs commises lors d’un premier contact ?

👉 Pourquoi il mérite la septième place : parce qu’il transforme le premier contact en une enquête sur la compréhension de l’autre et sur les conséquences tragiques de nos propres préjugés.


8. Spin — Robert Charles Wilson

Dans Spin, Robert Charles Wilson propose une approche encore différente du premier contact.

Un jour, les étoiles disparaissent.

La Terre se retrouve mystérieusement séparée du reste de l’Univers observable, tandis que le temps lui-même semble s’écouler différemment à l’extérieur de notre planète.

Au départ, personne ne sait qui ou quoi est responsable de ce phénomène.

Mais progressivement, les personnages comprennent qu’une intelligence extérieure pourrait être liée à ce qui arrive à l’humanité.

Le premier contact n’est donc pas une rencontre classique.

Il n’y a pas de vaisseau extraterrestre posé sur Terre.

Pas de diplomate venu d’une autre planète.

Pas même de message immédiatement compréhensible.

Le contact se fait à travers un phénomène cosmique dont les humains tentent de comprendre la nature.

C’est cette montée progressive du mystère qui rend le roman particulièrement efficace.

Robert Charles Wilson prend une situation apparemment impossible et laisse progressivement apparaître une explication beaucoup plus vaste.

👉 Pourquoi il mérite la huitième place : parce qu’il montre qu’un premier contact peut se produire sans que les extraterrestres apparaissent directement : parfois, le premier signe de leur existence est simplement un phénomène que nous sommes incapables d’expliquer.


9. Vision aveugle — Peter Watts

Avec Vision aveugle, Peter Watts propose l’une des visions les plus dérangeantes du premier contact.

L’humanité détecte un phénomène provenant de l’espace et envoie une équipe pour enquêter.

La mission va conduire les humains à rencontrer une forme d’intelligence extraterrestre.

Mais très vite, une question essentielle apparaît :

qu’est-ce que l’intelligence ?

Les humains ont tendance à associer intelligence, conscience et capacité à communiquer.

Mais si une intelligence extraterrestre était extrêmement efficace sans posséder ce que nous appelons une conscience ?

Et si elle était capable de résoudre des problèmes que nous sommes incapables de comprendre sans pour autant fonctionner selon les mêmes principes cognitifs que nous ?

Peter Watts pousse cette idée très loin.

Le premier contact devient alors une confrontation avec une intelligence qui remet en cause nos certitudes les plus fondamentales.

C’est une science-fiction exigeante, parfois difficile, mais particulièrement stimulante.

👉 Pourquoi il mérite la neuvième place : parce qu’il propose l’une des réflexions les plus radicales sur ce que pourrait réellement être une intelligence extraterrestre.


10. La Poussière dans l’œil de Dieu — Larry Niven & Jerry Pournelle

Avec La Poussière dans l’œil de Dieu, Larry Niven et Jerry Pournelle reviennent à une conception plus classique du premier contact : deux civilisations qui se rencontrent pour la première fois.

Les humains découvrent une civilisation extraterrestre et doivent apprendre à communiquer avec elle.

Mais rapidement, les différences entre les deux espèces apparaissent considérables.

Les humains doivent comprendre leur biologie, leur culture, leur histoire et leurs motivations.

Et surtout, ils doivent déterminer s’il est possible de leur faire confiance.

Le roman s’intéresse donc autant à la diplomatie qu’à l’exploration spatiale.

Ce qui le rend particulièrement intéressant est son effort pour imaginer une civilisation extraterrestre qui ne soit pas simplement une version légèrement différente de l’humanité.

Les extraterrestres possèdent leurs propres contraintes biologiques et leurs propres intérêts.

Le contact devient ainsi une véritable rencontre entre deux civilisations qui n’ont aucune raison de penser de la même manière.

👉 Pourquoi il mérite la dixième place : parce qu’il constitue l’un des grands modèles de la science-fiction consacrée au premier contact et à la rencontre diplomatique entre espèces intelligentes.


11. Les Machines de Dieu — Jack McDevitt

Avec Les Machines de Dieu, Jack McDevitt adopte une approche différente : celle de l’archéologie galactique.

L’humanité commence à découvrir d’immenses constructions extraterrestres.

Mais leurs créateurs ont disparu.

Qui les a construites ?

Pourquoi ?

Et surtout, qu’est-il arrivé à une civilisation suffisamment avancée pour laisser derrière elle des structures aussi impressionnantes ?

Le premier contact n’est donc pas direct.

Les humains arrivent après la disparition des extraterrestres et tentent de reconstituer leur histoire à partir des vestiges qu’ils ont laissés.

Cette idée est particulièrement fascinante car elle rappelle que nous pourrions très bien découvrir une civilisation extraterrestre sans jamais rencontrer ses membres.

Nous pourrions simplement retrouver leurs traces.

Et ces traces pourraient nous apprendre autant de choses sur notre propre avenir que sur leur passé.

👉 Pourquoi il mérite la onzième place : parce qu’il propose une forme d’archéologie extraterrestre particulièrement efficace et montre que le premier contact peut aussi être une rencontre avec les vestiges d’une civilisation disparue.


12. L’Aube — Octavia Butler

Avec L’Aube, Octavia Butler propose une vision beaucoup plus intime et troublante du premier contact.

La Terre a été ravagée par une guerre nucléaire.

L’humanité est au bord de l’extinction lorsqu’une civilisation extraterrestre intervient.

Les Oankali sauvent les derniers survivants et leur proposent une possibilité de renaissance.

Mais cette aide a un prix.

Les extraterrestres veulent modifier l’humanité et utiliser leurs capacités biologiques pour créer une nouvelle forme de vie issue du mélange des deux espèces.

Le contact devient alors une question profondément personnelle.

Les humains ont-ils réellement le choix ?

Peut-on accepter l’aide d’une civilisation extraterrestre lorsque cette aide implique de transformer ce que nous sommes ?

Octavia Butler évite ainsi le traditionnel affrontement entre humains et extraterrestres.

Les Oankali ne sont ni de simples envahisseurs ni de généreux sauveurs.

Ils poursuivent leurs propres objectifs.

👉 Pourquoi il mérite la douzième place : parce qu’il montre que le premier contact peut être tout aussi inquiétant lorsqu’il prend la forme d’une proposition de coopération que lorsqu’il prend celle d’une invasion.


13. Stalker, pique-nique au bord du chemin — Arkadi et Boris Strougatski

Avec Stalker, pique-nique au bord du chemin, les frères Strougatski proposent probablement l’une des conceptions les plus étranges du premier contact.

Des extraterrestres sont venus sur Terre.

Mais ils ne sont plus là.

Ils ont simplement laissé derrière eux des zones mystérieuses, dangereuses et remplies d’objets dont les humains ne comprennent pas l’utilité.

Pour les habitants de la Terre, ces vestiges deviennent des objets d’étude, de fascination et de convoitise.

Mais peut-être que les humains se trompent complètement sur leur signification.

Le titre original contient d’ailleurs toute l’idée du roman : et si les extraterrestres avaient simplement fait une halte sur Terre sans même remarquer les humains ?

Comme des promeneurs qui abandonnent leurs déchets après un pique-nique, laissant derrière eux des objets dont les habitants locaux ne comprennent absolument pas l’utilité.

C’est une idée aussi vertigineuse qu’humiliante.

Et elle renverse complètement la perspective habituelle du premier contact.

👉 Pourquoi il mérite la treizième place : parce qu’il imagine un contact extraterrestre dans lequel l’humanité pourrait n’être qu’un élément totalement insignifiant aux yeux des visiteurs.


14. L’Étoile et le Fouet — Frank Herbert

Avant de devenir mondialement célèbre avec Dune, Frank Herbert s’est également intéressé aux conséquences politiques et diplomatiques d’une rencontre entre civilisations.

L’Étoile et le Fouet est le premier tome de la série Les Saboteurs. L’humanité a étendu sa présence à travers la galaxie et doit composer avec différentes formes de vie extraterrestre.

Le roman s’intéresse notamment aux difficultés de communication et aux rapports de force qui peuvent naître lorsqu’une civilisation rencontre des espèces dont les intérêts sont très différents des siens.

Chez Herbert, le premier contact n’est jamais simplement une question de découverte scientifique.

Il implique nécessairement du pouvoir, de la politique et des intérêts divergents.

La rencontre avec une autre civilisation oblige alors les humains à réfléchir à leur propre organisation et à la manière dont ils souhaitent exercer leur influence.

👉 Pourquoi il mérite la quatorzième place : parce qu’il propose une vision politique et galactique du premier contact, dans laquelle la rencontre avec l’autre devient rapidement une question de pouvoir et de diplomatie.


15. La Planète des singes — Pierre Boulle

Avec La Planète des singes, Pierre Boulle propose une variation particulièrement originale du thème.

Le roman commence comme une aventure spatiale relativement classique : des voyageurs découvrent une planète située à plusieurs années-lumière de la Terre.

Mais ils vont rapidement comprendre que quelque chose ne correspond pas à ce qu’ils attendaient.

Sur cette planète, les singes dominent la société, tandis que les êtres humains occupent une position radicalement différente.

Le véritable intérêt du roman réside dans le renversement qu’il opère.

Pierre Boulle utilise cette civilisation étrangère pour interroger notre propre société et notre conception de la supériorité humaine.

La rencontre avec une civilisation différente devient ainsi un miroir.

Et si nous découvrions une société qui nous considère exactement comme nous considérons les autres espèces ?

Le roman est d’autant plus intéressant dans le cadre de notre classement que le « premier contact » n’est pas ici une simple rencontre entre humains et extraterrestres : c’est la découverte d’une civilisation qui remet en cause la place de l’humanité.

👉 Pourquoi il mérite la quinzième place : parce que Pierre Boulle détourne intelligemment le thème de la rencontre avec l’autre pour construire une réflexion sur l’humanité, la domination et notre propre arrogance.


16. La Main gauche de la nuit — Ursula K. Le Guin

La Main gauche de la nuit est un cas un peu particulier dans notre classement.

Il ne s’agit pas d’un roman de premier contact au sens spectaculaire du terme.

Il n’y a ni invasion extraterrestre, ni mystérieux vaisseau spatial arrivant soudainement sur Terre.

Le roman, premier volume du Cycle de l’Ekumen, raconte plutôt la rencontre entre un représentant de l’humanité et une civilisation étrangère.

Et c’est précisément ce qui rend le livre si intéressant.

Ursula K. Le Guin s’intéresse à la manière dont une culture rencontre une autre culture.

Les différences ne sont pas seulement technologiques.

Elles touchent aux rapports sociaux, à la politique, aux relations humaines et même à la conception du genre.

Le personnage principal doit donc apprendre à comprendre une société dont les codes lui sont profondément étrangers.

Le premier contact devient ici essentiellement anthropologique.

L’autre n’est pas forcément dangereux.

Il n’est pas nécessairement incompréhensible.

Mais il est suffisamment différent pour nous obliger à remettre en question nos propres certitudes.

👉 Pourquoi il mérite la seizième place : parce qu’Ursula K. Le Guin montre qu’un premier contact peut être avant tout une rencontre culturelle et que comprendre l’autre peut être beaucoup plus difficile que de simplement communiquer avec lui.


17. Éon — Greg Bear

Avec Éon, Greg Bear revient à une forme plus spectaculaire de premier contact.

L’humanité découvre un immense artefact extraterrestre qui semble avoir été abandonné dans l’espace.

Mais cet objet est loin d’être une simple épave.

À mesure que les humains l’explorent, ils découvrent qu’il renferme des secrets qui dépassent largement leur compréhension scientifique.

L’artefact devient une porte vers quelque chose de beaucoup plus vaste.

Le roman joue ainsi sur une idée fascinante : une civilisation extraterrestre peut nous laisser un message sans jamais nous parler directement.

Il suffit parfois de découvrir une technologie suffisamment avancée pour comprendre que nous ne sommes plus seuls.

Mais une autre question apparaît alors :

jusqu’où faut-il aller dans l’exploration d’une technologie dont nous ne comprenons pas les conséquences ?

Greg Bear mêle donc exploration spatiale, découverte scientifique et mystère cosmique.

👉 Pourquoi il mérite la dix-septième place : parce qu’il transforme la découverte d’un artefact extraterrestre en une véritable exploration des limites de la connaissance humaine.


18. Les Croisés du cosmos — Poul Anderson

Après plusieurs romans particulièrement sérieux et philosophiques, Les Croisés du cosmos apporte une tonalité très différente au classement.

Poul Anderson imagine ici une rencontre entre des humains et une civilisation extraterrestre dans laquelle les différences culturelles produisent des situations souvent absurdes.

Le premier contact n’est plus seulement une menace ou une énigme scientifique.

Il devient une source de malentendus.

Et c’est précisément ce qui fait le charme du roman.

Les humains ont tendance à interpréter les extraterrestres à partir de leurs propres références, tandis que les visiteurs font exactement la même erreur dans l’autre sens.

Le résultat est parfois franchement comique.

Mais derrière l’humour se trouve une idée très sérieuse : une rencontre entre deux civilisations ne signifie pas qu’elles vont immédiatement se comprendre.

👉 Pourquoi il mérite la dix-huitième place : parce qu’il rappelle que le premier contact peut aussi être une formidable source d’humour, notamment lorsque deux civilisations interprètent complètement différemment les mêmes événements.


19. Martiens, go home ! — Fredric Brown

Avec Martiens, go home !, Fredric Brown pousse encore davantage le premier contact vers la satire.

Des extraterrestres débarquent sur Terre.

Mais au lieu d’être des conquérants terrifiants, ils sont surtout… insupportables.

Les Martiens sont curieux, envahissants, moqueurs et incapables de respecter la moindre intimité.

Ils savent notamment révéler les secrets des humains, ce qui transforme rapidement leur présence en véritable cauchemar.

Fredric Brown prend ainsi à contre-pied toutes les conventions du genre.

Les extraterrestres ne sont pas nécessairement dangereux parce qu’ils possèdent des armes plus puissantes que les nôtres.

Ils peuvent simplement être insupportables parce qu’ils sont trop présents dans notre quotidien.

Le roman fonctionne donc comme une satire des histoires d’invasion extraterrestre et de la fascination humaine pour les petits hommes venus de Mars.

👉 Pourquoi il mérite la dix-neuvième place : parce qu’il offre l’une des visions les plus drôles et les plus originales de l’arrivée des extraterrestres sur Terre.


20. Marionnettes humaines — Robert A. Heinlein

Nous terminons ce TOP 20 avec une autre grande variation du thème de l’invasion extraterrestre.

Dans Marionnettes humaines, l’humanité est confrontée à une menace particulièrement insidieuse : des créatures extraterrestres capables de prendre le contrôle des êtres humains.

L’ennemi n’est donc pas forcément identifiable.

Il peut être n’importe où.

Et surtout, il peut déjà être parmi nous.

Le roman transforme ainsi le premier contact en un véritable scénario de paranoïa.

Comment savoir qui est encore humain ?

Comment distinguer un individu libre d’un individu contrôlé ?

Et comment combattre un adversaire qui peut utiliser notre propre société contre nous ?

Robert A. Heinlein exploite ici une peur particulièrement efficace : celle de perdre son identité et son libre arbitre.

Le roman appartient à une tradition de science-fiction où l’invasion extraterrestre devient une métaphore des menaces qui peuvent s’infiltrer au cœur même d’une société.

👉 Pourquoi il mérite la vingtième place : parce qu’il propose une forme de premier contact particulièrement inquiétante, dans laquelle l’arrivée des extraterrestres se transforme en menace invisible et paranoïaque.


Un thème aux visages multiples

Ces vingt romans montrent finalement qu’il est impossible de réduire le premier contact à une simple rencontre entre humains et extraterrestres.

Arthur C. Clarke imagine une civilisation qui laisse derrière elle des artefacts impossibles à comprendre.

Stanisław Lem s’interroge sur notre capacité même à reconnaître une intelligence étrangère.

H. G. Wells transforme la rencontre en invasion.

Carl Sagan imagine la réception d’un message venu des étoiles.

Liu Cixin s’intéresse aux conséquences du contact à l’échelle de plusieurs civilisations.

Peter Watts remet en cause notre définition de l’intelligence.

Octavia Butler transforme la rencontre en question biologique et existentielle.

Ursula K. Le Guin privilégie le choc culturel.

Et Fredric Brown ou Poul Anderson nous rappellent que les extraterrestres peuvent aussi être une formidable source d’humour.

C’est probablement ce qui explique la longévité du thème : nous ne savons pas à quoi ressemblerait réellement un premier contact, et la science-fiction peut donc en imaginer toutes les possibilités.


Les grands absents

Un classement de vingt romans ne peut évidemment pas être exhaustif. Le thème du premier contact est tellement présent dans l’histoire de la science-fiction que plusieurs excellents romans auraient pu trouver leur place dans cette sélection.

Certains ont été écartés parce qu’ils abordent le sujet de manière trop indirecte, d’autres parce qu’ils correspondent davantage à l’exploration spatiale, à la guerre interstellaire ou à la science-fiction sociologique.

Parmi les titres que nous avions envisagés, plusieurs méritent néanmoins d’être cités.

La Voie martienne, d’Isaac Asimov, est une excellente histoire de colonisation et de développement humain, mais le premier contact n’en constitue pas véritablement le cœur.

Le Monde des A, d’A. E. van Vogt, est un immense classique de la science-fiction, mais son intrigue est davantage centrée sur l’identité, la manipulation et les sociétés futures que sur une première rencontre avec une civilisation extraterrestre.

Les Seigneurs de l’instrumentalité, de Cordwainer Smith, constituent une œuvre majeure de la science-fiction, mais leur construction très particulière et leur éloignement du thème central nous ont conduits à ne pas les retenir.

Tous sont d’excellents choix de lecture, mais ils correspondent parfois davantage au space opera, à la planetary romance ou à l’exploration de civilisations extraterrestres qu’au premier contact proprement dit.


Par quel livre commencer ?

Si vous n’avez encore jamais lu de roman consacré au premier contact, le choix peut sembler difficile. Les vingt livres de notre sélection proposent des approches tellement différentes qu’il vaut mieux choisir en fonction de ce que vous recherchez.

Vous voulez découvrir un grand classique de la science-fiction ?

Commencez par Rendez-vous avec Rama d’Arthur C. Clarke.

C’est probablement le meilleur point d’entrée pour découvrir le thème sans commencer par un roman particulièrement difficile. L’exploration de Rama est fascinante et le mystère qui entoure sa construction fonctionne encore parfaitement.

Vous préférez une histoire de rencontre hostile ?

La Guerre des mondes de H. G. Wells reste incontournable.

Le roman est ancien, mais son idée fondamentale conserve une efficacité remarquable : et si l’humanité se retrouvait soudain dans la position d’une civilisation technologiquement inférieure ?

Vous cherchez une réflexion philosophique ?

Choisissez Solaris de Stanisław Lem.

C’est probablement le roman de cette sélection qui va le plus loin dans la réflexion sur notre incapacité à comprendre une intelligence radicalement différente de la nôtre.

Vous voulez une approche scientifique et réaliste ?

Contact, de Carl Sagan, constitue un excellent choix.

Le roman imagine les conséquences scientifiques, politiques et humaines de la réception d’un message extraterrestre, avec une approche particulièrement rationnelle du sujet.

Vous voulez de la science-fiction contemporaine ?

Le Problème à trois corps de Liu Cixin est probablement le meilleur choix.

L’ampleur de son histoire, les conséquences du contact et sa réflexion sur les relations entre civilisations en font l’une des grandes œuvres contemporaines consacrées au sujet.

Vous aimez les romans qui mettent mal à l’aise ?

Essayez Vision aveugle de Peter Watts.

C’est un roman beaucoup plus exigeant, mais sa réflexion sur l’intelligence et la conscience extraterrestres est particulièrement dérangeante.

Vous préférez le choc entre deux cultures ?

La Main gauche de la nuit, d’Ursula K. Le Guin, est le choix évident.

Le premier contact y devient essentiellement une expérience anthropologique, et c’est précisément ce qui rend le roman si remarquable.

Vous aimez l’humour ?

Dans ce cas, direction Martiens, go home ! de Fredric Brown.

Les extraterrestres sont ici beaucoup moins terrifiants que franchement agaçants. Une manière particulièrement amusante de revisiter les clichés de l’invasion extraterrestre.


Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un roman de premier contact ?

Un roman de premier contact raconte, au sens large, la rencontre entre l’humanité et une civilisation ou une intelligence extraterrestre qui n’avait jamais été connue auparavant.

Cette rencontre peut être directe ou indirecte.

Il peut s’agir de l’arrivée d’extraterrestres sur Terre, de la réception d’un message, de la découverte d’un artefact ou encore de la rencontre avec une civilisation extraterrestre lors d’une mission spatiale.

Le premier contact peut également être pacifique, hostile ou totalement incompréhensible.


Quel est le plus grand classique du premier contact ?

La Guerre des mondes, publiée par H. G. Wells en 1898, constitue certainement l’un des textes fondateurs du genre.

Mais si l’on recherche une conception plus moderne du premier contact, Rendez-vous avec Rama, Solaris et Contact sont également des références incontournables.


Quel roman de premier contact est le plus philosophique ?

Solaris, de Stanisław Lem, est probablement le meilleur choix.

Le roman ne cherche pas simplement à répondre à la question « les extraterrestres existent-ils ? ».

Il pose une question beaucoup plus troublante : sommes-nous capables de comprendre une intelligence qui serait totalement différente de la nôtre ?


Quel est le meilleur roman de premier contact récent ?

Tout dépend de ce que l’on entend par « récent », mais Le Problème à trois corps, de Liu Cixin, est certainement l’un des romans contemporains les plus importants sur le sujet.

Il renouvelle notamment la question des relations entre civilisations extraterrestres et donne au premier contact des conséquences qui dépassent largement les personnages eux-mêmes.


Faut-il lire toute une série pour découvrir ces romans ?

Non.

Plusieurs livres de notre sélection appartiennent à des séries, mais peuvent être découverts indépendamment.

C’est notamment le cas de Rendez-vous avec Rama, Le Problème à trois corps, Les Machines de Dieu, L’Aube ou Éon, qui constituent chacun une excellente porte d’entrée vers leur univers.

Pour les autres, il peut être préférable de commencer par le premier tome de la série.


En résumé

Le premier contact est l’un des thèmes les plus riches de la science-fiction parce qu’il permet d’imaginer toutes les formes possibles de rencontre entre l’humanité et une intelligence étrangère.

RangRomanAuteur
1Rendez-vous avec RamaArthur C. Clarke
2SolarisStanisław Lem
3La Guerre des mondesH. G. Wells
4Les Enfants d’IcareArthur C. Clarke
5ContactCarl Sagan
6Le Problème à trois corpsLiu Cixin
7La Voix des mortsOrson Scott Card
8SpinRobert Charles Wilson
9Vision aveuglePeter Watts
10La Poussière dans l’œil de DieuLarry Niven & Jerry Pournelle
11Les Machines de DieuJack McDevitt
12L’AubeOctavia Butler
13Stalker, pique-nique au bord du cheminArkadi & Boris Strougatski
14L’Étoile et le FouetFrank Herbert
15La Planète des singesPierre Boulle
16La Main gauche de la nuitUrsula K. Le Guin
17ÉonGreg Bear
18Les Croisés du cosmosPoul Anderson
19Martiens, go home !Fredric Brown
20Marionnettes humainesRobert A. Heinlein

Ce classement montre surtout qu’il n’existe pas une seule manière de raconter un premier contact.

Il peut être spectaculaire, comme dans La Guerre des mondes ; mystérieux, comme dans Rendez-vous avec Rama ; philosophique, comme dans Solaris ; scientifique, comme dans Contact ; politique, comme dans Le Problème à trois corps ; ou même humoristique, comme dans Martiens, go home !.

Et c’est sans doute ce qui explique pourquoi le thème continue de fasciner les écrivains de science-fiction : derrière la question « sommes-nous seuls dans l’Univers ? » se cache une question encore plus vertigineuse :

que se passerait-il si nous découvrions enfin que nous ne le sommes pas ?


Conclusion

Le premier contact est finalement un formidable prétexte pour parler de nous-mêmes.

En imaginant une civilisation extraterrestre, les auteurs de science-fiction peuvent interroger notre rapport à l’inconnu, notre conception de l’intelligence, nos peurs, nos ambitions et notre capacité à comprendre ceux qui ne nous ressemblent pas.

Les meilleurs romans du genre ne sont d’ailleurs pas nécessairement ceux qui montrent les extraterrestres.

Parfois, le plus intéressant est précisément ce que nous ne pouvons pas voir, comprendre ou expliquer.

C’est ce qui rend Rendez-vous avec Rama, Solaris ou Vision aveugle si fascinants : ils nous rappellent que le véritable inconnu ne serait peut-être pas une créature venue d’une autre planète, mais une intelligence tellement différente de la nôtre que nous ne saurions même pas comment lui parler.

Si vous aimez la science-fiction qui pose de grandes questions sur l’humanité et sa place dans l’Univers, le premier contact est donc un thème particulièrement riche à explorer.

Et avec ces vingt romans, vous avez de quoi commencer un très long voyage… jusqu’aux étoiles.

Lois McMaster Bujold

Présentation de Lois McMaster Bujold :

Lois McMaster Bujold, qui vit le jour aux premiers frimas de novembre de l’an 1949 dans la cité de Columbus, en plein cœur de l’État de l’Ohio, compte assurément parmi les figures de proue de la littérature d’anticipation d’outre-Atlantique. Fille d’un éminent professeur d’ingénierie, elle fut très tôt nourrie aux sources des sciences exactes et de l’imagination galactique, dévorant avec une ferveur inlassable les illustres revues des bâtisseurs d’univers de son enfance.

Bien que sa plume ne se soit véritablement révélée aux presses de l’édition qu’à l’orée des années quatre-vingt — époque à laquelle elle entreprit de coucher sur le papier les chimères qui habitaient son esprit —, elle sut d’emblée s’imposer par une approche d’une singulière humanité. L’œuvre maîtresse de sa bibliographie demeure, sans l’ombre d’un doute, la vaste fresque que nos critiques se plaisent à nommer la « Saga Vorkosigan ».

Dans cette épopée stellaire d’une ampleur peu commune, la romancière prend le parti audacieux de s’écarter des archétypes du héros viril et invincible si chers aux anciens faiseurs de pulps. Elle campe en effet, sous les traits du jeune Miles Vorkosigan, un protagoniste contrefait, affligé d’une constitution chétive et d’os de verre par les ravages d’un odieux attentat aux gaz toxiques survenu lors de sa gestation. Ce personnage, évoluant au sein d’une civilisation martiale, féodale et pétrie de préjugés, devra supplanter ses faiblesses corporelles par une prodigieuse acuité intellectuelle et un redoutable talent pour le subterfuge et les stratagèmes diplomatiques.

Le talent de Lois McMaster Bujold réside dans cette alchimie fort délicate : elle parvient à marier le souffle haletant de l’aventure spatiale, jadis chérie par les maîtres du space opera, à une finesse psychologique et une peinture de mœurs d’une rare élégance. La romancière interroge les conséquences des progrès vertigineux de la biologie sur l’organisation de nos sociétés humaines, tout en ménageant de subtiles intrigues de cour et des romances d’une belle noblesse de sentiments.

Ne cantonnant point son esprit aux seuls confins du vide intersidéral, cette femme de lettres s’est également illustrée dans les contrées du merveilleux et du fantastique, notamment par le truchement de son fameux « Cycle de Chalion ». Elle y déploie, avec une égale maestria, une réflexion sur le libre arbitre et les destinées divines, tissée dans l’étoffe d’un Moyen Âge réinventé.

Saluée par ses pairs avec un enthousiasme débordant, Lois McMaster Bujold s’est vue couronnée à maintes reprises par les lauriers les plus convoités du genre. Le fait d’avoir remporté le prestigieux prix Hugo du meilleur roman à quatre reprises la hisse sur un piédestal d’excellence, lui conférant un rang équivalent à celui du maître vénéré Robert A. Heinlein. Ses ouvrages, aujourd’hui traduits avec grand soin sous nos latitudes, continuent d’offrir au lecteur un divertissement de haut vol, doublé d’un brillant plaidoyer pour la résilience et la grandeur de l’esprit humain.

Livres de Lois McMaster Bujold :

Chalion :

Le couteau du partage :

Saga Vorkosigan :

Intégrales :

L’esprit de l’anneau profane

Pour en savoir plus sur Lois McMaster Bujold :

La page Wikipédia sur L. McMaster Bujold
La page Noosfere sur L. McMaster Bujold
La page isfdb de L. McMaster Bujold

Persistance de la vision par John Varley

Fiche de Persistance de la vision

Titre : Persistance de la vision
Auteur : John Varley
Date de parution : 1978
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Denoël

Sommaire de Persistance de la vision :

  • Dans le chaudron
  • Dansez, chantez
  • Trou de mémoire
  • Les yeux de la nuit

Première page de Dans le chaudron

« Il ne faut jamais rien acheter d’occasion dans les banques d’organes. Un bon conseil : si vous voulez faire un tour sur Vénus, attendez d’être arrivé sur Vénus pour vous équiper.

Je regrette de ne pas avoir attendu, mais, alors que je faisais du lèche-vitrines à Copratès quelques semaines avant mon départ en vacances, le hasard voulut que je tombe sur cette petite boutique et je me suis laissé persuader d’acheter un œil infra à un prix très avantageux. J’aurais dû commencer par me demander ce qu’un œil infra fabriquait sur Mars.

Réfléchissez un peu : sur Mars, personne ne met d’œil infra. Si l’on veut voir la nuit, il est beaucoup plus économique de se payer un nyctascope que l’on peut ôter quand le soleil se lève. Par conséquent, si cet œil avait échoué là, c’était qu’il avait été acheté à un touriste arrivant de Vénus. Et allez donc savoir depuis combien de temps il moisissait dans ce bocal quand le petit vieux à la langue si bien pendue m’a fait son boniment, soi-disant que cet œil avait appartenu à une adorable institutrice d’âge canonique qui n’avait jamais… Je vous fais grâce de la suite. »

Extrait de : J. Varley. « Persistance de la vision. »

Millénium par John Varley

Fiche de Millénium

Titre : Millénium
Auteur : John Varley
Date de parution : 1983
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Première page de Millénium

« Témoignage de Louise Baltimore.
 
Le DC-10 n’avait pas une chance. C’était un bon appareil, bien qu’à ce point dans le temps sa réputation fût encore entachée par les controverses résultant des incidents de Paris et Chicago. Mais quand vous perdez cette longueur d’aile, vous n’êtes plus un engin volant, vous êtes un pavé d’aluminium. Car c’est ainsi que le Dix descendit : tout droit, en vrille.

Mais le 747, comme je le disais à Wilbur Wright pas plus tard que l’autre jour, se classe, avec le DC-3 Gooney Bird et le Fokker-Aérospatiale HST, parmi les plus fiables tas de boulons jamais dessinés. Certes celui-ci était sorti de la collision en meilleur état que le DC-10 et il ne fait aucun doute qu’il était mortellement blessé. Mais l’imposant vieux cachalot parvint quand même à rétablir son assiette pour reprendre un vol horizontal et s’y maintenir. Qui sait ce qui aurait pu advenir s’il n’y avait pas eu cette montagne en travers de sa route ? 

L’intégrité structurelle de la cellule s’était remarquablement bien maintenue malgré l’impact sur le ventre suivi d’un roulé-boulé, manœuvre que personne chez Boeing n’avait envisagé d’intégrer dans les contraintes de construction. »

Extrait de : J. Varley. « Millénium. »

Les mannequins par John Varley

Fiche de Les mannequins

Titre : Les mannequins
Auteur : John Varley
Date de parution : 1980
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Sommaire de Les mannequins :

  • Bagatelle
  • L’effet des fondus
  • Barbie tuerie
  • Equinoxiale
  • Les mannequins
  • Beatnik Bayou
  • Adieu, Robinson Crusoé
  • Sucre d’orge et bébé noir
  • Pique-nique au clair de Terre

Première page de Bagatelle

« Il y avait une bombe sur la Leystrasse, niveau 45, juste devant la Boutike Bagatelle (Fleurs & Cadeaux) sur la promenade, à cent mètres environ de Prosperity Plaza.
« Je suis une bombe, disait la bombe aux passants. Je vais sauter dans quatre heures, cinq minutes et dix-sept secondes. Ma puissance équivaut à cinquante mille tonnes (anglaises) de trinitrotoluène. »
Un petit attroupement se forma.
« Je vais sauter dans quatre heures, quatre minutes et trente-sept secondes. »
Quelques badauds commencèrent à s’inquiéter à mesure que la bombe continuait de parler : le brusque souvenir de quelque affaire urgente les faisait se hâter de déguerpir — le plus souvent en direction des métros conduisant à King-City. Au bout du compte, les rames finirent par être bondées ce qui n’alla pas sans quelques bourrades et quelques bousculades. »

Extrait de : J. Varley. « Les mannequins. »

Champagne bleu par John Varley

Fiche de Champagne bleu

Titre : Champagne bleu
Auteur : John Varley
Date de parution : 1981
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Sommaire de Champagne bleu :

  • Frappez : entrée
  • Champagne bleu

Première page de Champagne bleu

« Megan Galloway se pointa dans la Bulle accompagnée d’une équipe de tournage de trois hommes. Avec son respirateur et son acolyte, elle était la femme nue la moins dénudée qu’on ait jamais vue de mémoire de maître-nageur.

« Je parie qu’elle trimbale encore plus de matos que le reste de son équipe, nota Glen.

— Ouais, mais ça se voit à peine, non ? »

Q.M. Cooper réfléchit à la chose tout en la regardant accepter la traditionnelle ampoule de champagne. « Ça serait pas un genre de record ? Une équipe de trois ?

— La Présidente brésilienne avait bien amené vingt-neuf personnes avec elle, observa Anna-Louise. Et le roi d’Angleterre vingt-cinq.

— Ouais, mais avec une seule caméra du réseau intégré.

— Alors, c’est ça la Gitane dorée », dit Leah.

Reniflement d’Anna-Louise : « Dis plutôt la Transistordue.  »

Extrait de : J. Varley. « Champagne bleu – Frappez : entrée. »