Catégorie : Livres

 

Le bateau fabuleux par P. J. Farmer

Fiche de Le bateau fabuleux

Titre : Le bateau fabuleux (Tome 2 sur 5 – Le fleuve de l’éternité)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1971
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le bateau fabuleux

« — La résurrection, c’est comme la politique, décréta Samuel Langhorne Clemens. Elle vous fait partager votre lit avec d’étranges compagnons de route. Et je ne peux pas dire que ce soit de tout repos.

Sa longue-vue sous le bras, il faisait les cent pas sur la dunette du Dreyrugr (L’Ensanglanté) tout en tirant sur un long cigare vert. Ari Grimolfsson, le timonier, qui ne comprenait pas l’anglais, le regarda d’un air stupide. Clemens traduisit tant bien que mal en ancien nordique. Le timonier garda son air stupide.

Clemens jura en anglais et le traita de barbare arriéré. Depuis trois ans qu’il pratiquait, jour et nuit, le norrois du dixième siècle, il n’avait réussi à se faire comprendre qu’à moitié de la plupart des hommes et des femmes qui vivaient à bord du Dreyrugr. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Le bateau fabuleux – Le fleuve de l’éternité. »

Le monde du fleuve par P. J. Farmer

Fiche de Le monde du fleuve

Titre : Le monde du fleuve (Tome 1 sur 5 – Le fleuve de l’éternité)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1971
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le monde du fleuve

« Sa femme l’avait tenu dans ses bras comme si cela pouvait empêcher la mort d’approcher. Il s’était écrié : « Mon Dieu, c’est la fin ! »

La porte de la chambre s’était entrouverte. Il avait vu à l’extérieur un dromadaire géant, noir, et entendu le tintement des grelots que le vent brûlant du désert agitait contre le harnais. Un énorme visage noir surmonté d’un turban était apparu dans l’encadrement de la porte. L’eunuque avait franchi le seuil, un gigantesque cimeterre à la main, en se déplaçant comme sur un nuage. La Mort, qui détruit les plaisirs et extermine les sociétés, était enfin venue le prendre.

Vide et obscurité. Il ne savait même pas que son cœur avait cessé de battre pour l’éternité. Ténèbres et néant. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Le monde du fleuve – Le fleuve de l’éternité. »

Le seigneur des arbres par P. J. Farmer

Fiche de Le seigneur des arbres

Titre : Le seigneur des arbres (Tome 2 sur 2 – Lord Grandrith)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1970
Traduction : M. Decourt
Editeur : Presses Pocket

Première page de Le seigneur des arbres

« Les Neuf ont dû tenir ma mort pour certaine.
Je ne sais pas si le pilote du chasseur à réaction m’a vu tomber ou non, mais dans l’affirmative il ne s’est apparemment pas soucié de venir y regarder de plus près. Il a dû penser que si l’explosion m’avait épargné, le plongeon, lui, me tuerait. Après une chute de quelque trois cent cinquante mètres, j’allais m’écraser comme une galette au large des côtes gabonaises, et au moment de l’impact la surface de l’Atlantique serait à peu près aussi souple que l’acier trempé de Sheffields.
Ce pilote ignorait probablement que certains hommes ont survécu à des chutes encore plus vertigineuses. Sinon il serait descendu en piqué au ras des vagues pour s’assurer que j’étais bien mort. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Le seigneur des arbres – Lord Grandrith. »

La jungle nue par P. J. Farmer

Fiche de La jungle nue

Titre : La jungle nue (Tome 1 sur 2 – Lord Grandrith)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Presses Pocket

Première page de La jungle nue

« Conçu en 1888, j’ai vu le jour la même année.
Je suis né des œuvres de Jack l’Éventreur.
J’en ai l’absolue certitude, quoique je serais bien en peine d’en faire la preuve devant un tribunal. Je n’ai rien d’autre que le journal intime de celui qui fut mon père au regard de la loi. Bien qu’uni à ma mère par les liens du mariage, il n’était en réalité que mon oncle.
Mon père légal a tenu ce journal jusqu’aux instants ultimes de son existence. Il l’avait soigneusement rangé dans une armoire quelques jours avant d’être tué. Les derniers mots qu’il écrivit de sa main exposent l’état de désespoir auquel il se trouvait alors réduit : ma mère venait de rendre l’âme et moi, âgé d’à peine un an, je pleurais pour avoir du lait. Or, à sa connaissance, il n’y avait pas d’êtres humains à des centaines de kilomètres à la ronde. »

Extrait de : P. J. Farmer. « La jungle nue – Lord Grandrith. »

Hadon, le guerrier par P. J. Farmer

Fiche de Hadon, le guerrier

Titre : Hadon, le guerrier (Tome 2 sur 2 – Le cycle d’Opar)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1976
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel

Première page de Hadon, le guerrier

« Hadon s’appuya sur son sabre et attendit la mort.

Il regarda en bas de la montagne, de l’entrée du défilé. De nouveau, il secoua la tête. Si seulement Lalila ne s’était pas tordu la cheville, ils n’auraient peut-être pas été dans une situation aussi désespérée.

La pente qui menait à l’étroit passage était abrupte ; on ne pouvait en grimper les cinquante derniers pas que sur les mains et les genoux. Sur une centaine de pas, des escarpements de près de cent pieds de haut et soixante de large longeaient l’accès du défilé. Ils formaient une sorte d’approche extérieure, dont les murs se resserraient rapidement en flèche. La pente et les murs se rejoignaient à la pointe. Hadon était debout dans l’étroite ouverture. La piste commençait là, d’une saillie rocheuse d’environ dix pouces de haut. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Hadon, le guerrier – Le cycle d’Opar. »

Un trône pour Hadon par P. J. Farmer

Fiche de Un trône pour Hadon

Titre : Un trône pour Hadon (Tome 1 sur 2 – Le cycle d’Opar)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1974
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel

Première page de Un trône pour Hadon

« Opar, la ville de granit massif et de petits joyaux, tremblotait et se brouillait. Pourtant bien réelle avec ses grands murs de pierre, ses tours élancées, ses dômes dorés, et huit cent soixante-sept ans d’existence, elle vacilla, faiblit et s’évanouit. Et elle fut alors disparue comme si elle n’avait jamais été.

Hadon avala sa salive et il essuya ses larmes.

Sa dernière vision de la resplendissante Opar avait été comme un rêve mourant dans l’esprit d’un dieu. Il espéra que ce n’était pas un mauvais augure. Et aussi que ses compagnons et rivaux étaient semblablement affectés. S’il était le seul à avoir pleuré, on pourrait se moquer de lui.

Le grand canot avait dépassé le coude du fleuve, et les arbres de la jungle s’étaient interposés entre lui et sa ville natale. Il la voyait encore en pensée, ses tours dressées vers le ciel comme des mains pour l’empêcher de tomber. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Un trône pour Hadon – Le cycle d’Opar. »

Syzygie par M. Coney

Fiche de Syzygie

Titre : Syzygie
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1973
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel

Première page de Syzygie

« Un soir, à peu près un an arcadien avant le déclenchement de l’Effet relais, Sheila et moi étions à un bal au Dôme des Loisirs de Riverside. La salle était pleine; une cohue de gens bien déterminés à s’amuser s’escrimait à danser au rythme incertain d’un mauvais orchestre. L’animateur avait été engagé spécialement pour cette occasion; il était, nous avait-on dit, très drôle… un vrai comique qui aurait mis de l’ambiance dans n’importe quelle réunion. En entendant cela, j’avais essayé de trouver une excuse pour ne pas y aller, mais Sheila avait insisté. Tout le monde, semblait-il, y allait, et il était tacitement entendu que ce devait être le commencement de relations nouvelles entre la Section de Recherches et les colons indépendants de Riverside.
A minuit, le bal battait son plein, l’orchestre était étourdissant, le trompette se démenait et jouait si fort de son instrument qu’il paraissait en danger imminent d’un infarctus. »

Extrait de : M. Coney. « Syzygie. »

Rax par M. Coney

Fiche de Rax

Titre : Rax
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1975
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : Albin Michel

Première page de Rax

« Je songe souvent à ce jour, à Alika, où mon père, ma mère et moi courions en tous sens pour amasser un monceau d’affaires sur le perron, en prévision de nos vacances à Pallahaxi. J’avais à peine atteint l’âge de la puberté mais j’en savais suffisamment sur les manières des adultes pour m’écarter de leur chemin durant cet événement annuel qui créait toujours, je ne sais pourquoi, une situation de panique. Ma mère se hâtait avec de petits mouvements rapides et des yeux mornes, demandant constamment où se trouvait telle ou telle chose indispensable et répondant elle-même à ses questions. Mon père, grand et digne, descendait à la cave et remontait avec des bidons de distillé pour son bien le plus précieux, le char automoteur. Quand mes parents m’apercevaient, il n’y avait pas de tendresse dans leur regard. »

Extrait de : M. Coney. « Rax. »

Péninsule par M. Coney

Fiche de Péninsule

Titre : Péninsule
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 2008
Traduction : J.-P. Pugi, M. Février
Editeur : Les moutons électriques

Sommaire de Péninsule

  • Les crocs et les griffes
  • Au bon vieux temps du carburant liquide
  • La machine de Cendrillon
  • La catapulte et les étoiles
  • Les insectes de feu, Holly et l’amour

Première page de Les crocs et les griffes

« Ce fut par une fin d’après-midi de septembre que nous repêchâmes Harry Alberni dans l’eau froide et glauque du Détroit. Nous l’avions étendu sur le pont et nous nous pressions autour de lui afin de pouvoir entendre ses dernières paroles, à condition qu’il fût encore capable de les prononcer.

« Mettez le cap sur le port, Sagar ! m’ordonna quelqu’un d’une voix pressante. II faut donner à cet homme une chance de s’en tirer. Mais à quoi pensez-vous donc ? »

L’eau qui ruisselait des vêtements d’Alberni s’écoulait par les dalots, tandis que son corps brisé se balançait au gré des mouvements du navire. Je m’agenouillai à son côté tandis que les autres, hommes libres et prisonniers de droit commun, restaient silencieux. Ils étaient attentifs et ils écoutaient. Cependant, personne n’avait jusqu’alors prêté la moindre attention aux paroles d’Alberni. »

Extrait de : M. Coney. « Péninsule. »

Les enfants de l’hiver par M. Coney

Fiche de Les enfants de l’hiver

Titre : Les enfants de l’hiver
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1974
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel

Première page de Les enfants de l’hiver

« Switch et Cockade causaient ensemble dans les galeries de glace.
« Je n’aime pas ça », marmottait nerveusement Switch, en traçant de son index des figures abstraites sur les parois grossièrement taillées du tunnel.
« Que pouvons-nous faire ? » fit Cockade. Elle tenait la lampe qui se reflétait à l’infini dans la glace autour d’eux. Sa voix résonnait aiguë et caverneuse.
« Je ne sais pas ce que diable nous pouvons faire sauf simplement nous en aller et les laisser tomber comme tu disais. »
Ils reprirent leur marche ; la galerie s’élargissait quoique Switch fût encore obligé de se baisser. Bizarrement réfracté dans la glace, le mot SUPERMARCHÉ dansa dans la lueur de la lampe de Cockade. »

Extrait de : M. Coney. « Les enfants de l’hiver. »