Catégorie : Livres

 

Portrait de l’artiste en jeune fou par Philip K. Dick

Fiche de Portrait de l’artiste en jeune fou

Titre : Portrait de l’artiste en jeune fou
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1975
Traduction : J. Hérisson
Editeur : 10/18

Première page de Portrait de l’artiste en jeune fou

« Je suis composé d’eau. Personne ne peut s’en apercevoir, parce qu’elle est contenue à l’intérieur. Mes amis sont composés d’eau eux aussi. Tous autant qu’ils sont. Notre problème, c’est que nous devons non seulement circuler sans être absorbés par le sol, mais également gagner notre vie.
En fait, nous avons un problème plus grave encore. Nous ne nous sentons chez nous nulle part. Pourquoi donc ?
Réponse : la Seconde Guerre mondiale.
La Seconde Guerre mondiale a commencé le 7 décembre 1941. J’avais à cette époque seize ans et faisais mes études au lycée de Séville. Dès que j’entendis la nouvelle à la radio, je me rendis compte que j’allais être dans le coup, que notre président tenait là maintenant l’occasion d’écraser les Japs et  »

Extrait de : P. K. Dick. « Portrait de l’artiste en jeune fou. »

Paycheck par Philip K. Dick

Fiche de Paycheck

Titre : Paycheck
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 2004
Traduction : H. Collon
Editeur : Gallimard

Sommaire de Paycheck

  • La clause de salaire
  • Nanny
  • Le monde de Jon
  • Petit déjeuner au crépuscule
  • Une petite ville
  • Le père truqué
  • Là où il y a de l’hygiène …
  • Autofab
  • Au temps de Poupée Pat
  • Le suppléant
  • Un p’tit quelque chose pour nous, les temponautes !
  • Les pré-personnes

Première page de La clause de salaire

« Tout à coup, voilà qu’on était en mouvement. Tout autour, les réacteurs bourdonnaient uniformément. Il se trouvait à bord d’un petit croiseur privé qui reliait sans hâte les deux villes en filant dans le ciel de l’après-midi.
« Aïe ! » fit-il. Il se redressa dans son siège et se frotta le crâne. À ses côtés, Earl Rethrick fixait sur lui un regard vif et pénétrant.
« Alors, on reprend ses esprits ?
— Où sommes-nous ? » Jennings secoua la tête comme pour se débarrasser d’une migraine sourde. « Mais je devrais peut-être poser la question autrement. » Il savait déjà qu’on n’était pas à la fin de l’automne, mais au printemps. Sous le croiseur, les champs verdoyaient. »

Extrait de : P. K. Dick. « Paycheck. »

Pacific Park par Philip K. Dick

Fiche de Pacific Park

Titre : Pacific Park
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1987
Traduction : J.-P. Aoustin
Editeur : 10/18

Première page de Pacific Park

« La voiture, qui roulait à vive allure, dépassa des vaches rassemblées sur la droite, au-delà de l’accotement de la route nationale. D’autres formes brunes, qui se fondaient dans l’ombre d’une grange, étaient étendues un peu plus loin. On distinguait vaguement, sur un côté de la grange, une vieille enseigne Coca-Cola.
Joseph Schilling, assis sur la banquette arrière, sortit sa montre en or de son gousset. Il en ouvrit le couvercle d’un ongle expert et lut l’heure. Il était deux heures quarante de l’après-midi – le torride après-midi californien du milieu de l’été.
— C’est encore loin ? demanda-t-il avec quelque impatience ; il était las du mouvement de la voiture et de ces prairies qui défilaient sans cesse à l’extérieur.
Penché sur le volant, Max grogna sans tourner la tête :
— Dix minutes, peut-être un quart d’heure.
— Tu sais de quoi je parle ? »

Extrait de : P. K. Dick. « Pacific Park. »

O nation sans pudeur par Philip K. Dick

Fiche d’O nation sans pudeur

Titre : O nation sans pudeur
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1994
Traduction : H. Collon
Editeur : J’ai lu

Première page d’O nation sans pudeur

« C’était le début de l’été et la journée s’achevait. L’après-midi avait été doux, mais le soleil se couchait, et maintenant le froid s’installait. Carl Fitter descendit les marches du perron, laissant derrière lui la résidence des hommes ; il portait une valise pesante et un petit paquet ficelé.
Il marqua une pause au pied de l’escalier en bois brut, dont la laque grise était tout écaillée par le temps. Ces marches avaient été peintes bien longtemps avant qu’il ne vienne travailler pour la Compagnie. Il se retourna vers la porte d’entrée du bâtiment. Elle coulissait lentement. Elle finit par se refermer avec un claquement sonore. Carl posa sa valise et s’assura que son portefeuille, bien en sécurité dans sa poche boutonnée, ne risquait pas de tomber.
— C’est la dernière fois que je descends cet escalier, fit-il tout bas. La dernière fois. Quel bonheur de revoir les États-Unis après tout ce temps !
Derrière les fenêtres, on avait tiré les stores. Les rideaux n’étaient déjà plus là. Sans doute emballés dans un carton quelque part. Il n’était pas le dernier à partir ; il fallait encore tout verrouiller. »

Extrait de : P. K. Dick. « Ô nation sans pudeur. »

Nick et le Glimmung par Philip K. Dick

Fiche de Nick et le Glimmung

Titre : Nick et le Glimmung
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1988
Traduction : M. de Pracontal
Editeur : Gallimard

Première page de Nick et le Glimmung

« Nick savait très bien pourquoi ils allaient quitter la Terre et partir s’installer sur une autre planète, dans les mondes colonisés : c’était à cause de lui et de son chat, Horace. Depuis 1992, la loi interdisait les animaux, quelle que soit leur espèce, si bien que la seule présence d’Horace sur la planète était illégale, avec ou sans maître. Quant à Nick et à ses parents, ils commettaient une infraction en le gardant.
Cela faisait maintenant deux mois que le chat vivait avec eux mais, jusqu’à présent, Nick était toujours parvenu à le confiner à l’intérieur de l’appartement, à l’abri des regards indiscrets. Ce matin-là, pourtant, Horace profita d’un moment d’inattention pour s’éclipser par une fenêtre ouverte. Quand Nick et son père s’aperçurent que le chat n’était plus là, ils se précipitèrent dans la cour de l’immeuble ; tout à son affaire, Horace gambadait et folâtrait avec insouciance. Il ne semblait guère pressé de rentrer.  »

Extrait de : P. K. Dick. « Nick et le Glimmung. »

Message de Frolix 8 par Philip K. Dick

Fiche de Message de Frolix 8

Titre : Message de Frolix 8
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1970
Traduction : R. Louit
Editeur : J’ai lu

Première page de Message de Frolix 8

« — Je ne veux pas passer l’examen, dit Bobby.
Il le faut pourtant, pensait son père. Si l’on veut que quelque espoir subsiste pour l’avenir de notre famille, longtemps après notre mort – la mienne et celle de Kleo.
— Prenons les choses de la façon suivante, dit-il à haute voix tout en évoluant parmi la foule qui encombrait le trottoir roulant en direction du Bureau fédéral des qualifications du personnel. Les capacités varient selon les gens. (Cela, il était bien placé pour le savoir.) Mes capacités, par exemple, sont très limitées. Je n’accède même pas au classement officiel G-1, qui est le plus bas de tous.
La chose était pénible à admettre, mais il le fallait. Il fallait faire comprendre à son fils l’importance vitale de l’examen.
— Aussi, n’ai-je aucune qualification. J’ai un petit travail en dehors du gouvernement… pas grand-chose, vraiment. Tu ne veux pas devenir comme moi quand tu seras grand ? »

Extrait de : P. K. Dick. « Message de Frolix 8. »

Mensonges et Cie par Philip K. Dick

Fiche de Mensonges et Cie

Titre : Mensonges et Cie
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1984
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Robert Laffont

Première page de Mensonges et Cie

« Un ballon-jet créancier flottait au-dessus de Rachmael ben Applebaum ; de ses circuits vocaux jaillit une voix monocorde mais agréable et masculine – bien qu’artificielle – tellement amplifiée qu’elle fut entendue non seulement par Rachmael, mais également par tous les gens qui se pressaient sur les trottoirs roulants. L’amplification était bien destinée à cela ; vous étiez simultanément dénoncé et exposé à la raillerie publique, aux ricanements de la foule toujours présente qui devenait alors une force agissant contre vous… et gratuitement pour le créancier, songea Rachmael.
— Mr. Applebaum !
La grosse voix cordiale mais synthétique se répercuta, roula et tonna tandis qu’un millier de visages humains se tournaient d’un air attentif, levaient les yeux avec amusement pour voir le ballon-jet créancier, et observaient sa cible : Rachmael ben Applebaum qui s’efforçait de sortir du parking où il venait de laisser son papillon, pour gagner les bureaux de l’Arnac, à peine à deux kilomètres de là – une distance néanmoins suffisante pour être reconnu et devenir la cible du ballon-jet créancier. »

Extrait de : P. K. Dick. « Mensonges et Cie. »

Manque de pot ! par Philip K. Dick

Fiche de Manque de pot !

Titre : Manque de pot !
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1969
Traduction : F. A. Lourbet
Editeur : Champ Libre

Première page de Manque de pot !

« SON père avait soigné les poteries avant lui. Aussi, guérissait-il les céramiques, n’importe quelle céramique réchappée du passé, le temps d’avant la guerre où les objets n’étaient pas encore tous faits de plastique. Une porcelaine était une chose merveilleuse, et chacune devenait un objet d’amour, un souvenir inoubliable, après qu’elle était repartie de chez lui, guérie. Sa forme, sa texture, son éclat restaient en lui à jamais.
Malheureusement, plus personne n’avait besoin de ses services. Il ne restait que trop peu de pièces en céramique et ceux qui les possédaient prenaient grand soin de ne pas les briser.
Je m’appelle Joe Fernwright, commença-t-il à soliloquer. Je suis le meilleur guérisseur de poteries de la Terre. Moi, Joe Fernwright, je ne suis pas comme les autres hommes.
Dans son atelier, des tas de caisses vides s’empilaient. Des récipients d’acier dans lesquels il retournait les poteries guéries. Mais à l’endroit où arrivaient les colis, il n’y avait pratiquement rien. Son établi était vide depuis sept mois. »

Extrait de : P. K. Dick. « Manque de pot !. »

Loterie solaire par Philip K. Dick

Fiche de Loterie solaire

Titre : Loterie solaire
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1955
Traduction : F. Straschitz
Editeur : J’ai lu

Première page de Loterie solaire

« Il y eut des augures. Dans les premiers jours de mai 2203, les informatrices rapportèrent le passage d’un vol de corneilles blanches au-dessus de la Suède. Une série d’incendies inexpliqués détruisit à moitié la Colline Oiseau-Lyre, un des principaux pivots industriels du système. Une pluie de petites pierres rondes s’abattit sur un camp de travail martien. À Batavia, Directoire de la Fédération des Neuf Planètes, naquit un veau à deux têtes : signe certain qu’un événement d’une incroyable importance se préparait.
Les interprétations ne manquaient pas : la spéculation sur la signification des événements naturels était un passe-temps favori. Chacun conjecturait, consultait, débattait de la bouteille – instrument socialisé du hasard. Les diseurs de bonne aventure du Directoire étaient pris des semaines à l’avance.
Mais ce qui est augure pour les uns est épreuve pour les autres. En réaction à la catastrophe limitée qu’elle avait connue, la Colline Oiseau-Lyre provoqua une catastrophe totale pour cinquante pour cent de ses employés classifiés. »

Extrait de : P. K. Dick. « Loterie solaire. »

Les voix de l’asphalte par Philip K. Dick

Fiche de Les voix de l’asphalte

Titre : Les voix de l’asphalte
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 2007
Traduction : N. Richard
Edition : NEO

Première page de Les voix de l’asphalte

« La matinée du jeudi 5 juin 1952 s’annonçait radieuse et chaude. La lumière du soleil faisait scintiller la pellicule de rosée qui recouvrait les magasins et les rues. L’humidité chatoyante de la nuit s’évaporait au-dessus des pelouses en direction du verre bleuté du ciel. C’était un ciel de début de matinée ; bientôt le soleil le ferait disparaître. Une brume blanche, lugubre, lourde comme une chape, viendrait de la baie de San Francisco et resterait en suspens au-dessus du monde. Mais il n’était que huit heures et demie ; le ciel avait encore deux heures à vivre.
Jim Fergesson abaissa gaiement les vitres de sa Pontiac et, passant le coude au-dehors, se pencha pour inspirer de bonnes bouffées d’air humide. Il quitta Cedar Street et entra dans le parking à moitié désert, appréciant d’un regard bienveillant, quoique terni par une récente indigestion et l’état d’épuisement nerveux dans lequel il était, les rayons de soleil qui dansaient sur les graviers et la chaussée. Il se gara, coupa le moteur, et resta un moment assis pour allumer son cigare. »

Extrait de : P. K. Dick. « Les voix de l’asphalte. »