Catégorie : Livres

 

Les éphémères des sables par F. Chapel

Fiche de Les éphémères des sables

Titre : Les éphémères des sables (Tome 4 sur 5 – L’oiseau de foudre)
Auteur : Félix Chapel
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les éphémères des sables

« Au cœur de l’immense caverne, la fête battait son plein. L’étroite issue donnant sur la vallée permettait d’apercevoir les flocons de neige qui voltigeaient dans la nuit. Le soleil était couché depuis plusieurs heures. De nombreuses torches fixées aux parois auraient pu fournir aux convives une illumination d’appoint, mais nul besoin ne s’en faisait sentir : toute la grande salle de roche travaillée était baignée d’une lueur dorée parfaitement homogène, dépourvue de source apparente.

Plus d’une centaine d’individus étaient réunis autour de longues tables sculptées dans la pierre, mangeant, buvant, riant et parlant haut. Pour la plus grande partie, il s’agissait de nains vigoureux, dont l’étrange lumière faisait ressortir la pilosité extraordinairement abondante, d’un roux uniforme. Homme et femmes portaient la barbe et, lorsqu’ils étaient vêtus, l’œil non averti avait bien de la peine à les distinguer – sinon par leurs cheveux, généralement tressés chez les mâles. »

Extrait de : F. Chapel. « Les éphémères des sables – L’oiseau de foudre. »

Le sang de Fulgavy par F. Chapel

Fiche de Le sang de Fulgavy

Titre : Le sang de Fulgavy (Tome 3 sur 5 – L’oiseau de foudre)
Auteur : Félix Chapel
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le sang de Fulgavy

« Quatre jours durant, ils avaient survolé la jungle. L’étrange biologie d’Aucella autorisait ce type de végétation sous un climat tempéré – si bien que, même aux heures les plus chaudes, les cinq passagers ne souffraient pas trop du soleil qui martelait le toit de cristacier de l’engin. Il n’avait guère fallu de temps à Any pour apprendre à piloter le glisseur de campagne, aussi Joss et elle se relayaient-ils régulièrement aux commandes, ce qui les dispensait de faire de trop fréquentes haltes.

Celles-ci se révélaient d’ailleurs problématiques, compte tenu de la topographie de la région : les clairières assez étendues pour poser l’appareil sans risque n’étaient pas légion. Ils n’avaient pu qu’à deux reprises prendre un véritable repos, huit bonnes heures de sommeil à la belle étoile. »

Extrait de : F. Chapel. « Le sang de Fulgavy – L’oiseau de foudre. »

Le temple de la mort turquoise par F. Chapel

Fiche de Le temple de la mort turquoise

Titre : Le temple de la mort turquoise (Tome 2 sur 5 – L’oiseau de foudre)
Auteur : Félix Chapel
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le temple de la mort turquoise

«  Bonjour, c’est Bob ! Je vous informe, que tous les officiers et cadets n’étant actuellement pas de garde, y compris ceux qui sont consignés, ont ordre de se rendre immédiatement, je répète : immédiatement, à la salle de réunion. Toute défection sera sanctionnée sévèrement ! À bientôt…»

Après avoir communiqué son message, l’éphèbe aux boucles brunes s’effaça de l’écran du syscomint, non sans avoir adressé un sourire charmeur à la spectatrice présumée de son intervention. Cynthia Dubois lui fit un pied de nez rageur : elle commençait à en avoir assez de la voix mielleuse de cette machine qu’employaient les officiers pour communiquer leurs ordres aux cadets. Si au moins l’image diffusée changeait de temps en temps, l’attrait de la nouveauté chasserait peut-être l’irritation. »

Extrait de : F. Chapel. « Le Temple de la Mort Turquoise – L’oiseau de foudre. »

Les ailes tranchées par F. Chapel

Fiche de Les ailes tranchées

Titre : Les ailes tranchées (Tome 1 sur 5 – L’oiseau de foudre)
Auteur : Félix Chapel
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les ailes tranchées

« Allongé sur la couchette de la cabine qu’il partageait avec Arnold Keller, Joss Tamblyn regardait le vieux trivid policier inséré par ses soins dans le lecteur de microdiscs. Inspirée de faits réels, l’histoire racontait l’éprouvante odyssée d’un homme poursuivi pour un crime dont il était innocent, durant la colonisation de Proxima du Centaure – en 2289. Au suspense de l’intrigue s’ajoutait donc un intérêt historique certain. Joss appréciait tout particulièrement la vue des scaphandres encombrants, si différents des modèles actuels, et des primitifs pistolasers, remplacés depuis des décennies par les armes à effet biologique et les éclateurs. Les astronefs, eux aussi, semblaient sortis tout droit de l’aurore de la conquête spatiale : dénués des palpeurs d’environnement Heinlein et des modulateurs d’hyperespace qui équipaient les engins modernes, ils étaient lents et peu maniables, à peine capables de parcourir une centaine d’années-lumière avant d’être bons pour la casse. »

Extrait de : F. Chapel. « Les ailes tranchées – L’oiseau de foudre. »

La ville d’acier par M. Pagel

Fiche de La ville d’acier

Titre : La ville d’acier (Tome 2 sur 2 – L’ange du désert)
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de La ville d’acier

« — Je vais quand même pas crever comme ça ! dis-je à haute voix pour me rassurer.
Je n’ai jamais été particulièrement défaitiste mais je dois avouer que ce jour-là, je commençais à douter un peu de l’avenir : j’avais fini le matin même mes réserves d’eau et de nourriture ; en plein désert je ne risquais pas de pouvoir les renouveler de sitôt, à moins de tomber sur un village de sédentaires et de réussir à leur expliquer que je n’étais pas là pour les massacrer, avant de l’être moi-même. Depuis que les pluies étaient revenues, rares mais régulières, ils semblaient avoir retrouvé le goût du combat, bien décidés à mettre un terme aux razzias des pillards et de mes propres confrères motards, qu’ils s’étaient jusqu’alors contentés de subir stoïquement. Du coup ils étaient remontés dans mon estime, même si cette attitude nouvelle ne me facilitait pas la vie. »

Extrait de : M. Pagel. « La Ville D’Acier – L’ange du désert. »

L’ange du désert par M. Pagel

Fiche de L’ange du désert

Titre : L’ange du désert (Tome 1 sur 2 – L’ange du désert)
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’ange du désert

« C’était Cobra qui nous menait, comme toujours. Je voyais son crâne rasé luire au soleil, du même éclat dont brillaient les clous qui incrustaient le dos de son blouson, dessinant son nom, Son surnom, plutôt, parce que son véritable nom nous ne l’avions jamais su et n’étions certainement pas prêts de le connaitre. Peut-être ne s’en rappelait-il plus lui-même ; de toute façon cela n’avait pas vraiment d’importance : Cobra, ça claquait bien, juste ce qu’il fallait pour que ces taupes de sédentaires crèvent de trouille en l’entendant prononcer, juste ce qu’il fallait pour un bon chef de meute. 

Pas comme mon nom à moi : Ange. Quand on l’entendait, il évoquait immédiatement des images de douceur et de bonté. Puissent Gelnar et sa clique de démons faire cramer pendant des siècles la femme qui se disait ma mère et avait eu la bonne idée de me refiler un nom aussi ridicule. »

Extrait de : M. Pagel. « L’Ange Du Désert. »

Vera par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Vera

Titre : Vera
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1874
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de Vera

  • Les demoiselles de Bienfilâtre
  • Véra
  • Vox populi
  • Le convive des dernières fêtes
  • Le désir d’être un homme
  • Fleurs des ténèbres

Première page de Les demoiselles de Bienfilâtre

« Pascal nous dit qu’au point de vue des faits, le Bien et le Mal sont une question de « latitude ». En effet, tel acte humain s’appelle crime, ici, bonne action, là-bas, et réciproquement. – Ainsi, en Europe, l’on chérit, généralement, ses vieux parents ; – en certaines tribus de l’Amérique on leur persuade de monter sur un arbre ; puis on secoue cet arbre. S’ils tombent, le devoir sacré de tout bon fils est, comme autrefois chez les Messéniens, de les assommer sur-le-champ à grands coups de tomahawk, pour leur épargner les soucis de la décrépitude. S’ils trouvent la force de se cramponner à quelque branche, c’est qu’alors ils sont encore bons à la chasse ou à la pêche, et alors on sursoit à leur immolation. Autre exemple : chez les peuples du Nord, on aime à boire le vin, flot rayonnant où dort le cher soleil. Notre religion nationale nous avertit même que « le bon vin réjouit le cœur ». Chez le mahométan voisin, au sud, le fait est regardé comme un grave délit. – À Sparte, le vol était pratiqué et honoré : c’était une institution hiératique6, un complément indispensable à l’éducation de tout Lacédémonien sérieux. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Vera et autres contes cruels. »

Tribulat Bonhomet par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Tribulat Bonhomet

Titre : Tribulat Bonhomet
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1887
Editeur :Absalon

Sommaire de Tribulat Bonhomet

  • Le tueur de cygnes
  • Motion du Dr Tribulat Bonhomet touchant l’utilisation des tremblements de terre
  • Le banquet des éventualistes
  • Claire Lenoir
  • Précautions et confidences
  • Sir Henry Clifton
  • Explications surégatoires
  • L’entrefilet mystérieux
  • Les bésicles couleur d’azur
  • Je tue le temps avant le dîner
  • On cause musique et littérature
  • Spiritisme
  • Balourdises, indiscrétions et stupidités (incroyables !…) de mon pauvre ami
  • Une discuteuse sentimentale
  • Les remarques singulières du Docteur Lenoir
  • Le corps sidéral
  • Le hasard permet à mon ami de vérifier incontinent ses théories humiliantes
  • Ce qui s’appelle une chaude alarme
  • L’Ottysor
  • L’anniversaire
  • Teterrima facies daemonum
  • Le roi des épouvantements
  • Les visions merveilleuses du Dr Tribulat Bonhomet

Première page de Le tueur de cygnes

« À force de compulser des tomes d’Histoire naturelle, notre illustre ami, le docteur Tribulat Bonhomet avait fini par apprendre que « le cygne chante bien avant de mourir ». — En effet (nous avouait-il récemment encore), cette musique seule, depuis qu’il l’avait entendue, l’aidait à supporter les déceptions de la vie et toute autre ne lui semblait plus que du charivari, du « Wagner ». — Comment s’était-il procuré cette joie d’amateur ? — Voici :
Aux environs de la très ancienne ville fortifiée qu’il habite, le pratique vieillard ayant, un beau jour, découvert dans un parc séculaire à l’abandon, sous des ombrages de grands arbres, un vieil étang sacré — sur le sombre miroir duquel glissaient douze ou quinze des calmes oiseaux, — en avait étudié soigneusement les abords, médité les distances, remarquant surtout le cygne noir, leur veilleur, qui dormait, perdu en un rayon de soleil. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Tribulat Bonhomet. »

Souvenir par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Souvenir

Titre : Souvenir
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution :
Editeur :

Première page de Souvenir

« En automne 1868, je me trouvais à Lucerne : je passais presque toutes les journées et les soirées chez Richard Wagner.
Le grand novateur vivait très retiré, ne recevant guère qu’un couple d’aimables écrivains français (mes compagnons de voyage) et moi. Depuis une quinzaine, environ, son admirable accueil nous avait retenus. La simplicité, l’enjouement, les prévenances de notre hôte nous rendirent inoubliables ces jours heureux : une grandeur natale ressortait pour nous du laisser-aller qu’il nous témoignait.
On sait en quel paysage de montagnes, de lacs, de vallées et de forêts s’élevait, à Triebchen, la maison de Wagner. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Souvenir. »

Propos d’au-delà par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Propos d’au-delà

Titre : Propos d’au-delà
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1893
Editeur :

Sommaire de Propos d’au-delà

  • L’élu des rêves
  • Maître Pied
  • L’amour sublime
  • Le meilleur amour
  • Les filles de Milton
  • Entre l’ancien et le nouveau
  • Fragment de roman

Première page de L’élu des rêves

« En novembre 1887, le jeune poète Alexis Dufrêne habitait, depuis peu de jours, un garni de la rue de La Harpe, au cinquième étage d’une très vieille maison devenue logis d’étudiants.

Ce soir-là, pour fêter ses vingt et un ans, il avait réuni, devant un vaste bol de punch, deux ex-compagnons de classes, à peu près de son âge : le peintre J. Bréart et le musicien Eusèbe Nédonchel.

Les cigarettes avaient rendu nébuleux l’air de la chambre, qu’assainissait, toutefois, un bon feu clair. La causerie, assez joyeuse d’abord, s’était aggravée aux approches de minuit. L’on agitait, maintenant, d’abstraites questions d’art, d’ « esthétique » ; Alexis les écoutait, distraitement, laissant dire, étant persuadé que les artistes qui prennent le pli des théories ne se destinent qu’à vieillir, évités, en balbutiant, pour tout bien, des critiques au moins négligeables. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Propos d’au-delà. »