Catégorie : Livres

 

Nouveaux contes cruels par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Nouveaux contes cruels

Titre : Nouveaux contes cruels
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1888
Editeur :

Sommaire de Nouveaux contes cruels

  • Les amies de pension
  • La torture par l’espérance
  • Sylvabel
  • L’enjeu
  • L’incomprise
  • Soeur Natalia
  • L’amour du naturel
  • Le chant du coq

Première page de Les amies de pension

« Filles de gens riches, Félicienne et Georgette furent insérées, tout enfants, en ce célèbre pensionnat tenu par mademoiselle Barbe Desagrémeint.
Là, — bien que les dernières gouttes de lait du sevrage transparussent encore sur leurs lèvres, — une conformité de vues, touchant les riens sacrés de la toilette, les unit, bientôt, d’une amitié profonde. Leurs âges similaires, leur charme de même genre, la parité d’instruction sagement restreinte qu’elles reçurent ensemble cimentèrent ce sentiment. — D’ailleurs, ô mystères féminins ! tout de suite, à travers les brumes de l’âge tendre, elles s’étaient reconnues, d’instinct, comme ne pouvant se porter ombrage.
De classe en classe, elles ne tardèrent pas à notifier, par mille nuances de maintien, l’estime laïque d’elles-mêmes qu’elles tenaient des leurs : le seul sérieux avec lequel elles absorbaient leurs tartines, au goûter, l’indiquait. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Nouveaux Contes cruels. »

Morgane par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Morgane

Titre : Morgane
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1860
Editeur : BnF

Première page de Morgane

« ACTE PREMIER
Une grande chambre d’apparat dans la forteresse de Città-Lazzara, sur la frontière des Calabres citérieures. A droite, 1er plan, cheminée surmontée d’une glace de Venise aux torchères allumées. — 3° plan, croisée. A gauche, 1er plan, porte basse touchant le chevet d’un grand lit d’ébène à colonnes torses et d’un style ancien. Riches draperies de damas noir frangé d’or. 3e plan, derrière le lit, porte.
Torsade entre les colonnes : c’est le timbre de nuit communiquant avec l’intérieur du donjon.
Au fond, porte d’honneur entre deux grandes croisées encadrées de larges rideaux de même étoffe que ceux du lit : panoplies sur les murs entre les croisées et la porte.
Au plafond, lustre chargé de bougies éteintes.
Ameublement somptueux, noir et pourpre : — auprès dun guéridon de marbre, au milieu de la scène, un peu à droite, grand fauteuil surmonté d’une couronne ducale. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Morgane. »

Le secret de l’échafaud par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Le secret de l’échafaud

Titre : Le secret de l’échafaud
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1883
Editeur : Atramenta

Sommaire de Le secret de l’échafaud

  • L’amour suprême
  • Sagacité d’Aspasie
  • Le secret de l’échafaud
  • L’instant de Dieu
  • Une profession nouvelle
  • L’agence du chandelier d’or
  • La légende de l’éléphant blanc
  • Catalina
  • Les expériences du Dr Crookes
  • Le droit du passé
  • Le Tzar et les grands ducs
  • L’aventure de Tsë-i-la
  • Akëdysseril

Première page de Le secret de l’échafaud

« A. M. Edmond de Goncourt.

Les exécutions récentes me remettent en mémoire l’extraordinaire histoire que voici :

— Ce soir-là, 5 juin 1864, sur les sept heures, le docteur Edmond-Désiré Couty de la Pommerais, récemment transféré de la Conciergerie à la Roquette, était assis, revêtu de la camisole de force, dans la cellule des condamnés à mort.

Taciturne, il s’accoudait au dossier de sa chaise, les yeux fixes. Sur la table, une chandelle éclairait la pâleur de sa face froide. A deux pas, un gardien, debout, adossé au mur, l’observait, bras croisés.

Presque toujours les détenus sont contraints à un labeur quotidien sur le salaire duquel l’administration prélève d’abord, en cas de décès, le prix de leur linceul, qu’elle ne fournit pas. — Seuls, les condamnés à mort n’ont aucune tâche à remplir.

Le prisonnier était de ceux qui ne jouent pas aux cartes : on ne lisait, dans son regard, ni peur ni espoir. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Le secret de l’échaufaud. »

L’ève future par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de L’ève future

Titre : L’ève future
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1886
Editeur : Gallimard

Première page de L’ève future

« A vingt-cinq lieues de New York, au centre d’un réseau de fils électriques, apparaît une habitation qu’entourent de profonds jardins solitaires. La façade regarde une riche pelouse traversée d’allées sablées qui conduit à une sorte de grand pavillon isolé. Au sud et à l’ouest, deux longues avenues de très vieux arbres projettent leurs ombrages supérieurs vers ce pavillon. C’est le n° 1 de la cité de Menlo Park.–Là demeure Thomas Alva Edison, l’homme qui a fait prisonnier l’écho.

Edison est un homme de quarante-deux ans. Sa physionomie rappelait, il y a quelques années, d’une manière frappante, celle d’un illustre Français, Gustave Doré. C’était presque le visage de l’artiste traduit en un visage de savant. Aptitudes congénères, applications différentes. Mystérieux jumeaux. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « L’ève future. »

L’amour suprême par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de L’amour suprême

Titre : L’amour suprême
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1886
Editeur : FB Editions

Sommaire de L’amour suprême

  • L’amour suprême
  • Sagacité d’Aspasie
  • Le secret de l’échafaud
  • L’instant de Dieu
  • Une profession nouvelle
  • L’agence du chandelier d’or
  • La légende de l’éléphant blanc
  • Catalina
  • Les expériences du Dr Crookes
  • Le droit du passé
  • Le Tzar et les grands ducs
  • L’aventure de Tsë-i-la
  • Akëdysseril

Première page de L’amour suprême

« Ainsi l’humanité, subissant, à travers les âges, l’enchantement du mystérieux Amour, palpite à son seul nom sacré.

Toujours elle en divinisa l’immuable essence, transparue sous le voile de la vie, – car les espoirs inapaisés ou déçus que laissent au cœur humain les fugitives illusions de l’amour terrestre, lui font toujours pressentir que nul ne peut posséder son réel idéal sinon dans la lumière créatrice d’où il émane.

Et c’est aussi pourquoi bien des amants – oh ! les prédestinés ! – ont su, dès ici-bas, au dédain de leurs sens mortels, sacrifier les baisers, renoncer aux étreintes et, les yeux perdus en une lointaine extase
nuptiale, projeter, ensemble, la dualité même de leur être dans les mystiques flammes du Ciel. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « L’amour suprême. »

Isis par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Isis

Titre : Isis
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1862
Editeur :

Première page de Isis

« Il y avait eu soirée au palais Pitti.
La duchesse d’Esperia, belle dame de la plus gracieuse distinction, avait présenté à tout Florence le comte de Strally-d’Anthas.
Il annonçait de dix-huit à vingt ans au plus. Il voyageait et venait d’Allemagne. Sa mère était de l’une des plus illustres maisons d’Italie ; on le savait. Il se trouvait donc allié aux plus hautes noblesses du pays ; la duchesse était même un peu sa cousine ; qu’il fût présenté par elle, ne souffrait aucune difficulté.
Le prince Forsiani, nommé, depuis la veille, ambassadeur de Toscane en Sicile, avait paru s’intéresser à lui. C’était un vieux courtisan, fin et froid, mais solidement estimé de tous. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Isis. »

Histoires souveraines par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Histoires souveraines

Titre : Histoires souveraines
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution :
Editeur :

Sommaire de Histoires souveraines

  • Véra
  • Vox populi
  • Duke of Portland
  • Impatience de la foule
  • L’intersigne
  • Souvenirs occultes
  • Akëdysséril
  • L’amour suprême
  • Le droit du passé
  • Le Tzar et les grands-ducs
  • L’aventure de Tsë-i-la
  • Le tueur de cygnes
  • La céleste aventure
  • Le jeu des graces
  • La maison du bonheur
  • Les amants de Tolède
  • La torture par l’espérance
  • L’amour sublime
  • Le meilleur amour
  • Les filles de Milton

Première page de Véra

« L​’Amour est plus fort que la Mort, a dit Salomon: oui, son mystérieux pouvoir est illimité.
C’était à la tombée d’un soir d’automne, en ces dernières années, à Paris. Vers le sombre faubourg Saint-Germain, des voitures, allumées déjà, roulaient, attardées, après l’heure du Bois. L’une d’elles s’arrêta devant le portail d’un vaste hôtel seigneurial, entouré de jardins séculaires; le cintre était surmonté de l’écusson de pierre, aux armes de l’antique famille des comtes d’Athol, savoir: d’azur, à l’étoile abîmée d’argent, avec la devise «Pallida Victrix», sous la couronne retroussée d’hermine au bonnet princier. Les lourds battants s’écartèrent. Un homme de trente à trente-cinq ans, en deuil, au visage mortellement pâle, descendit. Sur le perron, de taciturnes serviteurs élevaient des flambeaux. Sans les voir, il gravit les marches et entra. C’était le comte d’Athol. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Histoires souveraines. »

Histoires insolites par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Histoires insolites

Titre : Histoires insolites
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1888
Editeur : Gallimard

Sommaire de Histoires insolites

  • La céleste aventure
  • Un singulier chelem !
  • Le jeu des grâces
  • Le secret de la belle Ardiane
  • L’héroïsme du docteur Hallidonhill
  • Les phantasmes de M. Redoux
  • Ce Mahoin !
  • La maison du bonheur
  • Les amants de Tolède
  • Le sadisme anglais
  • La légende moderne
  • Le navigateur sauvage
  • Aux chrétiens les lions !
  • L’agrément inattendu
  • Une entrevue à Solesmes
  • Les délices d’une bonne oeuvre
  • L’inquiéteur
  • Conte de fin d’été
  • L’Etna chez soi

Première page de La céleste aventure

« Maintenant que sœur Euphrasie, cette enfant divine, s’est enfuie dans la Lumière, pourquoi garder encore le mot terrestre du « miracle » dont elle fut l’éblouie ? Certes, la noble sainte3 – qui vient de s’endormir, à vingt-huit ans, supérieure d’un ordre de Petites-Sœurs des pauvres, fondé par elle, en Provence – n’eût pas été scandalisée d’apprendre le secret physique de sa soudaine vocation : la voyance de son humilité n’en eût pas été troublée un seul instant ; – toutefois, il sera mieux que je n’aie parlé qu’aujourd’hui.
À près d’un kilomètre d’Avignon s’élevait, en 1860, non loin d’atterrages verdoyants, en amont du Rhône, une bicoque isolée, d’aspect sordide ; ajourée, à son unique étage, d’une seule fenêtre à contrevents ferrés, elle s’accusait, bien en vue d’une protectrice caserne de gendarmerie – sise aux confins des faubourgs, sur la route. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Histoires insolites. »

Elën par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Elën

Titre : Elën
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1865
Editeur : BnF

Première page de Elën

« Au sortir de ce bal, nous suivîmes les grèves :
Vers notre toit d’exil, au hasard du chemin,
Nous allions ; une fleur se fanait dans sa main ;
C’était par un minuit d’étoiles et de rêves !…
 
Dans l’ombre, autour de nous, tombaient des flots foncés
Vers les lointains d’opale et d’or, sur l’Atlantique,
L’outremer épandait sa lumière mystique :
Les algues parfumaient les espaces glacés ;
 
Les vieux échos sonnaient dans la falaise entière,
Et les nappes de l’onde aux volutes sans frein
Ecumaient lourdement contre les rocs d’airain ;
Sur la dune brillaient les croix d’un cimetière. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Elën. »

Contes cruels par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Contes cruels

Titre : Contes cruels
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1893
Editeur :

Sommaire de Contes cruels

  • Les demoiselles de Bienfilâtre
  • Véra
  • Vox populi
  • Deux augures
  • L’affichage céleste
  • Antonie
  • La machine à gloire
  • Duke of Portland
  • Virginie et Paul
  • Le convive des dernières fêtes
  • A s’y méprendre
  • Impatience de la foule
  • Le secret de l’ancienne musique
  • Sentimentalisme
  • Le plus beau dîner du monde
  • Le désir d’être un homme
  • Fleurs de ténèbres
  • L’appareil pour l’analyse chimique du dernier soupir
  • Les brigands
  • La reine Ysabeau
  • Sombre récit, conteur plus sombre
  • L’intersigne
  • L’inconnue
  • Maryelle
  • Le traitement du docteur Tristan
  • Conte d’amour
  • Souvenirs occultes
  • L’Annonciateur

Première page de Les demoiselles de Bienfilâtre

« Pascal nous dit qu’au point de vue des faits, le Bien et le Mal sont une question de « latitude ». En effet, tel acte humain s’appelle crime, ici, bonne action, là-bas, et réciproquement. — Ainsi, en Europe,
l’on chérit, généralement, ses vieux parents ; — en certaines tribus de l’Amérique on leur persuade de monter sur un arbre ; puis on secoue cet arbre. S’ils tombent, le devoir sacré de tout bon fils est, comme autrefois chez les Messéniens, de les assommer sur-le-champ à grands coups de tomahawk, pour leur épargner les soucis de la décrépitude. S’ils trouvent la force de se cramponner à quelque branche, c’est qu’alors ils sont encore bons à la chasse ou à la pêche, et alors on sursoit à leur immolation. Autre exemple : chez les peuples du Nord, on aime à boire le vin, flot rayonnant où dort le cher soleil. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Contes cruels. »