Catégorie : Livres
Le vicomte de Launay par Delphine de Girardin

Fiche de Le vicomte de Launay
Titre : Le vicomte de Launay – Lettres parisiennes
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1857
Editeur : BNF
Première page de Le vicomte de Launay
« Il n’est rien arrivé de bien extraordinaire cette semaine : une révolution en Portugal, une apparition de république en Espagne, une nomination de ministres à Paris, une baisse considérable à la Bourse, un ballet nouveau à l’Opéra, et deux capotes de salin blanc aux Tuileries.
La révolution de Portugal était prévue, la quasi-république était depuis longtemps prédite, le ministère d’avance était jugé, la baisse était exploitée, le ballet nouveau était affiché depuis trois semaines ; il n’y a donc de vraiment remarquable que les capotes de satin blanc, parce qu’elles sont prématurées ; le temps ne méritait pas cette injure. Qu’on fasse du feu au mois de septembre quand il fait froid, bien, cela est raisonnable ; mais que l’on commence à porter du satin avant l’hiver, cela n’est pas dans la nature. »
Extrait de : Delphine de Girardin. « Le Vicomte de Launay – Lettres parisiennes. »
Monsieur le marquis de Pontanges par Delphine de Girardin

Fiche de Monsieur le marquis de Pontanges
Titre : Monsieur le marquis de Pontanges
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1856
Editeur : BNF
Première page de Monsieur le marquis de Pontanges
« Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir se lève et l’arrache aux vallons…
— Chut ! j’entends parler.
Et moi je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons…
— Ceci est une voix de femme, ou je ne m’y connais pas, messieurs, s’écrie alors Melchior Bonnasseau, agent dé change de naissance et fat de profession.
— C’est une nymphe des bois qui soupire. C’est la dryade d’un vieux chêne, dit à son tour le général Rapart, un ancien héros de l’Empire, qui tenait ce détail mythologique d’une vieille danseuse de l’Opéra.
— C’est tout simplement une fort belle femme, reprit le héros de cette histoire, Lionel de Marny, jeune homme spirituel et passionné, qui visait au positif en toutes choses, et n’admettait nymphes ni sylphides, sous aucun prétexte, même en conversation ; une fort belle femme, ajouta-t-il ; à la chasse, j’aimerais mieux un lièvre, mais il faut se résigner. Venez à ma place, vous distinguerez parfaitement ses traits ; la voyez-vous derrière ces arbres !… »
Extrait de : Delphine de Girardin. « Monsieur le marquis de Pontanges. »
La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin par Delphine de Girardin et Germaine de Staël

Fiche de La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin
Titre : La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin
Auteur : Delphine de Girardin, Germaine de Staël
Date de parution : 1911
Editeur : BNF
Sommaire de La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin :
- La joie fait peur par Delphine de Girardin
- Le capitaine Kernadec par Germaine de Staël
- Le mannequin par Germaine de Staël
Première page de La joie fait peur
« Un petit salon : au fond, une porte à deux battants, ouvrant sur le théâtre ; de chaque côté de la porte, un canapé ; à droite, dans l’angle, une fenêtre à balcon, avec de grands rideaux ; au premier plan, une cheminée une table servant à dessiner est près de la fenêtre ; un fauteuil sur le devant de la scène ; à gauche, au premier plan, une table à tiroir adossée au mur ; dans l’angle, une porte ; sur le devant de la scène, une chaise longue, faisant face à la cheminée ; un pouf est devant la chaise longue.
Mme DES AUBIERS, BLANCHE, OCTAVE MATHILDE
Mme des Aubiers est assise sur la chaise longue ; Blanche est près d’elle, assise sur le pouf, faisant face au public ; toutes deux travaillent au même morceau de guipure ; Octave, assis sur le canapé du fond à droite, tient un livre, mais il ne lit pas : il regarde Mathilde avec inquiétude ; celle-ci, assise devant une table, près de la fenêtre, dessine. Les trois femmes sont en deuil. — Un silence,… jeu muet. — Mme des Aubiers, rêveuse, laisse tomber son ouvrage ; elle reste immobile et des larmes coulent de ses yeux. Blanche la regarde tristement ; elle se lève, essuie les, larmes de sa mère, elle l’embrasse, puis elle va près d’Octave qui se lève.
BLANCHE
Quel temps affreux, cette nuit !… Et tous nos pauvres pêcheurs, partis depuis hier matin ! »
Extrait de : D. de Girardin & G. de Staël. « La Joie fait peur – Le Capitaine Kernadec – Le Mannequin. »
La croix de Berny par Delphine de Girardin, Théophile Gautier, Jules Sandeau et Joseph Méry

Fiche de La croix de Berny
Titre : La croix de Berny
Auteur : Delphine de Girardin, Théophile Gautier, Jules Sandeau, Joseph Méry
Date de parution : 1855
Editeur : BNF
Première page de La croix de Berny
« Vous êtes une grande prophétesse, ma chère Valentine ; tout ce que vous avez prédit est arrivé : grâce à mon caractère incorrigible, me voici déjà dans la position la plus insupportablement fausse qu’un esprit raisonnable et un cœur romanesque aient jamais pu combiner. J’ai toujours été sincère avec vous, d’abord par nature et puis aussi par instinct ; il est si difficile de vous tromper, et je vous ai vue tant de fois ramener d’un seul regard dans le droit chemin de la franchise des confidences effarouchées qu’un peu de honte et d’orgueil commençaient à faire dévier. Je vous dirai donc toutes mes misères ; vos conseils peuvent encore me sauver. Vous comprendrez peut-être que je ne suis pas trop ridicule d’être si malheureuse d’un événement que tout le monde regarde comme un bonheur. Entraînée par ma faiblesse, ou plutôt par ma raison fatale, je me suis engagée… Oh ! mon Dieu ! c’est donc vrai que je suis engagée… à épouser le prince de Monbert. »
Extrait de : D. de Girardin. « La Croix de Berny. »
L’école des journalistes par Delphine de Girardin

Fiche de L’école des journalistes
Titre : L’école des journalistes
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1860
Editeur : BNF
Première page de L’école des journalistes
« Le théâtre représente un salon richement meublé. Fauteuils à la Voltaire, canapés forme anglaise ; tables couvertes de journaux, de revues et d’albums. Dans le fond une grande porte à deux battants. À gauche une cheminée, à droite une porte cachée par une portière. Au milieu une table ronde.
Scène première
Deux laquais en grande tenue, livrée de fantaisie.
UNE VOIX derrière le théâtre.
Ô journal vertueux ! je bois à ta santé !
Vive la Vérité ! »
Extrait de : D. de Girardin. « L’Ecole des journalistes. »
Coffret par Delphine de Girardin

Fiche de Coffret
Titre : Coffret
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution :
Editeur : BNF
Sommaire de Coffret :
- La canne de M. de Balzac
- L’école des journalistes
- Le vicomte de Launay
- La joie fait peur
Le sous-marin « Jules-Verne » par Gustave Le Rouge

Fiche de Le sous-marin « Jules-Verne »
Titre : Le sous-marin « Jules-Verne »
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1903
Editeur : BeQ
Première page de Le sous-marin « Jules-Verne »
« Dans la chambrette, simplement meublée d’une table, d’un lit et de deux chaises, qu’il occupait au cinquième étage d’une maison de la Canebière, à Marseille, l’ingénieur Goël Mordax était en train de mettre au net une épure des plus compliquées, lorsqu’on frappa timidement à sa porte.
– Au diable le raseur ! s’écria-t-il… Il y a vraiment des gens qui ont du temps à perdre !…
Tout en maugréant, Goël avait ouvert. Sa moue rechignée eut vite fait de se transformer en un sympathique sourire à l’aspect du visiteur inattendu.
– Comment, c’est toi, mon vieux Lepique, dit-il. Il y a au moins trois semaines que l’on ne t’a vu !…
– Au moins, si tu m’apportais des nouvelles de notre belle inconnue !…
– Ah ! Ah ! s’écria le nouveau venu en souriant, il s’agit bien d’elle et de son automobile endiablée… J’ai mieux que cela à t’annoncer. »
Extrait de : G. Le Rouge. « Le sous-marin « Jules Verne ». »
La vallée du désespoir par Gustave Le Rouge

Fiche de La vallée du désespoir
Titre : La vallée du désespoir
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1927
Editeur : BeQ
Première page de La vallée du désespoir
« Il y avait un mois que Martial Norbert avait quitté Mexico, en compagnie d’un vieux métis indien, Chanito, qu’on lui avait recommandé pour sa probité et pour la parfaite connaissance qu’il avait des parties encore inexplorées de la Cordillère des Andes. Martial, d’ailleurs, n’avait eu qu’à se féliciter de son choix et il appréciait de plus en plus les qualités d’un pareil guide, depuis qu’ils avaient pénétré dans les régions désertiques de la Sonora, la terre sans eau, sans arbres et sans maître, qu’on a énergiquement appelée No man’s land, la terre hostile à l’homme.
Après une rude matinée de marche à travers une plaine de sable, où les deux mules pesamment chargées enfonçaient parfois jusqu’au poitrail, ils avaient fini par atteindre un ravin abrité, où, sur les bords d’un petit ruisseau, poussaient quelques saules, quelques euphorbes et de maigres palmiers.
Martial, accablé de fatigue, anéanti par une chaleur suffocante, était tombé dans un profond sommeil. »
Extrait de : G. Le Rouge. « La vallée du désespoir. »
La reine des éléphants par Gustave Le Rouge

Fiche de La reine des éléphants
Titre : La reine des éléphants
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1906
Editeur : BeQ
Première page de La reine des éléphants
« Ce soir-là, comme presque tous les soirs, le colonel sir John Printermont, commandant au nom de Sa Majesté britannique les troupes en garnison à Bénarès, se promenait en compagnie de sa fille, miss Emmy, dans la large avenue bordée de palais qui longe le Gange, le fleuve sacré des Hindous, dont les eaux bleues viennent battre le pied des escaliers de marbre.
Tout entiers au ravissement de l’heure exquise, qui, dans ces climats, précède le coucher du soleil, le père et la fille se taisaient.
Devant eux, un éléphant richement caparaçonné de soie brodée d’argent, écartait lentement de sa trompe la paresseuse cohue des indigènes au teint de cuivre rouge, aux yeux étincelants et comme enfiévrés.
Bakaloo, tel était son nom, n’était pas un éléphant ordinaire.
Capturé tout jeune quelque vingt ans auparavant dans les forêts du nord de la presqu’île par le colonel, alors simple lieutenant, celui-ci avait eu le caprice d’entreprendre lui-même l’éducation du pachyderme. »
Extrait de : G. Le Rouge. « La reine des éléphants. »
La mandragore magique par Gustave Le Rouge

Fiche de La mandragore magique
Titre : La mandragore magique
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1912
Editeur : Poche-Club
Première page de La mandragore magique
« La mandragore, (Atopa Mandragora), est une solanée, proche parente de la belladone et, comme elle, très vénéneuse. Les fleurs de la mandragore sont blanchâtres, légèrement teintées de pourpre, sur des hampes plus courtes que les feuilles et naissant immédiatement de la racine. Le fruit ressemble à une très petite pomme ; c’est une baie charnue, molle, jaunâtre lorsqu’elle est mûre et d’une odeur fétide, de même que la plante tout entière.
La racine épaisse, velue et fréquemment bifurquée a souvent fait comparer la mandragore à un torse humain.
Théophraste appelle cette plante Αυθρωπομορφου (à forme humaine), et Columelle la surnomme semi-homo (demi-homme).
Les anciens faisaient entrer la mandragore dans la composition des philtres, et dès la plus lointaine antiquité, elle a joué un rôle capital dans les opérations magiques.
Une tradition rabbinique veut que la mandragore ait poussé dans le Paradis terrestre, à l’ombre même de l’arbre du Bien et du Mal. Le père Joseph Lopiteau paraît se ranger à cette opinion quand il dit que les éléphants rencontrent la mandragore sur la route du Paradis terrestre. »
Extrait de : G. Le Rouge. « La mandragore magique. »